Pour Jean Leonetti (photo, avec Sarkozy), "la finalité du recours à l'AMP (Assistance médicale à la procréation) est d'ordre médical et la demande parentale d'un couple n'est recevable que dans ce cadre". Exit donc, les homos, un couple étant forcément formé par "un homme et une femme" pour le rapporteur UMP de la mission parlementaire sur la révision des lois de bioéthique.
Jean Leonetti préconise par ailleurs le maintien de l'interdiction des mères porteuses, la gestation pour autrui comportant un "risque de marchandisation". Son rapport a été adopté par les députés mardi, le débat législatif sur la révision des lois de bioéthique devant, lui, se tenir avant l'été.
Les couples pacsés hétérosexuels n'auront en revanche plus à justifier de deux ans de vie commune pour accéder à l'AMP. De même, le rapporteur propose "d'autoriser le transfert post mortem d’embryon à titre exceptionnel, lorsque le projet parental a été engagé mais brutalement interrompu par le décès du conjoint". "Une occasion manquée" pour l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL), qui a dénoncé dans un communiqué "le conservatisme du rapport" Leonetti. "Les parlementaires ignorent-ils que, de plus en plus de pays – Union Européenne comprise – ouvrent le mariage aux couples de même sexe, et que dans de nombreux cas, cette union permet l’adoption et l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ?" Quant aux mères porteuses, "les parlementaires ignorent-ils que de nombreux couples – de même sexe et de sexes différents – se rendent dans les pays où existe un marché de la gestation pour autrui et que, en France même, un marché noir de la mère porteuse est en train d’émerger au mépris de toutes règles ?"
"Le débat a laissé une telle place aux autorités religieuses qu'il a été dominé par leurs positions", regrette de son côté HES (Homosexualités et Socialisme). Qui ne perd pas espoir néanmoins: "le débat parlementaire prévu au printemps sera l'occasion d'ouvrir la discussion sur les avancées qu'attendent les associations et l'opinion publique".
"Ce rapport propose une discrimination légale entre les couples pour l’accès à l’AMP", constate également Gaylib, déplorant une "volonté d’ériger la famille traditionnelle (Père Mère enfant) en modèle unique". Et d'espérer "que le Parlement ne se sente pas lié par les recommandations de ce rapport et puisse entendre la voix des ces milliers de couples qui vivent dans la détresse de ne pouvoir fonder une famille".
Hervé Morin défend l'homoparentalité. Le président du Nouveau centre est favorable à l'adoption par des couples homosexuels pour mettre fin à "l'hypocrisie formidable" de la loi française, comme il l'a dit le 18 janvier en présentant ses voeux 2010 à son parti.
Le patron du centre-droit souligne que "l’intérêt de l’enfant est de pouvoir bénéficier du même partage de l'autorité parentale, des mêmes protections que l’enfant adopté par un couple hétérosexuel s’il arrivait malheur à l’un des deux parents". Invoquant "l'humanisme moderne", il appelle son parti à "porter de grands sujets de société" comme l'homoparentalité -"quitte à en débattre entre nous", ajoute-t-il. "Ayons en tête une seule exigence: l’intérêt de l’enfant. Dès lors, nous y répondrons autrement que par les réflexes que nous pourrions avoir spontanément", a lancé Morin à ses troupes, rappelant la levée de boucliers contre le PACS à droite il y a 12 ans.
En novembre dernier déjà, Hervé Morin plaidait sur Canal Plus pour l'homoparentalité, expliquant qu'"avant tout, ce qui compte, c'est l'amour que peut avoir un enfant, quelle que soit la configuration du couple". Et en décembre, il recevait des "spécialistes" de l'homoparentalité, dont l'avocate Caroline Mécary, pour mieux connaître les aspects de la question, surtout sur la protection des enfants.
A l'heure où le gouvernement répète à l'envi son opposition à l'adoption par des couples de lesbiennes et gays, Hervé Morin se place dans une position délicate, à l'approche des élections régionales qui plus est, en tant que ministre de la Défense, membre de la majorité et aussi chef d'un parti, centriste mais tout de même de droite. Cela mérite d'être noté, surtout quand Nadine Morano, la secrétaire d'Etat à la Famille, qu'on a connue plus ouverte aux droits LGBT, rétropédale vers le futur, renvoyant le débat sur l'homoparentalité à la présidentielle de 2012.
