Les choses semblent enfin bouger dans le bon sens pour les gays et lesbiennes de l'armée américaine. Le nombre de renvois pour homosexualité a diminué de 30% en 2009, et le Pentagone étudie un plan d'abrogation de la loi "Don't Ask, Don't tell", à la demande du président Obama.
Environ 13.000 militaires américains ont été licenciés depuis l'adoption en 1993 de cette loi, selon l'association Servicemembers Legal Defense Network (SDLN). Visant initialement à protéger les gays et lesbiennes qui servent dans l'armée, la "DADT" interdit de révéler son homosexualité ou de poser des questions sur l'orientation sexuelle d'un militaire. Mais la loi du silence a finalement surtout fait le bonheur des homophobes. L'armée américaine a encore renvoyé 428 militaires homosexuels -259 gays et 169 lesbiennes en 2009, même si l'on note que, pour la première année au pouvoir d'Obama, le nombre a baissé d'environ 30% par rapport à 2008, où l'on en était à 619 renvois (410 hommes et 209 femmes). La discrimination est encore aggravée pour les femmes, moins nombreuses dans l'armée mais proportionnellement davantage renvoyées pour homosexualité (cf LToutes: "L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays", 09/10/2009): comme souvent, homophobie et misogynie font bon ménage.
Ce n'est pas la première fois que Barack Obama promet l'abandon de la loi DADT mais cette fois la machine semble lancée. "Cette année, je travaillerai avec le Congrès et notre armée pour abroger enfin la loi qui prive les homosexuels américains du droit de servir le pays qu'ils aiment parce qu'ils sont qui ils sont", a lancé le président dans son premier discours sur l'état de l'Union le 27 janvier.
Le chef des armées américaines s'est à son tour prononcé, "à titre personnel", pour la levée du tabou homosexuel dans l'armée. C'est "ce qu'il faut faire" pour mettre fin à une politique qui force des gens "à mentir sur qui ils sont pour pouvoir défendre leurs compatriotes", a estimé l'amiral Mike Mullen devant le Sénat.
Quant au ministre de la Défense Robert Gates, il a annoncé le lancement d'une étude d'un an sur les moyens de permettre aux gays et lesbiennes de servir dans l'armée sans cacher leur orientation sexuelle. Les associations LGBT applaudissent et attendent de voir: le processus d'abrogation du Don't Ask, Don't Tell, s'il aboutit, prendra du temps et devra surmonter de très fortes résistances, militaires et politiques.
Une lesbienne a été reconnue comme la mère sociale de l'enfant conçu par sa compagne, avec qui elle partage désormais l'autorité parentale.
Le parquet, qui avait souhaité le rejet de la demande, n'a pas fait appel pour l'heure de la décision du jugement rendu le 13 janvier par le tribunal de grande instance de Créteil, dans la région parisienne. S., 30 ans, et N., 39 ans, vivent en concubinage depuis 2002 et sont pacsées depuis 2003. En juin 2008, S. a mis au monde l'enfant du couple, conçu par insémination artificielle en Espagne. N. n'ayant pas obtenu le droit d'adopter l'enfant, les deux femmes se sont tournées vers le partage de l'autorité parentale.
L'avocate du couple a "collé" à la jurisprudence en la matière, s'employant "à démontrer que l'intérêt de l'enfant exigeait l'autorité partagée", a-t-elle expliqué à LToutes. Me Céline Campi a notamment fait valoir que N. était le soutien financier du foyer, et que S., ébéniste, souffrait d'un souffle au coeur.
Le jugement découle de l'arrêt de la Cour de cassation du 24 février 2006. La plus haute juridiction française y estime que "l'article 377-alinéa 1er du Code civil s'oppose pas à ce qu'une mère, seule titulaire de l'autorité parentale en délègue tout ou partie de l'exercice à la femme avec laquelle elle vit en union stable et continue, dès lors que les circonstances l'exigent et que la mesure est conforme à l'intérêt de l'enfant".
Interrogé par LToutes, Philippe Rollandin, porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), a salué la décision du TGI de Créteil, regrettant toutefois que le couple ait dû démontrer l'existence d'un risque pour l'enfant (la profession "physique" et l'état de sanrté de la mère biologique). "Ca fait un peu bricolage. Le parent social doit être reconnu comme tel. Ce qu'il faut, c'est une loi qui reconnaisse le statut du beau-parent", a-t-il estimé.
