menu haut

jeudi 22 janvier 2009

PMA: la France, mauvaise élève de l'Europe


"La France fait partie des pays qui limitent le plus strictement l'accès à l'assistance médicale à la procréation", selon un rapport du Sénat publié en janvier 2009. Celui-ci a été réalisé dans le cadre de la préparation de la révision de la loi bioéthique de 2004.

"L'accès à l'assistance médicale à la procréation constitue l'une des questions les plus fréquemment soulevées", soulignent les auteurs de ce rapport, qui se dont donc intéressés aux règles en vigueur dans huit pays européens: l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse. (Pour plus de détails, LToutes a fait un tour d'Europe de la PMA)

Résultat: "l'Allemagne, l'Italie et la Suisse sont les seuls pays qui, comme la France, réservent l'assistance médicale à la procréation aux couples hétérosexuels", mariés ou non.

En revanche, "en Belgique, au Danemark, en Espagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les femmes seules ainsi que les couples homosexuels féminins peuvent bénéficier de l'assistance médicale à la procréation", souligne le rapport. Et "cette faculté existe depuis de nombreuses années dans tous ces pays, sauf au Danemark, où elle a été introduite en 2006".

De là à ce que cela donne des idées aux parlementaires français...

Petit tour d'Europe de la PMA


FRANCE:
En France, l'assistance médicale à la procréation est réservée à un couple composé d'un homme et d'une femme, en âge de procréer, mariés ou vivant ensemble depuis au moins deux ans. Ces dispositions excluent donc les femmes seules ainsi que les couples de lesbiennes.

ALLEMAGNE:
Les directives de l’Ordre fédéral des médecins précisent que les différentes techniques d’assistance médicale à la procréation sont en principe réservées aux couples mariés, mais qu’une femme non mariée peut en bénéficier si son médecin traitant estime qu’elle et l’homme avec lequel elle vit forment un couple stable, et que l’enfant sera élevé par une mère et un père.
Cette disposition exclut donc les célibataires et les couples homosexuels.

BELGIQUE:
Les règles d'accès à la PMA sont fixées par la loi du 6 juillet 2007. Les femmes célibataires et les couples de lesbiennes ont accès à l’assistance médicale à la procréation, la décision d’entreprendre le traitement revenant à l’équipe médicale, à qui la loi permet d’invoquer la clause de conscience.
Avant l’adoption de la loi, toutes les femmes avaient déjà accès à l’assistance médicale à la procréation, indépendamment de leur choix de vie. En effet, depuis octobre 1992, le code de déontologie médicale mentionne l’information détaillée qui doit être fournie "aux personnes et aux couples qui désirent recourir à une procréation assistée".
Dans sa version de 1975, l’article du même code relatif à la procréation assistée évoquait "la femme et son mari".
De nombreuses lesbiennes françaises vont en Belgique pour avoir accès aux techniques de PMA: ce sont les "bébés thalys".

DANEMARK:
Alors que la loi de 1997 sur la fécondation artificielle réservait le bénéfice des techniques d’assistance médicale à la procréation aux femmes mariées ou vivant au sein de couples hétérosexuels stables, une loi de 2006 a supprimé cette disposition. Les femmes célibataires et les couples de lesbiennes ont donc accès à l’assistance médicale à la procréation.
Auparavant, les célibataires et les couples homosexuels avaient recours à des prestataires non inclus dans le champ d’application de la loi, qui régit les seuls actes réalisés par des médecins ou sous la responsabilité de médecins. Plusieurs sages femmes s’étaient donc spécialisées dans l’assistance médicale à la procréation des femmes que la loi excluait du bénéfice de ses dispositions.
La loi subordonne l’accès à l’assistance médicale à la procréation à la capacité de la femme (ou du couple) qui demande à en bénéficier à élever l’enfant. C’est le médecin responsable du traitement qui donne son accord. En cas de doute, il peut demander l’avis du médecin traitant de l’intéressée ou des services sociaux.

