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jeudi 10 septembre 2009

L'adoption ouverte aux couples homos en Uruguay


Les couples gays et lesbiens d'Uruguay peuvent adopter. Ce petit pays d'Amérique du Sud confirme son rôle de pionnier en matière de moeurs, après avoir récemment ouvert l'union civile aux couples de même sexe et levé l'interdiction faite aux homosexuels de servir dans l'armée.

"C'est une victoire indiscutable sur l'intégrisme religieux, une avancée de la démocratie et le progrès dans la protection des droits de tous les enfants", a immédiatement réagi le collectif "Ovejas negras" ("Les Moutons noirs").

"Cette victoire est une étape fondamentale dans la lutte pour obtenir l'égalité des droits pour les gais, lesbiennes et trans (LGBT). C'est aussi la confirmation de ce que lorsque les gens s'engagent, s'organisent et se battent, on peut transformer la société", ajoutent les Moutons noirs.

La loi, adoptée par l'Assemblée nationale le 27 août puis définitivement par le Sénat ce mercredi 9 septembre, était portée par la gauche au pouvoir tandis que, on s'en doute, l'église catholique, très influente, s'y opposait au nom de la "normalité" et des "valeurs" traditionnelles. Paradoxalement, c'est au nom de ces mêmes valeurs que le pouvoir uruguayen refuse de légaliser l'avortement.

S'il fait tout de même figure de pionnier en Amérique latine, l'Uruguay, où les femmes ont obtenu le droit de vote en 1932, devance aussi bien des pays occidentaux, dont la France évidemment. Rares sont en effet ceux qui autorisent l'adoption par des couples homosexuels.

En Europe, les couples gays ou lesbiens peuvent adopter aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suède, en Espagne, en Islande. Au Danemark et en Allemagne, le partenaire peut adopter les enfants issus de relations antérieures.

Les couples homosexuels peuvent aussi adopter dans certains Etats des Etats-Unis, comme la Californie, le Connecticut ou le Massachusetts. C'est possible également au Canada. En Afrique, seule l'Afrique du Sud a légalisé, et le mariage, et l'adoption, pour les couples lesbiens et gays.

dimanche 6 septembre 2009

Et si on tournait la page de "L Word"?


On achète la cinquième saison de "L Word" et on pense déjà qu'après celle-là, ce sera la sixième et dernière. On finit le premier DVD et on ne peut pas s'empêcher d'enfourner le suivant dans le lecteur. On a beau dire que les Bette, Tina, Alice et autres Shane sont trop belles et cliché pour être vraies, que les personnages évoluent à mille lieues de la vraie vie des lesbiennes, ou soupçonner que certaines scènes sont censées attirer un public hétéro et masculin... Oui, on a beau dire tout ça et plus, on en redemande. Est-ce bien une raison pour nous en redonner?

On sait grâce au magazine "Variety" qu'Ilene Chaiken se plonge désormais dans la téléréalité, avec "The Real L Word: Los Angeles". Showtime, qui produisait "L Word", a commandé à la réalistrice de la première série lesbienne de suivre pendant neuf épisodes les aventures de six vraies lesbiennes dans la cité des Anges. La diffusion est prévue pour 2010 et Ilene Chaiken prévient: "Nous n'avons pas du tout fini de raconter nos histoires de 'L Word'".

D'ailleurs, après avoir échoué à imposer une série dérivée de "L Word", dans laquelle Alice (Leisha Hailey) se retrouvait en prison, Chaiken a entamé l'écriture d'un film tiré de "L Word" et révèle sur Twitter qu'elle a "un nouveau projet pour JB" (Jennifer Beals, Bette dans "L Word"). "Trop tôt pour en parler mais ce pourrait être génial pour les fans de 'L Word' et bien d'autres", écrit-elle.

On se réjouit de ce que "L Word" soit toujours vivant, mais on peut aussi se demander si la créatrice de la série ne tire pas un peu trop sur la corde. Un film? Soit, c'est un autre rythme qui peut donner un nouveau souffle au concept, mais après, si on laissait ces dames reposer en paix, et qu'on passait à autre chose?

