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jeudi 7 août 2008

Chine: les lesbiennes et les gays toujours au placard

"Ni approbation, ni désapprobation, ni promotion": on peut résumer ainsi l'attitude des autorités chinoises envers les gays et lesbiennes. Pendant que Pékin accueille les Jeux olympiques 2008, la plupart des "tongzhi" se cachent encore.

Si la Chine ne persécute plus systématiquement les homosexuels comme au temps de la Révolution culturelle, il n'est pas facile d'être lesbienne ou gay dans une société qui reste très conservatrice et avec un gouvernement qui ne veut tout simplement pas entendre parler des droits des homosexuels.


Selon le chercheur chinois Zhang Beichuan, cité par Human Rights Watch en 2005, 38% des lesbiennes et gays ont subi des violences physiques ou verbales en raison de leur orientation sexuelle. Et ceux qui osent vivre ouvertement leur homosexualité sont confrontés à la pression de leur famille et au harcèlement de la police: descentes dans les bars homos, courts séjours en prison ou amendes, l'homophobie ordinaire.

En revanche, les longs séjours de rééducation pour "hooliganisme", se font rares. Car dans ce domaine-là aussi, la Chine s'ouvre. Un peu. La sodomie n'y est plus un crime depuis 1997, et l'homosexualité plus une maladie mentale depuis 2001.
Le mariage gay fait même l'objet de débats publics. Plusieurs propositions en ce sens ont été soumises au Comité national de la conférence politique consultative du peuple chinois (CPPCC), sans succès jusque-là. L'université Fudan de Shanghaï a quant à elle créé un cours sur les questions de santé homosexuelles en 2003; un autre portant sur l'homosexualité et la culture gay remporte un grand succès auprès des étudiants depuis 2005.
Le guide Utopia répertorie des lieux gays et lesbiens dans pas moins de 45 villes chinoises: associations, bars, boîtes, librairies, spas, restaurants...

Mais Pékin n'en est encore pas à promouvoir les droits des gays: il n'existe en Chine aucune loi contre l'homophobie et les autorités n'aiment guère les manifestations d'affirmation d'une "fierté" homosexuelle. En décembre 2005, le premier "Festival de culture gay et lesbien de Pékin", organisé dans un bar, a ainsi avorté après une descente de police. Prétexte avancé: il violait les lois sur la liberté d'expression et de rassemblement.

Internet reste de fait le principal vecteur d'information et de socialisation pour les gays et les lesbiennes, même si les sites qui se sont créés ces dernières années sont encore régulièrement fermés par les autorités.

Et alors même que les cinéastes chinois évoquent volontiers l'homosexualité féminine, comme dans "Les Filles du botaniste" (2006), de Dai Sijie, la censure de Pékin frappe régulièrement ceux qui osent aborder ce sujet sensible. C'est donc seulement sous le manteau que les homosexuels chinois ont pu voir "Le Secret de Brokeback Mountain", censuré en Chine malgré les suppliques du réalisateur taïwanais Ang Lee. - Un site de lesbiennes chinoises:
http://www.stormpages.com/lpsister/

- Un article de Douglas Ireland pour Bakchich.info sur les rafles pré-JO de Pékin: http://www.bakchich.info/article3262.html
- Un article de Xiao Long pour Bakchich.info sur les lesbiennes chinoises qui se rebiffent: http://www.bakchich.info/article4278.html

Britney Spears en lesbienne pour Tarantino: le dementi

Britney Spears a beau avoir embrassé Madonna, elle ne jouera pas les strip-teaseuses lesbiennes pour Quentin Tarantino. "Elle se concentre pour l'instant sur l'enregistrement de son prochain album", explique son agent à l'émission "Access Hollywood" de NBC. Un proche du réalisateur dément également.
Apparemment, l'info du "Daily Telegraph" n'était que de la (pulp) fiction.

