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lundi 29 juin 2009

L'Inde pas pressée de dépénaliser l'homosexualité

Photo Mayank Austen Soofi
Au lendemain des Gay Prides dans plusieurs grandes villes d'Inde dimanche, pour la deuxième année seulement, le gouvernement de ce pays envisage la dépénalisation de l'homosexualité... sans se presser, a déclaré lundi le ministre fédéral de la Justice Veerappa Moily.

Douchant les espoirs récents des organisations LGBT, il a nié tout préjugé favorable à l'abrogation de la section 377 du Code pénal qui considère les relations homosexuelles comme un crime passible de jusqu'à dix ans de prison. Les homosexuels sont souvent victimes de discrimination et de harcèlement de la part de la police. Beaucoup ont défilé masqués dimanche à New Delhi notamment.

"Le gouvernement ne peut pas prendre de décision hâtive. Nous avons besoin de réfléchir. Nous examinons (la question)", a expliqué le ministre, cité par la télévision publique DDNews. Dimanche, M. Moily avait précisé que New Delhi devait prendre en considération les points de vue de tous les acteurs de la société, y compris les groupes religieux.

La plupart des groupes religieux indiens les plus influents, hindous, musulmans et chrétiens, s'opposent à la révision, et encore plus à l'abrogation de la section 377 de 1860 qui qualifie de relations "contre nature" les rapports sexuels entre personnes du même sexe.

Les opposants voient dans la dépénalisation de l'homosexualité une menace pour la famille et l'ordre social, alors que les mouvements de défense des lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) dénoncent une intolérance héritée des lois anti-sodomie de l'empire colonial britannique et un tabou qui favorise la propagation du SIDA. Les grands partis politiques évitent de se prononcer sur la question et le gouvernement fédéral est divisé.