mercredi 24 juin 2009
L'INED veut compter les familles homoparentales
En posant qu'un couple de même sexe sur dix vit avec des enfants et que ces couples ont en moyenne deux enfants, l'INED aboutissait en 2005 à une estimation de 24.000 à 40.000 enfants vivant avec un couple de même sexe, "la grande majorité vivant avec un couple de femmes".
Mais cette estimation ne prend pas en compte toutes les configurations, variées, de l'homoparentalité, constate l'INED. L'Institut et l'INSEE veulent donc aménager l'enquête Famille associée au recensement de la population, pour poser dès 2011 de nouvelles questions aux personnes sondées. Objectif: "faire apparaître les principales dimensions de l'homoparentalité, avec la même clarté que pour les autres types de familles".
- Lire aussi sur LToutes: "L'homoparentalité mentionnée dans le statut du beau-parent" (03/03/2009); "Le statut du beau-parent attendra" (27/03/2009)
Remaniement: 2-1 pour les homos au gouvernement

Christine Boutin est out, Frédéric Mitterrand est in: tout arrive. La ministre du Logement et de la Ville, fervente opposante au PACS et plus récemment à la reconnaissance des familles homoparentales, est rayée du gouvernement de François Fillon, alors que Frédéric Mitterrand, homosexuel déclaré, y fait son entrée par la grande porte de la Culture et de la Communication.
A bientôt 62 ans, cet homme de lettres, de cinéma, de radio et de télévision permet à Nicolas Sarkozy d'accrocher un Mitterrand à son tableau de chasse, le neveu peu politisé, auquel il avait déjà offert la direction de la Villa Médicis et de ses artistes en résidence à Rome il y a quelques mois.
Reconnaissable à son "Bonsouair" mêlant les accents de Titi parisien et ceux de la haute, Frédéric Mitterrand est notamment l'auteur des merveilleuses "Lettres d'amour en Somalie", de "La Mauvaise vie" ou d'émissions de radio et de télévision -dont "Ca s'est passé comme ça", sur Pink TV- excellentes pour certaines, plus ou moins oubliables pour d'autres.
Autre gay déclaré, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, quitte en revanche le gouvernement, quelques mois après son coming out fort opportun qui n'a pas empêché Valérie Pécresse de lui ravir l'investiture UMP pour les élections régionales de 2010 en Ile-de-France. Rama Yade, qui avait porté le projet français de déclaration pour la dépénalisation de l'homosexualité à l'ONU, signée par 66 pays, est pour sa part reléguée aux Sports.
Nadine Morano, elle, conserve son poste de secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, auquel elle s'était accrochée avec Christine Boutin au sujet de la prise en compte des familles homoparentales. On note par ailleurs l'arrivée aux Affaires européennes de Pierre Lellouche, qui s'était distingué par des propos virulents contre les homosexuels lors du débat sur le PACS au Parlement.
- Lire aussi sur LToutes: "Morano et Boutin s'affrontent" (03/03/2009)
mardi 23 juin 2009
GayLib contesté à la Marche des Fiertés
Le char de GayLib participera bien à la Marche des Fiertés le 27 juin 2009 à Paris, placée sous le thème de "l'égalité réelle" pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels. L'Inter LGBT n'envisage pas d'exclure de cette manifestation unitaire le mouvement associé à l'UMP, malgré les protestations des Panthères roses qui dénoncent dans une lettre ouverte l'homophobie et la transphobie de ce parti et du gouvernement qui en est issu."Aucune des 50 associations de l'Inter LGBT n'a avancé l'idée qu'on puisse exclure GayLib de la Marche", déclare à LToutes le porte-parole de l'organisation, Philippe Castel pour qui "l'association et le parti politique ne sont pas forcément la même chose", comme le montrent certaines déclarations critiques de GayLib sur les positions du gouvernement et de la majorité dans les questions LGBT.