Le quotidien britannique prédisait le retour de Britney Spears sur le grand écran dans un remake de "Faster Pussycat! Kill! Kill!” (1965), citant une source selon laquelle "Quentin est convaincu que Britney sera brillante" et la jeune femme "est ravie".

L'agence de Britney Spears a apporté un cinglant démenti en déclarant à Access Hollywood: "Bien qu'elle ait fermement l'intention d'explorer la possibilité de jouer des rôles, (Britney) se concentre pour l'instant sur l'enregistrement de son prochain album." Et "une source proche de Quentin Tarantino" de fermer le ban: "Il n'y a rien de vrai dans tout ça."

mardi 5 août 2008

Les malheurs d'EDVIGE: plus de 70.000 NON!

La pétition "Non à EDVIGE" a déjà recueilli plus de 71.000 signatures, dont celles de 595 organisations, depuis son lancement le 10 juillet 2008. Les signataires, dont beaucoup de lesbiennes et gays, exigent l'abandon du nouveau fichier du ministère de l'Intérieur qui permet de mentionner l'homosexualité des personnes visées.

Malgré la torpeur estivale, les politiques montent au créneau et c'est une avalanche de recours qui devrait tomber sur le Conseil d'Etat: Jean-Luc Romero (Aujourd'hui autrement), Corinne Lepage (Cap 21) et Etienne Tête, adjoint (Vert) au maire de Lyon, ont annoncé leur intention de saisir la plus haute juridiction administrative de France contre EDVIGE.


Corine Lepage, vice-présidente du MoDem, s'étonne d'ailleurs "du silence des politiques, pourtant visés par EDVIGE, dès le 1er article qui fiche tous les élus de France". "Il n'y a aucune précision sur les conditions d'utilisation de ce fichier. On ouvre la porte à toutes les dérives possibles", accuse-t-elle dans un entretien au quotidien régional "L'Indépendant" (02/08/2008). "Et s'il faut aller à la Cour européenne des droits de l'Homme, j'irai", prévient Corinne Lepage.

- Les précédents articles de LToutes sur EDVIGE: EDVIGE: Gaylib et la CFDT disent non (22/07/2008); EDVIGE: les associations saisissent la HALDE (17/07/2008); Tou(te)s contre EDVIGE (13/07/2008); EDVIGE est trop curieuse (10/07/2008)

lundi 4 août 2008

Canada: Facebook aide les demandeurs d'asile homos

Les lesbiennes et gays persécutés dans leur pays peuvent se servir de Facebook pour prouver leur homosexualité et demander l'asile au Canada, rapporte la Presse canadienne (04/08/2008). Tous les moyens sont bons lorsqu'il s'agit d'une question de vie ou de mort, souligne Diego Macias, du groupe d'aide aux réfugiés homos Among Friends, à Toronto.
Le Canada considère comme des motifs valables de demande de droit d'asile les persécutions subies ou redoutées en raison de la race, la religion, les opinions politiques, la nationalité ou de l'appartenance à un certain groupe social, "comme les femmes ou les personnes ayant une orientation sexuelle particulière".

samedi 2 août 2008

Italie: la veuve d'une lesbienne indemnisée

En Italie, la compagne d'une femme morte d'une erreur médicale va être indemnisée par l'hôpital en tant que veuve de la victime. L'assurance a admis qu'il s'agissait d'un vrai couple, uni depuis vingt ans.

"La société précède la politique et s'adapte à la réalité", constate Aurelio Mancuso, président de l'association gaie et lesbienne Arcigay. Il n'existe toujours ni PACS, ni mariage homosexuel en Italie.

L'affaire de ce couple de lesbiennes n'est pas allée en justice et serait passée inaperçue si le cabinet d'avocats qui a obtenu gain de cause pour la veuve ne l'avait signalée à ArciGay.

L'assurance de l'hôpital a estimé qu'il existait au sein de ce couple milanais "une communion morale et patrimoniale" et que c'était l'"essentiel pour considérer deux personnes comme des conjoints ayant droit à une indemnisation", précise Aurelio Mancuso.

