samedi 13 décembre 2008
Homophobie: les plaintes en hausse
Les homosexuels victimes de discriminations au travail hésitent de moins en moins à s'en plaindre auprès de la HALDE. Dans un guide des pratiques des entreprises publié en décembre 2008, la HALDE constate une hausse des saisines pour des cas de discriminations liées à l'orientation sexuelle: 38 en 2005, 61 en 2006 et 113 en 2007.
Toutefois, les plaintes pour discrimination des gays et lesbiennes ne représentent encore que 1,8% des réclamations. Deux tiers de ces saisines portent sur l'emploi, avec "des situations de harcèlement discriminatoire souvent caractérisées par une absence de réaction de l'employeur ou des réactions curieuses comme des demandes d'examens médicaux injustifiées, pouvant aboutir à des licenciements pour inaptitude voire à des démissions forcées", constate la HALDE.
Elle a interrogé 251 entreprises. "Rares sont celles qui traitent de la question des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle", déplore-t-elle. "Peu saisis par les salariés, certains directeurs des ressources humaines (DRH) considèrent en définitive que toute question relative à l'orientation sexuelle relève du domaine privé".
Pour les lesbiennes, c'est pire: "si l'homophobie au travail est un phénomène banalisé et largement sous-estimé, les difficultés spécifiques vécues par les lesbiennes -qui sont exposées à un double risque de discrimination en tant que femmes et en tant qu'homosexuelles- sont quant à elles, complètement invisibles".
La HALDE cite en exemple quelques entreprises, comme Thomson, qui accorde les mêmes avantages sociaux aux couples mariés et pacsés, ou Eau de Paris, qui applique les mêmes conditions pour le congé paternité qu'il s'agisse d'hétéro ou d'homoparentalité.
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vendredi 12 décembre 2008
Autorité parentale croisée: un couple lesbien débouté
(actualisé le 13/12/2008 avec la réaction de Me Mécary)
La cour d'appel de Douai a refusé ce 11 décembre 2008 la délégation et le partage de l'autorité parentale à un couple de lesbiennes de Tourcoing, mères de deux enfants, et qui avaient obtenu satisfaction en première instance fin 2007.
Les juges ont estimé que l'autorité parentale croisée n'était pas nécessaire dans la mesure où la vie de cette famille homoparentale se déroulait normalement et qu'aucun problème ne se posait pour les enfants dans l'immédiat, selon la presse locale du Nord. On ignore si le couple lesbien contestera la décision devant la Cour de cassation.
Les deux femmes vivent ensemble depuis une quinzaine d'années et sont pacsées depuis 2002. Elles ont chacune mis au monde un enfant en recourant à la procréation assistée en Belgique à quelques années d'intervalle. C'est le parquet qui avait fait appel du jugement de la décision de la juge aux affaires familiales.
En 2006, la cour de Cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a estimé que la délégation d'autorité parentale créée en 2002 s'appliquait aussi aux couples homosexuels à condition qu'ils vivent "en union stable et continue", que "les circonstances l'exigent" et que la mesure soit "conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant".
Pour l'avocate Caroline Mécary, spécialiste de la question, cette décision "insupportable" de la cour d'appel de Douai "traduit l'homophobie inconsciente" de magistrats qui "ne veulent pas permettre qu'on leur dise 'Vous êtes en train de créer la famille homoparentale'".
Et de souligner dans un entretien à LToutes que "dans une configuration homoparentale, l'enfant n'a légalement qu'un seul parent. Si celui-ci meurt, l'enfant se retrouve orphelin". "En cas d'accident par exemple, si l'enfant a besoin d'une intervention chirurgicale et que la mère est en vacances ou en déplacement et ne peut pas manifester sa volonté, la compagne ne peut pas décider, il faut saisir en urgence le juge aux affaires familiales", explique-t-elle. Pour l'avocate, qui espère que le couple ira en Cassation et saisira la Cour européenne des droits de l'Homme, "les magistrats ont fait fi de l'intérêt concret de l'enfant".
- Pour une plongée édifiante dans le raisonnement des juges de Douai: l'avocate Carolyne Mécary a publié une partie des attendus du jugement sur son blog.