Après le dernier dérapage de Georges Frêche -il a jugé la "tronche" de Laurent Fabius "pas catholique"-, Martine Aubry a décidé de proposer à Hélène Mandroux de prendre la tête d'une liste PS en Languedoc-Roussillon. La maire de Montpellier est bien connue des homos, puisqu'elle est à l’origine de l’Appel de Montpellier pour l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, lancé le 14 novembre dernier. "Après la nouvelle indignité dont s’est rendu coupable Georges Frêche, je proposerai au Bureau national du 2 février de demander à Hélène Mandroux, de conduire une liste de rassemblement de la gauche et des écologistes en Languedoc-Roussillon" pour les élections régionales, écrit la Première secrétaire du Ps dans un communiqué. Hélène Mandroux "est une femme de convictions et d’engagement, appréciée de ses concitoyens et qui a montré ses compétences à la tête de la mairie de Montpellier", ajoute-t-elle.
Peut-on parler d'homosexualité à des enfants de CM1/CM2 en France? Pour certains, non, visiblement. "Le baiser de la lune", un projet de court-métrage d'animation porté par une équipe rennaise a provoqué, avant même qu'il soit achevé, une levée de boucliers des milieux ultra-conservateurs.
Deux pétitions dénoncent ainsi sur internet une volonté de "pervertir" les enfants avec "l'idéologie du lobby homosexuel". Selon le magazine "Têtu", ces pétitions ont fait reculer l'inspection académique d'Ille et Villaine, qui a demandé le retrait du logo du ministère de l'Education du site du projet, qu'il a pourtant financé.
Christine Boutin s'est fendue d'une "lettre ouverte" au ministre de l'Education Luc Chatel, pour faire part de son "indignation" au sujet de ce film, qui "bafoue le principe de la neutralité de l’enseignement public en s'immisçant dans la conscience et l’intimité des enfants". "Ce film idéologique prive les enfants des repères les plus fondamentaux que sont la différence des sexes et la dimension structurante pour chacun de l’altérité", estime-t-elle, en réclamant "l’interdiction de sa diffusion".
Le court-métrage d'animation raconte l'histoire d'amour entre Félix, un poisson-chat et Léon, un poisson-lune. Ce projet pédagogique entend ainsi lutter contre l'homophobie survenant à l'adolescence. Il bénéficie toujours du soutien du Conseil régional de Bretagne, des conseils généraux des Côtes d'Armor et du Finistère et la ville de Rennes, ainsi que d'associations de lutte contre l'homophobie. Dans une question écrite, la députée de Paris Martine Billard (Porte-Parole du Parti de Gauche) a interpelé Luc Chatel "sur le sens politique" du retrait du logo de son ministère. "Alors que ces dernières années les chefs d'établissement ont reçu des circulaires appelant à la vigilance et à la fermeté contre les manifestations d'homophobie", ce geste est "un mauvais coup porté à la lutte contre les discriminations", déplore-t-elle.
L'Inter-LGBT, SOS homophobie et le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire ont aussi dénoncé dans un communiqué la "reculade" du ministère de l'Education "qui refuse de remplir sa mission d’éducation à la sexualité et à la citoyenneté, cautionnant ainsi les lobbys ultra- conservateurs, chantres de l'ordre moral". Les associations jugent d'ailleurs "surprenant que de telles pétitions outrancières, caricaturales de bêtise puissent encore inquiéter les pouvoirs publics et les faire réagir avec autant de frilosité".
Deux journaux suédois ont refusé de publier une photographie représentant trois femmes à demi-nues en train de s'embrasser. L'image était le quatrième volet d'une campagne de la Fédération suédoise de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (RFSL), intitulée "l'amour a plusieurs visages".
"Nous sommes vraiment surpris. Nous ne pensions pas qu'il y avait matière à controverse", a confié au magazine "Resumé" Mikael Andersson, de la RFSL. Pour Daniel Sandström, le rédacteur en chef de "Sydsvenskan", qui a refusé de publier la photographie, celle-ci est inacceptable. "Je n'ai aucun problème à publier des images provocatrices", a-t-il expliqué à Resumé. Mais "l'image en question ne correspond tout simplement pas à ce qui est acceptable. Je pense même que cela réduit l'amour lesbien à un cliché".
