
En mai 2008, cette même Cour suprême avait légalisé le mariage entre personnes du même sexe, en déclarant inconstitutionnel de priver des citoyens de ce droit fondemental. Des couples anonymes et d'autres plus connus comme celui formé par l'animatrice Ellen DeGeneres et l'actrice Portia De Rossi, avaient saisi l'occasion d'officialiser leur union dès l'entrée en vigueur de la décision à la mi-juin. Avant cela, seul le Massachusetts permettait aux homosexuels de se marier.
Mais le 4 novembre suivant, alors que Barack Obama entrait dans l'histoire en devenant le premier président Noir d'Amérique, les électeurs de Californie consultés par référendum approuvaient par 52% des voix contre 48% la Proposition 8 gravant dans la Constitution de cet Etat que seuls un homme et une femme peuvent se marier.
Retour à l'hétéronormalité? Oui, mais. Si les groupes religieux et conservateurs ont gagné une manche, ils veulent aussi invalider les unions célébrées pendant ces quatre mois et demi. Et ils brandissent le verdict d'une majorité d'électeurs dans un Etat où la démocratie directe joue traditionnellement un rôle très important. En face, les organisations militantes homosexuelles et civiques rétorquent qu'une loi ne peut pas s'appliquer rétroactivement, qu'interdire le mariage gay et lesbien dans la Constitution n'est pas un amendement mais une révision de la loi fondamentale exigeant un débat au Parlement local. Elles crient à l'ouverture de la boîte de Pandore: aujourd'hui on prive la minorité homosexuelle d'un droit fondamental, demain, ce seront les Hispaniques ou les immigrés qui seront visés.
Le président Barack Obama mais aussi le gouverneur républicain de Californie, l'ancien acteur Arnold Schwarzenegger, se sont prononcés contre la Proposition 8. Quant à Ellen DeGeneres, elle l'a dit sur tous les tons: elle ne veut pas rendre son grille-pain de mariage.