Les lesbiennes et gays du Burundi risquent désormais deux ans de prison. L'Assemblée nationale a adopté ce samedi 22 novembre 2008 une réforme du code pénal dont l'une des dispositions rend l'homosexualité, jusque-là tolérée, passible d'une peine maximale de deux ans de prison, selon RFI.
L'Association pour le respect des droits des homosexuels (ARDHO) du Burundi a fait savoir son indignation devant cette régression du droit.
C'est d'autant plus dommage pour ce pays d'Afrique de l'Est à majorité chrétienne que le nouveau Code pénal marque de grandes avancées en matière des droits de l'Homme, avec l'abolition de la peine de mort, décision courageuse après 13 ans de guerre civile, et l'introduction d'articles concernant les crimes de génocide, de viol ou de torture. Le Sénat burundais examinera le texte la semaine prochaine. La pénalisation de l'homosexualité porte un coup à l'action de l'ARDHO, créée en 2003, qui ne manque pas de souligner l'incohérence politique: "comment voulez-vous lutter contre le sida si vous ne parlez pas de tout ce qui a trait à la sexualité, notamment de l'homosexualité?"
Le président de l'ARDHO, Georges Kanuma, soulignait au début novembre dans un entretien au site francophone Behind The Mask, qui lutte pour les droits LGBT en Afrique, qu'il avait attendu avril 2007 pour être invité par le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) à une conférence onusienne sur les enjeux de l’homosexualité dans la lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles (IST).
L'ONUSIDA estime qu'environ 150.000 des 7,5 millions de Burundais sont séropositifs, et que 13.000 personnes sont mortes du sida en 2005. Le pays compte environ 120.000 orphelins du sida de moins de 17 ans, et l'espérance de vie moyenne à la naissance dans ce pays est de 47 ans pour les femmes et 42 ans pour les hommes.
Un rapport parlementaire se prononce en faveur de l'accès des femmes célibataires à l'assistance médicale à la procréation (AMP, ou PMA) et pour l'ouverture d'un "débat" en ce qui concerne les couples homosexuels.
Rédigé par les députés Alain Claeys (PS) et Jean-Sébastien Vialatte (UMP), le rapport a été approuvé cette semaine par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, chargé de préparer le texte de révision de la loi bioéthique de 2004. Il faut "ouvrir aux femmes célibataires médicalement infertiles l’accès à l’AMP", estiment en particulier les rapporteurs.
Ils suggèrent aussi de "mener un débat sur l’accès des couples homosexuels à l’AMP lors de la révision de la loi", et de "lever l’anonymat sur les dons de gamètes si l’enfant le demande". En revanche, les parlementaires restent hostiles à l'autorisation de la maternité pour autrui ("mères porteuses") en France. La loi de bioéthique est révisable tous les cinq ans. Un projet de loi de révision doit donc être débattu par les parlementaires en 2009, pour en mise en oeuvre en 2010.
EDVIGE est morte, mais SOS Homophobie "restera vigilante". Le retrait du fichier policier, annoncé en septembre par le gouvernement, a été entériné par un décret paru au Journal officiel ce 20 novembre 2008.
Le successeur d'EVDVIGE, EDVIRSP (pour "exploitation documentation et valorisation de l'information relative à la sécurité publique"), exclut désormais des données aussi controversées que l'orientation sexuelle et la santé, mais le fichage commence toujours à 13 ans.
Le décret créant ce nouveau fichier au nom volontairement imprononçable (dites trois fois "EDVIRSP"...) est actuellement soumis à l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), puis devra être soumis au Conseil d'Etat. SOS Homophobie, qui participe depuis le 13 octobre 2008 au groupe hebdomadaire de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie réuni par le ministère de l'Intérieur, est signataire, comme l'Inter-LGBT notamment, de la pétition du collectif "Non à EDVIGE", qui a recueilli 218.000 signatures depuis le 10 juillet, dont 1.169 d'organisations, collectifs, partis et syndicats. Le collectif continue de faire signer son appel, prévenant qu'il n'acceptera "ni EDVIGE 1.0, ni EDVIGE 2.0".
Christian Vanneste blanchi, Gérard Longuet qui assimile pédophilie et homosexualité... Trop, c'est trop, tonne GayLib dans une lettre ouverte adressée mercredi 19 novembre 2008 au secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian.
Le mouvement, qui tente de défendre les droits des homosexuels au sein du parti majoritaire, exige "que cesse l'hypocrisie" à l'UMP et que Patrick Devedjian mette le hola à une poussée homophobe qui risque de "submerger" le parti.