La photo du premier "mariage" gay en Chine en Une du "China daily", quotidien officiel en anglais: c'est le petit événement qui a donné beaucoup d'espoir aux lesbiennes et gays chinois mercredi.
Si l'union des homosexuels n'est pas officiellement reconnue dans ce pays, cela n'a pas empêché Zeng Anquan, un architecte de 47 ans, et Pan Wenjie, un soldat démobilisé de 27 ans (photo China Daily), de se "marier" le 3 janvier dans un bar gay de la ville de Chengdu. Leurs familles ont toutefois refusé de participer à la cérémonie. Il y aurait 20 millions de gays et 10 millions de lesbiennes en Chine selon des experts chinois. Et le pays s'ouvre peu à peu: l'homosexualité n'est plus un crime depuis 1997, et plus considérée officiellement comme une maladie mentale depuis 2001. Le mois dernier, le gouvernement a autorisé l'ouverture du premier bar gay officiel dans la ville touristique de Dali, dans le Yunnan (sud-ouest), et en juin s'est tenu, discrètement il est vrai, le premier festival de la fierté gay à Shangai.
Le combat est toutefois loin d'être gagné: le premier concours de beauté gay organisé en Chine, qui devait désigner vendredi dans un club de Pékin le représentant pour l'Asie en vue de l'élection de "M. Gay world" le mois prochain en Norvège, a finalement été interdit au dernier moment. "Ce concours va aider la société à mieux comprendre les homosexuels", avait pourtant espéré l'organisateur Ben Zhang dans les colonnes de "China daily".
Où l'on reparle de la Proposition 8. Le procès qui s'ouvre lundi à San Francisco devrait faire date dans l'histoire du mariage homosexuel aux Etats-Unis car, quelle qu'en soit l'issue, l'affaire remontera probablement jusqu'à la Cour suprême fédérale.
Petit retour en arrière: le 4 novembre 2008, en même temps que les Américains élisent le premier Noir à la tête du pays, Barack Obama, les Californiens approuvent par 52% de "oui" l'interdiction du mariage entre deux personnes du même sexe, alors que la Cour suprême régionale l'avait légalisé en mai.
Les quelque 18.000 mariages contractés entre le 16 juin et le 4 novembre 2008 sont cependant validés. L'humoriste Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi restent femme et femme. Mais un couple de lesbiennes, Kristin Perry et Sandra Stier, attaque l'Etat de Californie devant la justice fédérale, au motif que l'interdiction viole leurs droits constitutionnels en les privant du droit de se marier du seul fait de leur orientation sexuelle.
Le dossier est baptisé "Perry v. Schwarzenegger", même si en l'occurrence le gouverneur, Arnold Shwarzenegger, ne soutenait pas la Proposition 8. Kristin Perry, 45 ans, vit depuis dix ans avec Sandra Stier, 47 ans. Elles ont quatre enfants. La plainte est également déposée par un autre couple, Paul Katami et Jeffrey Zarrillo.
Les homosexuels ont désormais le droit de se marier au Portugal. Le parlement portugais a adopté vendredi en première lecture un projet de loi en ce sens du gouvernement socialiste de Jose Socrates, avec le soutien de tous les partis de gauche.
"Avec cette loi, nous allons respecter les libertés individuelles, promouvoir l'égalité de tous les citoyens face à la loi et éliminer les discriminations", a déclaré le chef du gouvernement devant les parlementaires. En revanche, l'ouverture du droit à l'adoption pour les gays et les lesbiennes, défendue par les Verts et les partis d'extrême gauche, a été rejetée par le parlement. Reconduit pour un second mandat en octobre, Jose Socrates avait inscrit à son programme la légalisation du mariage gay, alors que le Portugal avait déjà autorisé en 2001 les "unions civiles" entre partenaires de même sexe.