ESPAGNE:
L’article de la loi de 2006 dispose que toute femme majeure et capable peut bénéficier des techniques d’assistance médicale à la procréation "indépendamment de son état civil et de son orientation sexuelle". Les femmes célibataires et les couples de lesbiennes ont donc accès à l’assistance médicale à la procréation.
Une loi de 1988 comprenait déjà une disposition similaire.

ITALIE:
La loi du 19 février 2004 sur la procréation médicalement assistée réserve l’accès à ces techniques aux couples hétérosexuels, mariés ou non. Dans le second cas, la loi n’exige pas que les intéressés prouvent la stabilité de leur relation.
Elle reprend peu ou prou les dispositions du code de déontologie des médecins de 1998, qui interdit aux médecins la réalisation de "toute forme de fécondation assistée à l’extérieur des couples hétérosexuels stables".

PAYS-BAS:
La loi du 2 mars 1994 sur l’égalité de traitement interdit aux prestataires de soins de pratiquer quelque discrimination que ce soit. Par conséquent, l’orientation sexuelle ne peut limiter l’accès à l’assistance médicale à la procréation.
En 2000, la Commission pour l’égalité des droits, qui veille au respect de la loi de 1994, a réalisé une enquête sur l’accès à l’assistance médicale à la procréation. Elle a constaté que sur les treize établissements habilités à offrir de telles prestations, huit refusaient de traiter les femmes seules et quatre pratiquaient une discrimination, directe ou non, envers les couples de lesbiennes. La commission avait alors dénoncé ces pratiques.

ROYAUME-UNI:
La loi de 1990 relative à la fécondation et à l’embryologie humaine ne contient pas d’indication explicite sur ce point : a priori, toute personne peut bénéficier de l’assistance médicale à la procréation.
L’accès est ainsi ouvert non seulement aux couples hétérosexuels, mariés ou non, mais aussi aux femmes seules ainsi qu’aux couples de lesbiennes.
L’article 13 de la loi mentionnait toutefois que le bien-être de l’enfant à naître "y compris le besoin de cet enfant d’avoir un père" devait être pris en compte avant toute assistance médicale à la procréation.
La loi de 2008 ne comprend plus aucune référence à l’orientation sexuelle du couple: ses dispositions mentionnent par exemple la femme qui va bénéficier du traitement et "l’homme ou la femme qui va être traité avec elle" ou "le second futur parent".
Elle amende aussi l’article 13 en remplaçant la référence au besoin de l’enfant à naître d’avoir un père par "le besoin de l’enfant de bénéficier d’une éducation parentale qui l’aide à grandir".

SUISSE:
L’article 3 de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée de 1998 réserve l’assistance médicale à la procréation aux couples "à l’égard desquels un rapport de filiation peut être établi et qui (…) paraissent à même d’élever l’enfant jusqu’à sa majorité".
Ainsi, les couples hétérosexuels non mariés, mais stables, peuvent bénéficier de l’accès médicale à la procréation au même titre que les couples mariés. Toutefois, seuls ces derniers peuvent bénéficier d’un don de sperme. Les célibataires et les couples homosexuels sont donc exclus de l’assistance médicale à la procréation.


mardi 20 janvier 2009

Une lesbienne à la tête des Verts autrichiens

Ulrike Lunacek, 51 ans, a été choisie pour diriger la liste des Verts autrichiens aux élections européennes prévues en juin prochain.
Cette lesbienne déclarée, membre du Parlement autrichien, a été désignée avec 54,7% des voix par les militants, devant son rival Johannes Voggenhuber le 18 janvier 2009.

C'est la première fois qu'une lesbienne déclarée dirige ainsi la campagne d'un grand parti européen.

dimanche 18 janvier 2009

Obama: un ami à la Maison Blanche

Barack Obama sera-t-il à la hauteur des espérances placées en lui par les lesbiennes et les gays? La communauté homosexuelle américaine veut le croire, même si l'enthousiasme suscité par la victoire du candidat démocrate à l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 a été un brin douché par des décisions récentes du président-élu.

