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mardi 14 juillet 2009

La Lesbienne invisible qu'il faut voir

Dernières nouvelles: La Lesbienne invisible revient à partir du 17 septembre au théâtre parisien Les Feux de la rampe, du jeudi au samedi, à 20h.

Rien à faire, avec sa jupe et son rouge à lèvres,
Océane Rose Marie ne convainc, ni les lesbiennes, ni les hétéros qu'elle aime les filles: c'est la "Lesbienne invisible".

Elle fera ses gammes, du club de foot féminin de son adolescence où les vraies dures ne veulent pas l'homologuer à la fébrilité sexuelle post-"L Word", en passant par la meilleure copine vexée de ne pas être convoitée, les gouines hyperbranchées en boîte, une star de la chanson française dont elle ne taira que le nom, et Nathalie, ah, Nathalie, l'amour de sa vie, ou presque.

"Mais attends, t'es lesbienne? C'est pas possible!" "Mais si tu aimes la pénétration, pourquoi tu te fais pas des mecs?" "Tu n'es pas si laide, tu peux te trouver un garçon"... Tous les clichés défilent dans la vie d'Océane Rose Marie, pour une heure d'un one woman show rythmé, où l'on passe du sourire à la franche rigolade.

Tour à tour allumeuse, refoulée, branchouille, amoureuse ou prédatrice sexuelle, Océane Rose Marie rappelle forcément quelqu'un ou une situation qu'on a connus. Homo ou hétéro, femme ou homme, "tout le monde peut s'identifier à elle, ou a rencontré un jour les filles qu'elle croise", explique-t-elle dans un entretien à LToutes (voir "La Lesbienne invisible dit tout", 26/07/2009).

Le succès est au rendez-vous pour la Lesbienne invisible -LLI pour les intimes- puisque même les dates rajoutées jusqu'au 16 juillet 2009 affichent complet. Il faudra donc attendre la rentrée pour retrouver Océane Rose Marie, à Paris puis, on l'espère de tout coeur, en province.

La Lesbienne invisible:
http://www.myspace.com/lalesbienneinvisible

dimanche 12 juillet 2009

Orelsan enflamme les Francofolies

(actualisé le 09/08/2009 et le 16/07/2009 avec réactions)

Déprogrammé au Francofolies 2009 de La Rochelle alors qu'il devait chanter le 14 juillet, le rappeur Orelsan, critiqué pour les paroles sexistes et homophobes de certaines de ses chansons, a reçu le soutien de Cali et d'Olivia Ruiz au nom de la liberté d'expression. (voir LToutes: "Orelsan accusé de sexisme et d'homophobie", 11/04/2009)

Olivia Ruiz a dédicacé sa chanson samedi à "celui qui n'est pas là, monsieur Orelsan", et Cali a accusé les Francofolies de manquer de courage, à quoi le fondateur de la manifestation, Jean-Louis Foulquier, a répondu en accusant la présidente de la région Poitou-Charentes, la socialiste Ségolène Royal, d'être une "maître-chanteuse" à l'origine de cette censure.

L'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang veut y voir une affaire "tristement symptômatique d'un certaine dérive idéologique socialiste", et l'UMP, pas toujours le premier défenseur de la license poétique, saute sur l'occasion pour dénoncer l'"attitude sournoise d'une collectivité locale" et "une atteinte a la liberté d'expression (...) du fait de Ségolène Royal".

Un mot de "censure" et des allégations contre Ségolène Royal que récuse sur France-Info le responsable des Francos, Bernard Pont, qui assure avoir seulement voulu préserver la "sérénité" du festival en annulant le concert et "ne pensait pas que ça allait faire ce bazar-là".

Ségolène Royal elle-même s'est finalement fendue d'un communiqué pour nier toute menace ou chantage à la subvention, même si la déprogrammation la satisfait et qu'elle estime que "tous ceux qui se sont déclarés solidaires de ce rappeur (...) ont perdu une occasion de se taire".