Quand la sixième et dernière saison sera sortie en France, il restera toujours les DVD des précédentes à revoir et, on les attend de pied ferme, les rediffusions à la télévision pour revivre nos émois. "The L Word" peut rejoindre le rayon des séries-cultes, après avoir démontré aux patrons de chaînes que des histoires de gouines pouvaient faire recette.



D'autres déjà ont repris le flambeau. Dès ce début septembre, on peut suivre sur le web les aventures de tout un groupe de lesbiennes à Londres, dans la série "Far Out" écrite par Faye Hugues. La télévision britannique, pionnière avec "Queer as Folks", "Metrosexuality" ou actuellement "Skins", a fini par miser, non plus sur les seuls gays, mais aussi sur les lesbiennes. Elles seront les héroïnes de
"Lip Service", une série en six épisodes dont le tournage commencera à l'automne à Glasgow.

La scénariste Harriet Braun (l'un des auteurs de la série "Mistresses") explique sur le site de la BBC s'être en partie inspirée de sa propre expérience pour écrire "une comédie sexy, drôle et irrévérencieuse sur ce qu'est la vie d'une jeune femme homo en Grande-Bretagne aujourd'hui". "J'ai adoré 'L Word' mais il est grand temps que nous voyions des lesbiennes britanniques d'aujourd'hui, avec le mauvais temps, les descentes au pub et les émotions refoulées qui vont avec", assène-t-elle. Place à la nouvelle garde.

lundi 31 août 2009

Une lesbienne parmi les 100 femmes les plus puissantes

La Première ministre islandaise Johanna Sigurdardottir est devenue la première lesbienne déclarée à faire son entrée dans le classement des 100 femmes les plus puissantes du monde du magazine Forbes. Elle occupe le 75e rang, la première place étant occupée par la Chancelière allemande Angela Merkel pour la quatrième année consécutive.

Y figurent également la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis Nancy Pelosi, ou la présidente des Philippines Gloria Macapagal-Arroyo. La ministre française de l'Economie Christine Lagarde occupe la 17e place.

Johanna Sigurdardottir est devenue en février dernier la première lesbienne déclarée à diriger un Etat européen. Son parti avait largement remporté les élections législatives après la démission du gouvernement précédent, liée à la grave crise financière traversée par le pays.

dimanche 30 août 2009

Kate Moennig fait de la pub et tourne une série TV


Katherine Moennig pour faire sa pub, c'est tellement chic. Pour sa première photo sur Twitter, l'actrice du "L Word" exhibe un pendentif en forme de chouette de chez "Broken English", une boutique de Los Angeles et écrit: "broken english owl. go get one" ("chouette de chez broken english. allez en acheter une").

On note au passage que Kate Moennig semble avoir adopté le look Shane, y compris dans la coupe de cheveux. Et si on doutait qu'il s'agisse de publicité, la photo se retrouve sur le site de Broken English, qui affiche d'autres célébrités à son tableau de chasse.

La tombeuse de ces dames dans la plus célèbre des séries lesbiennes tourne en ce moment une autre série TV dont elle écrit que "c'est le jour et la nuit avec 'L Word'".

"Three Rivers", une série sur le don d'organe, sera diffusée sur CBS à partir d'octobre. Kate Moennig y jouera un personnage récurrent pour qui la coiffure n'est visiblement pas une priorité, le Dr Miranda Foster.


Un extrait du pilote de "Three Riders"


lundi 24 août 2009

Elle risque 14 ans de prison pour une liaison avec une élève


(Post actualisé avec la condamnation)
Helen Goddard, professeur de musique de 26 ans dans une école huppée pour filles de Londres, a reconnu devant la police avoir eu des relations sexuelles avec une de ses élèves, âgée de 15 ans. Elle risquait 14 ans de prison mais a écopé de 15 mois et pourra revoir la jeune fille après avoir purgé sa peine.

