La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a statué contre une famille homoparentale. Saisie par un couple lesbien qui s'était vu refuser par la justice française l'adoption simple de la fillette du couple par sa mère sociale, elle a estimé qu'il n'y avait pas discrimination.
"Perdu, CEDH estime qu'il y a pas de discrim. Now pour changer la Loi, faut changer de President. Que les 3,5 millions d'homos votent a gauche", a immédiatement réagi sur Twitter l'avocate du couple, Me Caroline Mécary, par ailleurs conseillère régionale Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en Ile-de-France.
Nathalie D. avait donné naissance à A. en 2000, à la suite d'une insémination artifielle réalisée en Belgique avec donneur anonyme, dans le cadre de son couple avec Valérie G., avec qui elle vivait depuis 1989 et s'est pascée en 2002. En 2006, le tribunal a rejeté la demande d'adoption simple de la petite A. par sa mère sociale, en faisant valoir que cette mesure priverait la mère biologique de tout droit sur son enfant. La décision a été confirmée en appel.
La CEDH a botté en touche le 15 mars 2012: elle estime qu'il n'y a pas discrimination fondée sur l'orientation sexuelle des deux femmes "puisque les couples hétérosexuels pacsés se voient également refuser les adoptions simples".
A cette différence près que les couples hétérosuels peuvent, eux, se marier et obtenir le partage de l'autorité parentale entre le parent d'origine et l'adoptant. D'où la conclusion de Me Mécary: la solution réside dans l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels.
La moitié (51%) des Français sont favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, contre 46% en 2005, selon un sondage Ifop pour "Femme actuelle" et "Enfant Magazine". Ils restent réticents à parler de "famille" dans ce cas 48%) ou dans celui des couples gays et lesbiens élevant des enfants issus de précédentes unions (50%), mais on mesure le chemin parcouru par rapport aux 24% d'acceptation de 1998.
On note cependant que l'Ifop estimait que 58% des Français étaient favorables à l'adoption par les couples homosexuels en juin 2011 dans une autre enquête réalisée pour "Ouest-France Dimanche" (cf LToutes). Les femmes de moins de 35 ans, sans pratique religieuse et de gauche se montrent les plus progressistes en la matière.
Autre enseignement du sondage pour "Femme actuelle": 83% des Français sont d'accord pour un statut du beau-parent, auquel Nicolas Sarkozy a renoncé devant la levée de boucliers de sa droite. Le président sortant s'oppose également au mariage des homosexuels, qui fait partie, avec l'adoption, des promesses du candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande.
(Sondage réalisé du 13 au 17 janvier 2012 par questionnaire auto-administré en ligne auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée d'au moins 18 ans, sélectionné selon la méthode des quotas; marge d'erreur d'environ plus ou moins 3 points sur l'adoption, 2,5 pour le statut du beau-parent)
Le mariage est désormais légal pour les couples homosexuels au Maryland, huitième Etat des USA à adopter cette mesure. Le gouverneur a promulgué la loi mais les opposants au mariage pour tous comptent obtenir un référendum d'abrogation en novembre prochain.
"Nous sommes le Maryland uni et chacun de nous, en fin de compte, veut la même chose pour ses enfants: qu'ils vivent dans un foyer aimant, stable, sérieux, protégés de façon égale par la loi", a déclaré le gouverneur Martin O’Malley. "La bonne voie se trouve toujours dans le plus grand respect de l'égalité des droits pour tous, dans la dignité humaine pour tous", a-t-il ajouté.
Le combat des organisations LGBT est cependant loin d'être terminé car les opposants au mariage gay espèrent soumettre la légalisation à un référendum en novembre prochain pour obtenir l'abrogation du texte dans le Maryland (nord-est des Etats-Unis), comme cela a été le cas en Californie et dans le Maine il y a quelques années.