Heather Matarazzo va épouser Carolyn Murphy

L'actrice Heather Matarazzo, que les lesbiennes ont pu apercevoir dans la saison 4 de "L Word", s'est fiancée à Carolyn Murphy.

Matarazzo, 25 ans, qui affiche ouvertement son homosexualité depuis 2004 (voir l'interview d'AfterEllen), est devenue célèbre avec le film "Bienvenue dans l'âge ingrat" en 1996. Dans "L Word", elle incarne une journaliste lesbienne du magazine "Curve".

L'attachée de presse de Matarazzo a expliqué au site people E! Online que les deux femmes, ensemble depuis plus d'un an, avaient décidé de profiter de la récente légalisation du mariage homosexuel en Californie. Félicitations.

vendredi 1 août 2008

Haïti: Michèle Pierre Louis Première ministre malgré les rumeurs lesbophobes


En Haïti, il ne faut surtout pas être lesbienne pour devenir Première ministre. Michèle Duvivier Pierre-Louis a dû intervenir à la radio locale pour démentir les rumeurs qui la disait homosexuelle et être enfin confirmée à ce poste le 31 juillet 2008.

Sur les 18 sénateurs présents au moment du vote, 12 ont voté pour et 5 se sont abstenus. Malgré une virulente campagne lesbophobe partie d'Internet, Michèle Pierre-Louis devient ainsi, à 61 ans, la deuxième femme Première ministre d'Haïti.
Mais l'élue du président René Préval a dû se battre pour obtenir sa confirmation.

Alors qu'une pétition d'intellectuels dénonçait ces attaques homophobes, les églises montaient au créneau pour s'interroger sur la "moralité" de la future Première ministre.

"J'ai déjà dit qu'il s'agissait de calomnies et de mensonges", a finalement déclaré Michèle Pierre-Louis sur Radio Caraïbes. "J'espère que ce débat sera clos et qu'on va passer aux choses sérieuses." Ce n'est qu'après avoir reçu ces assurances que les sénateurs ont donné leur feu vert.


- Voir aussi les précédents articles de LToutes: Haïti: sexisme et lesbophobie contre la Première ministre désignée.

jeudi 31 juillet 2008

Le Massachusetts ouvre le mariage à tous les homos

Tous les homosexuels américains pourront désormais se marier dans le Massachusetts, selon le "Boston Globe".

Cet Etat de l'est des Etats-Unis a abrogé jeudi 31 juillet 2008 une loi de 1913 qui interdisait de marier des couples dont l'union ne serait pas reconnue dans leur Etat de résidence. Le Massachusetts avait été précédé par la Californie, le seul autre Etat ayant légalisé le mariage de couples lesbiens ou gays. L'opposition dénonce un futur "Las Vegas du mariage gay".

L'abrogation de la loi de 1913, qui visait à l'origine les couples mixtes, "confirme une vérité toute simple: dans le Massachusetts, égal veut dire égal", a lancé le gouverneur démocrate Deval Patrick en signant le texte, sous les applaudissements des militants pour les droits des homosexuels ainsi que des élus du Congrès. Et le gouverneur cité par le "Boston Globe" d'ajouter, puisqu'il fêtait justement ses 52 ans jeudi: "C'est un superbe cadeau d'anniversaire."

- Voir les précédents articles de LToutes sur le mariage gay et lesbien: "Un pas de plus pour le mariage homo" (30/07/2008); "Mariage homo: le Massachusetts veut ouvrir ses frontières" (20/07/2008).

mercredi 30 juillet 2008

Un couple de lesbiennes accouche de quadruplés



Karen Wesolowski et Martha Padgett rêvaient d’avoir un enfant ensemble. Finalement, elles en ont eu quatre: un garçon et une fille chacune, deux paires de faux jumeaux nés à 22 heures d’écart.

