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dimanche 22 mars 2009

Le faux baiser lesbien d'Eva Longoria et Teri Hatcher



Le "buzz" avait fait le tour d'Internet: Eva Longoria et Teri Hatcher allaient échanger un baiser lesbien dans la saison 5 de "Desperate Housewives". On allait voir ce qu'on allait voir... De quoi mettre du piquant dans la série diffusée par ABC aux Etats-Unis. Finalement, les lesbiennes que cette idée a pu allécher ont dû être déçues.

En fait de "baiser lesbien", Gabrielle se contente de déterminer avec Susan, draguée par sa cheffe lesbienne, si le baiser que celle-ci lui a donné, à sa grande surprise, avant de la quitter était innocent ou pas. Elle fait donc une démonstration... Et il n'y a pas une once d'ambigüité ou de trouble entre les deux femmes, et encore moins de love story à attendre. Tout ça pour ça...


La pauvreté frappe plus les lesbiennes


Contrairement à une idée reçue tenace, les lesbiennes et les gays ne sont pas plus riches que les hétéros. En tout cas, pas aux Etats-Unis, comme le montre une étude du "Williams institute" de l'Université de Californie publiée en mars.

Celle-ci se penche pour la première fois sur la pauvreté chez les homosexuels, pour en conclure que celle-ci est au moins aussi courante chez les gays et les lesbiennes que chez les hétéros. Les moins bien loties sont les lesbiennes: 24% de femmes homosexuelles ou bisexuelles de 18 à 44 ans sont pauvres, contre 19% des femmes hétérosexuelles du même âge, 15% des gays et 13% des hommes hétérosexuels.

Et ça ne s'arrange pas lorsqu'elles vivent en couple: 6,9% des couples de lesbiennes vivent en dessous du seuil de pauvreté aux Etats-Unis, contre 5,4% des couples hétéros et 4% des couples gays. Les lesbiennes de plus de 65 ans connaissent deux fois plus souvent la pauvreté que les couples mariés hétéros du même âge.

"Le mythe de la richesse des gays et des lesbiennes n'est donc que cela, un mythe", conclut l'étude. "Les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles connaissent autant la pauvreté que les hétérosexuels, et les couples (...) plus souvent que les couples mariés hétéros".

lundi 16 mars 2009

Portia de Rossi a "pleuré" quand le mariage gay a été interdit

"J'ai pleuré" quand la proposition 8 interdisant le mariage gay en Californie a été adoptée en novembre dernier, raconte Portia de Rossi dans une interview au Los Angeles Times publiée dimanche 15 mars, à l'occasion du lancement de la nouvelle comédie dans laquelle joue l'actrice.

"J'étais si enthousiaste quand Obama a été élu. C'était un moment extraordinaire (...) Le lendemain matin, je me suis levée et j'ai appris aux infos que la proposition 8 avait été adoptée. J'étais choquée et profondément triste".

L'actrice et l'animatrice Ellen DeGeneres s'étaient elles-mêmes mariées quelques semaines plus tôt en Californie. Leur union va-t-elle être annulée? "Elle tient toujours", constate Portia de Rossi, dans l'attente, comme des milliers de couples de lesbiens et de gays américains, de la décision de la Cour suprême de l'Etat. Mais "elle peut peut-être être annulée", ajoute l'actrice.

"Je ne sais pas. Je pense que quand les gens comprendront vraiment que c'est une question de droits humains et qu'il y a des gens dans ce pays qui n'ont pas les mêmes droits que les autres, ils seront obligés de faire en sorte de vivre dans un pays où chaque citoyen a les mêmes droits".

Portia de Rossi dément par ailleurs une nouvelle fois les rumeurs sur sa grossesse. "Je pense qu'une maternité serait extraordinaire et formidable, mais ce n'est vraiment pas quelque chose qui est à l'horizon pour nous dans l'immédiat", assure-t-elle. "Comment cette rumeur sur une FIV (fécondation in vitro) a commencé, je n'en ai vraiment aucune idée. Mais je peux vous dire que ce n'est pas prévu dans l'immédiat".

Festival du Printemps lesbien de Toulouse du 7 au 13 avril 2009

Toulouse vire à la lesbopole en avril. Avec le Festival du Printemps lesbien, qui se déroulera du 7 au 13 avril 2009 sur le thème de "l'arme du rire", le grand public rencontrera la communauté lesbienne internationale pour partager des films, des concerts, de la danse, des débats, des soirées...