Les Panthères roses, dont les militants avaient bloqué le char GayLib avec Act Up à la Gay Pride 2008, posent cependant "une question importante qui mérite qu'on en discute", ajoute Philippe Castel, "car GayLib et l'UMP ont un lien très fort" et que l'Inter LGBT "attend des annonces" du gouvernement après plusieurs rencontres ces derniers mois.Doit-on exclure de la Marche tous les sympathisants de partis refusant l'égalité des droits LGBT mais représentant leurs aspirations dans d'autres domaines de la politique, ou faut-il lutter de l'intérieur?
La vice-présidente de GayLib, Anne Boring, défend la démarche de son mouvement, qui veut faire bouger l'UMP "petit à petit", "en travaillant au quotidien avec les élus qui font avancer la lutte contre l'homophobie". "On fait un travail assez important au sein de l'UMP, qui nous prend du temps, qui nous vaut parfois des insultes au sein de l'UMP, c'est frustrant de lutter pour se faire accepter par certaines associations LGBT", explique-t-elle, interrogée par LToutes."On est de droite et on veut l'égalité pour tous les LGBT", insiste Anne Boring, qui dit avoir lancé un appel à la discussion aux Panthères roses et à Act Up Paris. "On aimerait bien faire en sorte que la question LGBT ne soit plus une question de gauche ou de droite", ajoute-t-elle.
D'autres formations politiques sont elles aussi représentées à la Marche des Fiertés, mais toutes sont marquées à gauche et revendiquent, avec plus ou moins de fermeté, l'égalité des droits pour les lesbiennes et gays: le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste.
Toutes font en outre partie de l'Inter LGBT, contrairement aux Panthères roses et à GayLib, qui ont entamé les démarches d'adhésion par le passé mais ont été refusées ou ont renoncé avant le verdict. "Je pense que GayLib et les Panthères roses ont des choses à apporter à l'Inter LGBT", estime aujourd'hui Philippe Castel.
samedi 13 juin 2009
Pas d'homo dans ma classe!

Les écoles religieuses néerlandaises, même financées par l'Etat, pourraient bientôt avoir le droit d'exclure des professeurs en raison de leur homosexualité. C'est en tout cas ce que recommande dans un avis récent le Conseil d'Etat néerlandais, selon le quotidien NRC Handelsblad.
Les Pays-Bas sont un pays réputé gay-friendly: le mariage y est légal depuis 2001 pour les lesbiennes et les gays, et les couples homosexuels peuvent y adopter des enfants. Mais la tolérance s'arrête visiblement aux portes des écoles, surtout quand elles sont religieuses.
La polémique sur le sujet a été lancée en avril dernier par la suspension d'un professeur du village de Emst, dans le centre du pays, qui avait confié à des collègues avoir rencontré un homme qui lui plaisait. La direction de l'école avait alors estimé que son orientation sexuelle entrait en conflit avec la mission et les valeurs de l'établissement. Une décision critiquée par le ministre de l'Education Ronald Plasterk, pour qui les croyances religieuses ne pouvaient justifier l'exclusion des personnels homosexuels. L'écrasante majorité des écoles religieuses néerlandaises sont financées par l'Etat.
Le gouvernement étant divisé, le Conseil d'Etat a été saisi. Dans son avis, encore confidentiel mais révélé par le journal chrétien Nederlands Dagblad, il estime que les écoles religieuses doivent avoir le droit d'exclure des lesbiennes et des gays si leur comportement, même à l'extérieur de l'école, va à l'encontre des valeurs de l'institution, et ce au nom d'une certaine "loyauté" à l'égard de l'employeur.
Pour autant, le Conseil d'Etat, comme la loi néerlandaise, interdit toute discrimination. Au total, un professeur pourrait donc être viré parce qu'il se comporte comme un homo, mais pas parce qu'il est homo. Evidemment, la frontière est mince...
Wim Kuiper, directeur de l'Association pour une éducation chrétienne, a appelé le gouvernement à appliquer cette recommandation. Selon lui, les écoles les plus orthodoxes doivent pouvoir refuser d'employer des homosexuels ou même des couples hétéros non mariés parce que "leur style de vie ne cadre pas avec la bible". Il a toutefois souligné qu'une centaine seulement des 2.200 écoles chrétiennes du pays sont concernées par ce débat.
vendredi 12 juin 2009
Licenciée parce que lesbienne, elle perd en justice

Pour la justice finlandaise, Johanna Korhonen n'a pas été licenciée par le groupe de presse Alma Media parce qu'elle était lesbienne, mais parce qu'elle a manqué de "franchise" pendant son entretien d'embauche.