"Je me réjouis de cette déprogrammation, ne souhaitant en aucun cas cautionner un chanteur qui appelle au meurtre et à la violence contre les femmes et qui menace de les 'marie-trintigner' ou de les 'avorter à l'Opinel'", écrit-elle à LToutes.

En 1995, Ministère A.M.E.R. écope d'une amende de 250.000 francs à la suite d'une plainte du ministère de l'Intérieur contre la chanson "Sacrifice de poulet" extraite de la B.O. de "La Haine"

"On a presque oublié que l'origine de ces polémiques sont des paroles extrêmement violentes contre les femmes", rappelle aussi le Collectif national pour les droits des femmes, tandis que pour le Collectif contre l'homophobie, "la nécessaire défense de la liberté d’expression ne doit pas conduire à cautionner les messages discriminatoires".

Quant à Orelsan, il se défend inlassablement d'être mysogyne ou homophobe, répondant aux associations féministes qu'il "ne cautionne pas ce que fait ce type" dans la chanson "Sale pute", qu'il ne chante d'ailleurs plus sur scène, mais qu'il a seulement traduit le sentiment d'un jeune homme trompé, en proie à des sentiments violents. "Il s'agit d'une fiction. 'Sale pute' emploie tous les codes que l'on applique d'habitude au cinéma et à la musique pour faire comprendre que le propos est au second degré", dit-il au journal "Sud-Ouest".

C'est d'ailleurs comme cela que l'a compris la chanteuse Anaïs (voir LToutes: Anaïs déclare sa flamme", 15/11/2008), pour qui "Orelsan raconte des histoires, avec une réalité crue, mais beaucoup d'humour, et de recul et surtout d'humanité". Les textes vengeurs du rappeur passent peut-être mal du fait justement de leur allure de "réalité crue" et de l'absence apparente de distance. Une fois de plus se pose la question de la liberté de la création artistique et de l'influence des oeuvres.
- Lire aussi sur LToutes: "Orelsan accusé de sexisme et d'homophobie" (11/04/2009)

samedi 11 juillet 2009

Angelina Jolie, star préférée des lesbiennes


Qui fait fantasmer les lesbiennes? Angelina Jolie, apparemment. L'actrice est leur star préférée, à en croire un sondage réalisé par l'institut One Poll auprès de 2.600 lesbiennes et repris par le quotidien britannique the Telegraph. Agée de 34 ans, l'héroïne de Tomb Raider élève six enfants avec l'acteur Brad Pitt. Le podium est également occupé par les chanteuses Madonna, à la deuxième place, et Pink à la troisième.

Parmi les valeurs sûres, la tenniswoman Martina Navratilova se place à la quatrième place, devant la présentatrice Ellen DeGeneres, Kylie Minogue et Lady Gaga, qui fait son entrée dans ce classement. Liza Minnelli est 11e, Britney Spears 16e, Sarah Jessica Parker 19e et Dolly Parton 20e.

vendredi 10 juillet 2009

Wandi, première lesbienne de la télé sud-africaine


C'est une petite révolution dans un pays où les lesbiennes sont souvent confrontées au rejet et à la violence. La télévision sud-africaine connaît depuis peu son premier personnage lesbien de premier plan dans une série populaire.

"Rhythm City" est un soap quotidien lancé en 2007, et suivi par 2 millions de télespectateurs en moyenne, selon le site afterellen. Il relate les aventures amoureuses et professionnelles d'une galerie de personnages évoluant dans le milieu de la musique à Johannesbourg. Et Wandi (Mbali Ntuli), ouvertement lesbienne, vient d'y faire son apparition.

Le personnage qu'elle incarne a révélé la semaine dernière qu'elle était lesbienne à la chanteuse avec laquelle elle envisageait de s'installer. "Lu, tu ne savais pas que j'étais lesbienne?", a-t-elle lancé. D'abord réticente, Lu finira par dépasser ses préjugés homophobes... tout en la prévenant qu'il n'est pas question d'une relation amoureuse. Si les producteurs laissent planer le doute, il n'est pas certain que leur amitié prenne un tour romantique, tant l'homophobie est présente en Afrique du Sud, pourtant surnommée la nation arc-en-ciel.