"Poètes et théoriciennes, plasticiennes et bédéistes, vidéastes et cinéastes, comédiennes et performeuses, chorégraphes et danseuses, solistes et rockeuses, activistes historiques ou archivistes de notre histoire": l'association culturelle Bagdam, qui fête ses 20 ans d'activisme, a réuni 80 chercheuses, protagonistes et artistes venues de 12 pays et quatre continents pour ce nouveau Festival du Printemps lesbien qui promet de nombreuses surprises. En avril, Toulouse sera décidément une Ville très, très rose.

- Le programme du Festival du Printemps lesbien de Toulouse
- Le site de Bagdam

samedi 14 mars 2009

Eudy Simelane, assassinée parce que lesbienne

Eudy Simelane, 31 ans, lesbienne, a été violée et tuée en 2008. Le procès des assassins de cette ancienne joueuse de football professionnelle d'un township de Johannesburg, a commencé en février 2009. Un homme a plaidé coupable et a été condamné à 32 ans de prison.

Mais lors de la sentence, le juge a expliqué que l'orientation sexuelle de la victime n'avait eu "aucune importance" dans ce crime. Le procès de trois autres hommes qui plaident non coupables commencera en juillet.

- Lire aussi sur LToutes: "En Afrique du Sud, on viole les lesbiennes pour les 'guérir'" (14/03/2009)

"J'ai rencontré Eudy à l'école et nous sommes devenues amies. Déjà, nous étions différentes des autres filles", raconte Pretty, 31 ans, dans le rapport de ActionAid sur les violences subies par les lesbiennes en Afrique du Sud.

"Eudy était fière de ce qu'elle était (...) Elle savait ce qu'elle voulait faire de sa vie. Qu'elle puisse être tuée comme ça, avec cette violence, je n'arrive toujours pas à y croire (...) Quand j'ai su ce qui lui était arrivé, je suis allée là où cela s'est produit, où ils l'avaient violée et frappée. Son sang et ses vêtements étaient encore éparpillés partout, mais la police avait juste tout laissé là.

Je n'oublierai jamais son père, à genoux, essuyant son sang avec ses mains. Quand vous avez vu cela, vous ne pouvez qu'avoir peur tout le temps. J'ai été souvent frappée et insultée. Il y a une menace de viol tous les jours.

J'ai d'abord essayé de les combattre quand ils nous attaquaient, mais j'ai réalisé que ça ne servait à rien. Je ne serai jamais assez forte physiquement. Alors j'ai décidé de les combattre d'une autre manière. Ce que je fais dans l'association "Gender Equality Project", c'est essayer d'aider les lesbiennes et les gays
".

- Lire aussi sur LToutes: "Kirghizistan: le viol pour 'guérir' les lesbiennes" (16/10/2008)

En Afrique du Sud, on viole les lesbiennes pour les "guérir"

Atarcia et Phumla
- Lire aussi sur LToutes: "Eudy Simelane, assassinée parce que lesbienne" (14/03/2009)

"Ils m'ont dit qu'ils me tueraient, qu'ils allaient me violer et qu'après m'avoir violée, je deviendrais une fille, une fille hétéro". Zakhe, 23 ans, fait partie des 15 Sud-africaines noires qui ont raconté leur calvaire dans un rapport publié par l'ONG ActionAid. Celui-ci dénonce la flambée des viols de lesbiennes, destinés à les "guérir" de leur orientation sexuelle.

"J'ai été trahie par mon meilleur ami à l'école", raconte Nomawabo, 30 ans. "Il m'a dit de venir chez lui pour travailler sur nos devoirs, mais quand je suis arrivée, nous nous sommes battus (...) Il m'a violée en me disant que c'était parce que je ne devais plus être lesbienne. Après ça, je suis tombée enceinte".

"La deuxième fois, mes amies du club de football et moi avons été enlevées sous la menace d'une arme. Ils nous ont emmenées et ont fait ce qu'ils voulaient de nous pendant trois jours. Nous l'avons dit à la police (...) mais il ne s'est rien passé parce qu'ils pensaient tous que nous le méritions".

"Ils pensaient tous que nous le méritions"
L'an dernier, un rapport de la Commission sud-africaine des droits de l'Homme avait déjà tiré la sonnette d'alarme face à la montée des viols de lesbiennes dans les écoles du pays, où de jeunes garçons agressent les filles pour "corriger" leur orientation sexuelle. Aujourd'hui, selon les ONG, le viol devient le crime de haine le plus courant contre les lesbiennes dans les townships.