Le mariage homosexuel est légal dans les Etats du Maryland, de Washington, du Massachusetts, du Connecticut, de l'Iowa, du New Hampshire, du Vermont et de New York ainsi qu'à Washington D.C., la capitale fédérale des Etats-Unis.
Laurel Holloman a acquis la célébrité en incarnant Tina dans The L Word, mais elle est revenue depuis à ses premières amours: la peinture et la sculpture. Elle exposera une quinzaine d'oeuvres à Paris du 3 au 21 avril.
Holloman précise sur Twitter que les peintures exposées sont déjà quasiment toutes vendues mais qu'elle pourrait proposer des reproductions à la vente. "J'essaierai d'être là la première semaine", ajoute-t-elle. Les fans de Tina aussi, à n'en pas douter.
- Exposition Laurel Holloman: mairie du Ve arrondissement de Paris, face au Panthéon. Du 3 au 21 avril 2012 (pas encore affiché sur le site de la mairie).
Christian Vanneste va-t-il se présenter en indépendant contre le nouveau candidat UMP aux législatives de juin? Le député du Nord, qui a perdu l'investiture et frôlé l'exclusion pour ses derniers propos aux relents homophobes, n'exclut pas cette possiblité. Il l'avait fait en 2007 mais l'UMP ne lui avait opposé de candidat.
Interrogé sur son éventuelle candidature indépendante, Vanneste répond à France-Soir: "C'est possible, je n'ai pas encore pris ma décision." Il joue aussi le suspens sur son départ de l'UMP, qu'il a pourtant annoncé en fanfare dans la journée, en écrivant sur son blog que les derniers développements lui "font aujourd’hui très sérieusement envisager de quitter un parti qui n'a strictement plus rien à voir" avec le RPR qu'il a intégré en 1977.
Le cas Vanneste s'avère particulièrement épineux pour l'UMP, à l'heure où le candidat-président Nicolas Sarkozy fait de l'oeil aux plus conservateurs de sa majorité en rejetant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, tout en assurant qu'il a l'homophobie "en horreur" (voir article LToutes).
Résultat: une semaine après avoir quasiment promis l'exclusion de Christian Vanneste devant le tollé déclenché par ses propos sur la "fameuse légende" de la déportation des homosexuels français pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir article LToutes), le patron de l'UMP, Jean-François Copé, suspend la procédure quand le député promet de partir de lui-même.
"A partir du moment où il se retire de l'UMP, on ne va pas enclencher une procédure. Si jamais il apparaissait que, d'ici quelques semaines, il ne s'est toujours pas retiré de l'UMP, ben, on en tirera les conséquences, voilà", déclare Copé.
De son côté, Vanneste dénonce "un harcèlement systématique de la part du lobby gay" et le "prosélytisme homosexuel" de GayLib au sein de l'UMP, rappelant que la Cour de cassation a cassé sa condamnation pour homophobie fin 2008.
"On a cherché à faire croire que j'avais nié la déportation (des homosexuels français), alors que j'avais seulement limité celle-ci à son cadre réel, déjà évidemment inexcusable", écrit-il sur son blog, rejetant le terme de "négationnisme". Mais il est bien le seul à parler d'une déportation massive d'homosexuels français, comme l'expliquait encore récemment l'historien Mickaël Bertrand. Cette "fameuse légende", c'est lui qui l'invente.
On savait Nicolas Sarkozy-le-candidat opposé au mariage des couples homosexuels, mais parler de "mode du moment" lui permet d'enfoncer le clou auprès de l'aile la plus conservatrice de la droite. Celle qui n'a pas forcément digéré ses mariages et divorces à répétition et son côté bling-bling.
"La famille, le mariage restent des repères, restent des références profondément ancrés dans notre conscience collective et qui font partie de notre identité. Nous ne voulons pas que l'on sacrifie notre identité à la mode du moment", a lancé Sarkozy lors du meeting du 19 février 2012 à Marseille.