Musicienne prodige quand elle était adolescente -elle avait joué lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Sydney en 2000-, elle enseignait la trompette à la City of London School for Girls, et se faisait appeler la "jazz lady". Arrêtée en juillet après une dénonciation anonyme, elle a reconnu que l'amitié qu'elle entretenait avec une de ses élèves avait pris un tour sexuel en février dernier.

Les deux amantes sont séparées depuis cinq semaines et l'adolescente de 15 ans a affirmé devant le juge qu'elle souhaitait que leur relation puisse reprendre lorsqu'elle aurait atteint sa majorité sexuelle, fixée à 16 ans en Grande-Bretagne. Selon Le Telegraph, ses parents n'y seraient pas hostiles.

Selon un de ses amis cité par le Daily Mail, Helen Goddard a reconnu avoir "fait quelque chose de mal" mais juge injuste d'être "punie pour être tombée amoureuse".

"Cette histoire a détruit sa vie, sa brillante carrière et tout ce qu'elle avait obtenu en travaillant dur", a déclaré son père Paul Goddard, au Daily Mail. "Avoir une relation avec une jeune élève était évidemment une erreur, mais il y avait apparemment consentement mutuel", a-t-il souligné. Helen Goddard a été libérée sous caution.

L'enseignante, dont l'histoire a soulevé une polémique en Grande-Bretagne, a finalement été condamnée à 15 mois de prison le 21 septembre. Par le jeu des remises de peine, elle devrait sortir après avoir purgé la moitié de cette durée environ.

Le juge l'a autorisée à correspondre avec son ancienne élève et a refusé de lui interdire de la revoir après avoir purgé sa peine, estimant que ce serait une mesure "inutile, méchante et cruelle pour la victime", selon le "Daily Mail".

dimanche 23 août 2009

Nouvelles condamnations d'homosexuels au Sénégal

La répression des homosexuels continue au Sénégal. Quatre hommes ont été arrêtés pour "actes contre nature" à Darou Mousty, dans le nord-ouest du pays, le 19 juin 2009, selon l'IGLHRC.

Selon la Commission internationale des droits humains des gays et lesbiennes, la police les aurait forcés à donner les noms d'autres "homosexuels". Le 10 août, deux d'entre eux ont été condamnés à respectivement cinq et deux ans de prison, sur la foi de simples dénonciations. Un troisième homme, âgé de 17 ans, sera jugé le 24 août devant un tribunal pour mineurs. On ignore le sort du quatrième homme arrêté.

L'homosexualité est un crime au Sénégal. L'an dernier, neuf membres de l'association Aides de lutte contre le sida avaient été condamnés à huit ans de prison, des peines cassées en appel en avril dernier sous la pression internationale. Pour agir, l'IGLHRC appelle à envoyer des lettres-type aux autorités sénégalaises.

Liz Feldman, une comique lesbienne chez Jay Leno



L'humoriste et animateur américain Jay Leno a choisi une comique ouvertement lesbienne pour sa nouvelle émission: Liz Feldman. Celles qui suivent le site AfterEllen.com la connaissent pour ses interviews-n'importe quoi avec des vedettes comme... sa grande copine Kate Moennig -Shane pour les fans de "L Word".

D'autres actrices du "L Word" se sont prêtées au jeu de "This Just Out with Liz Feldman", comme Leisha Hailey (Alice, membre du groupe Uh Huh Her), Clementine Ford (Molly Kroll), qui a récemment fait son coming out, ou Erin Daniels (Dana).

Liz Feldman évoque fréquemment sa sexualité dans ses sketches, comme de nombreux humoristes. Elle écrit par ailleurs pour l'émission d'Ellen DeGeneres mais déclarait récemment à AfterEllen s'amuser davantage sur scène. Cela ne l'a pas empêchée d'écrire un court-métrage primé, "My First Time Driving".