Et c'est dans une relative indifférence qu'il a tenu sa promesse, dans un pays pourtant très catholique. Jusqu'en 1982, l'homosexualité était considérée comme un crime au Portugal. Une plateforme "citoyenne" signée par 90.000 personnes et soutenue par la droite réclamait toutefois un référendum, demande rejetée vendredi par la majorité de gauche.
L'association internationale des lesbiennes et des gays (ILGA-Europe) a salué dans un communiqué "un très bon début d'année 2010 pour la communauté LGBT du Portugal et de l'Europe en général". "La France s'isole dans son obstination", a en revanche regretté HES (Homosexualités et Socialisme). "L’opinion publique française est favorable à l’ouverture du mariage républicain à tous les couples. Il n’est plus acceptable que les institutions républicaines s’ouvrent aux uns et se ferment aux autres en fonction de l’orientation sexuelle".
(Actualisé après l'adoption du mariage homo en Islande en juin 2010) Portugal, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Suède, Norvège et Islande: ils sont désormais sept pays à autoriser le mariage des gays et lesbiennes en Europe. La France, elle, se fait toujours attendre.
Les Pays-Bas ont été les premiers à reconnaître le mariage gay, en 2001, suivis par la Belgique en 2003, l'Espagne en 2005 à l'issue de vifs débats, puis la Suède et la Norvège en 2009, le Portugal depuis le 8 janvier, et enfin l'Islande, où la Première ministre Johanna Sigurdardottir est lesbienne, au 27 juin. En Suède, même l'église luthérienne approuve désormais officiellement les unions de couple de même sexe. D'autres pays se contentent, comme la France avec le PACS adopté en 1999, d'unions civiles pour les homosexuels. Le Danemark avait été le premier à créer un partenariat de ce type, dès 1989. Il a été suivi depuis par l'Allemagne, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Suisse, l'Islande, et la République tchèque.
C'est une première en Amérique latine: les homosexuel(le)s pourront se marier dès 2010 dans la ville de Mexico.
Les députés de l'Assemblée du district fédéral mexicain ont modifié lundi 21 décembre, par 39 voix contre 20 et 5 abstentions, l'article du code civil local qui spécifiait jusqu'à présent que "le mariage est l'union librement consentie entre un homme et une femme". Désormais, le mariage unira "deux personnes", sans distinction de sexe, selon l'agence notiese, spécialisée dans les infos LGBT. "Yes, we can! Des droits égaux pourles lesbiennes et les gays!", ont crié des militants d'organisations LGBT au moment du vote. Le texte voté lundi étend les droits accordés depuis 2006 aux homosexuels liés par une union civile pour leur donner les mêmes droits que ceux des couples hétérosexuels mariés.
Le mariage entre personnes du même sexe n'est légal nulle part ailleurs en Amérique latine. Toutefois, l'union civile est reconnue dans plusieurs pays comme l'Uruguay et la Colombie. La Cour suprême d'Argentine doit aussi se prononcer sur l'autorisation d'un mariage gay donnée par un juge, et annulée par un autre début décembre.
L'Eglise catholique mexicaine a dénoncé ce vote et le Parti de l'Action Nationale (PAN) a déjà annoncé son intention de saisir la cour suprême pour le contester.
Au Liban, l'article 534 du code pénal punit "les relations sexuelles non naturelles" d'un an de prison maximum.
Interdite, l'homosexualité est aussi tabou dans une société conservatrice. Pas facile, dans ces conditions, de vivre sa vie de lesbienne, bisexuelle ou transsexuelle, malgré l'émergence depuis trois ans d'une communauté.
Pour la première fois dans le monde arabe, "Bareed Mista3jil" ("courrier urgent") un ouvrage édité par l'association LGBT Meem, publie les témoignages -anonymes- de 41 de ces femmes vivant à Beyrouth. Elles racontent la difficuté de concilier religion et hompsexualité, leur coming out, les relations avec leur famille ou les discriminations qu'elles subissent. "Ma mère pense toujours que je suis lesbienne parce que mon père était mort et que je n'avais donc pas eu de modèle mâle. D'une certain façon, ça l'aide à m'accepter. Les gens semblent trouver plus simple d'accepter l'homosexualité quand ils peuvent lui donner une raison", raconte ainsi l'une d'elle.