Les quadruplés de ce couple lesbien de Riverside, en Californie, sont techniquement bien frères et sœurs, puisque tous conçus avec des ovules de Martha Padgett et le sperme d’un donneur. Deux embryons ont ensuite été implantés dans l’utérus de chacune des deux femmes.

Karen Wesolowski et Martha Padgett voulaient juste augmenter leurs chances d’avoir un enfant. Ces femmes en couple depuis neuf ans essayaient en vain depuis trois ans.

"Mon horloge biologique tournait", explique Karen, 42 ans, au quotidien britannique "
Daily Mail" daté du 29 jullet 2008. "Nous avions tout essayé et dépensé des dizaines de milliers de dollars. Alors quand Martha m’a dit que nous devrions nous faire implanter toutes les deux ses ovules, je me suis dit 'Pourquoi pas?'"

Une fécondation in vitro (FIV), "c’est très, très cher", souligne Martha, une infirmière de 38 ans, déjà mère d’une fille de 10 ans, Julia, née d‘un précédent mariage. "C’est 15.000 dollars (9.600 euros) à chaque fois et nous avions déjà essayé cinq fois."

Le médecin du couple lesbien a d’ailleurs estimé que la double implantation "était justifiée, vu notre âge et nos précédents essais", raconte Martha. Mais quand il "nous a dit que nous étions toutes les deux enceintes… on pouvait à peine se contenir!"

"Le médecin nous a alors expliqué qu’un des jumeaux mourait souvent pour permettre le développement de l’autre", poursuit Martha. Mais pas toujours. "Quand nous avons entendu quatre cœurs battre, nous nous sommes dit: mon Dieu! Nous allons avoir des quadruplés! Nous ne pouvions pas y croire". Mais "nous étions allées trop loin pour faire marche arrière".

Martha a donc donné naissance à Sophia et Alex, et Karen, 22 heures plus tard, à Andrew et Sienna. "Notre famille est complète", conclut Karen.

USA: un pas de plus pour le mariage homo

Tous les couples homos américains devraient bientôt pouvoir se marier dans le Massachusetts, où le mariage entre personnes du même sexe est légal depuis 2004. Le gouverneur démocrate compte donner son accord formel dès que possible.

Comme le Sénat au début du mois, la chambre basse du Congrès régional a voté ce mardi 29 juillet 2008 l'abrogation d'une loi de 1913 qui empêchait le Massachusetts d'unir des couples venant d'Etats où leur mariage ne serait pas légal. Or aux Etats-Unis le mariage homosexuel n'est légal que dans le Massachusetts et en Californie.

Le texte doit encore effectuer une navette de pure forme aux deux chambres du Parlement avant d'atterrir sur le bureau du gouverneur. Et sa portée au plan national est surtout symbolique.

- Lire aussi sur LToutes:
Mariage homo: le Massachusetts veut ouvrir ses frontières (15/07/2008)

mardi 29 juillet 2008

Festival Divers Cité 2008: Montréal très gay



Le 16e Festival de la fête gaie, lesbienne, bisexuelle, travestie et transexuelle de Montréal, Divers Cité, se déroule du 29 juillet au 3 août 2008. Cette année la couleur est latino.


Au programme: journées thématiques avec activités et concert, et bien sûr spectacles jazz, blues, rock et pop, shows de drag queens, techno, house, électro, latine et alternatif. Le tout gratuit et en plein air, avec en bonus cinéma et expo photo. Divers Cité dit avoir accueilli plus de 135.000 spectateurs en 2007.

Le Festival Divers Cité ouvre la voie à la Gay Pride, qui s'emparera de Montréal du 14 au 17 août 2008. Le thème cette année: "Place au cirque"!

samedi 26 juillet 2008

Pub homophobe: Mars et Nike reculent

Nike va retirer trois publicités soupçonnées d'homophobie. Le fabricant américain a souligné dans un communiqué vendredi 25 juillet 2008 que des organisations homosexuelles le soutenaient et qu'il défendait traditionnellement la diversité parmi les sportifs, mais il a préféré calmer les esprits.
La veille, Mars renonçait lui aussi à des spots homophobes dénoncés par des associations gay et lesbiennes.