- Pour aller plus loin sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

Le choix du pasteur homophobe Rick Warren pour délivrer la prière de la prestation de serment, lors de la cérémonie d'investiture à Washington mardi a scandalisé la communauté LGBT. Ce prédicateur avait en effet qualifié le mariage gay d'"équivalent moral du mariage entre frères et soeurs", et fait activement campagne en faveur de l'interdiction du mariage homosexuel en Californie ("proposition 8"), finalement adoptée le 4 novembre 2008.

"En invitant Rick Warren à votre investiture, vous avez terni l'idée que les Américains qui sont gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres (LGBT) ont une place à votre table", avait vivement réagi le président de l'organisation américaine de défense des homosexuels, Human Rights Campaign, Joe Solmonese, dans un communiqué. L'adoption de la Proposition 8 "est la plus grosse perte soufferte par notre communauté depuis quarante ans", avait-il rappelé, en ajoutant: "le révérend Warren n'est pas un pasteur modéré" et "il a souvent joué le rôle de général dans la guerre culturelle contre la communauté LGBT".

"Je suis un ardent défenseur de l'égalité des gays et des lesbiennes américains, ce n'est pas un secret", avait rétorqué Barack Obama le 18 décembre, justifiant sa décision par sa volonté de "rassembler" des Américains aux points de vue différents.

Alors que deux homosexuels étaient sur les rangs pour entrer dans la nouvelle administration -John Berry pour le ministère de l'Intérieur et Mary Beth Maxwell pour celui du Travail-, gays et lesbiennes ont là aussi été déçus. Le président-élu a opté pour d'autres personnalités, hétéros celles-là. Nancy Sutley est la seule lesbienne à avoir été nommée à un poste important. Elle présidera le Conseil sur la qualité de l'environnement, chargé de conseiller le président et le vice-président américains sur les questions environnementales nationales et internationales.

Devant la colère des homosexuels, Barack Obama a fait quelques gestes ces derniers jours: deux lesbiennes devaient ainsi faire partie des 16 familles américaines devant l'accompagner dans un train de Philadelphie à Washington. Une fanfare gay et lesbienne, la Lesbian and Gay Band Association (LGBA), jouera également mardi dans le cadre de la parade d'inauguration. Enfin, le premier évêque ouvertement gay de l'église épiscopale, Gene Robinson, donnera le coup d'envoi des cérémonies d'investiture, en officiant dimanche au Lincoln Memorial de Washington.

Au-delà des polémiques de ces dernières semaines, Barack Obama n'en sera pas moins le président le plus "homophile" de l'histoire des Etats-Unis. Pendant sa campagne, il s'est clairement prononcé en faveur des droits des homosexuels, prenant des engagements qu'il a réaffirmés après son élection.

"Bien que nous ayons fait beaucoup de chemin depuis les émeutes de Stonewall en 1969, nous avons encore énormément de travail", expliquait-il le 1er juin 2007. "Trop souvent, la question des droits LGBT est exploitée par ceux qui cherchent à nous diviser. Mais il s'agit en réalité de se poser la question de qui nous sommes en tant qu'Américains. Il s'agit de se demander si cette nation sera à la hauteur de la promesse d'égalité faite lorsqu'elle a été fondée, de traiter tous ses citoyens avec dignité et respect", ajoutait-il.

Si le candidat démocrate ne manquait une occasion de rappeler qu'il est issu d'un mariage mixte qui était illégal dans certains Etats américains au moment de sa naissance, il ne faut pas attendre du président la légalisation du mariage gay aux Etats-Unis. Estimant que la question relève des seuls Etats, il est opposé à une loi fédérale sur le sujet, et préfère plaider pour des "unions civiles" ouvrant aux homosexuels les mêmes droits que le mariage.

Le président-élu s'est aussi engagé à lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, à punir plus durement les crimes homophobes et à abolir le "don't ask, don't tell" en vigueur dans l'armée américaine. Il est également favorable au droit à l'adoption pour les lesbiennes et les gays. Loin, très loin, donc, d'un George W. Bush.