"The Jay Leno Show", qui succède à des années de "Tonight Show", doit commencer le 14 septembre sur la chaîne NBC.

lundi 17 août 2009

Les gays d'Irak victimes d'une campagne d'extermination


"C'était un soir, tard. Ils sont venus prendre mon compagnon chez ses parents. Quatre hommes en noir, masqués, ont fait irruption dans la maison. Ils l'ont demandé, en l'appelant par son nom. Ils l'ont insulté et emmené (...) On l'a retrouvé dans le quartier le lendemain. Ils avaient jeté son corps dans les poubelles. On lui avait coupé les parties génitales et arraché une partie de la gorge".

La scène racontée par le partenaire de dix ans de la victime s'est déroulée en avril, en Irak. D'autres histoires d'intimidation, de torture, d'humiliation, de viol, de mutilations défilent dans le rapport "Ils veulent nous exterminer" sur la condition des gays en Irak publié par Human Rights Watch. Des médecins disent avoir reçu des dizaines de corps et cadavres mutilés.

La terreur et la stigmatisation de l'homosexualité imposent souvent le silence sur ces actes de barbarie mais HRW estime d'après les témoignages que des centaines d'hommes ont été assassinés en Irak dans le cadre d'une campagne d'enlèvement, torture et exécution des gays qui a commencé en 2009 à Bagdad dans le quartier de Sadr City, bastion des islamistes radicaux de l'Armée du Mahdi.

Les autorités irakiennes "n'ont rien fait" pour empêcher ces crimes, accuse l'organisation de défense des droits de l'Homme, qui exhorte le gouvernement de Bagdad à réagir et traduire en justice les criminels.

"Les dirigeants irakiens sont censés défendre tous les Irakiens, et non les abandonner à des agents armés de la haine", rappelle Scott Long, directeur du programme pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) de HRW. "Laisser faire la torture et le meurtre menace les droits et la vie de chaque Irakien."

vendredi 7 août 2009

L'homosexualité, "une perversion" pour 46% des Israéliens

Photo Yogi Bear 91

Pour 46% des Israéliens,l'homosexualité est une "perversion", selon un sondage publié vendredi dans le quotidien "Haaretz", après l'attaque d'un centre gay à Tel Aviv qui a fait deux morts et 15 blessés le 1er août (cf LToutes: "Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv", 01/08/2009). En revanche, pour 42% des personnes interrogées, être gay n'est pas une perversion.

L'étude montre aussi que 71% de la population ultra-orthodoxe jugent que les homosexuels sont des déviants, tout comme 64% des arabes israéliens, et 57% des russophones. En revanche, seuls 24% des laïcs estiment que l'homosexualité est une perversion.

Le sondage suggère toutefois une baisse de l'homophobie depuis les précédentes enquêtes. Mais le moment où elle a été réalisée -juste après l'attaque de Tel Aviv- a pu jouer: "les gens haineux peuvent avoir pensé que ce n'était pas le moment de l'admettre", selon Camil Fuchs, qui a réalisé l'enquête.

"Ce n'est pas une surprise pour moi que la moitié des gens pense que je suis malade mentalement et que je devrais être en prison ou tué", a réagi Yaniv Weizman, qui préside l'organisation d'aide aux jeunes gay de Tel Aviv. "Mais j'ai l'impression que nous avons progressé: si 26% des religieux et 27% des arabes pensent que nous ne sommes pas pervers, nous pouvons dire que nous avons réussi quelque chose".

mardi 4 août 2009

Meurtre de gays à Tel Aviv: des hommages partout dans le monde

(Photo Dima V)

Le Centre gay et lesbien de Paris Ile-de-France et ses associations membres organisent un rassemblement à Paris samedi 8 août 2009 pour s'associer à la manifestation du Centre LGBT de Tel Aviv à la mémoire des deux jeunes tués par balles dans un club de cette ville israélienne le 1er août.

De nombreux autres Centres LGBT dans le monde participeront à cet hommage au jeune Nir Katz, mort à 26 ans, et à Liz Tarbishi, morte à 17 ans, ainsi qu'à la quinzaine de blessés "victimes d’une haine homophobe implacable", écrit le Centre parisien, qui souligne que "leur assassin court toujours". Il était d'après des témoins armé d'un fusil automatique, masqué et vêtu de noir.