Selon l'agence de presse finlandaise STT, le tribunal d'Helsinki a donc retenu dans sa décision rendue mardi les arguments de l'employeur de la rédactrice en chef du quotidien "lapin Kansa", licenciée alors qu'elle venait à peine d'être nommée. Johanna Korhonen réclamait 230.000 euros de dommages et intérêts pour discrimination. Elle devra finalement rembourser pour 8.000 euros de frais de justice à Alma Media.
Fin 2008, Johanna Korhonen avait été licenciée en raison de mensonges lors de son entretien d'embauche. Selon la journaliste, le groupe de médias finlandais l'a renvoyée parce qu'elle entretenait une relation lesbienne dont elle n'avait pas fait état. Johanna Korhonen avait dit vivre en couple avec deux enfants, mais sans préciser le sexe de son conjoint. Rejetant les accusations de discrimination, la direction du groupe mettait en avant une "crise de confiance" pour justifier cette décision.
Alors que les prud'hommes avaient jugé la discrimination caractérisée en février 2009, le tribunal civil a cette fois reproché à Mme Korhonen d'avoir fourni des informations erronées à son futur employeur lors de l'entretien d'embauche, notamment sur les activités politiques de sa compagne, candidate aux municipales.
L'association LGBT finlandaise Seta s'est déclarée "surprise" et "inquiète" après cette décision. Car celle-ci signifie selon elle que la vie privée pourrait désormais entrer en ligne de compte et être un élément décisif lors d'un entretien d'embauche, le candidat étant tenu d'en informer l'employeur. "Nous risquons de faire un énorme pas en arrière dans la lutte contre les discriminations", a souligné dans un communiqué la présidente de l'association Outi Hannula. Johanna Korhonen a annoncé qu'elle comptait faire appel.
jeudi 11 juin 2009
Deux affiches contre l'homophobie à l'université
"Les filles qui aiment les filles" et "les garçons qui aiment les garçons" sont à l'affiche cet été dans les facs françaises, avec le lancement d'une campagne contre l'homophobie à l'université... au moment où l'année scolaire s'achève.La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse l'avait promis à l'Inter-LGBT en juin 2008. La campagne s'articule autour de deux affiches, l'une présentant une lesbienne, l'autre un gay, avec cette phrase déclinée au féminin et au masculin: "Voici une fille qui aime les filles mais cette fille qui aime les filles n'aime pas les filles n'aime pas les filles qui n'aiment pas les filles qui aiment les filles. Cette phrase est compliquée mais moins que sa vie d'étudiante homosexuelle."
Et, pour ceux qui n'auraient pas compris le message: "L'homophobie mène à l'exclusion et au rejet.
Les actes et les comportements homophobes peuvent avoir des conséquences désastreuses pour ceux qui en sont les victimes. Luttons ensemble contre l'homophobie à l'université".
Dans une lettre datée de mai dernier, le département de la communication du ministère demande "aux responsables des universités d’apposer les deux affiches et de les diffuser auprès des étudiants". Alors si elles ne sont pas dans votre fac, demandez-les!
"Des cas de discrimination envers les homosexuels et d'homophobie sont malheureusement encore trop souvent constatés dans notre société. Les établissements d'enseignement supérieur n'échappent pas toujours à ce constat", explique le ministère.La campagne vise donc à "
sensibiliser les étudiants et l'ensemble des personnels universitaires aux difficultés rencontrées par certains étudiants encore trop souvent victimes de discrimination en raison de leur orientation sexuelle, ainsi qu'aux conséquences parfois dramatiques d'actes et de comportements homophobes". Les affiches sont déjà présentes dans diverses universités et endroits fréquentés par les étudiants (cité U, CROUS, bibliothèque universitaire...), selon des témoignages, mais le seront-elles toujours à la rentrée?
mardi 9 juin 2009
Nouvelle Star: Lio promet un French kiss à Virginie Guilhaume
Virginie Guilhaume (sur un ton de plus en plus ferme): Ca ne vous dérange pas qu'on écoute Lio?! Merci, merci André! Ca suffit André! Lio!