Ce que les homos attendent d'Obama

Mariage, adoption, discrimination, justice, armée, sida... LToutes fait le point des questions sur lesquelles lesbiennes et gays peuvent espérer de Barack Obama des avancées. Ou pas.

- Lire aussi sur LToutes: "Obama: un ami à la Maison Blanche"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

  • ARMEE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé pour la suppression du principe hypocrite du "Don't ask, don't tell" ("ne demandez pas, ne dites pas") en vigueur dans l'armée: les homosexuels peuvent s'engager dans l'armée... tant qu'ils ne révèlent pas qu'ils sont lesbiennes ou gays.
    S'ils font leur "coming-out" -ou sont dénoncés-, ils sont exclus, comme cela a été le cas pour 12.500 d'entre eux depuis la mise en place de cette doctrine en 1993.
    Pour Barack Obama, seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Il souligne au passage sur son site Internet de transition que 300 interprètes, dont 50 de langue arabe, ont été exclus de l'armée en raison de leur orientation sexuelle.
    Le président-élu a précisé qu'il entendait "travailler avec les militaires" sur ce point, même si son entourage a confirmé récemment que la suppression pure et simple du "don't ask, don't tell" était bien l'objectif.
    Mais le nouveau président américain risque de tomber sur un os. Déjà avant lui, le président démocrate Bill Clinton avait tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "don't ask, don't tell". D'après une enquête réalisée début décembre par le groupe de presse américain Military Times auprès de quelque 2.000 lecteurs militaires d'active, 58% sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels. Seuls 29% s'y disent favorables.

  • DISCRIMINATION:
    Pendant la campagne, Barack Obama a souhaité que la loi contre la discrimination à l'emploi concerne également les homosexuel(le)s, travesti(e)s et transsexuels. Un projet de loi en ce sens (Employment Non Discrimination Act, ENDA) est actuellement bloqué au Congrès. Barack Obama avait déjà soutenu une proposition de loi au Sénat de l'Illinois pour interdire la discrimination à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

  • CRIMES HOMOPHOBES:
    Barack Obama souhaite que la loi fédérale inclue l'orientation sexuelle dans les circonstances aggravantes des crimes. Il soutient donc le "Matthew Shepard Hate Crime Act", du nom d'un jeune gay assassiné en 1998, qui modifie la loi fédérale sur les crimes de haine pour y inclure les crimes commis à raison de l'orientation sexuelle de la victime. Ce texte est pour l'heure bloqué au Congrès en raison du veto de George W. Bush. En 2004, les crimes homophobes représentaient 15% des crimes de haine commis aux Etats-Unis.

  • UNIONS CIVILES:
    Barack Obama est favorable à des "unions civiles" pour les gays et lesbiennes, qui leur donneraient exactement les mêmes droits et obligations que le mariage hétéro. Il souhaite également abolir le Defense Of Marriage Act (DOMA) adopté en 1996, qui impose aux autorités fédérales de retenir comme définition du mariage l'union entre un homme et une femme.
    Le DOMA empêche ainsi des couples homosexuels légalement mariés dans un Etat de bénéficier des prestations attribuées par l'Etat aux couples hétéros mariés. Cela permet aussi à un Etat de ne pas reconnaître les mariages homosexuels célébrés ailleurs dans le pays, comme dans le Massachusetts ou le Connecticut.

  • MARIAGE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé contre le mariage homosexuel, mais il avait aussi voté en 2006 contre un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au niveau fédéral. Il estime que la décision sur le mariage gay appartient à chaque Etat.
    "Je respecte le fait que les couples homosexuels considèrent que, même s'ils ont les mêmes droits" avec une union civile, "ce ne sera quand même pas l'égalité, puisqu'il y aura une stigmatisation liée au fait de ne pas avoir droit au terme de 'mariage'", concédait Barack Obama dans une interview accordée en avril 2007 au magazine américain "Advocate" et diffusée sur leur site en décembre. "Je comprends cela, mais mes objectifs sont aussi contraints par un contexte politique et historique", a-t-il expliqué.