Une association de défense des droits des homosexuels au Cap affirme être informée de 10 nouveaux cas par semaine, un chiffre en forte progression. Et ce sont les lesbiennes noires de ces quartiers pauvres qui sont les plus touchées.

"Si vous êtes une lesbienne à Soweto, les mecs vous voient comme une menace et quelque chose qu'il faut faire disparaître de la surface de la terre", raconte Phumla, de Soweto, le township de Johannesburg. "On est insultée tous les jours, frappée si on marche seule, on vous rappelle tout le temps que vous êtes une salope. Ils hurlent: 'si je te viole, tu redeviendras hétéro, tu achèteras des jupes et tu te mettras à la cuisine parce que tu auras appris comment être une vraie femme'".

31 meurtres, une seule condamnation
Le 7 juillet 2007, les corps de Sizakele Sigasa et Salome Massooa ont été retrouvés près du township de Johannesburg où elles vivaient. Elles avaient été violées et torturées avant d'être attachées et abattues d'une balle dans la tête. Sizakele était une des premières femmes du township de Meadowlands à vivre ouvertement en tant que lesbienne. Elle était aussi une militante connue des droits des femmes et de la lutte contre le sida. Deux ans plus tard, personne n'a été traduit devant la justice pour ce crime. Le dossier est clos.

Zoliswa Nkonyana, 19 ans, a été lapidée en 2006 par une foule devant chez elle. Le procès des trois hommes poursuivis pour ce crime a été reporté à huit reprises.

Dans une étude réalisée auprès de victimes, 66% affirment qu'elles ne se sont pas adressées à la police, parce qu'elles pensaient ne pas être prises au sérieux. Et 25% d'entre elles avaient aussi peur de mentionner leur orientation sexuelle à la police, voire pour 22% d'être agressées. Comme l'une d'elle l'explique: "quand une lesbienne est violée, sa famille et les gens dans la rue disent qu'elle l'a mérité et que son violeur lui a montré comment être une femme. C'est plus facile de se taire".

Et celles qui réclament quand même justice sont souvent déçues. Seul un viol signalé sur cinq finit devant les tribunaux, et seuls 4% des cas aboutissent à une condamnation. Il y a eu 31 meurtres de lesbiennes enregistrés depuis 1998, et une seule condamnation.

- Lire aussi sur LToutes: "Kirghizistan: le viol pour 'guérir' les lesbiennes" (16/10/2008)

mardi 10 mars 2009

Homoparentalité: l'Eglise dit "non"

L'homoparentalité? Pour l'Eglise, c'est toujours non, au nom du "principe de précaution". La Conférence des évêques de France dit dans un communiqué publié lundi 9 mars tout le mal qu'elle pense de l'avant-projet de loi sur le statut du tiers, qu'elle accuse de mener à la reconnaissance de l'homoparentalité.

"Au détour d’un texte et sous couvert de la question de l’autorité des beaux parents, on donne un statut parental et conjugal aux unions entre partenaires du même sexe", accuse-t-elle. "Remplacer dans un texte de loi 'père et mère' par 'parents' est loin d’être anodin!", souligne-t-elle aussi. "L’étape suivante ne sera-t-elle pas d'autoriser l’adoption pour" les gays et les lesbiennes?

Or, l'Eglise de France estime qu'"aucun élément scientifique et sérieux ne permet de dire qu'il n'y aurait aucun dommage à ce qu'un enfant soit élevé par deux hommes ou par deux femmes plutôt que par un homme et une femme". Dans ces conditions, "il faudrait au moins appliquer le principe de précaution".

L'avant-projet de loi sur le statut du tiers a relancé le débat sur l'homoparentalité, avec une levée de boucliers à droite. Christine Boutin ou le Front national sont aussitôt montés au créneau, au point que le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a assuré vendredi qu'il n'était "pas question dans ce texte de reconnaître autre chose que des droits aux beaux-parents". L'enjeu, "ça n'est certainement pas de rentrer dans une logique qui serait une logique de mariage homosexuel ou d'adoption par les couples homosexuels, ce ne sont pas mes convictions, ce ne sont pas les convictions de ma famille politique", a-t-il souligné.