- Lire aussi sur LToutes: "Un couple de lesbiennes obtient la délégation et le partage de l'autorité parentale sur son enfant" (18/11/2008)
La cour d'appel de Douai a refusé ce 11 décembre 2008 la délégation et le partage de l'autorité parentale à un couple de lesbiennes de Tourcoing, mères de deux enfants, et qui avaient obtenu satisfaction en première instance fin 2007.
Les juges ont estimé que l'autorité parentale croisée n'était pas nécessaire dans la mesure où la vie de cette famille homoparentale se déroulait normalement et qu'aucun problème ne se posait pour les enfants dans l'immédiat, selon la presse locale du Nord. On ignore si le couple lesbien contestera la décision devant la Cour de cassation.
Les deux femmes vivent ensemble depuis une quinzaine d'années et sont pacsées depuis 2002. Elles ont chacune mis au monde un enfant en recourant à la procréation assistée en Belgique à quelques années d'intervalle. C'est le parquet qui avait fait appel du jugement de la décision de la juge aux affaires familiales.
En 2006, la cour de Cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a estimé que la délégation d'autorité parentale créée en 2002 s'appliquait aussi aux couples homosexuels à condition qu'ils vivent "en union stable et continue", que "les circonstances l'exigent" et que la mesure soit "conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant".
Pour l'avocate Caroline Mécary, spécialiste de la question, cette décision "insupportable" de la cour d'appel de Douai "traduit l'homophobie inconsciente" de magistrats qui "ne veulent pas permettre qu'on leur dise 'Vous êtes en train de créer la famille homoparentale'".
Et de souligner dans un entretien à LToutes que "dans une configuration homoparentale, l'enfant n'a légalement qu'un seul parent. Si celui-ci meurt, l'enfant se retrouve orphelin". "En cas d'accident par exemple, si l'enfant a besoin d'une intervention chirurgicale et que la mère est en vacances ou en déplacement et ne peut pas manifester sa volonté, la compagne ne peut pas décider, il faut saisir en urgence le juge aux affaires familiales", explique-t-elle. Pour l'avocate, qui espère que le couple ira en Cassation et saisira la Cour européenne des droits de l'Homme, "les magistrats ont fait fi de l'intérêt concret de l'enfant".
- Pour une plongée édifiante dans le raisonnement des juges de Douai: l'avocate Carolyne Mécary a publié une partie des attendus du jugement sur son blog.
- Lire aussi sur LToutes: "Un couple de lesbiennes obtient la délégation et le partage de l'autorité parentale sur son enfant" (18/11/2008)
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mercredi 10 décembre 2008
Une journée pas gay

Les homosexuels d'Amérique et tous ceux qui soutiennent les LGBT étaient appelés mercredi à prendre un jour de congé du travail, garder leurs sous et aider des associations pour participer à la première "Journée sans homo".
Ce "Day Without a Gay" était organisé pour protester contre la récente interdiction par référendum du mariage gay en Californie, quelques mois seulement après sa légalisation. L'événement fait écho au 60e anniversaire, ce 10 décembre 2008, de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, adoptée par les Nations unies en 1948.
Le Day Without a Gay a été imaginé par un couple californien, Sean Hetherington et Aaron Hartzler, lors des manifestations qui ont suivi l'adoption de la Proposition 8.
Le jour où les Etats-Unis élisaient Barack Obama à la présidence, portant pour la première fois un Noir à la Maison Blanche, 52% des Californiens se prononçaient pour l'interdiction du mariage homosexuel, alors que 18.000 couples avaient été unis depuis juin dans cet Etat. Ce même 4 novembre 2008, l'Arizona et la Floride interdisaient le mariage homosexuel dans leur Constitution. Seuls le Massachusetts et le Connecticut permettent aux lesbiennes et gays de se marier.
- Lire aussi sur LToutes: "USA: "oui" à Obama, "non" au mariage gay" (05/11/2008)
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Une lesbienne militante dans l'administration Obama
Une militante lesbienne pour les droits LGBT devrait obtenir un poste de premier plan dans l'équipe présidentielle de Barack Obama, rapporte le magazine homosexuel "Advocate", citant une source proche du président-élu au Parti démocrate. D'autres médias américains confirment les grandes chances de Nancy Sutley.Actuellement adjointe au maire de Los Angeles chargée de l'Energie et de l'Environnement, Nancy Sutley devrait être prochainement nommée présidente du Conseil sur la qualité de l'environnement, qui coordonne et définit la politique environnementale de la Maison Blanche. Contactée par le "L.A. Times", elle s'est refusée à tout commentaire.