La charge fait mal aux défenseurs de l'égalité des droits et du mariage pour tous, mais elle ne doit pas surprendre dans le contexte de la droitisation de la campagne Sarkozy, d'autant plus que sa déclaration de candidature ne l'a pas fait remonter dans les sondages sur la présidentielle.
Toujours dominé par François Hollande et menacé par Marine Le Pen, Sarkozy veut ratisser un électorat vieillissant mais fidèle, attaché aux valeurs traditionnelles, et qui se moque bien qu'une majorité de Français soient favorables au mariage des homosexuels. Car l'enjeu pour Sarkozy, c'est précisément de ne pas passer de mode.
Fans de Shane-de-L Word, accrochez-vous: Kate Moennig pourrait bien jouer un rôle de lesbienne dans une nouvelle série policière intitulée "Ray Donovan"!
D'après les sites TVLine.com et AfterEllen.com, la serial loveuse de L Word interprète Lena, une jeune femme décrite dans l'épisode pilote comme un personnage "sombre, intense", numéro deux de l'enquêteur vedette. Le duo doit résoudre des affaires "compliquées, confidentielles et sujettes à controverse" chez les puissants et les célébrités d'Hollywood/Los Angeles. Le tournage commencerait au printemps.
Un extrait du script du pilote cité par AfterEllen donne une idée du personnage de Lena/Kate Moennig. Ray Donovan (Liev Schreiber) vient d'appeler Lena chez elle au téléphone:
"(Elle raccroche, se tourne vers la jeune femme dans le lit avec elle).
Lena: Je dois y aller. Habille-toi."
Si ça, ça ne vous rappelle un peu Shane dans L Word... On a aussi pu voir Kate Moennig dans plusieurs films et autres séries récemment, notamment en tatoueuse draguant la soeur de "Dexter", Debra (Jennifer Carpenter).
Nicolas Sarkozy a pris toutes ses distances avec un Christian Vanneste mercredi (15/02/2012). "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a déclaré le président après avoir officialisé sa candidature pour un second mandat de cinq ans à l'Elysée.
"On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas", a ajouté Sarkozy, réagissant à la polémique déclenchée par les propos du député du Nord Christian Vanneste sur la "légende" de la déportation des homosexuels pendant la Deuxième guerre mondiale.
Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a annoncé que Vanneste devrait être exclu du parti présidentiel et perdait son investiture pour les élections législatives de juin à Tourcoing, auxquelles la formation présenterait un autre candidat.
Christian Vanneste fait la quasi unanimité... contre lui. Le député du Nord qui voit dans l'homosexualité une menace pour l'humanité devrait être exclu de l'UMP et perd l'investiture du parti aux législatives pour avoir poussé trop loin le bouchon homophobe, même quand Sarkozy barre à droite pour conserver l'Elysée.
Sarkozy a le soir même (15/02/2012) pris toutes ses distances avec Vanneste, après avoir officialisé sa candidature à un second mandat présidentiel de cinq ans. "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a-t-il lancé. "On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas."
C'est un entretien vidéo au site traditionnaliste chrétien "Liberté Politique" qui a mis en émoi jusqu'au propre camp de Vanneste, y compris son club très conservateur de la Droite populaire, et même le Front national.
Vanneste y dénonce "la fameuse légende de la déportation des homosexuels", faisant valoir qu'"en-dehors des trois départements annexés (par l'Allemagne: Alsace et Moselle), il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France" à l'époque nazie. Et de fustiger la toute-puissance d'un prétendu "lobby gay" qui aurait infiltré les médias et la politique.
Certes, Nicolas Sarkozy s'oppose au mariage homosexuel et à l'adoption pour les couples lesbiens et gays; certes, l'UMP vient d'investir Vanneste alors qu'elle lui avait refusé son label aux législatives de 2007, sans pour autant lui opposer de candidat. Certes, la tentation est grande de chasser sur les terres du FN pour faire barrage au candidat socialiste, François Hollande, favori des sondages.