Interrogée en avril dans "South Africa's Tonight", à un moment où elle expliquait encore que son personnage serait bisexuel, Mbali Ntuli se sentait d'ailleurs obligée de préciser: "je tiens à dire que je suis hétéro. Oui, j'aime les hommes".

Si l'Afrique du Sud a légalisé le mariage homo en 2006 et si l'adoption y est autorisée pour les couples de même sexe depuis 2002, les lesbiennes y sont aussi victimes de "viols correctifs", perpétrés par des agresseurs qui affirment vouloir ainsi les "guérir" (voir sur LToutes: "En Afrique du Sud, on viole les lesbiennes pour les guérir).

Il y avait déjà eu un personnage lesbien récurrent dans la série Known Gods, mais c'était un petit rôle et elle était blanche. La présence d'une lesbienne noire dans une série grand public est donc un pas en avant indéniable dans un pays qui compte 80% de Noirs.

jeudi 9 juillet 2009

On agresse bien les lesbiennes

Plusieurs nouvelles affaires d'agressions physiques et verbales visant des couples de lesbiennes confirment ce que SOS Homophobie constatait dans son rapport annuel 2009: la lesbophobie progresse en France et, fait inquiétant pour l'avenir, elle est souvent le fait de jeunes.

Cynthia et Priscilla, 21 ans, ont témoigné à visage découvert dans "Le Parisien" (07/07/2009) des violences qui les ont contraintes à abandonner leur appartement d'Epinay-sous-Sénart, dans l'Essonne, en région parisienne. "Ils ont gagné, on ne reviendra pas chez nous", constate Cynthia. "On ne peut plus vivre dans la peur", ajoute Priscilla.

Les agressions physiques contre des lesbiennes sont passées de 6% des témoignages recueillis par SOS Homophobie en 2007 à 15% en 2008, selon le rapport 2009 sur l'homophobie en France.

Injurié et "invité" à partir dès son installation dans la cité des Gerbaux au début de l'année, le couple n'a tenu que quelques mois sous le harcèlement constant d'une bande de garçons et les remarques d'autres habitants du quartier, y compris des filles.

Après avoir été violemment prises à partie et frappées par le petit groupe le 2 juillet, "les gouines" sont allées vivre ailleurs "dans le péché", se réfugiant dans leur entourage qui les a soutenues. Leurs agresseurs ont été retrouvés et seront jugés mais en attendant ils ont été remis en liberté.

Un mois plus tôt, dans l'Essonne également, un autre couple de lesbiennes étaient agressées à Bondoufle, selon la Coordination lesbienne en France (CLF) et le Collectif contre l'homophobie (CCH) qui ont pris l'affaire en mains.

Les faits ont débuté avec une feuille laissée sur le pare-brise de leur voiture: "putain de lesbienne tu pollues la rue", "saleté de goudou", avait dactylographié un courageux agresseur anonyme. Autres feuilles, autres insultes, la voiture abîmée: le couple dépose plainte à la gendarmerie. Une enquête est en cours pour injures lesbophobes et dégradation ou détérioration volontaire du bien d'autrui, précisent la CLF et le CCH.

Les plaintes de ce couple et de Cynthia et Priscilla relèvent du tribunal de grande instance d'Evry. La CLF et le CCH demandent donc au procureur "de traiter ces affaires avec la diligence et la gravité requises".

En juin dernier, c'étaient Virginie et Jessica, 28 et 24 ans, qui témoignaient, le visage soigneusement caché, de leur calvaire dans la petite ville de Segré, dans le Maine-et-Loire. Après avoir résisté pendant des mois aux manoeuvres d'intimidation d'une bande de jeunes, elles ont fini par déménager... et parler.