Pendant la campagne présidentielle américaine, Nancy Sutley a soutenu Hillary Clinton au sein de la commission californienne sur les questions lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenre (LGBT). Après la victoire de Barack Obama le 4 novembre 2008, cette spécialiste reconnue de l'environnement a intégré l'équipe de transition pour préparer les dossiers de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).
Experte respectée de l'environnement et de l'énergie, femme, militante lesbienne et soutien d'une Hillary Clinton réconciliée avec Barack Obama: Nancy Sutley possède bien des atouts pour incarner le changement dans la future administration américaine, qui prendra ses fonctions le 20 janvier 2009. Reste à savoir si l'on peut donner des gages aux militants LGBT sans se mettre à dos l'aile conservatrice du Parti démocrate.
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samedi 6 décembre 2008
Fin des éditions lesbiennes "La Cerisaie"
Spécialisée dans la littérature lesbienne, la maison d'édition La Cerisaie vient d'annoncer qu'elle fermait ses portes. "La Cerisaie fut une belle aventure qui n'aurait pas pu exister sans vous. Merci de votre fidélité", écrit sa fondatrice Catherine Allex dans un message diffusé par la Coordination lesbienne en France (CLF).
Fondée en 2002, La Cerisaie a notamment publié récemment "Une Saison andalouse" de Laurence Aurouet ou "Les Enfants d'Héloïse" d'Hélène de Montferrand (prix Goncourt du premier roman en 1990 pour "Les Amies d'Héloïse"). Mais cela n'a pas suffi. La disparition de cette maison d'édition montre que se lancer sur le marché lesbien en France reste un pari à haut risque.Pourtant, le secteur n'a jamais été aussi dynamique: les maisons d'édition lesbiennes se sont multipliées depuis les années 1990. Alors que Geneviève Pastre avait montré la voie dès 1989, les éditions KTM naissaient en 1998: elles ont fêté leur dixième anniversaire en mai dernier. Les Editions gaies et lesbiennes sont nées en 1997, Dans L'engrenage en 2003, les éditions Julie Oriol en 2004, puis les éditions Labrys en 2005.
"Les lesbiennes savent que nos livres existent et où les trouver"Dans une série de textes publiée en 2005 dans "Lesbia Magazine" et intitulée "France, années 1990: la décennie lesbienne", Brigitte Boucheron, cofondatrice de Bagdam Cafee à Toulouse, estimait qu'il se publiait 18 livres lesbiens par an dans les années 1990, contre 10 dans les années 1980 et 5 dans les années 1970. A tel point que les éditeurs hétérosexuels ont commencé eux aussi à s'intéresser à ce "marché", en publiant notamment des polars aux héroïnes lesbiennes.
Interrogée par LToutes, Céline Rosset, des éditions Labrys, préfère donc voir dans cette fermeture un "cas relativement isolé". "Il y a des disparitions, comme partout. Cela fait partie de la vie de toute entreprise", explique-t-elle.
Certes, les maisons d'édition lesbiennes "manquent de vecteurs pour se faire connaître", vu le nombre restreint de médias s'adressant aux homosexuelles, et les grands distributeurs restent encore inaccessibles, mais "Internet change la donne", souligne Céline Rosset. "Les lesbiennes savent que nos livres existent et elles savent où elles peuvent les trouver".
Ce dynamisme reste toutefois à relativiser: il se publie toujours trois à quatre fois plus d'ouvrages pour la communauté gay que pour les lesbiennes, et la littérature pour femmes souffre encore d'une tenace image de "romans à l'eau de rose". Une image que conteste Céline Rosset, qui dénonce une "idée préconçue": "il y a plus de maisons d'édition spécialisées, donc il y a plus d'ouvrages qui sortent" et "il y a de tout", assure-t-elle.La fermeture récemment de la librairie homo "Blue Book" à Paris montre plus largement qu'il reste difficile de vendre des livres aux homosexuels, même si "Les Mots à la bouche" et la librairie "Violette and Co", tenue par des lesbiennes, restent fidèles au poste.