Une des femmes qui témoignent s'interroge encore, plusieurs années après avoir été violée: "pourquoi n'ai-je pas crié? Pourquoi n'ai-je pas prévenu mes parents ou la police? (...) Je sais tout ce qu'on est théoriquement censée faire en cas de viol. Mais je veux juste qu'on me laisse seule, oublier ce qui est arrivé. (...) Quand tu es lesbienne, tu penses que tu es à l'abri, surtout quand t'es une butch. Tu penses que si tu coupes tes cheveux et que tu portes des vêtements punk, les hommes te laisseront tranquille".
Parfois, la religion peut aussi être une arme de tolérance. "Ma mère est une musulmane dévote. Elle croit tellement en dieu qu'elle se soumet à tout parce que c'est Sa volonté. Alors elle n'a pas remis en cause mon homosexualité (...) Mon père a eu la même réaction: "nous ne pouvons modifier la volonté de dieu" (...) Lorsqu'ils en ont discuté entre eux, ils ont estimé que vivre un mensonge était un plus grand péché que ma sexualité. Ils m'ont dit qu'il valait mieux être honnête avec moi même qu'être hypocrite".
"Je ne vais pas y aller par quatre chemins: j'ai décidé de mettre un terme à ma carrière." Amélie Mauresmo a versé quelques larmes jeudi en annonçant son retrait du tennis professionnel, mais à 30 ans, la seule joueuse française à avoir été numéro un mondial le reconnaît: "Je n'ai plus envie d'aller sur le terrain m'entraîner."
A son palmarès sportif, Amélie Mauresmo peut ajouter la médaille du coming out, pour avoir rendu publique son homosexualité lors de l'Open d'Australie en 1999, à 19 ans. Elle est la lesbienne "out" la plus populaire de France et pose à plusieurs reprises en couverture de "Paris Match", sans résister parfois à la tentation de "prouver" qu'on peut être lesbienne et féminine. En 2005, le magazine la couronne "Femme de l'année". Son coming out courageux et malheureusement unique dans un milieu largement homophobe fait d'elle une icône à la fois sportive et lesbienne, à l'image d'une Martina Navratilova. Aujourd'hui, la star des courts quitte le circuit professionnel. "C'est une décision qui a été longuement réfléchie. J'avais envie de prendre mon temps. C'est vrai que c'est un peu triste, mais c'est une décision qui est venue à moi comme une évidence au fil des dernières semaines et des derniers mois (...) La flamme, l'envie, la passion ne sont plus là", a-t-elle encore expliqué aux journalistes, du haut de ses "25 ans de vie tennistique".
"J'ai obtenu des résultats qui sont allés au-delà de mes rêves, de mes espérances (mais) je crois que dans ma tête, ça s'est terminé après Wimbledon. Je crois que le moment est venu de tourner la page et de passer à autre chose", ajoute Amélie Mauresmo. De ses projets, elle ne veut pas dévoiler grand-chose. "J'aime bien prendre mon temps, ne pas me précipiter", se justifie-t-elle. Elle reconnaît quand même avoir "quelques idées en tête" et se dit prête à "relever de nouveaux challenges".
Ils s'appellent Ghaseem Bashkool, Mahdi Pooran, Hamid Taghi, Ebrahim Hamidi, Mehdi Rezaii, Hamze Chavoshi, Loghman Hamzepour, Mohsen Ghabraii, et Nemat Safavi. Tous, dont certains étaient mineurs au moment des faits, ont été condamnés à mort pour "sodomie" en Iran ces trois dernières années et tous attendent dans les geôles iraniennes leur exécution.
La Commission internationale de défense des droits des gays et lesbiennes (IGLHRC) a lancé, en partenariat avec une association iranienne (IRQO) et la principale association gay et lesbienne néerlandaise COC un appel pour tenter de sauver les vies de ces neuf Iraniens et que cessent les exécutions d'homosexuels dans ce pays. Les trois organisations en appellent en particulier au ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, mais aussi à l'Allemagne, au Canada et à l'Union européenne pour qu'ils interviennent. Ghaseem Bashkool, un étudiant de 33 ans, a été arrêté avec un autre jeune homme en 2007 pour sodomie. Tous deux ont été condamnés à mort en 2009, malgré leurs dénégations. Ghassem est actuellement détenu à la prison d'Ardebil.