Poursuivi et condamné pour injure homophobe, Christian Vanneste a finalement été blanchi le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation, qui a estimé que les propos incriminés entraient dans le cadre de la liberté d'expression. Cette décision ouvre "les vannes aux interventions les plus délirantes", constate GayLib. Son président Emmanuel Blanc (photo) dénonce en particulier les propos homophobes diffusés sur le blog de la "droite libre", le mouvement de Rachid Kaci associé à l'UMP. Dans un billet daté du 16 novembre, l'auteur évoque rien moins que la "similitude d'intimidation entre les lobbys homosexuels et islamistes", voire leur "étrange proximité". Et d'asséner, reprenant justement les propos qui étaient reprochés à Christian Vanneste: "l'homosexualité, si elle était généralisée à l'ensemble de l'humanité, représenterait assurément un danger immédiat pour sa survie".
"Nous craignons qu'à défaut d'endiguer les paroles et les postures homophobes tenues sous ses couleurs, l'UMP se laisse submerger par ce genre de discours", s'alarme GayLib dans sa lettre ouverte. Son président rappelle qu'un certain Nicolas Sarkozy avait affirmé dans le mensuel Têtu de mars 2007, que "l'amour homosexuel n'était pas inférieur à l'amour hétérosexuel". Mais c'était pendant la campagne présidentielle. Le chef de l'Etat n'a pas réagi pour l'heure à la décision de la Cour de cassation.
"À qui l'UMP donne-t-elle donc raison sur ce point: à Nicolas Sarkozy ou à Christian Vanneste qui parle d’infériorité de l’homosexualité", écrit Emmanuel Blanc. "Sommes-nous des sous-femmes et des sous-hommes?".
Le président de GayLib dénonce aussi les propos tenus par le sénateur UMP Gérard Longuet, jugeant contradictoires des actions menées contre l'homophobie au sein des établissements scolaires et la nécessaire lutte contre la pédophilie. "Cet amalgame particulièrement douteux est inadmissible de la part d'un élu de la Nation".
Il faut "que cesse l'hypocrisie". GayLib exige donc que Patrick Devedjian "condamne les propos de Gérard Longuet" et "réaffirme que les déclarations de Christian Vanneste" entrent "en contradiction avec les valeurs défendues par l'UMP et Nicolas Sarkozy". Il demande aussi au secrétaire général de l'UMP de "veiller à ce que tout dérapage à caractère homophobe émanant d’élus membres de notre parti soient suivis de sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion", et de s'engager, "au nom de l'UMP, à faire voter l'Union ouverte à tous les couples, mesure qui a été inscrite dans la plate-forme législative" du parti majoritaire.
De son côté, Christian Vanneste a réclamé dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute" la "dissolution" de GayLib. "GayLib n'a rien à faire dans l'UMP et je vais entamer une demande de dissolution de ce mouvement auprès de Patrick Devedjian".
La cour d'appel de Versailles a accordé la délégation et le partage de l'autorité parentale à un couple de lesbiennes, soulignant dans un arrêt du 13 novembre 2008 que les deux femmes avaient élevé leur fillette ensemble depuis sa naissance.
La justice avait débouté le couple en première instance le 21 janvier 2008, au motif que l'enfant était née alors que la mère biologique n'était pas encore officiellement divorcée de son mari, bien qu'ils vivent séparés depuis des années et que seule la mère ait déclaré la naissance, explique l'avocate spécialisée Caroline Mécary sur son blog.
Le ministère public se fondait sur l'article 312 du Code civil qui considère le mari comme le père présumé de l'enfant, et demandait donc le consentement de l'ex-époux à la délégation de l'autorité parentale.
Mais la cour d'appel de Versailles a déclaré que la présomption de paternité ne pouvait être retenue dans le cas où l'enfant n'avait été déclarée que par la mère. En outre, selon l'arrêt, la fillette était élevée depuis sa naissance par les deux femmes, "dont l'union est stable et continue depuis huit ans, l'enfant étant parfaitement épanouie dans son cadre de vie".
Rappelant "l'intérêt de l'enfant élevée de concert par les appelantes depuis sa naissance", la cour d'appel a infirmé le jugement de première instance et donné raison au couple lesbien. Le 10 septembre 2008, le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence a accordé la délégation totale de l'autorité parentale et son exercice partagé à l'ex-compagne de la mère d'un petit garçon. La décision est définitive.
En décembre 2007, deux femmes s'étant séparées ont obtenu la délégation et le partage de l'autorité parentale ainsi que la garde alternée de la fillette qu'elles avaient élevée ensemble. Le parquet a fait appel.