Mais là, Vanneste a osé "une provocation de trop", a réagi sur Twitter Frank Riester, député-maire UMP de Coulommiers et l'une des étoiles montantes du parti sarkozyste, qui a rendu son homosexualité publique en décembre. "Il faut le virer de l'UMP!", bouillonnait Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement. Chantal Jouanno, sénatrice UMP de Paris, jugeait aussi que "l'UMP ne peut pas rester sans réaction".
Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a tranché: Vanneste devrait être exclu de l'UMP le 22 février et remplacé par un autre candidat à Tourcoing. "Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables", a affirmé Copé.
Emmanuel Blanc, président de GayLib, le cercle de réflexion LGBT à l'UMP, a salué la réaction de Copé. Vanneste est un "multirécidiviste" qui "parle des homosexuels comme on parlait des juifs dans les années 30 (...) Cela n'a pas de place à l'UMP, ce ne sont pas nos valeurs", a-t-il dit sur Europe-1, même si GayLib n'a pas appelé à voter Sarkozy à la présidentielle.
Vanneste ne peut même plus compter sur ses amis: Thierry Mariani, ministre des Transports et co-fondateur de la Droite populaire, juge que "s'en prendre, de manière régulière et outrancière, aux homosexuels est injustifiable et incompatible avec les valeurs de notre famille politique".
"Nous nous désolidarisons totalement" de ces propos, écrivent Mariani et 24 autres membres du club, dont Jacques Myard, qui dénonce pourtant un "lynchage médiatique", et Lionnel Luca, opposé à l'exclusion de Vanneste de l'UMP, selon "Le Monde".
Quant au vice-président du Front national, Louis Aliot, il conseille à Vanneste sur France-2 de relire "un peu ses livres d'histoire".
A gauche, où le mariage homosexuel et l'adoption font officiellement consensus, la porte-parole de François Hollande, Najat Vallaud Belkacem, estime que "Vanneste est un négationniste" qui "déshonore l'Assemblée Nationale, la République, la France". Réagissant avant l'annonce de Copé, elle dénonçait "l'impunité et le silence complice de son camp, de son parti".
En ce qui concerne les faits, seuls sept des 62 Français envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité, réelle ou supposée, ont été arrêtés en zone occupée, selon l'ouvrage collectif "La déportation pour motif d'homosexualité en France" (Editions Mémoire active), dirigé par Mickaël Bertrand. Mais "les homosexuels français pendant l'Occupation ont été persécutés, obligés de se cacher, parfois envoyés en prison ou dans des hôpitaux psychiatriques", a expliqué l'historien sur France-Info.
L'Allemagne nazie considérait les homosexuels comme des "ennemis de l'Etat". Sur les quelque 50.000 personnes condamnées pour ce motif, entre 10.000 et 15.000 ont été envoyées en camp de concentration et très peu ont survécu. Leur histoire est longtemps restée dans l'ombre de celle des résistants et des quelque six millions de juifs tués par les nazis. Le dernier de ces "Triangles roses" connus, Rudolf Brazda, né en Allemagne, est mort en août 2011 en Alsace, à l'âge de 98 ans.
Et de sept. L'Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis, est devenu le septième des Etats-Unis à légaliser le mariage pour tous. Les couples lesbiens ou gays pourront s'y épouser dès juin 2012.
"C'est l'un de mes plus grands moments de fierté en sept ans et quelque de mandat de gouverneur (...) Un jour que les historiens considéreront comme un jalon pour l'égalité des droits", a déclaré Chris Gregoire en promulguant la loi entourée par de nombreux militants pour les droits des LGBT. Mais les opposants au mariage gay s'organisent déjà pour tenter d'obtenir l'interdiction de ces unions par référendum, comme cela a été le cas en Californie et dans le Maine.
Le mariage homosexuel est désormais légal dans les Etats de Washington, du Massachusetts, du Connecticut, de l'Iowa, du New Hampshire, du Vermont et de New York ainsi qu'à Washington D.C., la capitale fédérale des Etats-Unis.