  • ADOPTION:
    Barack Obama est favorable au droit à l'adoption pour les couples gays et lesbiens. "Nous devons en finir avec la discrimination à l'encontre des familles LGBT", avait-il dit pendant la campagne. Pour autant, il n'a encore pas présenté de proposition concrète.

  • HIV-SIDA:
    Durant la première année de son mandat, Barack Obama entend mettre en place un plan fédéral contre le Sida. L'objectif est de développer la prévention, d'améliorer l'accès aux soins, d'améliorer l'éducation sur la contraception et de lutter contre les contaminations en prison. Il souhaite en particulier lutter contre la propagation du Sida chez les femmes.

vendredi 16 janvier 2009

L Word: Alice en prison?

La pétillante Alice de "L Word" pourrait très vite se retrouver en prison. C'est ce qu'a laissé entendre récemment Robert Greenblatt, le président de Showtime -la chaîne américaine qui diffuse la célèbre série lesbienne-, selon le site internet AfterEllen.

Le personnage incarné par Leisha Hailey devrait en effet être au centre d'un "spin off" tiré de "L Word", dans lequel Alice se retrouve derrière les barreaux. Un pilote a été tourné mais le projet reste encore très flou et pourrait même ne jamais voir le jour.

Hormis Leisha Hailey, le casting serait "complètement nouveau", a expliqué Robert Greenblatt. Et la majorité des personnages de cette série, qui pourrait s'intituler "The Farm", ne seront pas lesbiens: "Il y aura quelques lesbiennes dans le groupe, mais ce n'est pas la réplique exacte de L Word", a-t-il dit.

Trois guest-stars ont joué dans le pilote: Famke Janssen (Nip/Tuck et X Men), Laurie Metcalf, et Melissa Leo. Mais le président de Showtime ignorait encore si elles feraient finalement partie de la série, produite par Ilene Chaiken.

La sixième et ultime saison de "L Word" débute dimanche 18 janvier aux Etats-Unis.

mercredi 14 janvier 2009

Sénégal: Bachelot monte au créneau, Sarkozy s'émeut

Nicolas Sarkozy a fait part mercredi de son "émotion" après la condamnation de neuf homosexuels à huit ans de prison au Sénégal, sujet sur lequel Roselyne Bachelot a interpellé le Conseil des ministres.

La ministre de la Santé a "alerté" les ministres réunis à l'Elysée sur la situation de ces militants d'associations de lutte contre le Sida "emprisonnés au Sénégal au seul motif de leur homosexualité", selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. "Elle a rappelé qu'au Sénégal l'homosexualité est pénalisée et même criminalisée", et demande la libération des neuf Sénégalais.

Après son intervention, Nicolas Sarkozy a exprimé "son émotion" et "sa préoccupation" sur la situation" de ces neuf militants emprisonnés, selon M. Chatel.

Neuf homosexuels ont été condamnés le 7 janvier 2009 à huit ans de prison et une amende chacun pour "acte impudique, acte contre nature et association de malfaiteurs" au Sénégal.

Dans un communiqué, Mme Bachelot précise avoir demandé au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner "d'intervenir auprès des autorités sénégalaises, afin d'obtenir la remise en liberté de ces personnes".

- Lire aussi sur LToutes: "Sénégal: huit ans de prison pour neuf jeunes homos" (08/01/2009)

mardi 13 janvier 2009

Un évêque gay pour lancer les festivités d'investiture d'Obama

Photo Geoff Forester
Le premier évêque ouvertement gay de l'église épiscopale donnera le coup d'envoi des cérémonies aboutissant à l'investiture de Barack Obama le 20 janvier.

Le futur président américain fait ainsi un grand pas vers les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenre (LGBT) des Etats-Unis, qui l'ont soutenu et ne digèrent toujours pas le choix du pasteur anti-mariage homosexuel et anti-avortement Rick Warren pour la prière de la prestation de serment du nouveau chef de l'Etat.