Mais l'UMP est visiblement divisée. Outre la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, qui défend le projet de loi, Valérie Pécresse a estimé qu'il fallait "protéger l'enfant" en cas de décès du parent biologique ou légal d'"un couple de même sexe". "Quand un couple de même sexe élève un enfant, si jamais il arrive quelque chose au parent biologique, au parent légal, qu'est-ce qu'il arrive à l'enfant, qui va s'en occuper? Donc là je crois qu'il faut qu'il y ait une loi qui protège l'enfant", a argumenté la ministre de l'Enseignement supérieur, alors que même que ce projet de loi ne prévoit pas cette protection.

L'ex-judoka et nouveau secrétaire national de l'UMP David Douillet a aussi estimé que le texte allait "dans le bon sens". "La famille, c'est absolument pas biologique", a-t-il affirmé.

Pourtant, comme le souligne l'avocate Caroline Mecary, ce texte ne mérite pas une telle polémique, car il est loin d'être une révolution pour les couples homosexuels: "cet avant-projet de loi permet quelque chose qui existe déjà, à savoir un partage de l'exercice de l'autorité parentale entre deux personnes dont l'une n'a pas de lien de sang avec l'enfant", résume-t-elle. Alors, pourquoi des réactions si violentes?

Sur son blog, Alain Piriou estime que la "campagne d'opposition" dans laquelle se sont lancées "Christine Boutin et la réacosphère (...) rappelle à bien des égards la campagne antipacs de 1998".

"L'outrance, c'est de faire croire que ce texte est un pas en avant vers l'adoption pour les couples de même sexe", alors que "l'avant-projet de loi ne touche pas à la filiation", rappelle-t-il, même s'il le "regrette". "On agite le spectre de l'homoparentalité, parce qu'il est certes le plus efficace pour mobiliser ses propres troupes. Mais, dans le fond, ce qui fait horreur, c'est l'introduction d'une reconnaissance de droits associés à une relation sociale détachée du biologique", estime l'ancien porte-parole de l'inter-LGBT. "Avec le partage de l'exercice de l'autorité parentale, on donne en effet la qualité de presque-parent à un individu qui n'est pas le géniteur".

vendredi 6 mars 2009

Californie: le mariage homosexuel bouge encore

La bataille du mariage homosexuel a repris devant la Cour suprême de Californie jeudi 5 mars 2009. Les magistrats devront se prononcer sous 90 jours sur la validité du référendum interdisant ces unions, et sur celle des 18.000 "Oui" prononcés par des couples de lesbiennes ou gays pendant les quelques mois où les mairies leur ont été ouvertes. Un débat suivi dans tous les Etats-Unis, à l'heure de gloire d'"Harvey Milk" aux Oscars et dans les salles obscures.

En mai 2008, cette même Cour suprême avait légalisé le mariage entre personnes du même sexe, en déclarant inconstitutionnel de priver des citoyens de ce droit fondemental. Des couples anonymes et d'autres plus connus comme celui formé par l'animatrice Ellen DeGeneres et l'actrice Portia De Rossi, avaient saisi l'occasion d'officialiser leur union dès l'entrée en vigueur de la décision à la mi-juin. Avant cela, seul le Massachusetts permettait aux homosexuels de se marier.

Mais le 4 novembre suivant, alors que Barack Obama entrait dans l'histoire en devenant le premier président Noir d'Amérique, les électeurs de Californie consultés par référendum approuvaient par 52% des voix contre 48% la Proposition 8 gravant dans la Constitution de cet Etat que seuls un homme et une femme peuvent se marier.

Retour à l'hétéronormalité? Oui, mais. Si les groupes religieux et conservateurs ont gagné une manche, ils veulent aussi invalider les unions célébrées pendant ces quatre mois et demi. Et ils brandissent le verdict d'une majorité d'électeurs dans un Etat où la démocratie directe joue traditionnellement un rôle très important. En face, les organisations militantes homosexuelles et civiques rétorquent qu'une loi ne peut pas s'appliquer rétroactivement, qu'interdire le mariage gay et lesbien dans la Constitution n'est pas un amendement mais une révision de la loi fondamentale exigeant un débat au Parlement local. Elles crient à l'ouverture de la boîte de Pandore: aujourd'hui on prive la minorité homosexuelle d'un droit fondamental, demain, ce seront les Hispaniques ou les immigrés qui seront visés.