Nicolas Sarkozy n'est "pas favorable" au mariage des couples homosexuels. Cela "ouvrirait la porte à l'adoption" et pourrait "brouiller l'image de cette institution essentielle qu'est le mariage", se justifie le président sortant et candidat présumé à sa propre succession dans un entretien au "Figaro Magazine" daté du 11/02/2012.
L'ouverture du mariage à tous risquerait surtout de fracturer la majorité au pouvoir à quelques encâblures de la présidentielle (22 avril/6 mai 2012). Car à en croire un sondage BVA de janvier pour "Le Parisien"/"Aujourd'hui en France", 51% des sympathisants de droite sont pour le mariage homo, et 44% pour l'adoption, deux mesures inscrites dans le programme présidentiel socialiste.
Toutes tendances politiques confondues, 63% des Français sont d'accord pour que les couples lesbiens et gays se marient (contre 48% en 2000), et 56% également pour qu'ils puissent adopter (28% en 1998).
"Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille", explique Nicolas Sarkozy.
Sarkozy rappelle qu'il avait proposé en 2007 "un contrat d'union civile" (CUC!) mais affirme qu'il était "inconstitutionnel" de le réserver "aux seuls homosexuels" et "aurait porté atteinte à l'institution du mariage". "Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du PACS", insiste-t-il. Son projet de statut du beau-parent a aussi été enterré pour ménager les plus à droite du parti présidentiel.
Comme pour préparer le "non" de Sarkozy au mariage homosexuel, son Premier ministre, François Fillon, réitérait son opposition il y a quelques jours sur France 2, au nom de "la sécurisation des enfants" (*).
A l'heure où François Hollande apparaît comme le favori de la présidentielle dans les sondages, et même si le candidat socialiste a tout sauf déjà gagné la partie, Sarkozy peut être tenté de donner des gages à l'aile la plus réactionnaire de la droite pour chasser sur les terres frontistes. Quitte à investir un Christian Vanneste, pour qui l'homosexualité représente une menace pour l'humanité, aux législatives de juin prochain dans le Nord, alors qu'il avait été jugé trop sulfureux pour porter l'étiquette UMP en 2007.
* Les estimations varient sur le nombre d'enfants de familles homoparentales: de plus de 30.000 selon l'INED (Institut national d'études démographiques), qui reconnaît ne pas disposer des outils adaptés à cette question, à 300.000 selon l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qui tente de prendre en compte des configurations très diverses.
Les homosexuels et bisexuels sont plus ancrés à gauche que la moyenne des Français mais aussi attirés qu'eux par l'extrême droite à l'approche de la présidentielle 2012, selon une note de l'institut IFOP pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Ils sont par ailleurs moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix politiques que leurs concitoyens en général.
Les candidats de gauche attirent la moitié (49,5%) des suffrages des lesbiennes, gays et bi, contre 40,5% chez le reste des Français, et même 53% pour les homosexuels revendiqués, dont un tiers pour François Hollande.
Le président sortant Nicolas Sarkozy et les candidats déclarés de la droite parlementaire comme Dominique de Villepin rassemblent à peine 20% des intentions de vote des homosexuels et 25% de celles des bisexuels, contre 32,5% chez l'ensemble des Français. Au centre, François Bayrou plaît à 9% homos (10%) et bi (8%), contre 6,5% pour l'ensemble des électeurs.
En revanche, 20% des bi et 17% des homos sont attirés par l'extrême droite, pourtant peu réputée pour son homophilie, et Marine Le Pen réalise le même score chez les hétéros (19,5%) que chez les LGBT (19% environ; 20% chez les bi, 17% chez les homos).
L'IFOP estime qu'on compte 3,2 millions de "personnes affirmant une part d'homosexualité" en France, dont 1,5 million d'homos et 1,7 million de bi. D'après l'enquête de l'institut, les lesbiennes, gays et bi représentent 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homos et 3,5% bi): un électorat non négligeable, mesdames et messieurs les politiques...