La solidarité avec les homosexuels, bi et trans de Tel Aviv devrait notamment s'exprimer à Berlin, à Varsovie, à Madrid, à Berne, à Belfast et à Budapest.

- Lire aussi sur LToutes: "Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv" (02/08/2009)

dimanche 2 août 2009

Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv




Un mois et demi après le succès de la Gay Pride à Tel Aviv, l'homophobie frappe en plein coeur la ville israélienne réputée pour son ouverture d'esprit: Nir Katz, 24 ans, et Liz Troubishi, 17 ans, ont été abattus samedi soir (01/08/2009) par un tireur masqué dans un centre de soutien aux jeunes LGBT.

Du coup, la police a ordonné la fermeture de tous les clubs homos du secteur, selon les médias locaux. Le seul député israélien ouvertement gay, Nitzan Horowitz, a dénoncé un crime manifestement homophobe, et toute la classe politique a exprimé son indignation.

Comme avec la tentative de meurtre contre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en octobre 2002, cet attentat pose pourtant la question des responsabilités dans les violences homophobes: ceux qui incitent à la haine contre les lesbiennes et gays ne sont pas forcément ceux qui tiennent le couteau ou le fusil, mais peuvent-ils prétendre que ce ne sont pas leurs paroles qui guident la main des assassins?

Le meurtrier de Tel Aviv était masqué et vêtu de noir. Il a mitraillé dans toutes les directions avec un fusil d'assaut, d'après les témoins et la police cités par le journal "Haaretz". Au moins 15 personnes ont aussi été blessées, dont certaines grièvement. L'homme s'est enfui à pied en se mêlant à la foule du samedi soir.

La police le recherchait toujours dimanche, alors que les lesbiennes et gays vivaient dans la peur qu'il ne recommence. Certains s'inquiètent aussi de ce que l'établissement a été montré à la télévision, que leurs parents vont savoir qu'ils s'y rendaient...



Des centaines de personnes ont manifesté leur colère après la fusillade samedi, accusant les intégristes juifs et certains partis politiques -notamment l'ultra-orthodoxe Shas, qui a cependant dénoncé ces crimes- d'alimenter la haine envers les homosexuels.

Une manifestation était prévue aussi dimanche devant le club, ainsi qu'un rassemblement de solidarité à Jérusalem, où une autre manifestation devrait avoir lieu mardi.

"Le meurtre choquant de Tel Aviv est le genre de meurtre que des gens éclairés et cultivés ne peuvent pas accepter", a réagi le président israélien centriste Shimon Pérès. "Le meurtre et la haine sont les pires crimes de la société", a-t-il ajouté, cité par les médias, "le pays tout entier doit s'unir dans la condamnation de cet acte de haine".

Le Premier ministre de droite Benjamin Nétanyahou a également condamné l'attentat, déclarant à l'intention de ses concitoyens: "nous sommes un pays démocratique et tolérant et nous devons respecter chaque personne comme elle est".

Dans l'opposition de centre-gauche, la dirigeante Tzipi Livni a souhaité que les meurtres de Tel Aviv "réveillent la société pour qu'elle se débarrasse des préjugés et reconnaisse le droit de chaque personne à vivre dans la sécurité et la dignité".

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a assuré que la ville "continuerait accueillir la communauté gay et lesbienne". Mike Hamel, qui dirige Aguda, l'organisation israélienne LGBT, a quant à lui accusé le parti Shas d'alimenter la haine homophobe.

samedi 1 août 2009

Fest-ty-Gay: le feu sous la Breizh

Petite ville de 4.000 âmes au coeur de la Bretagne, Gourin devait voir sa population doubler ce samedi soir, pour la deuxième édition de son "Fest-ty-Gay".

Cette gay pride bretonne avait attiré l'an dernier pas moins de 5.000 personnes, à la grande surprise de ses organisateurs. Cela en en fait l'une des principales marches homos en France, même si l'événement se veut avant tout festif, et non revendicatif.