Pour Jean Leonetti (photo, avec Sarkozy), "la finalité du recours à l'AMP (Assistance médicale à la procréation) est d'ordre médical et la demande parentale d'un couple n'est recevable que dans ce cadre". Exit donc, les homos, un couple étant forcément formé par "un homme et une femme" pour le rapporteur UMP de la mission parlementaire sur la révision des lois de bioéthique.
Jean Leonetti préconise par ailleurs le maintien de l'interdiction des mères porteuses, la gestation pour autrui comportant un "risque de marchandisation". Son rapport a été adopté par les députés mardi, le débat législatif sur la révision des lois de bioéthique devant, lui, se tenir avant l'été.
Les couples pacsés hétérosexuels n'auront en revanche plus à justifier de deux ans de vie commune pour accéder à l'AMP. De même, le rapporteur propose "d'autoriser le transfert post mortem d’embryon à titre exceptionnel, lorsque le projet parental a été engagé mais brutalement interrompu par le décès du conjoint". "Une occasion manquée" pour l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL), qui a dénoncé dans un communiqué "le conservatisme du rapport" Leonetti. "Les parlementaires ignorent-ils que, de plus en plus de pays – Union Européenne comprise – ouvrent le mariage aux couples de même sexe, et que dans de nombreux cas, cette union permet l’adoption et l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ?" Quant aux mères porteuses, "les parlementaires ignorent-ils que de nombreux couples – de même sexe et de sexes différents – se rendent dans les pays où existe un marché de la gestation pour autrui et que, en France même, un marché noir de la mère porteuse est en train d’émerger au mépris de toutes règles ?"
"Le débat a laissé une telle place aux autorités religieuses qu'il a été dominé par leurs positions", regrette de son côté HES (Homosexualités et Socialisme). Qui ne perd pas espoir néanmoins: "le débat parlementaire prévu au printemps sera l'occasion d'ouvrir la discussion sur les avancées qu'attendent les associations et l'opinion publique".
"Ce rapport propose une discrimination légale entre les couples pour l’accès à l’AMP", constate également Gaylib, déplorant une "volonté d’ériger la famille traditionnelle (Père Mère enfant) en modèle unique". Et d'espérer "que le Parlement ne se sente pas lié par les recommandations de ce rapport et puisse entendre la voix des ces milliers de couples qui vivent dans la détresse de ne pouvoir fonder une famille".
Hervé Morin défend l'homoparentalité. Le président du Nouveau centre est favorable à l'adoption par des couples homosexuels pour mettre fin à "l'hypocrisie formidable" de la loi française, comme il l'a dit le 18 janvier en présentant ses voeux 2010 à son parti.
Le patron du centre-droit souligne que "l’intérêt de l’enfant est de pouvoir bénéficier du même partage de l'autorité parentale, des mêmes protections que l’enfant adopté par un couple hétérosexuel s’il arrivait malheur à l’un des deux parents". Invoquant "l'humanisme moderne", il appelle son parti à "porter de grands sujets de société" comme l'homoparentalité -"quitte à en débattre entre nous", ajoute-t-il. "Ayons en tête une seule exigence: l’intérêt de l’enfant. Dès lors, nous y répondrons autrement que par les réflexes que nous pourrions avoir spontanément", a lancé Morin à ses troupes, rappelant la levée de boucliers contre le PACS à droite il y a 12 ans.
En novembre dernier déjà, Hervé Morin plaidait sur Canal Plus pour l'homoparentalité, expliquant qu'"avant tout, ce qui compte, c'est l'amour que peut avoir un enfant, quelle que soit la configuration du couple". Et en décembre, il recevait des "spécialistes" de l'homoparentalité, dont l'avocate Caroline Mécary, pour mieux connaître les aspects de la question, surtout sur la protection des enfants.
A l'heure où le gouvernement répète à l'envi son opposition à l'adoption par des couples de lesbiennes et gays, Hervé Morin se place dans une position délicate, à l'approche des élections régionales qui plus est, en tant que ministre de la Défense, membre de la majorité et aussi chef d'un parti, centriste mais tout de même de droite. Cela mérite d'être noté, surtout quand Nadine Morano, la secrétaire d'Etat à la Famille, qu'on a connue plus ouverte aux droits LGBT, rétropédale vers le futur, renvoyant le débat sur l'homoparentalité à la présidentielle de 2012.
La photo du premier "mariage" gay en Chine en Une du "China daily", quotidien officiel en anglais: c'est le petit événement qui a donné beaucoup d'espoir aux lesbiennes et gays chinois mercredi.
