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jeudi 16 octobre 2008

Kirghizistan: le viol pour "guérir" les lesbiennes

Au Kirghizistan, on frappe et on viole les lesbiennes pour les "guérir". C'est ce qui ressort d'un rapport de l'organisation Human Rights Watch publié cette semaine.

Les lesbiennes et les hommes transgenres y subissent violences et humiliations au quotidien, au sein de leur famille, de la part d'étrangers dans la rue -simplement parce qu'elles n'ont pas l'air suffisamment "féminines"- voire de policiers.

"Ma mère m'a battue toute ma vie", raconte ainsi Elmira. Et cela a empiré quand elle a refusé de se marier et est tombée amoureuse d'une femme. Elle a finalement décidé de fuir la maison familiale, et sa mère lui a lancé: "On te retrouvera et on t'enfermera". "Les lesbiennes ne sont pas des êtres humains. Maman a raison: tu devrais être enfermée. Tu es folle", ont renchéri ses soeurs.

Car pour beaucoup au Kirghizistan, l'homosexualité est bien une maladie, que certains cherchent à "guérir" en enfermant les lesbiennes, en les frappant ou en les violant. Damira, 20 ans, a été violée par les frères de sa copine alors qu'elle avait 15 ans: "Ils m'ont dit: c'est ta punition pour être comme ça et pour tourner autour de notre soeur".

Tursunai, 24 ans, a été piégée par une amie et violée par plusieurs hommes: "Mon amie s'était plainte auprès d'eux que j'étais lesbienne. Ils lui ont promis de l'aider à me guérir. Elle est partie et a fermé la porte". Sur les 40% de lesbiennes et d'hommes transgenres interrogés qui ont osé faire leur coming out auprès de leur famille, 18% ont subi des violences physiques. Dans plus d'un cas sur deux (56%), leurs proches ont essayé de les contraindre à changer d'orientation sexuelle. Au total, 23% des personnes interrogées ont subi des violences sexuelles dans leur vie.

Alors que l'association LGBT "labrys" subit des descentes de police, un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur déclarait en 2005, lors d’une table ronde sur les droits de l’Homme, à propos des lesbiennes et des hommes gays: "Je les battrais, moi aussi. Imaginons que je me promène dans un parc avec mon fils. Et voilà deux hommes qui marchent en se tenant par la main. Moi aussi, je les tabasserais."