Le "Fest-ty-Gay" a été lancé à l'initiative de Bernard Raynal, patron de la boite gay le Starman, avec le soutien du maire et des commerçants locaux. Il a rencontré depuis un succès inespéré.

Une icône lesbienne décorée par Obama


La tenniswoman lesbienne Billie Jean King s'est vue décerner jeudi la Médaille présidentielle 2009 de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine, par Barack Obama. Elle fait partie des 16 personnalités honorées cette année par le président américain, avec Harvey Milk, le premier homme politique ouvertement gay, décoré à titre posthume.

Cinq fois numéro un mondiale dans les années 60 et 70, Billie Jean King avait été la première sportive de haut niveau à faire son coming out, en 1981. Mais elle était surtout connue pour son combat pour l'égalité hommes-femmes.

Elle avait participé à une "bataille des sexes" au cours de laquelle elle avait affronté sur un cours le joueur Bobby Riggs. Reconverti dans les matchs exhibition, celui-ci avait à l'époque l'habitude de critiquer publiquement le tennis féminin, "inférieur à celui pratiqué par les hommes": "Aucune joueuse en activité ne pourrait jamais venir à bout d'un retraité", affirmait-il, en mettant Billie Jean King, meilleure joueuse du moment, au défi de le battre.

Devant plus de 50 millions de telespectateurs dans plus de 37 pays, elle a accepté le défi et... remporté le match. Billie Jean King a posé la raquette en 1983, mais est restée une activiste de la cause féministe et homosexuelle.

Barack Obama a rendu hommage dans son communiqué à des personnalités qui ont "fait tomber des barrières". "Chacun d'eux a été un agent du changement. Chacun d'eux a vu un monde imparfait et s'est efforcé de le rendre meilleur". Parmi les autres personnalités nommées en 2009: l'archevêque sudafricain Desmond Tutu, l'acteur Sidney Poitier, le "banquier des pauvres" Muhammad Yunus, ou Mary Robinson, première femme présidente d'Irlande.

mercredi 29 juillet 2009

Les lesbiennes progressent dans les séries US

Avec 16 personnages réguliers de lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, les séries des chaînes américaines du réseau hertzien sont deux fois plus gay-friendly en 2008-2009 que l'année précédente, d'après le rapport annuel de l'organisation GLAAD.

Résultat: 2,6% de tous les personnages sont homo, bi ou trans, alors que leur nombre baissait depuis trois ans. La très conservatrice Fox revient de loin puisqu'on n'y voyait aucun personnage LGBT l'an dernier mais qu'elle en compte cinq cette saison. C'est tout de même ABC qui fait la part la plus belle aux LGBT, pour la troisème année d'affilée.

Au contraire, les chaînes câblées tout public, pionnières avec les "Six Feet Under" et autres "L Word", si elles restent plus gay-friendly, HBO en tête, ne proposent plus que 32 personnages LGBT au lieu de 40. Restent les chaînes spécialisées Here! et Logo, qui comptent 39 personnages LGBT. Bref, pour voir des lesbiennes, il vaut mieux pouvoir se payer le câble.

Autres grandes tendances fortes des séries américaines: les lesbiennes y sont moins présentes que les gays, les homos de couleur plus nombreux que par le passé mais toujours sous-représentés, et les trans quasiment absent(e)s et exclusivement blanc(he)s.

dimanche 26 juillet 2009

La Lesbienne invisible dit tout

La Lesbienne invisible est un acte militant sur le mode résolument comique: Océane Rose Marie, l'auteure et interprète de ce one woman show qui devrait revenir sur scène à la rentrée, s'est prêtée au jeu de l'interview pour LToutes.

- Lire aussi sur LToutes: "La lesbienne invisible qu'il faut voir" (14/0/2009)
- Dernières nouvelles: La Lesbienne invisible revient à partir du 12 novembre 2009, du jeudi au samedi, à 20h, au théâtre des Feux de la rampe (2, rue Saulnier, Paris IXe; M° Cadet ou Grands Boulevards).