La cour d'appel de Douai devrait se prononcer par ailleurs le 11 décembre 2008 sur l'appel du parquet contre un couple lesbien de Tourcoing. Les deux femmes, qui avaient chacune mis au monde un enfant en recourant à la procréation assistée en Belgique à quelques années d'intervalle, ont obtenu fin 2007 l'autorité parentale croisée sur les deux enfants du couple.
En 2006, la cour de Cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a estimé que la délégation d'autorité parentale créée en 2002 s'appliquait aussi aux couples homosexuels à condition qu'ils vivent "en union stable et continue", que "les circonstances l'exigent" et que la mesure soit "conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant".
Anaïs Croze est de retour dans les bacs, avec "The Love Album" et, parmi d'autres, la chanson "Elle me plaît". Une déclaration d'amour à une femme qui se coule dans une ballade tout en douceur, où l'orchestration balance entre seventies hypnotiques et sixties innocentes.
"C'est troublant d'être ainsi troublée/ Je ne sais à quel saint la vouer/ Les deux me semblent si parfaits/ Elle me fascine et m'assassine/ Sa chute de reins signe mes aveux/ J'effleure à peine sa taille toute fine/ Quand son T-shirt remonte un peu"...
Un brin d'ironie, un zeste de jeux de mots, un détail qui tue, c'est bien la marque de fabrique d'Anaïs, dont "Mon Coeur, Mon Amour" avait rencontré un beau succès, mais le second degré n'est (presque) plus de mise et si l'on aimerait que l'artiste se laisse aller avec encore plus de sincérité, on est touchée par la sensualité de l'aveu et de certaines images.
- Paroles de "Elle me plaît" (l'"Abex" initialement déchiffrée était évidemment la Beck's, la bière; LToutes... honte bue paiera sa tournée à Anaïs si elle se livre gentiment à une explication de texte...) Je tombe des nues Je suis perplexe Et me voilà dans de beaux draps Je cède est-ce la faute de la Beck's Si je suis tombée dans ses bras
Elle me plaît Elle me plaît
Ses yeux m'achèvent à petit feu Je me couche devant tant de bleu Et je me noie avec délice Au plus profond de leurs abysses J'entends j'écoute ce qu'elle me dit J'écoute quand elle se tait aussi Sa voix est comme un thé chinois Corsé et doux à la fois
Elle me plaît Elle me plaît Elle est divine, juste divine Elle me plaît Elle me plaît
Oh c'est elle que j'emporterai sur une île déserte Avec un oreiller pour pouvoir le glisser sous sa tête Je l'imagine alanguie buvant le lait du coco Je sors de mon rêve, je la vois et replonge aussitôt
Elle me plaît Elle me plaît
C'est indécent de volupté C'est troublant d'être ainsi troublée Je ne sais à quel saint la vouer Les deux me semblent si parfaits Elle me fascine et m'assassine Sa chute de reins signe mes aveux J'effleure à peine sa taille toute fine Quand son T-shirt remonte un peu
Elle me plaît Elle est sexy Oh j'en rougis Elle me plaît Elle me plaît
Oh c'est elle ma chanson mon livre mon film préféré Mon miel pour la gorge mon massage thaïlandais Ma bouteille dans la nuit quand je me réveille en nage Tout ce dont j'ai vraiment besoin dans un sac de voyage Oh c'est elle que je veux chérir et serrer dans mes bras C'est contre elle que je veux m'endormir en murmurant tout bas
Tu me plais
Elle me plaît Elle me plaît Elle me plaît Elle me plaît ...
Act Up-Paris, SOS Homophobie et le SNEG (Syndicat national des entreprises gaies)représentés par l'avocate Caroline Mécary ont décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) après l'annulation de la condamnation de Christian Vanneste pour injures homophobes.
De nombreuses associations dénoncent l'arrêt de la cour de Cassation du 12 novembre 2008 selon lequel dire que "l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité" reste dans "les limites de la liberté d'expression", alors que les partis politiques restent bien silencieux. Tour d'horizon non exhaustif des réactions. -- ASSOCIATIONS
- Act Up: "Une décision indigne, déconnectée des réalités de l’homophobie (...) C’est précisément parce que la société a commencé à prendre conscience de l’impact de l’homophobie que le législateur a donné les moyens de poursuivre les injures fondées sur l’orientation sexuelle. La décision de la Cour de cassation remet tout cela en cause. Aucune réaction politique. Quand des supporters sifflent un hymne national, on ne compte plus les réactions des politiques. Quand on insulte des pédés ou des gouines, quand la plus haute juridiction estime qu’il s’agit là de la simple manifestation de la liberté d’expression, on n’entend quasiment plus personne (...) La décision de la cour de Cassation ne doit pas inquiéter les seulEs défenseurSEs des droits des LGBT."