Le président Barack Obama mais aussi le gouverneur républicain de Californie, l'ancien acteur Arnold Schwarzenegger, se sont prononcés contre la Proposition 8. Quant à Ellen DeGeneres, elle l'a dit sur tous les tons: elle ne veut pas rendre son grille-pain de mariage.

mercredi 4 mars 2009

Marge Simpson lesbienne


Marge Simpson serait-elle devenue lesbienne? L'épouse d'Homer embrasse en tout cas une autre femme sous le regard atterré de son mari dans l'épisode des "Simpsons" diffusé dimanche aux Etats-Unis.

Mais pas d'inquiétude à avoir pour Homer. Ce baiser est en fait seulement sorti de son imagination fertile. Dans un moment de déprime, il imaginait ce qui pourrait lui arriver de pire...

Ce n'est pas la première fois que des lesbiennes surgissent dans un épisode des Simpsons. En 2005, une des soeurs de Marge, Patty, faisait son coming out et vivait une histoire d'amour avec une joueuse de golf, Veronica, qui se révélait finalement être... un homme. Homer, lui, avait même brièvement emménagé chez un couple gay.

Copé veut un débat sur l'homoparentalité

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, souhaite un débat sur la reconnaissance des couples de lesbiennes ou gays élevant un enfant. "J'ai besoin d'un débat pour me faire mon avis", a affirmé Jean-François Copé mercredi sur Canal+. Et d'ajouter qu'il a "un peu évolué" sur l'homoparentalité, ce "sujet très difficile"...

- Lire aussi sur LToutes: "L'homoparentalité mentionnée dans le texte sur le statut du beau-parent" (03/03/2009)

L'Institut national d'études démographiques (INED) estime qu'au moins 30.000 enfants vivant dans un foyer composé de deux adultes de même sexe. L'Association des parents et futurs gays et lesbiens (APGL) avance quant à elle le chiffre de 250.000 à 300.000 enfants.

L'avant-projet de loi sur le statut du beau-parent n'est pas encore officiellement rendu public que le gouvernement se déchire déjà sur le texte transmis aux associations. Il mentionne pour la première fois l'existence des familles homoparentales et remplace les notions de "père et mère" par celle de "parents", pas forcément hétérosexuels donc, or c'est cette partie du projet de loi qui en fixe traditionnellement l'esprit.

Christine Boutin, ministre du Logement et farouche opposante au PACS (Pacte civil de solidarité) en 1999, a accusé le projet de reconnaître "de façon détournée" l'homoparentalité et l'adoption par les couples homosexuels. La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a répondu en fustigeant une posture "passéiste" et mis en avant la nécessité d'un statut du beau-parent qui corresponde à la réalité des familles françaises d'aujourd'hui (voir LToutes le 03/03/2009: "Morano et Boutin s'affrontent").

GayLib, l'association LGBT de l'UMP, salue "l'adoption d'un texte qui, au-delà de l'organisation des familles recomposées, reconnaît les familles homoparentales et leur facilite la vie".

A gauche, Homosexualité et socialisme (HES) estime que "la mise en œuvre des dispositions soumises au Conseil d'Etat pourrait simplifier la vie quotidienne des familles recomposées en général, et des familles homoparentales en particulier". HES revendique "l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe et la reconnaissance des liens de filiation qui se nouent dans les familles homoparentales".

L'inter-LGBT regette pour sa part que le projet de loi sur le statut du beau-parent n'ait pas pour but de modifier la filiation ou l'adoption. Quant à l'APGL, elle a, elle aussi, exprimé sa "déception".

mardi 3 mars 2009

Morano et Boutin s'affrontent

L'avant-projet de loi sur le statut du beau-parent n'est pas encore officiellement rendu public qu'il divise déjà le gouvernement. Et la question qui fâche, c'est l'homoparentalité.

Nadine Morano a reproché mardi 3 mars à Christine Boutin sa "posture passéiste et idéologique" à ce sujet. La ministre du Logement accuse en effet le texte de reconnaître l'adoption par les couples de lesbiennes et de gays "de façon détournée". Or, pour Mme Boutin, "l'enfant, pour se structurer, a besoin d'un papa et d'une maman".

Comme vous l'annonçait déjà LToutes, l'exposé des motifs du texte transmis aux associations mentionne pour la première fois l'existence des familles homoparentales, un point important puisque cette partie du projet de loi en fixe traditionnellement l'esprit. Par ailleurs, le texte remplace les notions de "père et mère" par le terme "parents", plus forcément hétérosexuels, donc.