"En France, comme en Belgique, les services et commerces en direction d'une clientèle lesbienne sont héroïques: trop de lesbiennes ne pensent pas lesbien, donc ne dépensent pas lesbien", déplorait Brigitte Boucheron en 2005. Cela "entraîne la mort des entreprises, et de toute façon freine leur expansion et l'ambition de leurs créatrices. Il faut une exceptionnelle pugnacité pour maintenir son rêve".
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dimanche 30 novembre 2008
Une lesbienne pour remplacer Hillary Clinton?
Christine Quinn est la première femme devenue N°2 de la mairie de New York, elle est démocrate, volontaire et... lesbienne. Cette élue de 42 ans pourrait aussi devenir la première sénatrice ouvertement homosexuelle des Etats-Unis si Barack Obama choisit Hillary Clinton pour cheffe de la diplomatie américaine.
Il y a encore quelques jours, Christine Quinn manifestait à New York contre l'interdiction du mariage homosexuel en Californie, où ces unions avaient été légalisées en mai dernier. En 2006, elle avait refusé de participer à la parade de la Saint-Patrick tant que les organisations gay et lesbiennes en seraient bannies. En 2006 aussi, elle avait remercié sa compagne Kim Catullo dans son discours de prise de fonctions à la tête du conseil municipal. Sa biographie officielle mentionne son orientation sexuelle.
On disait Christine Quinn tentée par la mairie de New York en 2009, mais l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche pourrait changer la donne.
Barack Obama, qui succédera à George Bush le 20 janvier 2009, n'a pas encore officiellement désigné sa future secrétaire d'Etat mais Hillary Clinton est considérée comme la favorite. L'ex-First Lady appréciée des associations LGBT devrait alors renoncer à son mandat de sénatrice de l'Etat de New York. Elle l'occupe depuis novembre 2000 et l'a conservé haut la main en 2006.Or si le maire de New York Michael Bloomberg est très bien placé pour récupérer le siège d'Hillary Clinton à Washington, le gouverneur de l'Etat de New York est favorable au mariage homosexuel et pourrait vouloir donner un signal fort en nommant une femme, ouvertement lesbienne qui plus est. Il y a quelques mois, ce gouverneur a ordonné aux services publics d'appliquer immédiatement une décision de justice accordant les mêmes droits à tous les couples mariés, y compris homosexuels.
Seuls le Massachusetts (depuis 2004) et le Connecticut (depuis octobre 2008) ont légalisé le mariage entre gays ou lesbiennes, mais d'autres Etats, comme le New Jersey, le Vermont et le New Hampshire, proposent des unions civiles (sorte de PACS).
La Californie a autorisé le mariage homosexuel en mai 2008, mais il a de nouveau été interdit par un référendum en novembre dernier. Le sort des mariages contractés entre-temps, comme celui de l'animatrice de télévision Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi, n'est pas fixé.
vendredi 28 novembre 2008
Belgique: 5% d'homos et bi chez les 15-25 ans

En Belgique, 3% des jeunes de 15 à 25 ans se déclarent homosexuels, 2% bisexuels, et 2% disent ne pas savoir quelle est leur orientation sexuelle, selon une enquête publiée par la Mutualité socialiste. Reste 93% de jeunes qui se considèrent hétérosexuels.
L'étude réalisée par l'institut Dedicated Research auprès de plus de 1.000 jeunes âgés de 15 à 25 ans montre que l'âge moyen du premier rapport sexuel est de 16 ans et deux mois quel que soit le sexe, soit à peu près comme en 2002 (16 ans et 4 mois).
Il semble par ailleurs que la majorité des jeunes estime connaître son orientation sexuelle avant même le début de sa vie affective et sexuelle, et qu'il y ait peu de changements d’orientation sexuelle entre 15 et 25 ans. La recherche de sa sexualité se ferait donc avant 15 ans et/ou après 25 ans, estime la mutuelle belge.