Le 9 août 2008, Mahdi Pooran, 17 ans, Hamid Taghi, Ebrahim Hamidi, et Mehdi Rezaii ont également été interpellés à Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, et condamnés à mort en juillet 2008, sur la base du témoignage d'un homme de 19 ans dont la famille était déjà en conflit avec les quatre accusés. Mohsen Ghabraii a quant à lui été condamné à mort par un tribunal de Shiraz pour sodomie. Malgré les efforts de son avocat, son exécution devrait intervenir prochainement.
La loi iranienne punit de mort les relations sexuelles entre deux hommes, et de 100 coups de fouet les relations entre deux femmes. En cas de quatrième condamnation, c'est la mort aussi pour les lesbiennes. Les condamnations sont fréquemment obtenues sur la base d'aveux forcés, arrachés par des pressions psychologiques ou la torture.
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno n'est "pas totalement hostile à l'adoption pour des couples homosexuels". "Il faut arrêter l’hypocrisie sur l’adoption. Un célibataire peut adopter un enfant", a-t-elle rappelé jeudi lors de l'émission "Face aux chrétiens" de Radio Notre-Dame, RCF et La Croix. Et d'ajouter: "au risque de vous choquer, je ne serais pas totalement hostile à l'adoption par des couples homosexuels. Ce qui compte, c’est l’équilibre du couple". Chantal Jouanno contredit donc le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, qui a réaffirmé son opposition à l'adoption par les couples homosexuels, parce qu'il y a selon lui "un repère nécessaire, c'est d'avoir un père et une mère". A l'UMP, "il y a comme dans toute famille des personnalités différentes, des avis différents, mais le secrétaire général, le patron de l'UMP que je suis vous indique aussi très clairement quelle est la position du Mouvement populaire", avait-il expliqué sur Canal +.
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, s'était quant à elle prononcée en faveur d'"un débat" sur le sujet, quand le président du Nouveau Centre et ministre de la Défense Hervé Morin est "favorable" à la possibilité d'adopter pour les couples homosexuels.
Le débat a été relancé par la décision du Tribunal administratif de Besançon, qui a ordonné le 10 novembre dernier que le conseil général du Jura accorde à Emmanuelle B. l'agrément pour l'adoption d'un enfant. En couple depuis 20 ans avec sa compagne, elle s'est battue pendant 10 ans pour avoir le droit d'adopter.
La Première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry s'est prononcée dimanche en faveur du mariage et du droit à l'adoption pourles homosexuels. Quelques jours auparavant, elle signait l'appel de Montpellier en faveur du mariage gay. "Nous voulons qu’on puisse aimer qui on veut. L’Etat ne doit pas nous dire avec qui nous marier", a-t-elle lancé à Grenoble devant les militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
Dans un communiqué, la maire de Montpellier Hélène Mandroux s'est réjouie lundi "que Martine Aubry n’ait pas tardé à relayer à la tribune le message de l’Appel des maires en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels" lancé le 14 novembre. "Cette intervention de Grenoble donne encore davantage de poids et de sens à l’Appel de Montpellier et place le gouvernement de droite face à ses responsabilités", estime-t-elle.
Lesbiennes de tous pays, réjouissez-vous: Jennifer Beals et Pam Grier font leur apparition dans la cinquieme saison de L Word... selon le catalogue de Noël de la FNAC, visiblement pas rédigé par une homote.
Beals y hérite d'un "Jeniffer" avec un "n" et deux "ff" et le fameux "mot en L" ne figure même pas dans ce paragraphe, qui mentionne juste un univers "délicieusement gay". Et pour couronner le tout, une lectrice attentive a remarqué que le nom même de la série était devenu "The L WorLd", au lieu de "L Word". Tous les outrages, on vous dit.
Pour la bonne bouche, on lit aussi dans le catalogue que les ados trash de l'excellente série Skins sont confrontés "aux problèmes de leur age: sexe, drogue, anorexie", et le livre "Paroles de l'ombre" est annoncé sous un tonitruant "L'occupation comme si vous y étiez". Les plus de 65 ans apprécieront...
