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dimanche 2 août 2009

Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv




Un mois et demi après le succès de la Gay Pride à Tel Aviv, l'homophobie frappe en plein coeur la ville israélienne réputée pour son ouverture d'esprit: Nir Katz, 24 ans, et Liz Troubishi, 17 ans, ont été abattus samedi soir (01/08/2009) par un tireur masqué dans un centre de soutien aux jeunes LGBT.

Du coup, la police a ordonné la fermeture de tous les clubs homos du secteur, selon les médias locaux. Le seul député israélien ouvertement gay, Nitzan Horowitz, a dénoncé un crime manifestement homophobe, et toute la classe politique a exprimé son indignation.

Comme avec la tentative de meurtre contre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en octobre 2002, cet attentat pose pourtant la question des responsabilités dans les violences homophobes: ceux qui incitent à la haine contre les lesbiennes et gays ne sont pas forcément ceux qui tiennent le couteau ou le fusil, mais peuvent-ils prétendre que ce ne sont pas leurs paroles qui guident la main des assassins?

Le meurtrier de Tel Aviv était masqué et vêtu de noir. Il a mitraillé dans toutes les directions avec un fusil d'assaut, d'après les témoins et la police cités par le journal "Haaretz". Au moins 15 personnes ont aussi été blessées, dont certaines grièvement. L'homme s'est enfui à pied en se mêlant à la foule du samedi soir.

La police le recherchait toujours dimanche, alors que les lesbiennes et gays vivaient dans la peur qu'il ne recommence. Certains s'inquiètent aussi de ce que l'établissement a été montré à la télévision, que leurs parents vont savoir qu'ils s'y rendaient...



Des centaines de personnes ont manifesté leur colère après la fusillade samedi, accusant les intégristes juifs et certains partis politiques -notamment l'ultra-orthodoxe Shas, qui a cependant dénoncé ces crimes- d'alimenter la haine envers les homosexuels.

Une manifestation était prévue aussi dimanche devant le club, ainsi qu'un rassemblement de solidarité à Jérusalem, où une autre manifestation devrait avoir lieu mardi.

"Le meurtre choquant de Tel Aviv est le genre de meurtre que des gens éclairés et cultivés ne peuvent pas accepter", a réagi le président israélien centriste Shimon Pérès. "Le meurtre et la haine sont les pires crimes de la société", a-t-il ajouté, cité par les médias, "le pays tout entier doit s'unir dans la condamnation de cet acte de haine".

Le Premier ministre de droite Benjamin Nétanyahou a également condamné l'attentat, déclarant à l'intention de ses concitoyens: "nous sommes un pays démocratique et tolérant et nous devons respecter chaque personne comme elle est".

Dans l'opposition de centre-gauche, la dirigeante Tzipi Livni a souhaité que les meurtres de Tel Aviv "réveillent la société pour qu'elle se débarrasse des préjugés et reconnaisse le droit de chaque personne à vivre dans la sécurité et la dignité".

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a assuré que la ville "continuerait accueillir la communauté gay et lesbienne". Mike Hamel, qui dirige Aguda, l'organisation israélienne LGBT, a quant à lui accusé le parti Shas d'alimenter la haine homophobe.