Soutenues par l'association LGBT locale, Qazar, elles ont raconté: des tirs de balles à blanc, les "bande de sales gouines" ou "viens sucer ma queue" hurlés sous leurs fenêtres, la voiture rayée, et même l'intrusion d'un jeune dans leur appartement. Un garçon de la bande a bien été condamné pour menaces et tir avec une arme factice en 2008, Virginie et Jessica ont déposé plusieurs plaintes depuis, mais le harcèlement a continué.

Qazar a dénoncé "l'impéritie des pouvoirs publics et de la gendarmerie" ainsi que du sous-préfet et reproche au maire de Segré de ne pas avoir à temps proposé de relogement au couple. L'association a mis en ligne une pétition de soutien.

Pour la CLF et le CCH, "la récurrence des agressions lesbophobes prouve bien qu'il ne s'agit ni de fait divers isolé, ni de banal conflit de voisinage". Les organisations appellent "les pouvoirs publics (police, gendarmerie et justice) à traiter ces plaintes avec célérité et fermeté afin de mettre un terme à l'insupportable sentiment d'impunité dont pensent bénéficier les auteurs".

dimanche 5 juillet 2009

Julianne Moore et Annette Bening, mamans lesbiennes


Les actrices américaines Julianne Moore (The hours) et Annette Bening (The Women) incarneront un couple lesbien, parents de deux enfants, dans "The Kids Are All Right" ("les enfants vont bien), selon le quotidien Variety.

Elles viennent de commencer le tournage du film, sous la direction de Lisa Cholodenko (High art).

Annette Bening (photo) et Julianne Moore ont conçu une fille (Mia Wasikowska) et un garçon (Josh Hutcherson) avec l'aide d'un même donneur de sperme anonyme. Mais les deux enfants partent un jour à la recherche de leur géniteur (Mark Ruffalo), ce qui va bouleverser la vie de la petite famille.

vendredi 3 juillet 2009

L'Etat retire 15.000 euros au centre LGBT


L'Etat a "supprimé intégralement la subvention de 15.000 euros" allouée au centre LGBT Paris-Ile de France pour ses activités sociales, a annoncé sa présidente Christine Le Doaré dans un communiqué. "Notre action n'a pas été jugée prioritaire", alors que, depuis son installation rue Beaubourg, "la fréquentation du centre a explosé". Le centre LGBT conserve en revanche la subvention de 9.000 euros allouée pour ses actions liées à la santé, la Région Ile-de-France contribuant pour 2.900 euros.

"Aucune autre structure ne prend en charge les difficultés inhérentes aux discriminations rencontrées par les personnes LGBT", rappelle Christine Le Doaré. "Ce financement nous permet de proposer (...) un accueil personnalisé au sein de permanences juridique, sociale, aide à l'emploi et psychologique". Le centre héberge par ailleurs 65 associations... dont certaines conservent en revanche la subvention de l'Etat.

"Cette décision compromet l'équilibre budgétaire du centre", avertit sa présidente, qui s'inquiète notamment pour "les postes des deux salariés à temps partiel qui, aux côtés des équipes de bénévoles, nous aident à tenir le centre ouvert chaque jour et à accueillir le public".

"Nos interlocuteurs (...) nous ont assuré que cette décision ne valait que pour cette année, certes, mais ont-ils seulement compris à quel point ils allaient nous rendre l'année 2009 plus compliquée que prévu ?", lance-t-elle, en demandant que les structures associatives soient "financées de façon pérenne et cohérente au lieu d'être constamment soumises aux fluctuations de décisions arbitraires".

jeudi 2 juillet 2009

Inde: l'homosexualité légalisée à Delhi

Photo ICWO

L'homosexualité n'est plus un crime à New Delhi. La décision de justice du 2 juillet 2009 devrait avoir des répercussions positives pour les lesbiennes et gays d'Inde bien au-delà de la capitale, au moment où le gouvernement fédéral envisage d'abroger la section 377 du Code pénal rendant les actes homosexuels passibles de dix ans de prison.