- SOS Homophobie: "La Cour de cassation paraît ainsi valider des propos qui portent atteinte à la dignité des homosexuel(les) (...) La décision de la cour de Cassation semble relever d'un autre âge (...) Nous ne pouvons que déplorer l’analyse de la cour de Cassation, qui ne paraît pas conforme à l’esprit de la loi du 30 décembre 2004 permettant la poursuite des injures homophobes. Ce dernier texte demeure la référence incontestable et permettra tôt ou tard aux 3 millions de français homosexuel(les) d’être reconnus pour ce qu’ils doivent être: des citoyens à part entière".
- L'Inter LGBT: "Consternation". "Pour la cour de Cassation, dans un argumentaire étonnant pour une institution de la République, (la déclaration de Christian Vanneste) n’aura d’ailleurs eu pour effet que de 'heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles', comme si la majorité des personnes hétérosexuelles n’avaient pas elles-mêmes été choquées par de tels propos. On peut dès lors s’interroger sur ce que peuvent être les limites à ne pas dépasser pour que la justice applique les condamnations prévues par les articles 20 et 21 de la loi du 30 décembre 2004 censés mettre à égalité, pour l’injure, la diffamation ou la provocation à la haine ou à la violence, les motifs sexe, orientation sexuelle ou handicap avec les motifs origine ethnique ou religion. D’une certaine manière, l’arrêt de la Cour de Cassation interroge sur leur portée réelle".
- Centre lesbien, gay, bi et trans de Paris Ile-de-France: "La cour de Cassation protège la liberté d’expression de M. Vanneste au détriment des personnes homosexuelles injuriées alors même que des textes européens et français condamnent explicitement de tels faits". Le Centre LGBT de Paris IDF est "consterné par cette décision d’un autre âge, inique et dangereuse". "Cet arrêt est un encouragement à l’injure et à la haine qui peut mettre à mal les fragiles acquis en faveur du respect des personnes homosexuelles".
- Tjenbé Rèd: l'association noire et métisse LGBT appelle également à un rassemblement devant la cour de Cassation, mercredi 19 novembre à 19 heures.
-- POLITIQUES
- Noël Mamère (député-maire Vert de Bègles, a marié deux hommes en juin 2004 mais l'union a été annulée par la justice): l'arrêt de la cour suprême française est "scandaleux". "M. Vanneste est moralement inférieur parce qu'il est homophobe", déclare-t-il à l'AFP.
- Homosexualités et Socialisme(HES, organisation homosexuelle du PS): "La cour de Cassation rend un arrêt incompréhensible". Les propos de Christian Vanneste "conduisent à mesurer la valeur des individus en fonction de leur sexualité. Ils légitiment les coups portés sur les homosexuels".
- Gay Lib (organisation homosexuelle de l'UMP): une "profonde consternation". "Cet arrêt de la cour de Cassation va hélas donner à croire aux homophobes qu’ils peuvent exprimer leur haine en toute impunité (...) Nous sommes déterminés à ne pas nous laisser insulter et mépriser par les sectaires, les intégristes de toute sorte et les nostalgiques d’un Ordre moral."
- Jean-Luc Romero (ex-UMP, président d’Elus locaux contre le sida et conseiller régional Aujourd’hui, Autrement): "Avec une telle interprétation, la Cour fait une hiérarchie entre les propos antisémites et racistes, qui sont sanctionnés, et les propos homophobes qui font désormais partie de la liberté d’expression". L'UMP doit dire "si elle estime que le propos tenus et réitérés par M. Vanneste sont acceptables et si les propos homophobes font partie de la liberté d’expression".
- Dominique Paillé (porte-parole de l'UMP): "Je ne commente pas les décisions de justice." (Le Post)
Condamné pour propos homophobes, Christian Vanneste a été blanchi ce mercredi par la Cour de cassation. Elle a purement et simplement annulé la condamnation pour injure homophobe du député UMP, qui avait écopé de 3.000 euros d'amende pour avoir déclaré que l'homosexualité était "inférieure" à l'hétérosexualité. Pour la Cour de cassation, qui est allée contre l'avis de l'avocat général, représentant de l'Etat, les propos de M. Vanneste entrent dans le cadre de la liberté d'expression.