De quoi faire monter au créneau Christine Boutin, farouche opposante au PACS (Pacte civil de solidarité) en 1999. "Je n'accepterai pas que l'on reconnaisse l'homoparentalité et l'adoption par les couples homosexuels de façon détournée, en le glissant dans une loi sur le statut du beau-parent", a prévenu dans un communiqué la présidente du Forum des républicains sociaux. "Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l'homoparentalité et de l'adoption par les couples homosexuels", s'inquiète-t-elle.

"Je l'inviterais, plutôt que d'avoir une posture passéiste et idéologique, à vraiment lire ce texte", lui a vertement répondu mardi sur RTL la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano. Il ne va pas "modifier la filiation ou l'adoption. Ce n'est pas l'objet du texte", a-t-elle affirmé. C'est d'ailleurs ce que regrette l'Inter-LGBT dans un communiqué publié mardi. Il s'agit juste pour Nadine Morano de "permettre à ceux qui élèvent l'enfant (...) d'agir dans la vie quotidienne, de tous les jours, s'agissant des actes usuels".

"Je ne fais pas un débat avec Mme Boutin. Ce qui m'intéresse, ce sont les Français (...) dont l'ensemble des familles a changé. Il faut prendre en compte cette évolution", a conclu la secrétaire d'Etat à la Famille.

- Lire aussi sur LToutes: "L'homoparentalité mentionnée dans le texte sur le statut du beau-parent" (03/03/2009); "Copé veut un débat sur l'homoparentalité" (04/03/2009)


L'homoparentalité mentionnée dans le texte sur le statut du beau-parent


L'avant-projet de loi sur le statut du beau-parent "mentionne, pour la première fois, les situations d'homoparentalité", se réjouit l'Inter-LGBT, qui a reçu une copie du nouveau texte, dans un communiqué.

La nouvelle version du texte rédigée par la ministre de la Justice Rachida Dati et la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, qui a été envoyée aux associations, stipule ainsi dans son exposé des motifs, que "30.000 enfants vivraient, selon les estimations de l'INED, dans un foyer composé de deux adultes du même sexe".

Surtout, "les notions de 'père et mère', identifiant les seuls couples hétérosexuels, ont été remplacées par le terme 'parents'", souligne l'Inter-LGBT. L'association se dit "satisfaite que cette difficulté à sortir du cadre traditionnel soit bel et bien levée". Toutefois, "il reste, pour être plus complet, à le faire pour tous les articles qui conservent la seule notion de "père et mère" au lieu de parent, et ce au-delà des seuls articles du code civil cités par l'avant-projet de loi".

L'inter-LGBT salue "les premiers pas contenus dans cet avant-projet de loi", mais "regrette" qu'il "ne permette pas l'adoption de l'enfant du partenaire au sein des couples pacsés et des couples de concubins, comme c'est possible pour les couples mariés". Elle "regrette également que le parent non-biologique, dans un cadre homoparental, ne reste finalement considéré que comme un tiers, et non comme un parent à part entière".

"Seule l'inscription dans la loi de l'égalité pleine et entière entre les couples homosexuels et hétérosexuels, qu'il s'agisse de conjugalité ou de parentalité, mettrait fin aux difficultés juridiques vécues par les familles homoparentales", souligne-t-elle. L'avant-projet de loi est actuellement soumis au Conseil d'Etat pour avis.

Enquête sur l'homophobie à l'école

Skins (sur Virgin 17, le mercredi a 20h35)

Homophobie: l'école a du chemin à faire. La plupart (plus de 85%) des jeunes lesbiennes, gays et bis ont déclaré leur homosexualité dans leur établissement scolaire, mais plus d'un sur quatre (27%) a déjà été victime d'homophobie, 20% ont déjà fait une tentative de suicide et 70% ne connaissent pas la Ligne Azur (0810.20.30.40) d'écoute téléphonique pour les personnes se posant des questions sur leur identité ou leur orientation sexuelles.

C'est ce qui ressort d'une enquête déclarative sur les LGB-phobies en milieu scolaire réalisée par l'association Le MAG-Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans. La plupart des 265 personnes ayant répondu en quelques mois à ce questionnaire sur Internet sont des filles (27,5% de garçons) homosexuel(le)s (29,4% de bisexuel(le)s) et lycéen(ne)s (65,5%, 21% d'étudiant(e)s), âgé(e)s de moins de 18 ans et vivant en province (65%).