"Nous sommes enfin entrés dans le XXIe siècle", s'est réjouie Anjali Gopalan, citée par le "Times of India", et dont la Fondation Naz India de lutte contre le SIDA et pour les droits des LGBT avait saisi la Haute cour de Delhi.

Première à statuer en ce sens, la Haute cour de Delhi estime que la section 377 criminalisant l'homosexualité entre adultes consentants viole les droits fondamentaux des citoyens garantis par la Constitution indienne. Les juges recommandent que la Constitution fédérale soit amendée en ce sens. La société indienne est très conservatrice et les groupes religieux s'opposent à la dépénalisation.

- Lire aussi sur LToutes: "L'Inde pas pressée de dépénaliser l'homosexualité" (29/06/2009)

lundi 29 juin 2009

L'Inde pas pressée de dépénaliser l'homosexualité

Photo Mayank Austen Soofi
Au lendemain des Gay Prides dans plusieurs grandes villes d'Inde dimanche, pour la deuxième année seulement, le gouvernement de ce pays envisage la dépénalisation de l'homosexualité... sans se presser, a déclaré lundi le ministre fédéral de la Justice Veerappa Moily.

Douchant les espoirs récents des organisations LGBT, il a nié tout préjugé favorable à l'abrogation de la section 377 du Code pénal qui considère les relations homosexuelles comme un crime passible de jusqu'à dix ans de prison. Les homosexuels sont souvent victimes de discrimination et de harcèlement de la part de la police. Beaucoup ont défilé masqués dimanche à New Delhi notamment.

"Le gouvernement ne peut pas prendre de décision hâtive. Nous avons besoin de réfléchir. Nous examinons (la question)", a expliqué le ministre, cité par la télévision publique DDNews. Dimanche, M. Moily avait précisé que New Delhi devait prendre en considération les points de vue de tous les acteurs de la société, y compris les groupes religieux.

La plupart des groupes religieux indiens les plus influents, hindous, musulmans et chrétiens, s'opposent à la révision, et encore plus à l'abrogation de la section 377 de 1860 qui qualifie de relations "contre nature" les rapports sexuels entre personnes du même sexe.

Les opposants voient dans la dépénalisation de l'homosexualité une menace pour la famille et l'ordre social, alors que les mouvements de défense des lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) dénoncent une intolérance héritée des lois anti-sodomie de l'empire colonial britannique et un tabou qui favorise la propagation du SIDA. Les grands partis politiques évitent de se prononcer sur la question et le gouvernement fédéral est divisé.

Liza Minelli en tête de la Marche des Fiertés 2009 à Paris

La Marche des Fiertés LGBT 2009 a rassemblé entre 200.000 (selon la police, qui a aussi évoqué plus tard 500.000) et 700.000 lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et leurs amis samedi 27 juin à Paris (voir nos photos). Avec une guest-star surprise: Liza Minelli.

Quarante ans après la naissance du mouvement d'émancipation gay dans les émeutes de Stonewall à New York, la parade était placée sous le double signe de l'anniversaire et de l'avenir, de la fête et de la revendication politique et citoyenne, avec pour mot d'ordre "1969–2009: Fier-e-s de nos luttes, à quand l’égalité réelle?"

Marraine imprévue de l'ex-Gay Pride, Liza Minelli a profité de ce qu'elle venait se produire à Paris pour donner le coup d'envoi de la manifestation, le poing levé, aux côtés d'un Bertrand Delanoë visiblement aux anges.

Les dizaines de chars colorés ont défilé de Montparnasse à la Bastille sous un soleil complice des torses nus et des corps bariolés dansant sur les rythmes pop ou technos des sonos saturées. L'ambiance et les rires n'ont pas éclipsé pour autant les revendications portées par les participants: reconnaissance de l'homoparentalité, lutte contre la lesbophobie et la discrimination des LGBT au travail, statut des trans, mariage homosexuel...