C'est "la victoire du courage et du bon sens", triomphe Christian Vanneste sur son site. "M. Vanneste est inférieur moralement à ceux qui pensent que les propos homophobes sont indignes", rétorque l'avocate Caroline Mécary sur son blog. "La page est désormais tournée. A nouveau (...) le débat est libre et non plus soumis à un lobby orwellien", exulte Christian Vanneste. Le député du Nord qualifie au passage les associations de défense des homosexuels de "lobby aussi arrogant et agressif qu'il est minoritaire et éloigné des intérêts essentiels de notre société".
Jean-Luc Romero (ex-UMP), président d’Elus locaux contre le sida et conseiller régional (Aujourd’hui, Autrement), s'est "étonné" de cette décision. "Avec une telle interprétation, la Cour fait une hiérarchie entre les propos antisémites et racistes, qui sont sanctionnés, et les propos homophobes qui font désormais partie de la liberté d’expression", accuse-t-il. M. Romero exige aussi que l'UMP dise enfin "si elle estime que le propos tenus et réitérés par M. Vanneste sont acceptables et si les propos homophobes font partie de la liberté d’expression".
"Trois millions d'homosexuel(le)s sont consternés", a réagi l'avocate Caroline Mecary sur son blog. La Cour "paraît valider des propos qui portent atteinte à la dignité" des lesbiennes et des gays, s'insurge-t-elle, dénonçant une décision qui "semble relever d'un autre âge".
Pour Me Mecary, les homos "apparaissent une fois de plus comme une catégorie de sous-hommes que l'on pourrait injurier à loisir". Mais "il n'est pas interdit de dire que M. Vanneste est inférieur moralement à ceux qui pensent que les propos homophobes sont indignes". Et de conclure: "la Cour européenne des droits de l'Homme tranchera."
Christian Vanneste avait été condamné pour avoir déclaré en janvier 2005: "Je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité. Il y a un modèle social qui est celui du mariage hétérosexuel et de l'éducation des enfants".
Le 25 janvier 2007, la cour d'appelde Douai (Nord) avait confirmé la première condamnation qui lui avait été infligée par le tribunal de grande instance de Lille. Christian Vanneste avait également été condamné à verser 500 euros de dommages et intérêts à trois parties civiles: Act-Up Paris, SOS-Homophobie et le Syndicat national des entreprises gay (SNEG).
Si Nicolas Sarkozy a dénoncé pendant la campagne présidentielle les propos tenus par le député du Nord, l'UMP n'en a pas moins soutenu sa candidature aux législatives, où il a été réélu en juin 2007, et aux municipales de Tourcoing, où il a été battu en mars 2008. Récemment, M. Vanneste a été débouté de ses actions en diffamation à l'encontre du maire de Paris Bertrand Delanoë ou de Jean-Luc Romero. (RETOUR)
Pour Gérard Longuet, pédophilie et homosexualité sont à mettre sur le même plan. C'est ce que le sénateur UMP a expliqué, tout sourire, le 3 juillet 2008 lors d'une audition au Sénat.
Des propos que l'association "Couleurs gaies" a révélés, exigeant aussitôt l'exclusion de Gérard Longuet de l'UMP, dans une lettre adressée samedi 8 novembre au secrétaire général du parti majoritaire, Patrick Devedjian.
Alors que le ministre de l'Education Xavier Darcos faisait part devant la commission des Finances du Sénat de sa volonté de lutter contre l'homophobie à l'école, Gérard Longuet lui a répliqué, goguenard: "J'avais une question malicieuse (...) C'est de savoir où commençait et où s'arrêtait l'homophobie (...) C'est extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie... Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête..." Ces propos homophobes seraient passé inaperçus si l'association LGBT de Metz "Couleurs gaies" n'avait pas rendu publique la vidéo de cette audition sur son site. Dans un communiqué, l'association se dit "consternée de constater qu’il existe encore des parlementaires pour étaler leur ignorance en la matière et faire l’amalgame entre la pédophilie, crime sévèrement réprimé par la loi, et l’homosexualité, orientation sexuelle parmi d’autres entre adultes consentants".
"Ces propos sont indignes des fonctions que M. Longuet occupe. Ils bafouent la dignité de ses concitoyens concernés directement ou indirectement par les identités lesbiennes, gaies, bi et trans (...) Par conséquent, l’association a la conviction que M. Longuet n’a plus sa place à l’UMP", ajoute "Couleurs gaies".