Si l'union des homosexuels n'est pas officiellement reconnue dans ce pays, cela n'a pas empêché Zeng Anquan, un architecte de 47 ans, et Pan Wenjie, un soldat démobilisé de 27 ans (photo China Daily), de se "marier" le 3 janvier dans un bar gay de la ville de Chengdu. Leurs familles ont toutefois refusé de participer à la cérémonie. Il y aurait 20 millions de gays et 10 millions de lesbiennes en Chine selon des experts chinois. Et le pays s'ouvre peu à peu: l'homosexualité n'est plus un crime depuis 1997, et plus considérée officiellement comme une maladie mentale depuis 2001. Le mois dernier, le gouvernement a autorisé l'ouverture du premier bar gay officiel dans la ville touristique de Dali, dans le Yunnan (sud-ouest), et en juin s'est tenu, discrètement il est vrai, le premier festival de la fierté gay à Shangai.
Le combat est toutefois loin d'être gagné: le premier concours de beauté gay organisé en Chine, qui devait désigner vendredi dans un club de Pékin le représentant pour l'Asie en vue de l'élection de "M. Gay world" le mois prochain en Norvège, a finalement été interdit au dernier moment. "Ce concours va aider la société à mieux comprendre les homosexuels", avait pourtant espéré l'organisateur Ben Zhang dans les colonnes de "China daily".
Où l'on reparle de la Proposition 8. Le procès qui s'ouvre lundi à San Francisco devrait faire date dans l'histoire du mariage homosexuel aux Etats-Unis car, quelle qu'en soit l'issue, l'affaire remontera probablement jusqu'à la Cour suprême fédérale.
Petit retour en arrière: le 4 novembre 2008, en même temps que les Américains élisent le premier Noir à la tête du pays, Barack Obama, les Californiens approuvent par 52% de "oui" l'interdiction du mariage entre deux personnes du même sexe, alors que la Cour suprême régionale l'avait légalisé en mai.
Les quelque 18.000 mariages contractés entre le 16 juin et le 4 novembre 2008 sont cependant validés. L'humoriste Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi restent femme et femme. Mais un couple de lesbiennes, Kristin Perry et Sandra Stier, attaque l'Etat de Californie devant la justice fédérale, au motif que l'interdiction viole leurs droits constitutionnels en les privant du droit de se marier du seul fait de leur orientation sexuelle.
Le dossier est baptisé "Perry v. Schwarzenegger", même si en l'occurrence le gouverneur, Arnold Shwarzenegger, ne soutenait pas la Proposition 8. Kristin Perry, 45 ans, vit depuis dix ans avec Sandra Stier, 47 ans. Elles ont quatre enfants. La plainte est également déposée par un autre couple, Paul Katami et Jeffrey Zarrillo.
Les homosexuels ont désormais le droit de se marier au Portugal. Le parlement portugais a adopté vendredi en première lecture un projet de loi en ce sens du gouvernement socialiste de Jose Socrates, avec le soutien de tous les partis de gauche.
"Avec cette loi, nous allons respecter les libertés individuelles, promouvoir l'égalité de tous les citoyens face à la loi et éliminer les discriminations", a déclaré le chef du gouvernement devant les parlementaires. En revanche, l'ouverture du droit à l'adoption pour les gays et les lesbiennes, défendue par les Verts et les partis d'extrême gauche, a été rejetée par le parlement. Reconduit pour un second mandat en octobre, Jose Socrates avait inscrit à son programme la légalisation du mariage gay, alors que le Portugal avait déjà autorisé en 2001 les "unions civiles" entre partenaires de même sexe.
Et c'est dans une relative indifférence qu'il a tenu sa promesse, dans un pays pourtant très catholique. Jusqu'en 1982, l'homosexualité était considérée comme un crime au Portugal. Une plateforme "citoyenne" signée par 90.000 personnes et soutenue par la droite réclamait toutefois un référendum, demande rejetée vendredi par la majorité de gauche.
L'association internationale des lesbiennes et des gays (ILGA-Europe) a salué dans un communiqué "un très bon début d'année 2010 pour la communauté LGBT du Portugal et de l'Europe en général". "La France s'isole dans son obstination", a en revanche regretté HES (Homosexualités et Socialisme). "L’opinion publique française est favorable à l’ouverture du mariage républicain à tous les couples. Il n’est plus acceptable que les institutions républicaines s’ouvrent aux uns et se ferment aux autres en fonction de l’orientation sexuelle".