- LToutes: Comment es-tu passée de la chanson (Oshen, The Frenchies) au spectacle comique?

- Océane Rose Marie: J'ai fait du théâtre pendant des années. Dans mon projet musical, j'ai toujours mélangé les choses poétiques et les choses comiques. J'avais ces deux côtés-là tout le temps. Avec Oshen, j'en avais marre de faire des choses comiques, parce que les chansons qui vous marquent sont
rarement comiques. Mon projet musical maintenant, c'est de faire des choses belles. Je ne veux pas choisir parce que je suis vraiment les deux. C'est autant moi les deux, mais j'ai besoin de séparer le côté poétique et le côté comique. Je mets la barre plus haut dans les deux domaines.

- LT: Pourquoi un one woman show?

- ORM: Par élimination. Je voulais faire de nouvelles expériences, être en scène. Je sais à quel point c'est compliqué de monter un spectacle à plusieurs, alors par élimination je me suis retrouvée seule en scène.
Ce qui est formidable avec le "one", c'est la liberté: on n'a pas de matos à trimballer! Quand on chante, il faut que chaque concert soit unique. En "one", c'est pareil. Il faut que ce soit un truc qui ne soit que ce soir, offrir un moment
privilégié. Le "one" est un exercice qui doit donner l'impression que rien n'est écrit, que tout est improvisé.

- LT: Comment t'est venue l'idée de La Lesbienne invisible (LLI), une fille féminine qu'on n'identifie pas forcément à une goudou?

- ORM: Je cherchais un sujet et je me suis dit: "tiens, je vais écrire ces histoires que j'ai vécues, les ouvrir aux autres". Si j'embrasse ma meuf dans un bar, il y a quatre mecs qui viennent nous brancher. L'autre soir, on était au Tango (boîte parisienne, ndlr) avec des potes. Au bout de quatre heures, une fille me demande: "Mais attends, t'es lesbienne?" Eh bien oui, il y en a des comme moi. Elle était perdue, la fille. Ce n'était pas malveillant, juste une histoire de clichés, de méconnaissance. J'ai vu qu'il y avait un truc à faire là-dessus. Il n'y avait aucun autre sujet sur lequel j'avais autant de choses à raconter avec un potentiel comique.
J'ai beaucoup lu pour écrire mon spectacle. J'ai constaté que les problématiques des livres et des essais d'universitaires étaient celles que j'avais intuitivement dégagées de mon expérience personnelle. La plupart des choses que j'évoque dans La Lesbienne invisible, je les ai vécues même si elles sont parfois extrapolées. Il y a quelques trucs que je n'ai pas vécus, que j'ai empruntés à des filles que je connais. Moi, je n'ai jamais subi aucune homophobie par exemple.

Le site de La Lesbienne invisible:
http://www.myspace.com/lalesbienneinvisible


- LT: C'est une démarche militante?

- ORM: Depuis que j'ai commencé ce projet, je suis devenue beaucoup plus militante. Par exemple, je tenais vraiment à ce qu'il y ait "lesbienne" dans le titre, c'est une question de visibilité, et ce n'est pas péjoratif. S'il y avait des affiches avec "lesbienne" partout dans le métro, ça me ferait kiffer!
"Lesbienne" et "invisible", ce sont deux termes qui vont souvent ensemble. Il y a encore beaucoup à faire sur la sexualité des femmes en général, et entre deux femmes, n'en parlons pas! Il y a encore beaucoup de boulot pour les lesbiennes.
Mais je ne suis pas pour les méthodes agressives, frontales, je préfère l'humour. Je ne déteste pas les hommes et je n'ai pas envie d'entrer dans ce cliché. Je joue la carte du divertissement.
Dans mon engagement, je trouve ça important de montrer quelqu'un qui est bien en tant que lesbienne. C'est important de dire qu'on peut être lesbienne et être super bien dans notre peau. C'est important pour des gamines de pouvoir s'identifier, qu'on leur donne une image positive.
Moi aussi, j'ai souffert de ne pas avoir assez de films, de spectacles qui parlaient de filles comme moi. Maintenant c'est un peu mieux. Quand on me dit que "LWord" n'est pas réaliste, je réponds que c'est juste une série, et comme dans toutes les séries, les filles sont toutes jolies, c'est tout!