"La lutte contre l'homophobie n'est pas ma préoccupation"
Interrogé ce lundi (10/11/2008) par "L'Est républicain" sur son site, Gérard Longuet répond courageusement ne pas avoir "souvenir de ces propos". "Ça ne me dit rien du tout. Je n'ai pas souvenir de ces propos. Mais qu'il y ait un lien entre homosexualité et pédophilie, ça peut arriver. Notamment dans des écoles catholiques, on a pu voir ça", déclare-t-il. Selon lui, il s'agissait "d'un débat sur l'enseignement des sexualités. J'ai expliqué que ce n'est pas ma priorité. La lutte contre l'homophobie n'est pas ma préoccupation".
Quant à la demande d'exclusion formulée à son encontre par l'association "Couleurs Gaies", ça lui est "parfaitement égal. Ce sont des gens qui ne voient le monde qu'à travers leurs préoccupations".
SOS Homophobie a déploré sur son site que Gérard Longuet "considère la pédophilie et l'homosexualité comme des tendances sexuelles comparables".
A partir de mercredi, les homosexuels pourront se marier dans le Connecticut. Le mariage homo étant désormais interdit en Californie, c'est le seul Etat américain avec le Massachusetts à célébrer l'union de lesbiennes et de gays. Et les homos devraient se bousculer en mairie.
Car lorsqu'ils en ont la possibilité, ils sautent sur l'occasion de faire reconnaître officiellement leur relation, surtout les lesbiennes. Selon une étude publiée en juillet 2008 par le "Williams Institute", de la fac de droit de l'université de Los Angeles (UCLA), plus de 85.000 couples homosexuels se sont mariés, ont contracté une union civile ou un simple partenariat dans les dix Etats et le district de Columbia qui leur en ont donné la possibilité, même temporairement, depuis 1997. Les deux tiers sont des lesbiennes. Dans les Etats qui le permettaient, plus de 40% des couples homosexuels sont passés devant M. le maire ou ont signé un partenariat. Selon une projection du "Williams Institute", si tous les Etats américains autorisaient le mariage homo, il y aurait environ 370.000 mariages célébrés dans les trois ans, dont 236.000 dès la première année.
En marge de l'élection présidentielle, les Américains ont voté l'interdiction du mariage homo en Californie (qui l'avait légalisé en mai), en Floride, et en Arizona le 4 novembre 2008.
L'association "Couleurs gaies", citée par la Halde (Haute autorité de lutte contre les discrimination et pour l'égalité) a réalisé une mallette pédagogique à destination des enseignants intitulée "vivre ses différences, comment parler de l'homophobie".
Cette mallette comprend douze fiches pédagogiques, certaines pouvant être utilisées avec une cassette vidéo ("être et se vivre homo"). La mallette a obtenu le prix 2003 de la Solidarité Associative décerné par le Ministère de l’Education Nationale et l’association Jeunesse au Plein Air. Elle a été testée pendant deux ans en milieu scolaire et diffusée en 150 exemplaires dans plus de cinquante départements ainsi qu’au Luxembourg et en Belgique.
La question n'est pas "de se demander comment traiter de l’homosexualité" à l'école "mais tout simplement d’en traiter".
Comme le résume ainsi un militant associatif interrogé par la HALDE, les lesbiennes et les gays sont quasiment invisibles dans les manuels scolaires français, et les rares fois où leur existence est mentionnée, c'est dans un contexte négatif, comme le SIDA ou les discriminations.
Pour figurer dans ces ouvrages, il vaut mieux être un homme blanc, jeune, hétérosexuel et sans handicap physique ni mental, selon un rapport sur "la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires", publié le 6 novembre 2008 par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Femmes et lesbiennes s'abstenir... Le constat sur le sort réservé aux homosexuels est accablant: "L’homosexualité, est trop peu, voire pas du tout traitée par les manuels", résume la Halde dans son rapport.
Les chiffres sont sans ambiguité: sur les 29 manuels et 3.097 illustrations analysées, une seule illustration est consacrée explicitement à l'homosexualité: il s’agit d’une photographie prise lors de la Gay Pride à Paris, dans un manuel de Sciences économiques et sociales de Terminale. Et l’image représente, comme le souligne un militant associatif interrogé, un char commercial.
"Les homosexuels, y'a rien dessus (...) ou alors ils en parlent deux minutes et après ils passent à autre chose (...) l’année dernière (...) pour dire que le mariage était interdit”, témoigne un élève de troisième. Les enseignants confirment: lorsqu'on leur demande d’estimer la fréquence d’apparition des personnes homosexuelles dans les manuels qu’ils utilisent, on obtient une moyenne de 1,6, soit entre "jamais" et "très rarement".