(Actualisé après l'adoption du mariage homo en Islande en juin 2010) Portugal, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Suède, Norvège et Islande: ils sont désormais sept pays à autoriser le mariage des gays et lesbiennes en Europe. La France, elle, se fait toujours attendre.
Les Pays-Bas ont été les premiers à reconnaître le mariage gay, en 2001, suivis par la Belgique en 2003, l'Espagne en 2005 à l'issue de vifs débats, puis la Suède et la Norvège en 2009, le Portugal depuis le 8 janvier, et enfin l'Islande, où la Première ministre Johanna Sigurdardottir est lesbienne, au 27 juin. En Suède, même l'église luthérienne approuve désormais officiellement les unions de couple de même sexe. D'autres pays se contentent, comme la France avec le PACS adopté en 1999, d'unions civiles pour les homosexuels. Le Danemark avait été le premier à créer un partenariat de ce type, dès 1989. Il a été suivi depuis par l'Allemagne, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Suisse, l'Islande, et la République tchèque.
C'est une première en Amérique latine: les homosexuel(le)s pourront se marier dès 2010 dans la ville de Mexico.
Les députés de l'Assemblée du district fédéral mexicain ont modifié lundi 21 décembre, par 39 voix contre 20 et 5 abstentions, l'article du code civil local qui spécifiait jusqu'à présent que "le mariage est l'union librement consentie entre un homme et une femme". Désormais, le mariage unira "deux personnes", sans distinction de sexe, selon l'agence notiese, spécialisée dans les infos LGBT. "Yes, we can! Des droits égaux pourles lesbiennes et les gays!", ont crié des militants d'organisations LGBT au moment du vote. Le texte voté lundi étend les droits accordés depuis 2006 aux homosexuels liés par une union civile pour leur donner les mêmes droits que ceux des couples hétérosexuels mariés.
Le mariage entre personnes du même sexe n'est légal nulle part ailleurs en Amérique latine. Toutefois, l'union civile est reconnue dans plusieurs pays comme l'Uruguay et la Colombie. La Cour suprême d'Argentine doit aussi se prononcer sur l'autorisation d'un mariage gay donnée par un juge, et annulée par un autre début décembre.
L'Eglise catholique mexicaine a dénoncé ce vote et le Parti de l'Action Nationale (PAN) a déjà annoncé son intention de saisir la cour suprême pour le contester.
Au Liban, l'article 534 du code pénal punit "les relations sexuelles non naturelles" d'un an de prison maximum.
Interdite, l'homosexualité est aussi tabou dans une société conservatrice. Pas facile, dans ces conditions, de vivre sa vie de lesbienne, bisexuelle ou transsexuelle, malgré l'émergence depuis trois ans d'une communauté.
Pour la première fois dans le monde arabe, "Bareed Mista3jil" ("courrier urgent") un ouvrage édité par l'association LGBT Meem, publie les témoignages -anonymes- de 41 de ces femmes vivant à Beyrouth. Elles racontent la difficuté de concilier religion et hompsexualité, leur coming out, les relations avec leur famille ou les discriminations qu'elles subissent. "Ma mère pense toujours que je suis lesbienne parce que mon père était mort et que je n'avais donc pas eu de modèle mâle. D'une certain façon, ça l'aide à m'accepter. Les gens semblent trouver plus simple d'accepter l'homosexualité quand ils peuvent lui donner une raison", raconte ainsi l'une d'elle.
Une des femmes qui témoignent s'interroge encore, plusieurs années après avoir été violée: "pourquoi n'ai-je pas crié? Pourquoi n'ai-je pas prévenu mes parents ou la police? (...) Je sais tout ce qu'on est théoriquement censée faire en cas de viol. Mais je veux juste qu'on me laisse seule, oublier ce qui est arrivé. (...) Quand tu es lesbienne, tu penses que tu es à l'abri, surtout quand t'es une butch. Tu penses que si tu coupes tes cheveux et que tu portes des vêtements punk, les hommes te laisseront tranquille".