Les trois spots de l'agence Wieden+Kennedy pour Nike étaient intitulés "That Ain't Right", "Isn't That Cute" et "Punks Jump Up". "Punks Jump Up" (To Get The Beat Down) se trouve être le titre d'une chanson homophobe du groupe de rap Brand Nubian (1992). L'une des vidéos montre un dunk où un joueur se retrouve le nez dans l'entrejambe de son adversaire, avec ce commentaire: "C'est pas bien".

Nike a expliqué que son intention n'était "pas de choquer" mais de montrer le match "vu de l'intérieur". Il a d'ailleurs obtenu le soutien du site gay Outsports.com.

Quelques heures avant Nike, c'est Mars qui retirait une série de publicités pour Snickers diffusées pendant le Super Bowl, le plus grand événement sportif américain.

On y voyait deux hommes s'embrasser par erreur en dévorant la même barre chocolatée, puis s'efforçant "de faire vite un truc de mec", en l'occurrence de boire de l'huile de vidange puis se bastonner.

Dans un autre spot, Mister T. mitraillait de Snickers un coureur à la démarche trop peu virile en lançant: "Get some nuts!" ("Aie des couilles"). Le site Web associé à la campagne montrait des joueurs dégoûtés par ces baisers. Les pubs ont été supprimées, le site expurgé par Mars... Et ça repart.

vendredi 25 juillet 2008

Le calvaire des lesbiennes au travail


La lesbophobie au travail

Deux tiers des lesbiennes préfèrent cacher leur homosexualité sur leur lieu de travail, selon une enquête récemment publiée par L'Autre cercle. Et on les comprend: dans une étude rendue publique en juillet 2008, Vanessa Watremez décrit le calvaire d'une quarantaine de femmes, dans toute la France et dans tous les milieux professionnels, qui ont accepté de témoigner sous le couvert de l'anonymat.

"L'homophobie, j'ai déjà lu des choses là-dessus, mais quand on le vit, c'est autre chose...", résume Marion (tous les prénoms ont été modifiés), assistante dans un service de propriété industrielle.

Cruelle réalité

La réalité est souvent crue. "Alors comment s'est passée la nuit? Tu as passé la nuit avec combien de filles? Elles ont quel âge?", lançaient par exemple régulièrement ses collègues à Deborah, employée au service de sécurité des bagages d'un aéroport.
Et lorsque Nathalie, policière, croisait son chef, elle avait invariablement droit à: "Quand est-ce qu'on baise? Parce qu'il faut que je te remette dans le droit chemin!".
Ces attaques dégénèrent rapidement quand une femme ose progresser dans la hiérarchie. "Une lesbienne à un poste subalterne est à sa place, une lesbienne ayant autorité et ayant du pouvoir n'est pas à sa place", constate Vanessa Watremez.

"Elle est où la grosse gouine?"

C'est le cas de Stéphanie, promue responsable de rayon dans un grand magasin. Résultat: quand un collègue la "cherchait dans les rayons, il lançait à haute voix, devant tout le monde, clients y compris: 'Elle est où la grosse gouine?'", raconte-t-elle. La situation tourne vite au "lynchage". "On a un dossier épais sur toi. Tu ne finiras pas l'année (...) On va te faire craquer! On ne veut pas d'une gouine comme toi au sein de notre entreprise", la prévient de but en blanc un responsable du magasin. Stéphanie mettra un an à craquer.
Pour Solange aussi, c'est une promotion qui a fait empirer la situation. "Cela a commencé à être dur", confie-t-elle. Très dur, même: les pneus de sa voiture sont crevés, puis viennent les menaces de viol. Un matin, elle trouve un paquet-cadeau sur son bureau. C'est un vibromasseur, accompagné d'un mot: "On va t'apprendre ce que c'est". "Tout le groupe s'était cotisé", soupire-t-elle.
Dans ces cas-là, la solidarité féminine n'est qu'un leurre: "Je suis contre ce qu'ils te font, mais je ne vais pas mettre ma place en jeu pour toi, je vais mentir, je vais t'enfoncer", explique à Stéphanie une de ses collègues au grand magasin.