Lio (en riant): Virginie, merci. Je te le revaudrai!
VG (enjouée): J'espère bien!
Lio (rigolarde): Je te ferai un French kiss dans ta loge après.
VG (enthousiaste): Wow!
Lio: Viens me rejoindre!
mardi 2 juin 2009
Voterez-vous pour une lesbienne aux européennes?
Connaître l'orientation sexuelle de vos eurodéputé(e)s peut-il influencer votre vote aux élections de ce début juin 2009?Voteriez-vous pour une candidate parce qu'elle est lesbienne? Et si son parti n'aborde pas les questions LGBT, ou pas de façon satisfaisante à vos yeux? Souhaitez-vous connaître l'orientation sexuelle des candidat(e)s?
LToutes fait le point avec un sondage exclusif, forcément exclusif (c'est dans la colonne de droite du blog).
L'ILGA-Europe a appelé les futur(e)s député(e)s européens à s’engager pour promouvoir l'égalité et combattre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression du genre.
La carte d'Europe de celles et ceux qui ont répondu se trouve sur le site de l'Association lesbienne & gay internationale.
Mariage gay: et de six!
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La Coalition du New Hampshire pour le droit au mariage a salué cette décision: "aujourd'hui, l'Etat du New Hampshire dit à ses citoyen(ne)s gays et lesbiennes ce qu'ils n'avaient jamais entendu jusque-là: qu'ils sont égaux et que leur amour, leur couple et leur famille sont reconnus", s'est réjoui son président, Mo Baxley.
Le New Hampshire rejoint ainsi le Massachusetts, le Connecticut, l'Iowa, le Vermont, et le Maine, qui autorisent tous le mariage homosexuel. En revanche, la Cour suprême de Californie a confirmé le 26 mai dernier l'interdiction du mariage des couples de même sexe dans cet Etat, même si les lesbiennes et gays qui sont passés devant le maire pendant les quelques mois de 2008 où c'était légal resteront mariés.
samedi 30 mai 2009
GayPride: demandez le programme!

Cette année encore, des dizaines de milliers de lesbiennes et de gays défileront dans toute la France pour revendiquer l'égalité des droits, réclamer la reconnaissance de leurs enfants, demander une Europe égalitaire ou, tout simplement, montrer qu'ils existent.
Mais cette année est aussi un peu particulière: il y a 40 ans, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, des homosexuels se rebellaient pour la première fois lors de descentes musclées de la police new-yorkaise dans les bars gays de Greenwich Village. Les clients du Stonewall Inn, sur Christopher Street, se sont révoltés. Des passants se sont alors joints à eux, la foule a grossi et les forces de l’ordre ont été obligées de se barricader dans le Stonewall Inn pour attendre des renforts. Les affrontements dureront trois jours.
Un an plus tard, les militants gays de New York organisent une marche pour commémorer l’événement: la première GayPride est née.
En France, la première aura lieu le 1er mai 1971: les homos s’invitent au défilé des syndicats. Ils participeront à chaque 1er mai jusqu’à l'organisation à Paris le 25 juin 1977 de la première manifestation homosexuelle indépendante. Il s'agissait de réagir à la campagne homophobe de la chanteuse américaine Anita Bryant. Il y aura à nouveau des manifestations en 1979 et en 1980 contre "les discriminations anti-homosexuelles".
Le 4 avril 1981, 10.000 personnes manifestent. Le candidat à l’élection présidentielle François Mitterrand s’engage, quelques jours après ce défilé, à dépénaliser l’homosexualité. Il tiendra parole l’année suivante. Depuis, une marche est organisée chaque année en juin à Paris, mais aussi en province. LToutes vous donne le programme.