En revanche, les représentations de l’hétérosexualité ne manquent pas, avec pas moins de 134 couples hétérosexuels dont 55 familles hétéroparentales. Car les manuels se caractérisent bien par leur "hétérosexisme": "les enfants ne peuvent rêver que d’une vie de couple et de famille dans la norme et le monde ne peut être qu’hétérosexuel", résume le rapport.
Adopté en 1999, le PACS a, certes, fait son entrée dans les livres d'histoire. Un manuel de Terminale générale réussit toutefois l'exploit d'évoquer le Pacte civil de solidarité, "concurrent" du mariage, sans même mentionner qu'il permet aussi aux homosexuels de s'unir...
Quand les lesbiennes ou les gays sont évoqués, c'est souvent dans un contexte négatif, comme celui de la discrimination. Dans plusieurs manuels d’éducation civique de 5e, dans le chapitre consacré au refus des discriminations, il est "parfois fait mention de l’orientation sexuelle", note la Halde. Mais "ce critère est rarement approfondi, contrairement au genre et à l’origine". Et dans un manuel de Sciences de la vie de terminale, "le SIDA est le seul sujet où l’existence des personnes homosexuelles est mentionnée".
"Ce déni d’existence (...) est de nature à induire des troubles chez les élèves homosexuels et ne permet pas de garantir une certaine ouverture d’esprit de la part des autres", regrette la Haute autorité. "Il s’agit d’un champ dans lequel tout reste à faire".
Ellen DeGeneres a épousé Portia De Rossi en août à Los Angeles. Qu'adviendra-t-il de son mariage et de celui des quelque 18.000 couples homosexuels qui sont passés à la mairie depuis la légalisation du mariage gay en Californie en mai 2008? "Je crois qu'un jour l'interdiction du mariage gay aura l'air complètement ridicule", a réagi l'animatrice et actrice sur son site.
Plusieurs associations LGBT ont décidé de demander l'arbitrage de la Cour suprême de l'Etat et des milliers de personnes ont manifesté le 5 novembre au soir dans les rues d'Hollywood contre l'adoption d'un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre personnes du même sexe en Californie.
"Quand j'ai compris que la Proposition 8 avait été adoptée en Californie, je ne peux pas expliquer ce que j'ai ressenti. J'étais triste au-delà de tout ce qu'on peut imaginer", explique Ellen DeGeneres, qui avait milité pour le "Non" au référendum. Ce mardi 4 novembre 2008, avec l'élection du sénateur noir Barack Obama à la Maison Blanche, "j'ai, comme des millions d'Américains, eu l'impression que nous avions fait un pas de géant vers l'égalité. Nous assistions à quelque chose d'historique", raconte Ellen DeGeneres.
Et puis mercredi, après un long dépouillement des bulletins, le verdict est tombé: les Californiens ont approuvé l'interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel. "Nous venions de faire un pas de géant vers l'égalité et là, le jour suivant, nous avons fait un pas de géant dans l'autre sens", constate l'animatrice lesbienne avec amertume.
Mais Ellen DeGeneres veut encore espérer: "Je crois qu'un jour l'interdiction du mariage gay aura l'air complètement ridicule. En attendant, je continuerai de prendre la parole pour l'égalité pour chacun de nous." .
La fête est amère pour les lesbiennes et gays américains. Si Barack Obama a été élu haut la main président des Etats-Unis, le mariage gay, lui, a subi une véritable gifle lors du scrutin cette nuit. Après plusieurs heures de suspens, la Californie a voté "oui" à 52% à la proposition 8, annulant du même coup la possibilité qu'avaient les homosexuels de se marier dans cet Etat.
Difficile de savoir pour l'heure ce qu'il va advenir des quelque 18.000 mariages contractés depuis juin dernier, y compris celui de la présentatrice de talk-show Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia de Rossi. Les homos s'étaient rués dans les mairies ces derniers jours pour tenter de s'unir avant le vote. Le sort de ces mariages devrait désormais se régler devant les tribunaux.
Les partisans de la proposition 8 eux, exultaient mercredi. Pour Ron Prentice, de "ProtectMarriage.com", "c'est un grand jour pour le mariage". Il faut dire qu'ils n'avaient pas lésiné sur les moyens pour contrer l'union homosexuelle, avec la mobilisation de 40 millions de dollars et de 100.000 volontaires.
Du côté du "non" aussi, on s'était mobilisé, à commencer par les célébrités. Ellen DeGeneres avait payé 100.000 dollars de temps d'antenne pour faire campagne contre la Proposition 8, quand Brad Pitt et Steven Spielberg donnaient aussi 100.000 dollars chacun. Des groupes aussi connus qu'Apple et Google avaient aussi mis la main à la poche: 100.000 dollars pour Apple, 140.000 dollars pour les fondateurs de Google. Cela n'a pas suffi.