Seul à-coup dans le parcours: le blocage, comme l'an dernier, du char de GayLib par les Panthères roses, qui jugent incompatible la lutte pour l'égalité des droits LGBT et l'affiliation du mouvement à la très peu homophile UMP du président Sarkozy.

Des militants du groupe se sont assis devant le char dont la sono poussée à fond peinait à couvrir les sifflets, au grand dam d'Hervé Gasteau, vice-président de GayLib, qui, interrogé par LToutes, a souligné l'importance pour lui d'oeuvrer au sein même du parti au pouvoir. "Y a du travail à faire, on le fait", a-t-il expliqué.

Chez les Verts, ardents avocats des droits LGBT, la responsable de la commission féminisme a rappelé que l'autorisation de participer au défilé était donnée par la cinquantaine d'associations membres de l'Inter LGBT (dont les Verts). "A partir du moment où l'organisation de la manifestation a accepté GayLib, ce n'est pas à nous de dire oui ou non", a déclaré Arlette Zylberg à LToutes. Et d'ajouter qu'"il y a du travail à faire à l'UMP" pour l'égalité des droits LGBT, alors si des sympathisants de droite veulent s'y atteler, "qu'ils y aillent! Qu'ils y aillent!"


mercredi 24 juin 2009

L'INED veut compter les familles homoparentales

Récente mais de plus en plus présente, la notion d'homoparentalité "reste difficile à quantifier, faute d'instruments adaptés", constate l'Institut national d'études démographiques (INED) dans sa dernière "fiche d'actualité". Il annonce donc son intention d'y remédier en association avec l'INSEE.

En posant qu'un couple de même sexe sur dix vit avec des enfants et que ces couples ont en moyenne deux enfants, l'INED aboutissait en 2005 à une estimation de 24.000 à 40.000 enfants vivant avec un couple de même sexe, "la grande majorité vivant avec un couple de femmes".

Mais cette estimation ne prend pas en compte toutes les configurations, variées, de l'homoparentalité, constate l'INED. L'Institut et l'INSEE veulent donc aménager l'enquête Famille associée au recensement de la population, pour poser dès 2011 de nouvelles questions aux personnes sondées. Objectif: "faire apparaître les principales dimensions de l'homoparentalité, avec la même clarté que pour les autres types de familles".

- Lire aussi sur LToutes: "L'homoparentalité mentionnée dans le statut du beau-parent" (03/03/2009); "Le statut du beau-parent attendra" (27/03/2009)

Remaniement: 2-1 pour les homos au gouvernement


Christine Boutin est out, Frédéric Mitterrand est in: tout arrive. La ministre du Logement et de la Ville, fervente opposante au PACS et plus récemment à la reconnaissance des familles homoparentales, est rayée du gouvernement de François Fillon, alors que Frédéric Mitterrand, homosexuel déclaré, y fait son entrée par la grande porte de la Culture et de la Communication.

A bientôt 62 ans, cet homme de lettres, de cinéma, de radio et de télévision permet à Nicolas Sarkozy d'accrocher un Mitterrand à son tableau de chasse, le neveu peu politisé, auquel il avait déjà offert la direction de la Villa Médicis et de ses artistes en résidence à Rome il y a quelques mois.

Reconnaissable à son "Bonsouair" mêlant les accents de Titi parisien et ceux de la haute, Frédéric Mitterrand est notamment l'auteur des merveilleuses "Lettres d'amour en Somalie", de "La Mauvaise vie" ou d'émissions de radio et de télévision -dont "Ca s'est passé comme ça", sur Pink TV- excellentes pour certaines, plus ou moins oubliables pour d'autres.

Autre gay déclaré, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, quitte en revanche le gouvernement, quelques mois après son coming out fort opportun qui n'a pas empêché Valérie Pécresse de lui ravir l'investiture UMP pour les élections régionales de 2010 en Ile-de-France. Rama Yade, qui avait porté le projet français de déclaration pour la dépénalisation de l'homosexualité à l'ONU, signée par 66 pays, est pour sa part reléguée aux Sports.