L'évêque anglican Gene Robinson dira la prière dimanche 18 janvier au Lincoln Memorial de Washington, là où le pasteur Martin Luther King avait lancé en 1963 son formidable "I have a dream...". Le Comité inaugural assure que son choix n'a rien à voir avec l'affaire Rick Warren et tout avec la diversité et l'égalité des droits. Pourquoi alors ne pas l'avoir annoncé plus tôt pour désamorcer la polémique?

Gene Robinson, dont la consécration en 2003 divise toujours l'église épiscopale aux Etats-Unis et dans le reste du monde, a été un fervent partisan de Barack Obama pendant la campagne électorale. Il a soutenu le sénateur noir de l'Illinois contre Hillary Clinton dans l'Etat du New Hampshire. Le site Web du diocèse épiscopal du New Hampshire précise que l'évêque Robinson "est père de deux filles adultes et le fier grand-père de deux petites-filles", et qu'"il vit avec son partenaire, Mark Andrew, employé au Service de sécurité de l'Etat du New Hampshire".

Quant à Barack Obama, il est contre le mariage homosexuel mais contre aussi son interdiction dans la Constitution fédérale, et il défend par ailleurs l'union civile ainsi que l'égalité des droits pour les gays et lesbiennes en matière d'adoption. Bref, avec le nouveau président démocrate, les LGBT américains espèrent bien avoir enfin "un ami à la Maison Blanche".

- Lire aussi sur LToutes: "Obama, McCain et les droits des homos" (29/08/2008)

dimanche 11 janvier 2009

Une coccinelle contre l'homophobie


Le 18 avril 2007 à Albany (New York), Erin Davis a la mauvaise surprise de découvrir que sa coccinelle a été vandalisée. Ayant repéré l'autocollant arc-en-ciel collé sur sa petite voiture, un inconnu a inscrit "fag" ("pédé") en rouge sur une des vitres avant, et "u R gay" ("tu es homo") sur le capot. Erin se précipite-elle sur la première éponge pour laver l'affront? Non. Non seulement, elle n'efface pas les inscriptions, mais elle décide de parcourir les Etats-Unis et le Canada dans sa voiture vandalisée.

Pendant 58 jours, elle va ainsi sillonner les routes dans sa coccinelle, rebaptisée "fagbug". Ce qui va lui permettre d'observer d'intéressants phénomènes. Par exemple, quand il y a un grand "fag" tagué sur votre voiture, certains propriétaires de motels vous demandent de l'enlever du parking, pour la garer dans un endroit plus discret. La police peut aussi vous arrêter, pour obscénité. Des inconnus ont aussi brisé sa vitre arrière en y lançant une pierre, et aussi une des fenêtres de la maison où elle séjournait. Cette fois, elle a eu peur, et a dissimulé sa voiture sous une bâche... pendant 24 heures.

Au volant de sa "fagbug", Erin a aussi pu constater que, parfois, des étrangers se montrent très déterminés à effacer le graffiti... tellement qu'ils finissent par y arriver. Du coup, Erin a dû reconstituer elle-même le tag pour pouvoir continuer son voyage. Elle a aussi souvent retrouvé des petits mots sous ses essuie-glaces: gentils pour beaucoup -un simple "héros"-, ou carrément désagréables: "ce que vous faites est une honte". Mais l'auteur de ce message-là est devenu un ami.

Car, pendant son voyage, Erin a parlé à tout le monde: à ceux qui défilaient avec elle dans les "gay pride", à une mère dont l'enfant a été tué parce qu'il était gay, aux medias locaux systématiquement, au pompiste, aux gens qui l'insultaient quand ils voyaient sa voiture passser, à ceux qui manifestaient contre les homos. Pour comprendre. Pour convaincre. Et pour s'en faire des amis parfois.

L'objectif d'Erin: lutter contre l'homophobie. Elle veut convaincre un million de personnes (homos et hétéros) d'arborer son autocollant "fagbug" aux couleurs de l'arc-en-ciel. Pour que ce qu'elle a vécu n'arrive plus.