A l'approche de la Journée mondiale contre le Sida ce 1er décembre 2008, l'"Etat des lieux de la sexualité des 15-25 ans" montre aussi que 58% des jeunes sexuellement actifs ont eu des rapports sexuels à risque au cours des trois derniers mois. La prise de risque ne dépend apparemment ni de facteurs sociaux ni de l'orientation sexuelle, mais elle augmente avec l'âge.
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Harvey Milk, pionnier des droits gays et lesbiens
Alors que les Californiens viennent de voter l'interdiction du mariage homosexuel, quelques mois après sa légalisation dans cet Etat, Gus Van Sant ("My Own Private Idaho", "Paranoid Park") se penche sur l'histoire d'Harvey Milk, premier homme politique ouvertement gay élu en 1977 à la mairie de San Francisco.
Sean Penn incarne ce militant des droits civiques et de la cause homosexuelle, tué par balles le 27 novembre 1978. Son meurtrier est un autre responsable municipal, Dan White, qui abat aussi le maire George Moscone. Le double meurtre crée un choc, qui se transforme en colère et en émeutes sévèrement réprimées dans le quartier gay lorsque White est condamné pour meurtre involontaire sans préméditation.
Rob Epstein avait déjà consacré un excellent documentaire au jeune politicien hors du commun, "The Times of Harvey Milk" (1984), et Harvey Milk possède sa statue dans la mairie de San Francisco depuis mai 2008. "Milk" de Gus Van Sant sortira en France en mars.- Voir aussi le dossier de Gayclic sur Harvey Milk
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jeudi 27 novembre 2008
New York: un mariage lesbien définitivement reconnu

Un mariage lesbien célébré au Canada en 2004 vient d'être légalement reconnu à New York, où le mariage homoexuel est pourtant interdit. La décision de justice est désormais définitive.
Après trois ans de bataille judiciaire, Lisa Ann Golden va pouvoir bénéficier de la couverture santé de sa femme Patricia Martinez, comme toutes les épouses des employés du Monroe Community College à Rochester.
Le couple contestait depuis 2005 le refus de cette université d'étendre aux couples mariés homosexuels les droits jusque-là réservés aux couples mariés hétérosexuels, alors que l'Etat reconnaît depuis longtemps les mariages célébrés hors de ses frontières.
La Cour suprême de Rochester a donné raison aux deux femmes en appel en février, et le comté de Monroe dont dépend l'université a renoncé le 21 novembre 2008 à faire appel, selon l'organisation civique New York Civil Liberties Union (NYCLU) qui représentait Patricia Martinez.
Dès le mois de mai 2008, le gouverneur de l'Etat de New York a ordonné à la fonction publique de faire bénéficier tous les couples mariés, hétérosexuels ou homosexuels, des mêmes droits sociaux.
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mardi 25 novembre 2008
Floride: un gay autorisé à adopter
L'interdiction totale de l'adoption pour les homosexuels en vigueur en Floride depuis 31 ans a subi mardi 25 novembre 2008 un sérieux coup de canif.Une juge de Miami a décidé d'autoriser un homme de 47 ans à adopter deux frères de 4 et 8 ans qu'il élevait avec son partenaire depuis 2004.
La juge Cindy Lederman a estimé qu'il n'existait aucune "base rationnelle" à l'interdiction de l'adoption pour les lesbiennes et les gays. "Ces enfants s'épanouissent. C'est incontestable", écrit-elle dans son jugement. La magistrate a donc accordé à cet homme l'adoption des deux enfants dont la justice lui avait confié la garde il y a quatre ans. Le procureur veut faire appel.
La Floride est le seul Etat américain à interdire l'adoption aux homosexuels, célibataires comme en couple. Ce n'est pas la première fois que cette disposition est contestée par la justice. En septembre déjà, un juge de Key West avait estimé que cette interdiction était "inconstitutionnelle".
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lundi 24 novembre 2008
L Word: la sixième saison est celle du crime
Un crime a été commis dans le petit monde de Bette, Tina et Shane. C'est ce que laisse entendre le dernier clip de promotion de la chaîne américaine Showtime. Celui-ci montre la brève image d'un corps dissimulé sous un drap de satin. Laquelle de nos héroïnes préférées est morte? Et laquelle a tué? Mystère.