Nadine Morano, elle, conserve son poste de secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, auquel elle s'était accrochée avec Christine Boutin au sujet de la prise en compte des familles homoparentales. On note par ailleurs l'arrivée aux Affaires européennes de Pierre Lellouche, qui s'était distingué par des propos virulents contre les homosexuels lors du débat sur le PACS au Parlement.

- Lire aussi sur LToutes: "Morano et Boutin s'affrontent" (03/03/2009)

mardi 23 juin 2009

GayLib contesté à la Marche des Fiertés

Le char de GayLib participera bien à la Marche des Fiertés le 27 juin 2009 à Paris, placée sous le thème de "l'égalité réelle" pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels. L'Inter LGBT n'envisage pas d'exclure de cette manifestation unitaire le mouvement associé à l'UMP, malgré les protestations des Panthères roses qui dénoncent dans une lettre ouverte l'homophobie et la transphobie de ce parti et du gouvernement qui en est issu.

"Aucune des 50 associations de l'Inter LGBT n'a avancé l'idée qu'on puisse exclure GayLib de la Marche", déclare à LToutes le porte-parole de l'organisation, Philippe Castel pour qui "l'association et le parti politique ne sont pas forcément la même chose", comme le montrent certaines déclarations critiques de GayLib sur les positions du gouvernement et de la majorité dans les questions LGBT.

Les Panthères roses, dont les militants avaient bloqué le char GayLib avec Act Up à la Gay Pride 2008, posent cependant "une question importante qui mérite qu'on en discute", ajoute Philippe Castel, "car GayLib et l'UMP ont un lien très fort" et que l'Inter LGBT "attend des annonces" du gouvernement après plusieurs rencontres ces derniers mois.

Doit-on exclure de la Marche tous les sympathisants de partis refusant l'égalité des droits LGBT mais représentant leurs aspirations dans d'autres domaines de la politique, ou faut-il lutter de l'intérieur?

La vice-présidente de GayLib, Anne Boring, défend la démarche de son mouvement, qui veut faire bouger l'UMP "petit à petit", "en travaillant au quotidien avec les élus qui font avancer la lutte contre l'homophobie". "On fait un travail assez important au sein de l'UMP, qui nous prend du temps, qui nous vaut parfois des insultes au sein de l'UMP, c'est frustrant de lutter pour se faire accepter par certaines associations LGBT", explique-t-elle, interrogée par LToutes.

"On est de droite et on veut l'égalité pour tous les LGBT", insiste Anne Boring, qui dit avoir lancé un appel à la discussion aux Panthères roses et à Act Up Paris. "On aimerait bien faire en sorte que la question LGBT ne soit plus une question de gauche ou de droite", ajoute-t-elle.

D'autres formations politiques sont elles aussi représentées à la Marche des Fiertés, mais toutes sont marquées à gauche et revendiquent, avec plus ou moins de fermeté, l'égalité des droits pour les lesbiennes et gays: le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste.

Toutes font en outre partie de l'Inter LGBT, contrairement aux Panthères roses et à GayLib, qui ont entamé les démarches d'adhésion par le passé mais ont été refusées ou ont renoncé avant le verdict. "Je pense que GayLib et les Panthères roses ont des choses à apporter à l'Inter LGBT", estime aujourd'hui Philippe Castel.

samedi 13 juin 2009

Pas d'homo dans ma classe!


Les écoles religieuses néerlandaises, même financées par l'Etat, pourraient bientôt avoir le droit d'exclure des professeurs en raison de leur homosexualité. C'est en tout cas ce que recommande dans un avis récent le Conseil d'Etat néerlandais, selon le quotidien NRC Handelsblad.

Les Pays-Bas sont un pays réputé gay-friendly: le mariage y est légal depuis 2001 pour les lesbiennes et les gays, et les couples homosexuels peuvent y adopter des enfants. Mais la tolérance s'arrête visiblement aux portes des écoles, surtout quand elles sont religieuses.