De cette aventure, elle a aussi tiré un documentaire et un livre. Elle cherche encore un éditeur, mais son film devrait commencer à être présenté dans des festivals américains et canadiens début 2009. Aujourd'hui, Erin raconte son voyage dans les écoles et collèges. Elle a aussi effacé le graffiti sur sa "fagbug". Et l'a repeinte totalement aux couleurs de l'arc-en-ciel.

vendredi 9 janvier 2009

Deux lesbiennes prendront le train avec Obama

Lisa Hazirjian n'en revient toujours pas. Elle et sa compagne Michelle ont été invitées par Barack Obama à prendre le train avec lui, samedi 17 janvier 2009. Ils iront tous ensemble de Philadelphie à Washington, où se déroulera la cérémonie d'investiture du nouveau président américain le 20 janvier.

Les deux lesbiennes feront partie des 16 familles conviées, censées représenter les Américains moyens dans leur diversité. Elles apparaîtront aussi publiquement auprès de Barack Obama lors de cérémonies officielles. "Chacune de ces familles a une histoire particulière à ajouter à notre grande histoire américaine et nous sommes ravis qu'elles aient accepté de se joindre à nous pour ce voyage vers Washington", a expliqué dans un communiqué Josh Earnest, chargé de communication de la commission organisant la cérémonie d'inauguration.

"C'est totalement inattendu et incroyable", s'enthousiasme Lisa Hazirjian, une professeur d'université de 40 ans, interrogée par un journal de l'Ohio, "Plain dealer".

Lisa est une militante: elle a participé activement à la campagne d'Obama pour la présidentielle, en s'efforçant de convaincre la communauté LGBT de sa ville de Cleveland de se mobiliser pour le candidat démocrate. Dans le train, elle compte lui demander de renforcer les lois contre les discriminations, mais aussi parler... basket ball, un sport qu'elle adore.

"Michelle, elle, préfère rester plus discrète: "ma partenaire considère ça comme une récompense pour m'avoir si peu vue pendant tous ces mois de campagne", rigole Lisa Hazirjian. Reste à franchir les contrôles du Secret Service, chargé de la sécurité du président élu. "J'espère bien que ça ira. J'ai déjà acheté la robe!".

jeudi 8 janvier 2009

Senegal: 8 ans de prison pour neuf jeunes homos

Neuf jeunes homosexuels ont été condamnés à huit ans de prison et une amende chacun pour "acte impudique, acte contre nature et association de malfaiteurs" mercredi au Sénégal.

Le procureur n'avait requis "que" cinq ans, le maximum prévu dans la loi pour des affaires de sodomie, mais le juge a ajouté trois ans pour conspiration. Ils comptent faire appel.

D'après l'International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC), la défense a disposé de très peu de temps et de moyens pour préparer le dossier. "Il y a une volonté délibérée de sanctionner ces jeunes. Le juge a pratiquement criminalisé les faits", a déclaré l'un des avocats, Me Issa Diop, à Radio France Internationale (RFI).

Les condamnés sont des militants contre le SIDA, parmi lesquels Diadji Diouf, figure de la communauté sénégalaise lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) dans ce pays.

En février 2008, plusieurs personnes avaient déjà été arrêtées à Dakar après la parution dans un magazine local d'une cérémonie de mariage entre deux hommes. Les "suspects" avaient été relâchés peu après, mais Khady Ndiaye, directrice exécutive nationale de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) a déploré sur RFI "l'homophobie grandissante au Sénégal".

Comme 37 autres pays d'Afrique, le Sénégal considère l'homosexualité comme un crime. L'Afrique du Sud avait d'ailleurs soulevé un tollé dans la région en 2006 en légalisant le mariage gay et lesbien.