- LT: A quel public pensais-tu en écrivant La Lesbienne invisible?

- ORM: Au début, c'était vraiment un spectacle pour les hétéros. Pour le moment, le public est essentiellement composé de lesbiennes, mais il y a des hétéros qui viennent. Il y a plein de sujets, comme l'allumeuse, la lesbienne refoulée ou Nathalie-le-grand-amour, dans lesquelles ils peuvent se retrouver, s'identifier. Tout le monde a connu des filles comme ça, les sorties en boîte, tout le monde a vécu une histoire d'amour ou s'est fait allumer.
Pour l'instant, que ce soient des hétéros hommes ou femmes, je n'ai que des bons retours, mais les lesbiennes ont un degré de lecture en plus parce qu'elles ont vécu un truc en plus, il y a de l'empathie. Des filles viennent me parler après le spectacle, elles me racontent des trucs terribles sur l'homophobie: j'hallucine.

- LT: Tu n'évoques pas des sujets comme l'homoparentalité ou la lesbophobie dans LLI

- ORM: L'homoparentalité est une question grave, qui n'est pas encore réglée, que je ne vois pas encore comment traiter de façon comique... mais
j'ai quelques idées. Le spectacle évolue. Il y a des choses que je trouve au fur et à mesure, des idées que j'ai virées, notamment sur l'adoption, alors que j'avais bossé dessus pendant des semaines. Pour l'instant, le spectacle fait une heure, mais quand je l'aurai bien en main il pourra durer un peu plus. On peaufine, les personnages sont vivants.

- LT: Tu n'as pas peur de renforcer les idées reçues sur les lesbiennes ou de te faire enfermer dans un personnage?

- ORM: Je n'ai pas peur qu'on interprète mal. J'ai l'impression que c'est suffisamment clair dans mon écriture, on ne peut pas se tromper sur mon intention sur un spectacle entier. Ma peur, c'est si on me demande de faire des formes courtes pour les médias, des formats genre trois minutes, où on isole un personnage.
Quant à m'enfermer... Pour Oshen, je me suis battue pour ne pas être cataloguée lesbienne, mais pour l'instant je vois les choses au fur et à mesure. J'essaie de faire exister ce projet. Si dans vingt ans je suis cataloguée comme la lesbienne de service, on verra. Pour le moment, je veux donner de la visibilité.

- LT: Qu'est-ce que ça t'a fait de jouer dans un ancien peep show des années 70 (le Théâtre du Bout) à Pigalle?

- ORM: Il ne manque plus que la barre à salope! Il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer à cette configuration, à la scène toute petite au milieu du public, après une scène plus grande au début des représentations et en concert, mais j'aime bien cette salle -c'est tellement kitsch. Quand j'ai vu que la scène pouvait tourner, j'ai craqué! Je me suis dit: il faut l'utiliser. Il faut toujours utiliser l'espace. En septembre je jouerai dans une salle plus grande, mais je veux garder une salle où les gens peuvent vraiment te voir.

- LT: Tes projets?

- ORM: Continuer La Lesbienne invisible à la rentrée, à Paris et ensuite en province. Continuer les petites vidéos de La Lesbienne invisible, sortir des produits dérivés si ça marche: des T-shirts, un sextoy LLI par exemple! Je suis aussi en train d'enregistrer un troisième album d'Oshen pour
2010 mais je ferai une petite tournée à l'automne. Je n'en dirai pas plus pour l'instant.

- LT: C'est pas juste un truc pour draguer, ces histoires de lesbienne invisible?

- ORM: Je reçois quelques mails où des filles m'écrivent "J'aimerais te revoir, sur scène ou dans la vraie vie"... (Eclat de rire) Mais le but n'est pas de me taper des meufs!