- 6 juin: Lille, Montpellier, Nancy, Tours
Après Angers qui a ouvert la voie le 16 mai, et Nantes le samedi 30 mai, les prochaines GayPrides sont prévues à Montpellier, et Lille le 6 juin. Ce jour-là, les homo réclameront aussi à Nancy "des droits pour nos enfants, pas des berceuses!" et à Tours "une Europe égalitaire".
- 13 juin: Bordeaux, Caen, Rennes et Strasbourg
Le 13 juin, ce sera au tour des Bordelais de défiler, sous le slogan "Egalité des droits: yes we can!". Des GayPride auront lieu le même jour à Caen, Rennes et Strasbourg.
- 20 juin: Biarritz, Rouen, Toulouse, Lyon
Le 20 juin, se tiendront les défilés de Biarritz, Rouen, Toulouse et Lyon. Les Lyonnais ont décidé de défilé contre la transphobie.
- 27 juin: Paris
La Gay Pride de Paris aura pour thème: "1969-2009 : Fier-e-s de nos luttes. A quand l’égalité réelle ?". Le cortège partira dès 14h de la place du 18 juin 1940 (Montparnasse), puis rejoindra la place de la Bastille, en passant par les boulevards Montparnasse, Saint-Michel et Saint-Germain, le pont de Sully, et le boulevard Henri IV.
- 4 juillet: Marseille
Marseille clôturera les GayPride le 4 juillet.
vendredi 29 mai 2009
Rencontre avec Judith Butler

- La philosophe et écrivaine américaine Judith Butler rencontrera ses lectrices -et lecteurs- ce 1er juin 2009 à partir de 20h à la librairie "Le Comptoir des mots", 239, rue des Pyrénées, dans le XXe arrondissement de Paris (Métro Gambetta).
Avec "Trouble dans le genre" (1990), Judith Butler est devenue l'égérie du mouvement "queer" et a fait exploser les catégories de sexe et de genre. Ce livre est désormais un classique pour les recherches sur le genre, aussi bien que pour les études gaies et lesbiennes.
- Le 5 juin à partir de 20h, les catégories de genre sont à nouveau remises en question, avec une conférence de Natacha Chetcuti au Centre LGBT de Paris (63, rue Beaubourg, IIIe arrondissement). Cette sociologue et docteure en anthropologie sociale a soutenu fin 2008 une thèse intitulée "Définition de soi, catégories de sexe/genre et script sexuel: lesbianisme et reconstruction des normes socio-sexuelles".
Auteure d'une thèse sur "Les catégories de genre: normes et variations selon les types de comportements socio-sexuels chez les femmes" (à paraître en 2010), Natacha Chetcuti est invitée du VDF (Vendredi des Femmes). Elle développera un chapitre de la thèse qui sera choisi par les participants à la soirée et répondra à toutes les questions qui leur passeront par la tête.
mardi 26 mai 2009
Californie: le mariage homo interdit mais les mariages validés
(Actualisé avec la réaction d'Ellen DeGeneres)
La Cour suprême de Californie a confirmé l'interdiction du mariage homosexuel dans cet Etat le 26 mai 2009 mais les lesbiennes et gays qui sont passés devant le maire pendant les quelques mois de 2008 où c'était légal resteront mariés.
Environ 18.000 mariages entre personnes du même sexe ont été conclus entre la légalisation de ces unions (célébrées à compter du 16 juin) par une décision de la Cour suprême en mai 2008 et leur interdiction par le référendum sur la Proposition 8 adopté le 4 novembre 2008. Parmi ces couples figure celui formé par l'animatrice et humoriste Ellen DeGeneres et l'actrice Portia De Rossi.
L'arrêt de la Cour suprême est consultable sur son site ou sur celui de l'association GLAAD
Les associations ayant contesté la constitutionnalité de la proposition 8 qui réserve le mariage aux seuls couples hétérosexuels ont déploré une décision qui prive les homosexuels des mêmes droits que les autres couples, mais sont déjà prêtes à remonter au créneau (voir plus bas les principales réactions).
Si la Cour suprême a validé à l'unanimité les mariages homosexuels enregistrés entre le 16 juin et le 4 novembre 2008, il n'y a eu que six voix sur sept pour confirmer l'adoption de la proposition 8.