Brad Pitt défend le mariage homo


Non seulement Brad Pitt met la main à la poche pour soutenir le mariage homo, mais il ne manque pas non plus une occasion de défendre publiquement cette cause. "Les gens qui sont contre le mariage ne réalisent pas de quelle liberté ils profitent", a dit le compagnon d'Angelina Jolie au magazine américain "W". "Et si quelqu'un disait: désolé, pas de christianisme ici? Ou: pas de judaïsme. Surtout pas de mormons? Personne ne supporterait cela. Moi non plus je ne laisserais personne dire ça. Je les combattrais de la même façon".

Brad Pitt avait donné 100.000 dollars pour soutenir la campagne contre la "proposition 8" interdisant le mariage gay en Californie. Cela n'a pas suffi: elle a été adoptée par référendum le 4 novembre 2008.

mardi 6 janvier 2009

Queer as Folk de retour sur Serie Club

Pour celles qui n'auraient pas encore fait connaissance avec Brian, Michael, Justin, et surtout Melanie et Lindsay, Serie Club offre une séance de rattrage à partir du 11 janvier 2009. La chaîne diffuse en effet l'intégrale des cinq saisons de la version américaine de "Queer as Folk" tous les dimanches à partir de 20h45.

Pour découvrir, ou redécouvrir, la vie d'une bande d'homos haute en couleur vivant à Pittsburg (Pennsylvanie). Parmi eux, un couple de lesbiennes, incarnées par la blonde Thea Gill et la brune Michelle Clunie.

La série avait déjà été diffusée en France par Jimmy en 2002, puis par Pink TV à partir de 2005. A ne pas rater...

dimanche 4 janvier 2009

Un hétéro fait condamner son entreprise pour homophobie

Il en avait marre d'être traité de "pédale". Un Britannique de 56 ans a obtenu gain de cause de la justice, qui a condamné son entreprise en décembre 2008 pour harcèlement homophobe. Et pourtant, Stephen English est... hétérosexuel.

Bien que sachant pertinemment qu'il était marié et hétéro, ses collègues avaient pris l'habitude de faire circuler des moqueries incessantes sur lui, le caricaturant en "faggot" ("pédale"), et ce jusque dans le magazine interne de l'entreprise.

En l'absence de réaction de son employeur, M. English a porté plainte, en s'appuyant sur une loi britannique de 2003 qui réprime les discriminations contre les minorité sexuelles. Débouté en première instance, il a gagné en appel. "Les moqueries incessantes ont créé un environnement dégradé et hostile, et l'ont fait sur la base d'une orientation sexuelle", a constaté le juge Sdeley, selon un communiqué de la Commission britannique pour l'égalité et les droits humains (EHCR), qui avait soutenu le plaignant.

"Le harcèlement est inacceptable, quelles qu'en soient les bases: homo, hétéro, noir ou blanc. Le fait que les collègues de Stephen English savaient qu'il n'était pas homosexuel n'excuse pas leur comportement et ne devrait pas non plus l'empêcher d'avoir le même droit à la dignité et au respect sur son lieu de travail", a souligné John Wadham, de l'EHRC.

vendredi 2 janvier 2009

Arrestation des violeurs présumés d'une lesbienne californienne

Quatre hommes soupçonnés du viol en réunion d'une lesbienne californienne ont été arrêtés à Richmond (Californie), selon la chaîne de télévision locale KTVU. Ils sont âgés de 31 ans, 21 ans, 15 et 16 ans.

Ils sont accusés d'avoir agressé une femme de 28 ans le 13 décembre dernier, une attaque qui avait soulevé une vague d'émotion en Californie. Cette jeune femme, restée anonyme, avait été attaquée alors qu'elle sortait de sa voiture. Après l'avoir violée une première fois, ses agresseurs l'avaient entraînée dans un immeuble abandonné pour la violer à nouveau. Son calvaire a duré quelque 45 minutes. Elle avait été abandonnée nue, dehors.

Selon les enquêteurs, les agresseurs savaient qu'elle était lesbienne: un auto-collant arc-en-ciel était collé sur sa voiture et ils ont fait des commentaires sur son orientation sexuelle. La police de Richmond avait offert une récompense de 10.000 dollars pour quiconque fournirait une information aboutissant à l'arrestation des violeurs.