"Il y a certes des progrès (mais) la lutte contre les LGB-phobies à l'école a donc encore énormément de progrès à faire pour devenir véritablement efficace", en conclut le MAG, qui note qu'"information et éducation sont loin d'être au point" pour que "l'école ne soit pas un lieu qui engendre des préjugés et banalise la discrimination, mais devienne au contraire un espace pleinement accueillant pour tout le monde et un lieu d'apprentissage du respect des différences, toutes les différences". Le MAG mène aussi des enquêtes sur les jeunes transsexuel(le)s et le milieu scolaire (questionnaires en ligne ici et ), et les appréhensions des jeunes LGBT par rapport au monde du travail.

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) a recommandé récemment au ministère de l'Education nationale d'améliorer la sensibilisation, la prévention et la lutte contre l'homophobie au collège et au lycée (directive n° 2009 du 12 janvier 2009). La HALDE le rappelle: "la lutte contre les discriminations relève de la loi".

vendredi 27 février 2009

L'appel au secours des homos d'Irak

Etre lesbienne ou gay en Irak, c'est être condamné à mort. C'est ce que rappelle Peter Tatchell, un défenseur britannique des droits de l'Homme, dans un article publié le 25 février dans le quotidien "Guardian". Il y rend hommage au travail d'un réseau d'entraide qui permet à des homosexuels irakiens traqués par des escadrons de la mort de se cacher dans des maisons-refuges et de fuir dans un pays voisin.

Ce réseau est coordonné par une association d'exilés homosexuels irakiens à Londres, "Iraki LGBT". Il sauve des dizaines de vies.

Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, l'homophobie a explosé en Irak et la terreur ne connaît plus de limites avec la poussée de l'islamisme. En 2005, l'ayatollah (chiite) Ali al-Sistani a prononcé une fatwa dans laquelle il appelait à tuer les homosexuels "le plus sévèrement" possible.

Depuis, des lesbiennes et des gays sont abattus chez eux, dans la rue, à leur travail, par des groupes islamistes ou des policiers. Pour les assassins, il s'agit d'éradiquer un comportement immoral et non-musulman.

L'ampleur du massacre est telle que Peter Tatchell parle même de "nettoyage sexuel". Certes, le gouvernement irakien ne soutient pas officiellement ces meurtres, mais il ferme les yeux sur les exactions des policiers et des islamistes.

Depuis 2006, "nous avons fourni un refuge à des dizaines d'homosexuels traqués par les escadrons de la mort", affirme dans le "Guardian" Ali Hili, coordinateur d'"Iraqi LGBT". "Nous avons aussi aidé des gens à s'enfuir d'Irak vers les pays voisins (...) Nous avons obtenu que des réfugiés gays soient enregistrés par le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, et nous en avons déjà envoyé certains en Europe ou en Amérique du Nord. Ces chanceux-là peuvent maintenant commencer à reconstruire leur vie", explique-t-il.

Mais ce travail est dangereux pour ceux qui participent à ce réseau. Beaucoup ont été tués. Deux lesbiennes qui dirigeaient un refuge à Najaf ont été massacrées, avec le jeune homme qu'elles avaient recueilli, raconte Peter Tatchell. L'été dernier, c'est le coordinateur d'un refuge à Bagdad, Bashar, qui a été abattu par des islamistes.

mardi 24 février 2009

Le mariage homo bon pour la croissance


Le mariage homo est bon pour la croissance et pour l'emploi. C'est ce qu'affirme une étude de l'institut Williams de l'Université de Californie publiée en février 2009. Les auteurs, qui se sont penchés sur le cas du Maine, ont calculé que la légalisation du mariage des lesbiennes et des gays dans cet Etat américain générerait la bagatelle de 60 millions de dollars de profits sur la période 2009-2011, dont 3,6 millions de dollars de taxes encaissées directement par les autorités, et créerait plus de 1.000 emplois.

Selon cette étude, plus de 2.300 couples du Maine se marieraient dans les trois ans, mais plus de 15.600 autres couples homosexuels viendraient aussi d'autres Etats américains pour s'unir. Et ce tourisme gay pourrait représenter un vrai pactole: les auteurs estiment que chaque couple dépenserait 4.500 dollars en moyenne pour son mariage. Voilà qui pourrait donner des idées à Nicolas Sarkozy pour son plan de relance.