Plus globalement, les autres femmes se méfient des lesbiennes. Quand Deborah veut aider une collègue victime d'un accident du travail, elle est repoussée: "Je voyais qu'elle souffrait, mais elle n'acceptait pas que je la touche...". "J'ai l'impression qu'elles craignaient de trop s'approcher par peur des ragots", confirme Chantal, ingénieure dans une entreprise de chimie anglo-saxonne.

Etre "normale"

Dans ce contexte, "celles qui parviennent à faire cesser les discriminations sont celles qui parviennent à montrer des signes de 'normalité': tenue féminine, PACS, enfants", souligne Vanessa Watremez.
"Je me contrains tout le temps physiquement. J'adapte ma gestuelle à celle d'une femme...", reconnaît Chantal, l'ingénieure. "Je crois que c'est l'envie de me conformer à ce qu'on attend de moi en tant que femme, et d'éviter la suspicion sur le fait que je sois vraiment une femme ou un homme." "Du coup, je n'étais jamais réellement moi."
"Je vis dans un pavillon, avec une femme depuis 15 ans, j'ai une vie pépère, par rapport à eux (les salariés), c'est plus facile", explique Claude, PDGère d'une entreprise de chauffage et dépannage. "Quand j'avais une copine qui venait me chercher à moto, ça faisait jaser, j'étais provocante (...) Je montrais réellement qui j'étais à ce moment-là. Ca les gênait." Désormais, "je ne raconte pas que je vais dans des associations, par contre je dis toujours 'mon chien, mes vacances, ma maison'"...
Pour Nathalie, la policière, la situation s'est brusquement améliorée quand elle est tombée enceinte: "Etonnamment, les collègues (hétéros hommes et femmes) se sont rapprochés de moi", témoigne-t-elle. Ils semblaient "satisfaits de voir qu'un homosexuel était capable de s'intégrer dans la société, d'avoir un parcours, on va dire, ce qu'ils appellent 'normal'. (...) L'enfant, ça représente la famille. C'est vraiment intégré socialement."


Mais quand des lesbiennes travaillent avec des enfants, elles sont parfois accusées de prosélytisme ou d'abus sexuel."Simplement, quelqu'un de malsain s'en est servi à un moment donné parce que c'était mon point faible, qu'il pouvait attaquer", explique Laure, animatrice d'ateliers d'écriture dans un lycée privé. Après le dépôt d'une plainte par la mère d'une élève, elle doit se justifier au commissariat. "L'inspecteur m'a dit: 'c'est une histoire ridicule'". Pourtant, aujourd'hui encore, certains professeurs s'insurgent contre le fait qu'elle accompagne des voyages extrascolaires.
Viviane, animatrice à la mairie auprès des enfants, a eu le tort de participer à une émission de télévision en tant que lesbienne. Quelques jours plus tard, la mairie la mute dans un autre service, loin des enfants: "C'était pour sécuriser les familles", explique-t-elle. Sous-entendu: une lesbienne n'est pas un modèle positif pour les enfants et elle peut éventuellement être dangereuse.