Mais Showtime nous conseille de ne pas rater les deux premières minutes de la sixième saison de "L Word". L'ultime saison, qui débute le 18 janvier aux Etats-Unis, commencera donc sur les chapeaux de roues.
samedi 22 novembre 2008
Burundi: les homosexuels risquent deux ans de prison
Les lesbiennes et gays du Burundi risquent désormais deux ans de prison. L'Assemblée nationale a adopté ce samedi 22 novembre 2008 une réforme du code pénal dont l'une des dispositions rend l'homosexualité, jusque-là tolérée, passible d'une peine maximale de deux ans de prison, selon RFI.L'Association pour le respect des droits des homosexuels (ARDHO) du Burundi a fait savoir son indignation devant cette régression du droit.
C'est d'autant plus dommage pour ce pays d'Afrique de l'Est à majorité chrétienne que le nouveau Code pénal marque de grandes avancées en matière des droits de l'Homme, avec l'abolition de la peine de mort, décision courageuse après 13 ans de guerre civile, et l'introduction d'articles concernant les crimes de génocide, de viol ou de torture. Le Sénat burundais examinera le texte la semaine prochaine.
La pénalisation de l'homosexualité porte un coup à l'action de l'ARDHO, créée en 2003, qui ne manque pas de souligner l'incohérence politique: "comment voulez-vous lutter contre le sida si vous ne parlez pas de tout ce qui a trait à la sexualité, notamment de l'homosexualité?"Le président de l'ARDHO, Georges Kanuma, soulignait au début novembre dans un entretien au site francophone Behind The Mask, qui lutte pour les droits LGBT en Afrique, qu'il avait attendu avril 2007 pour être invité par le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) à une conférence onusienne sur les enjeux de l’homosexualité dans la lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles (IST).
L'ONUSIDA estime qu'environ 150.000 des 7,5 millions de Burundais sont séropositifs, et que 13.000 personnes sont mortes du sida en 2005. Le pays compte environ 120.000 orphelins du sida de moins de 17 ans, et l'espérance de vie moyenne à la naissance dans ce pays est de 47 ans pour les femmes et 42 ans pour les hommes.
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vendredi 21 novembre 2008
La procréation médicalement assistée pour les lesbiennes?

Un rapport parlementaire se prononce en faveur de l'accès des femmes célibataires à l'assistance médicale à la procréation (AMP, ou PMA) et pour l'ouverture d'un "débat" en ce qui concerne les couples homosexuels.
Rédigé par les députés Alain Claeys (PS) et Jean-Sébastien Vialatte (UMP), le rapport a été approuvé cette semaine par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, chargé de préparer le texte de révision de la loi bioéthique de 2004. Il faut "ouvrir aux femmes célibataires médicalement infertiles l’accès à l’AMP", estiment en particulier les rapporteurs.
Ils suggèrent aussi de "mener un débat sur l’accès des couples homosexuels à l’AMP lors de la révision de la loi", et de "lever l’anonymat sur les dons de gamètes si l’enfant le demande".
En revanche, les parlementaires restent hostiles à l'autorisation de la maternité pour autrui ("mères porteuses") en France. La loi de bioéthique est révisable tous les cinq ans. Un projet de loi de révision doit donc être débattu par les parlementaires en 2009, pour en mise en oeuvre en 2010.
- Lire aussi sur LToutes: "Des bébés-éprouvette pour les lesbiennes"; "Un couple de lesbiennes accouche de quadruplés"
- L'AMP expliquée par le Planning familial
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EDVIGE est morte, la vigilance demeure
EDVIGE est morte, mais SOS Homophobie "restera vigilante". Le retrait du fichier policier, annoncé en septembre par le gouvernement, a été entériné par un décret paru au Journal officiel ce 20 novembre 2008.Le successeur d'EVDVIGE, EDVIRSP (pour "exploitation documentation et valorisation de l'information relative à la sécurité publique"), exclut désormais des données aussi controversées que l'orientation sexuelle et la santé, mais le fichage commence toujours à 13 ans.
Le décret créant ce nouveau fichier au nom volontairement imprononçable (dites trois fois "EDVIRSP"...) est actuellement soumis à l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), puis devra être soumis au Conseil d'Etat.