Les Américains ont aussi dit non au mariage homosexuel en Floride, en adoptant l'amendement 2 qui inscrit l'interdiction du mariage gay, déjà dans la loi, dans la Constitution. En Arizona aussi, c'est non: la proposition 102 précisant que le mariage est l'union d'un homme est d'une femme va être inscrite dans la Constitution de l'Etat.
L'Arkansas a quant à lui décidé de limiter l'adoption aux couples mariés, les homosexuel(le)s n'ayant pas le droit au mariage dans cet Etat. Plus de 40 Etats américains sont dotés d'une loi interdisant le mariage homo, et 30 définissent désormais le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans leur Constitution. Le mariage gay reste possible dans le Massachusetts, premier Etat à l'avoir légalisé en 2004, et le Connecticut. Dans cet Etat, les lesbiennes et les gays pourront commencer à se marier à partir de la mi-novembre. Si la nuit a été sombre pour les droits des homosexuels aux Etats-Unis, la victoire de Barack Obama est en revanche une bonne nouvelle pour la communauté LGBT. Les deux grands candidats à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain avaient à peu près la même position concernant le mariage entre personnes du même sexe: ils sont personnellement contre mais estiment que chaque Etat doit pouvoir décider, et non l'Etat fédéral pour tout le pays. En revanche, Barack Obama s'était dit favorable au droit à l'adoption pour les homosexuels.
Dans son premier discours, le président élu a d'ailleurs eu un mot pour la communauté LGBT: "s'il existe quelqu'un qui doute encore que tout est possible en Amérique, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs vit encore aujourd'hui, qui remet en cause la force de notre démocratie, cette soirée est votre réponse", a-t-il lancé. "C'est la réponse donnée par des files d'attentes qui se sont allongées devant les écoles et les églises, avec une ampleur que ce pays n'avait jamais connue (...) C'est la réponse apportée par les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les Noirs, les Blancs, les Hispaniques, les Asiatiques, les Indiens, les homosexuels et les hétérosexuels, les handicapés et les valides".
Celles qui se réjouissaient déjà de suivre les tribulations d'un couple lesbien, Callie et Erica, dans Grey's Anatomy vont être déçues. Le docteur Erica Hahn a été brutalement virée de la série, comme le révèle "Entertainment Weekly". Le personnage incarné par la blonde Brooke Smith apparaîtra pour la dernière fois sur les écrans américains ce jeudi.
Ce départ met du même coup fin à la relation qu'avait nouée à la fin de la quatrième saison Erica avec Callie Toores (Sara Ramirez), soit l'unique love story lesbienne en prime time sur une grande chaîne américaine. Désormais aux Etats-Unis, il faudra aller chercher sur le câble pour trouver un couple de lesbiennes. Selon "Entertainment Weekly", la décision a été prise par les responsables de la chaîne ABC, qui n'aimaient pas le tour que prenait la relation entre les deux femmes. Pourtant, les scènes les plus crues auxquelles ont eu droit les télespectateurs sont un baiser et une image de Callie et Erica dans le même lit, vêtues de très pudiques chemises de nuit... Apparemment, c'était déjà trop pour ABC.
Brooke Smith avoue tomber des nues: "J'espérais vraiment que nous allions pouvoir montrer ce qui se passe quand deux femmes tombent amoureuses, qu'ils allaient les traiter comme n'importe quel couple hétérosexuel à la télévision", a-t-elle expliqué à "Entertainment Weekly". "J'ai été si naïve. Je me disais: 'on est en 2008'. Mais je commence à réaliser que tout le monde ne pense pas comme moi..."
Brooke Smith a été informée mi-septembre, peu après avoir tourné la scène dans laquelle Erica réalise qu'elle est lesbienne. "Ils m'ont dit: le prochain épisode est ton dernier (...) J'ai eu l'impression que la décision venait d'en haut" et que la créatrice de la série Shonda Rhimes "avait les mains liées".
Dans un communiqué, Shonda Rhimes assure que "Brooke Smith n'a évidemment pas été virée parce qu'elle incarnait une lesbienne. Ce n'est évidemment pas un problème pour nous, puisque nous avons une lesbienne dans la série, Calliope Torres". Simplement, "nous avons estimé que l'alchimie et la magie entre le personnage de Hahn et celui de Torres ne pouvaient être maintenues sur le long terme".