Le juge Carlos Moreno a sévèrement critiqué la décision de ses confrères: "L'arrêt que rend la majorité aujourd'hui permet non seulement les couples de même sexe du droit de se marier que cette cour a reconnu dans les dossiers Mariage, mais fait également peser une menace sur les droits constitutionnels de toutes les minorités défavorisées", a-t-il estimé. "Cela affaiblit le statut de la Constitution de notre Etat de garde-fou des droits fondamentaux des minorités protégées de la volonté de la majorité."
"Un jour, quand tout le monde sera complètement traité de la même façon, nous regarderons en arrière et nous nous rendrons compte à quel point c'était une erreur", a réagi Ellen DeGeneres. L'animatrice a cependant remercié le gouverneur républicain, l'ex- et re-acteur Arnold Schwarzenegger, pour avoir voté contre la proposition 8 et estimé que le mariage homosexuel finirait par être légalisé. "Merci d'être le gouverneur de TOUS les Californiens", a-t-elle écrit.
Associations: les principales réactions
- Shannon Minter, directrice juridique du National Center for Lesbian Rights (NCLR):
"La décision d'aujourd'hui est un terrible revers pour les couples de même sexe qui partagent les mêmes espoirs et rêves pour leur famille que les autres Californiens. Mais (...) nous reviendrons dans les urnes et nous l'emporterons."
- Jennifer Pizer, directrice du Marriage Project à Lambda Legal:
"L'opinion publique évolue dans la direction de l'équité et de l'égalité et ce n'est qu'une question de temps avant que la liberté de mariage soit à nouveau garantie à tous les Californiens. Obtenir l'égalité demande toujours de se battre, mais avec le temps les gens finissent par accepter (le fait) que l'égalité de traitement et de protection devant la loi est la meilleure façon de protéger les droits de tous."
- Geoff Kors, directeur exécutif d'Equality California:
"En confirmant la Proposition 8, la Cour a fait reculer notre Etat et fait peser sur tous les Californiens le risque de perdre des droits fondamentaux à chaque élection (...) Malgré cette injustice, nous sommes prêts à retourner aux urnes avec nos alliés pour rétablir la lierbté de mariage (...) Nous sommes sûrs que les couples de même sexe jouiront bientôt de l'honneur, de la dignité et des protections que seul le mariage confère."
- Neil Giulano, président de GLAAD (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation):
"Nous exprimons notre plus profonde déception quant à cette décision de la Cour suprême de Californie qui continue de priver toute une classe de Californiens de la liberté fondamentale de se marier. Heureusement, la Cour a protégé les mariages de plus de 18.000 couples gays et lesbiens (...) C'est une erreur que d'empêcher de donner à des couples unis les protections légales dont ils ont besoin pour s'occuper et être responsables l'un de l'autre et de leur famille."
lundi 25 mai 2009
Les homos, thème de campagne européenne?

Après les socialistes européens qui ont organisé dimanche à Rome un meeting consacré aux droits des lesbiennes et des gays, c'était au tour de Philippe de Villiers lundi de transformer les homosexuels en thème de campagne pour les élections européennes du 7 juin.
Le président du Mouvement pour la France a pris sa plume pour protester contre des propos de Nadine Morano, qui a dit dans "Le Monde" être favorable aux "femmes porteuses". "Pourquoi ne pas voir que la GPA (gestation pour autrui) constitue aussi un geste de générosité", lance la secrétaire d'Etat à la Famille. Elle réaffirme aussi son attachement à l'attribution de nouveaux droits aux familles homoparentales avec le projet de loi sur le statut du beau-parent.
"En France, trois millions d'enfants vivent dans des familles monoparentales, deux millions dans des familles recomposées, et 30.000 sont élevés par deux adultes de même sexe. Cette réalité s'impose à moi: je me dois de faciliter la vie quotidienne de toutes les familles, sans discrimination", explique-t-elle.