Parfois, la religion peut aussi être une arme de tolérance. "Ma mère est une musulmane dévote. Elle croit tellement en dieu qu'elle se soumet à tout parce que c'est Sa volonté. Alors elle n'a pas remis en cause mon homosexualité (...) Mon père a eu la même réaction: "nous ne pouvons modifier la volonté de dieu" (...) Lorsqu'ils en ont discuté entre eux, ils ont estimé que vivre un mensonge était un plus grand péché que ma sexualité. Ils m'ont dit qu'il valait mieux être honnête avec moi même qu'être hypocrite".
"Je ne vais pas y aller par quatre chemins: j'ai décidé de mettre un terme à ma carrière." Amélie Mauresmo a versé quelques larmes jeudi en annonçant son retrait du tennis professionnel, mais à 30 ans, la seule joueuse française à avoir été numéro un mondial le reconnaît: "Je n'ai plus envie d'aller sur le terrain m'entraîner."
A son palmarès sportif, Amélie Mauresmo peut ajouter la médaille du coming out, pour avoir rendu publique son homosexualité lors de l'Open d'Australie en 1999, à 19 ans. Elle est la lesbienne "out" la plus populaire de France et pose à plusieurs reprises en couverture de "Paris Match", sans résister parfois à la tentation de "prouver" qu'on peut être lesbienne et féminine. En 2005, le magazine la couronne "Femme de l'année". Son coming out courageux et malheureusement unique dans un milieu largement homophobe fait d'elle une icône à la fois sportive et lesbienne, à l'image d'une Martina Navratilova. Aujourd'hui, la star des courts quitte le circuit professionnel. "C'est une décision qui a été longuement réfléchie. J'avais envie de prendre mon temps. C'est vrai que c'est un peu triste, mais c'est une décision qui est venue à moi comme une évidence au fil des dernières semaines et des derniers mois (...) La flamme, l'envie, la passion ne sont plus là", a-t-elle encore expliqué aux journalistes, du haut de ses "25 ans de vie tennistique".
"J'ai obtenu des résultats qui sont allés au-delà de mes rêves, de mes espérances (mais) je crois que dans ma tête, ça s'est terminé après Wimbledon. Je crois que le moment est venu de tourner la page et de passer à autre chose", ajoute Amélie Mauresmo. De ses projets, elle ne veut pas dévoiler grand-chose. "J'aime bien prendre mon temps, ne pas me précipiter", se justifie-t-elle. Elle reconnaît quand même avoir "quelques idées en tête" et se dit prête à "relever de nouveaux challenges".
Ils s'appellent Ghaseem Bashkool, Mahdi Pooran, Hamid Taghi, Ebrahim Hamidi, Mehdi Rezaii, Hamze Chavoshi, Loghman Hamzepour, Mohsen Ghabraii, et Nemat Safavi. Tous, dont certains étaient mineurs au moment des faits, ont été condamnés à mort pour "sodomie" en Iran ces trois dernières années et tous attendent dans les geôles iraniennes leur exécution.
La Commission internationale de défense des droits des gays et lesbiennes (IGLHRC) a lancé, en partenariat avec une association iranienne (IRQO) et la principale association gay et lesbienne néerlandaise COC un appel pour tenter de sauver les vies de ces neuf Iraniens et que cessent les exécutions d'homosexuels dans ce pays. Les trois organisations en appellent en particulier au ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, mais aussi à l'Allemagne, au Canada et à l'Union européenne pour qu'ils interviennent. Ghaseem Bashkool, un étudiant de 33 ans, a été arrêté avec un autre jeune homme en 2007 pour sodomie. Tous deux ont été condamnés à mort en 2009, malgré leurs dénégations. Ghassem est actuellement détenu à la prison d'Ardebil.
Le 9 août 2008, Mahdi Pooran, 17 ans, Hamid Taghi, Ebrahim Hamidi, et Mehdi Rezaii ont également été interpellés à Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, et condamnés à mort en juillet 2008, sur la base du témoignage d'un homme de 19 ans dont la famille était déjà en conflit avec les quatre accusés. Mohsen Ghabraii a quant à lui été condamné à mort par un tribunal de Shiraz pour sodomie. Malgré les efforts de son avocat, son exécution devrait intervenir prochainement.
La loi iranienne punit de mort les relations sexuelles entre deux hommes, et de 100 coups de fouet les relations entre deux femmes. En cas de quatrième condamnation, c'est la mort aussi pour les lesbiennes. Les condamnations sont fréquemment obtenues sur la base d'aveux forcés, arrachés par des pressions psychologiques ou la torture.