SOS Homophobie, qui participe depuis le 13 octobre 2008 au groupe hebdomadaire de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie réuni par le ministère de l'Intérieur, est signataire, comme l'Inter-LGBT notamment, de la pétition du collectif "Non à EDVIGE", qui a recueilli 218.000 signatures depuis le 10 juillet, dont 1.169 d'organisations, collectifs, partis et syndicats. Le collectif continue de faire signer son appel, prévenant qu'il n'acceptera "ni EDVIGE 1.0, ni EDVIGE 2.0".
- EDVIGE sur LToutes: Les malheurs d'EDVIGE; "Gaylib et la CFDT disent non"
"Les associations saisissent la HALDE"; "Tout(es) contre EDVIGE"; "EDVIGE est trop curieuse"
- Les décrets de création (17/06/2008) et de retrait (1/11/2008) d'EDVIGE au JO
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mercredi 19 novembre 2008
Homophobie: GayLib dénonce "l'hypocrisie" de l'UMP

Christian Vanneste blanchi, Gérard Longuet qui assimile pédophilie et homosexualité... Trop, c'est trop, tonne GayLib dans une lettre ouverte adressée mercredi 19 novembre 2008 au secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian.
Le mouvement, qui tente de défendre les droits des homosexuels au sein du parti majoritaire, exige "que cesse l'hypocrisie" à l'UMP et que Patrick Devedjian mette le hola à une poussée homophobe qui risque de "submerger" le parti.
Poursuivi et condamné pour injure homophobe, Christian Vanneste a finalement été blanchi le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation, qui a estimé que les propos incriminés entraient dans le cadre de la liberté d'expression. Cette décision ouvre "les vannes aux interventions les plus délirantes", constate GayLib. Son président Emmanuel Blanc (photo) dénonce en particulier les propos homophobes diffusés sur le blog de la "droite libre", le mouvement de Rachid Kaci associé à l'UMP.
Dans un billet daté du 16 novembre, l'auteur évoque rien moins que la "similitude d'intimidation entre les lobbys homosexuels et islamistes", voire leur "étrange proximité". Et d'asséner, reprenant justement les propos qui étaient reprochés à Christian Vanneste: "l'homosexualité, si elle était généralisée à l'ensemble de l'humanité, représenterait assurément un danger immédiat pour sa survie".
"Nous craignons qu'à défaut d'endiguer les paroles et les postures homophobes tenues sous ses couleurs, l'UMP se laisse submerger par ce genre de discours", s'alarme GayLib dans sa lettre ouverte. Son président rappelle qu'un certain Nicolas Sarkozy avait affirmé dans le mensuel Têtu de mars 2007, que "l'amour homosexuel n'était pas inférieur à l'amour hétérosexuel". Mais c'était pendant la campagne présidentielle. Le chef de l'Etat n'a pas réagi pour l'heure à la décision de la Cour de cassation.
"À qui l'UMP donne-t-elle donc raison sur ce point: à Nicolas Sarkozy ou à Christian Vanneste qui parle d’infériorité de l’homosexualité", écrit Emmanuel Blanc. "Sommes-nous des sous-femmes et des sous-hommes?".
Le président de GayLib dénonce aussi les propos tenus par le sénateur UMP Gérard Longuet, jugeant contradictoires des actions menées contre l'homophobie au sein des établissements scolaires et la nécessaire lutte contre la pédophilie. "Cet amalgame particulièrement douteux est inadmissible de la part d'un élu de la Nation".
Il faut "que cesse l'hypocrisie". GayLib exige donc que Patrick Devedjian "condamne les propos de Gérard Longuet" et "réaffirme que les
déclarations de Christian Vanneste" entrent "en contradiction avec les valeurs défendues par l'UMP et Nicolas Sarkozy". Il demande aussi au secrétaire général de l'UMP de "veiller à ce que tout dérapage à caractère homophobe émanant d’élus membres de notre parti soient suivis de sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion", et de s'engager, "au nom de l'UMP, à faire voter l'Union ouverte à tous les couples, mesure qui a été inscrite dans la plate-forme législative" du parti majoritaire.
De son côté, Christian Vanneste a réclamé dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute" la "dissolution" de GayLib. "GayLib n'a rien à faire dans l'UMP et je vais entamer une demande de dissolution de ce mouvement auprès de Patrick Devedjian".
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