La polémique sur le sujet a été lancée en avril dernier par la suspension d'un professeur du village de Emst, dans le centre du pays, qui avait confié à des collègues avoir rencontré un homme qui lui plaisait. La direction de l'école avait alors estimé que son orientation sexuelle entrait en conflit avec la mission et les valeurs de l'établissement. Une décision critiquée par le ministre de l'Education Ronald Plasterk, pour qui les croyances religieuses ne pouvaient justifier l'exclusion des personnels homosexuels. L'écrasante majorité des écoles religieuses néerlandaises sont financées par l'Etat.

Le gouvernement étant divisé, le Conseil d'Etat a été saisi. Dans son avis, encore confidentiel mais révélé par le journal chrétien Nederlands Dagblad, il estime que les écoles religieuses doivent avoir le droit d'exclure des lesbiennes et des gays si leur comportement, même à l'extérieur de l'école, va à l'encontre des valeurs de l'institution, et ce au nom d'une certaine "loyauté" à l'égard de l'employeur.

Pour autant, le Conseil d'Etat, comme la loi néerlandaise, interdit toute discrimination. Au total, un professeur pourrait donc être viré parce qu'il se comporte comme un homo, mais pas parce qu'il est homo. Evidemment, la frontière est mince...

Wim Kuiper, directeur de l'Association pour une éducation chrétienne, a appelé le gouvernement à appliquer cette recommandation. Selon lui, les écoles les plus orthodoxes doivent pouvoir refuser d'employer des homosexuels ou même des couples hétéros non mariés parce que "leur style de vie ne cadre pas avec la bible". Il a toutefois souligné qu'une centaine seulement des 2.200 écoles chrétiennes du pays sont concernées par ce débat.

vendredi 12 juin 2009

Licenciée parce que lesbienne, elle perd en justice


Pour la justice finlandaise, Johanna Korhonen n'a pas été licenciée par le groupe de presse Alma Media parce qu'elle était lesbienne, mais parce qu'elle a manqué de "franchise" pendant son entretien d'embauche.

Selon l'agence de presse finlandaise STT, le tribunal d'Helsinki a donc retenu dans sa décision rendue mardi les arguments de l'employeur de la rédactrice en chef du quotidien "lapin Kansa", licenciée alors qu'elle venait à peine d'être nommée. Johanna Korhonen réclamait 230.000 euros de dommages et intérêts pour discrimination. Elle devra finalement rembourser pour 8.000 euros de frais de justice à Alma Media.

Fin 2008, Johanna Korhonen avait été licenciée en raison de mensonges lors de son entretien d'embauche. Selon la journaliste, le groupe de médias finlandais l'a renvoyée parce qu'elle entretenait une relation lesbienne dont elle n'avait pas fait état. Johanna Korhonen avait dit vivre en couple avec deux enfants, mais sans préciser le sexe de son conjoint. Rejetant les accusations de discrimination, la direction du groupe mettait en avant une "crise de confiance" pour justifier cette décision.

Alors que les prud'hommes avaient jugé la discrimination caractérisée en février 2009, le tribunal civil a cette fois reproché à Mme Korhonen d'avoir fourni des informations erronées à son futur employeur lors de l'entretien d'embauche, notamment sur les activités politiques de sa compagne, candidate aux municipales.


L'association LGBT finlandaise Seta s'est déclarée "surprise" et "inquiète" après cette décision. Car celle-ci signifie selon elle que la vie privée pourrait désormais entrer en ligne de compte et être un élément décisif lors d'un entretien d'embauche, le candidat étant tenu d'en informer l'employeur. "Nous risquons de faire un énorme pas en arrière dans la lutte contre les discriminations", a souligné dans un communiqué la présidente de l'association Outi Hannula. Johanna Korhonen a annoncé qu'elle comptait faire appel.