Invisibles


Il n'est guère étonnant dans ces conditions qu'une lesbienne y réfléchisse à deux fois avant de faire son coming-out sur son lieu de travail. Mais vivre cachée, comme l'ont choisi deux tiers d'entre elles, cela ne signifie pas pour autant vivre heureuse. C'est juste une autre forme de discrimination, souligne Vanessa Watremez.
L'invisibilité, "c'est probablement l'expérience la mieux partagée par les lesbiennes au travail", constate la chercheuse. "Etre lesbienne, c'est ne pas exister ou prendre le risque de s'exposer à des discriminations et violences".
Pour rester cachées, les lesbiennes "mettent en place toutes sortes de stratégies: l'autocensure, l'utilisation de pronoms neutres, le glissement des conversations vers d'autres aspects de la vie...", détaille Vanessa Watremez, la "stratégie la plus courante" étant "l'utilisation de pronoms neutres: ne pas dire par omission, pour ne pas avoir à mentir".
Et ces stratégies deviennent des réflexes. "J'ai fini par prendre le rythme, je parle beaucoup, de tout et de rien, finalement ça n'a rien d'intime, mais je raconte plein de trucs", témoigne Julie, architecte d'intérieur dans un bureau d'études.
"J'ai toujours été impressionnée par la manière dont le cerveau s'adapte à l'homophobie", raconte Sophie, médecin. "M'entendre en vitesse réelle sortir des phrases qui ne permettent aucune interprétation de genre, être capable de dire 'mon ami(e)', je n'ai JAMAIS fait une seule gaffe avec ça. Quand on ne veut pas en faire, on n'en fait pas. Les phrases sortent comme ça, il n'y a aucun pronom qui sort".
Mais cela n'est pas sans conséquences humaines: "J'ai rencontré pas mal de collègues avec qui ça se passait plutôt bien, mais je n'ai jamais gardé le contact, parce qu'il y avait cette barrière", regrette Dominique, professeure de français.
L'image de soi en souffre aussi. "Je n'avais plus 20 ans, je pensais m'assumer et là, je me rends compte concrètement que je ne m'assume pas", lâche Sonia, ouvrière. Annabelle, musicienne et intervenante en milieu scolaire, confirme: "Je renie une part de moi-même. Et en même temps, c'est pour moi hors de question, c'est vraiment une histoire de survie..."
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- Vanessa Watremez est doctorante en travail social à l'université Laval de Québec et présidente de l'association "Air Libre" de recherche, intervention et lutte contre la violence dans les relations lesbiennes et à l'égard des lesbiennes.
- Cette étude a été réalisé en 2007 dans le cadre d'un projet européen -Deledios- contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle au travail, dont la France, la Lituanie, la Slovénie et la Suède sont partenaires

mercredi 23 juillet 2008

Une "Showgirl" dans "LWord"

Elizabeth Berkley flirtait déjà avec une lesbienne dans "Showgirls", désormais elle entre dans le "L Word". Selon "Entertainment Weekly", l'actrice rejoindra l'équipe de "L Word" pour la sixième et dernière saison de la série, diffusée aux Etats-Unis à partir de janvier 2009. Berkley incarnera une hétérote qui a connu Bette (Jennifer Beals) à l'université.

Cerise sur le gâteau: les deux femmes sont déjà copines dans la vraie vie, comme le montre la vidéo filmée lorsqu'elles tournaient ensemble dans le film "Rodger Dodger".

Les lesbiennes gagnent contre les Lesbiens

Non, les lesbiennes ne sont pas uniquement les habitantes de Lesbos. C'est ce qu'a très officiellement réaffirmé un tribunal grec le 22 juillet 2008. Tant pis pour les trois habitants de l'île de Lesbos qui voulaient empêcher une association de s'appeler "Communauté homosexuelle et lesbienne de Grèce".

L'un de ces îliens considérait l'utilisation du mot "lesbienne" comme "une "insulte à l'identité" des habitants de Lesbos, également connus sous le nom de... Lesbiens.

Mais le tribunal a constaté que le terme était "internationalement reconnu" et considéré comme "non insultant".





Lesbos, foyer de la poétesse antique Sappho qui célébrait l'amour entre les femmes, est un peu la patrie des lesbiennes du monde entier.