"Etre lesbienne aujourd'hui", micro-trottoir réalisé par Stéphanie Arc et Quinn Huguet, en partenariat avec SOS Homophobie
Etre lesbienne aujourd'hui, qu'est-ce que ça signifie? Stéphanie Arc et Quinn Huguet sont allés interroger des femmes et hommes, jeunes et vieux à Paris à l'été 2009. On y parle d'homosexualité, d'homophobie, de vie quotidienne, de définition, de génétique et d'éducation, de médias et de mariage... Attention, certains clichés peuvent heurter les âmes sensibles.
"Vous vous aimez, mariez-vous! Invitez-moi, c'est tout ce que je demande", répond une femme d'une vingtaine d'années. Etre lesbienne, "c'est quand deux femmes s'aiment, et leur amour c'est la sexualité aussi", dit une autre d'une cinquantaine d'années. "Peut-être a-t-elle été abusée avant et finalement elle a un dégoût des hommes, elle se tourne vers les femmes", analyse un homme costume-cravate d'une vingtaine d'années, qui recommande de s'en remettre à Dieu. Une femme d'une cinquantaine d'années pense quant à elle que pour les lesbiennes, "l'autre sexe c'est l'horreur, c'est Satan ou c'est le danger". "Moi, j'ai élevé seule mon fils, je ne lui achetais pas des poupées, je lui achetais des couteaux. S'il était devenu homosexuel, c'est pas parce que moi j'aurais favorisé cette tournure du futur", s'esclaffe une femme d'une soixantaine d'années, quand une jeune fille trouve "un peu réducteur de donner une cause" parce que "ça voudrait dire que ce serait une maladie qu'il faudrait guérir".
L'homosexualité féminine? "On n'en parle pas, c'est difficile d'accepter quelque chose dont on ne parle pas", souligne la copine de celle qui voulait s'incruster aux mariages homos. Mais ce reportage réalisé avec SOS Homophobie, lui, il en parle, alors diffusez-le!
Si le gouvernement est toujours hostile au droit à l'adoption et au mariage pour les homos, les Français, eux, sont prêts, à en croire un sondage BVA réalisé pour Canal+. Pour la première fois, une majorité d'entre eux -57%- s'y disent favorables à ce que les couples de gays et de lesbiennes aient le droit d'adopter un enfant.
Mardi,le tribunal administratif de Besançon a donné son feu vert à l’adoption d’un enfant par un couple d’homosexuelles. Une première en France, arrachée après des années de lutte. En 2006, les Français étaient encore très partagés sur la question: la majorité (50%) y était hostile. L'idée faisait toutefois déjà son chemin. En 1998, plus des deux-tiers des personnes interrogées (68%) refusaient encore qu'un couple homo puisse adopter. Sans surprise, les femmes y sont aujourd'hui plus favorables (64%) que les hommes (49%), et les moins de 25 ans (68%) que les plus de 50 ans (51%). Les sympathisants de droite sont encore hostiles à 62% au droit à l'adoption pour les gays et les lesbiennes, alors que, à gauche, 71% sont pour.
Le phénomène est le même pour le mariage homo: 75% des sympathisants de gauche y sont favorables, alors que 58% de ceux de droite sont contre. Cette attitude de leur socle électoral explique sans doute pourquoi le gouvernement et Nicolas Sarkozy rejettent toujours, pour l'heure, l'ouverture du mariage et de l'adoption aux homos.
Pourtant, les deux-tiers des Français verraient bien des couples de même sexe passer devant M. le maire, selon ce même sondage: 64% sont favorables à ce que les homos aient le droit de se marier en France (36% y sont opposés). Là aussi, ce chiffre n'a cessé de progresser: ils étaient seulement 48% à être ouverts au mariage gay en 2000. Et contrairement à une idée répandue, on n’est pas plus ouvert au mariage homosexuel en région parisienne qu’ailleurs en France, au contraire: seuls 55% des habitants d’Ile-de-France y sont favorables.
Ce sondage a été réalisé par internet du 10 au 12 novembre auprès d’un échantillon représentatif de 1.009 personne, selon la méthode des quotas.