Dans une lettre datée du 25 mai adressée à Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers s'est dit "stupéfait" de ces propos "particulièrement graves". Il appelle le chef de l'Etat à ne "pas laisser faire un tel travail de destruction des repères de notre civilisation", ou à "le dire aux Français, non pas le 8 juin au matin mais dans les heures qui viennent afin que chacun puisse se déterminer en connaissance de cause".
Dimanche, c'est le Parti socialiste européen (PSE) qui réaffirmait au contraire, lors d'une réunion spéciale à Rome, les engagements des socialistes en faveur des personnes LGBT. Le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, s'est notamment prononcé pour la reconnaissance dans tous les Etats membres des unions entre personnes de même sexe.
mardi 19 mai 2009
Jeunes homos: Le Refuge lance un SOS

"N'abandonnez pas les jeunes gays". Le président de l'association Le Refuge à Montpellier a interpellé la ministre de la Santé dans "Libération" du 19 mai 2009 pour protester contre la suppression de la subvention dont bénéficiait ce lieu d'accueil et de logement des jeunes rejetés par leur famille du fait de leur orientation sexuelle.
"Pourquoi fragiliser, au lieu d'accompagner, la seule structure en France conventionnée pour l'accueil d'un jeune public victime d'homophobie et en situation de profond mal-être?", interroge Nicolas Noguier.
"Que répondre, après cette Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, à nos six jeunes actuellement hébergés qui risquent demain de se retrouver à nouveau à la rue faute de courage politique de l'Etat et d'abandon par votre ministère?" Le président du Refuge de Montpellier demande à Roselyne Bachelot de "faire preuve d'un vrai courage politique et de soutenir les acteurs de terrain qui oeuvrent au quotidien pour la tolérance".
Nicolas Noguier rappelle que la ministre de la Santé a présenté le 27 février 2009 des mesures de protection de la santé des jeunes incluant le repérage et la prévention de la crise suicidaire chez les jeunes homosexuel(le)s. Elle citait alors le rapport du docteur Shelly selon lequel, d'après une étude réalisée en 2005, les jeunes lesbiennes et gays présentent entre 7 et 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les hétérosexuel(le)s de leur âge. "Libération" avait consacré un long reportage au Refuge il y a un an, sous le titre "Réfugiés de l'homophobie"
Début 2009, Le Refuge a ouvert une antenne à Paris, avec une permanence sociale à la mairie du IVe arrondissement, pour proposer un accueil, une orientation, une aide et un accompagnement dans toutes les démarches de droit commun.
samedi 16 mai 2009
Moscou: la Gay Pride violemment dispersée par la police
Les quelques militants qui avaient bravé l'interdiction du gouvernement russe pour manifester à Moscou en faveur des droits des homosexuels ont été violemment dispersés ce samedi 16 mai par la police, à quelques heures de la finale du concours de l'Eurovision.
Selon le site d'information "Pinknews", entre 20 et 40 manifestants ont été arrêté par la police anti-émeute. Ils n'étaient pas nombreux, car il faut beaucoup de courage pour participer à une Gay Pride à Moscou. Le maire de la ville Iouri Loujkov avait qualifié l'homosexualité de "satanique" et les Gay Pride, systématiquement interdites ces dernières années, se sont toutes soldées par des violences.
Parmi les personnes arrêtées samedi figurent le défenseur britannique des droits des gays Peter Tatchell, et le co-organisateur de la "slavic pride" Nikolaï Alekseev. Celui-ci a dénoncé dans un communiqué la "brutalité policière" et a appelé les artistes de l'Eurovision à boycotter l'événement en soutien à la cause des lesbiennes et des gays. "Le gouvernement russe utilise l'Eurovision pour montrer au monde comment la Russie a changé depuis les années 1990. Mais ce que nous avons vu cet après-midi dans les rues de Moscou montre que la Russie n'a pas beaucoup évolué quand il s'agit de défendre les droits fondamentaux", souligne-t-il.
Ces violences interviennent à la veille de la Journée internationale contre l'homophobie. Une "baltic pride" était aussi prévue ce samedi à Riga, en Lettonie, la tentative de la mairie de l'interdire ayant été cassée par la justice lettone.