Le contre-espionnage britannique a réussi son coming out: il vient d'entrer au palmarès des 100 employeurs les plus gay-friendly de Grande-Bretagne établi par Stonewall. Le MI5 avait consulté cette association LGBT il y a quelques années pour recruter des Jane et James Bond homosexuels, dans un effort pour mieux refléter la diversité de la société.
Le MI5, dont LToutes avait évoqué la campagne d'embauche gay, se classe 62e du Top 100 (il était 134e l'an dernier). Le cabinet d'audit et de conseil Ernst & Young (152.000 salariés dans le monde) arrive premier, devant le groupe de fournitures de bureaux Home Office et la banque Barclays.
Le directeur du MI5, Jonathan Evans, a souligné que "le Service de sécurité avait travaillé dur ces dernières années pour promouvoir l'égalité et la diversité dans tous les aspects de son travail". "Nous sommes heureux d'être reconnus par Stonewall mais nous pouvons faire encore plus. Nous continuerons à soutenir le personnel lesbien, gay et bisexuel pour faire du MI5 un lieu de travail vraiment ouvert", a-t-il promis.
Le Stonewall Workplace Equality Index 2012 constitue "un puissant outil qui aide les 1,7 million d'employés et 150.000 étudiants gays de Grande-Bretagne à choisir où porter leur talent et leurs compétences", a affirmé Ben Summerskill, l'un des dirigeants de Stonewall. La liste est dressée sur la base d'un questionnaire confidentiel rempli par plus de 7.500 salariés LGBT.
Soutenir François Bayrou si elle n'obtient pas les 500 parrainages nécessaires pour être dans la course présidentielle: Christine Boutin, très remontée contre Nicolas Sarkozy, y songe sérieusement. Seul "hic", mais il est de taille: le mariage gay et l'ouverture de l'adoption aux homosexuels. La candidate du Parti chrétien-démocrate (PCD) en fait un casus belli: pas question de soutenir un candidat qui y serait favorable. L'alliance avec Bayrou s'annonce donc compliquée. Car au même moment, le candidat du Modem publiait sur son site une tribune favorable à l'homoparentalité.
Longtemps hésitant et ambigu sur la question, François Bayrou, catholique et pratiquant, part désormais du constat que les familles homoparentales "existent". Alors, dire "'l'homoparentalité, c'est affreux'...Excusez-moi, mais c'est la vie de tous les jours !", écrit-il. Quant à autoriser l'adoption par les homosexuels, en tant que président de Conseil général, "je suis moi-même intervenu pour qu'il n'y ait pas de distinction sur le sujet".
Pour François Bayrou, "on ne peut pas dire : 'n'est acceptable que la famille où il y a un papa et une maman'". D'ailleurs, "il y a en France des millions de mamans, toutes seules, qui élèvent leurs enfants. Ne sont-elles pas des mères qui méritent d'être respectées?" Dès lors, il juge "logique et de bon sens" que soient reconnues toutes les deux comme parents "deux personnes élevant des enfants ensemble, les ayant adoptés" ensemble.
De même, il souhaite que le lien du parent non biologique avec un enfant élevé dans le cadre d'une famille homoparentale soit reconnu: "parce que si la personne, la mère généralement, par qui il a été conçu, ou par qui il a été adopté meurt, l'enfant se retrouve orphelin alors qu'il a été élevé par ces deux personnes. Ce n'est pas juste".
Le candidat centriste se prononce même pour l'accès à l'insémination artificielle pour les couples de lesbiennes: aujourd'hui, "il suffit d’aller en Belgique. Alors l’idée qu’une chose serait autorisée et légale là et interdite en France n’est plus de ce temps". En revanche, il se montre plus prudent sur la gestation pour autrui: "c’est très compliqué. J'ai des amis, des couples d’hommes, militants au Modem, qui y ont eu recours", mais "des gens, que je respecte, sont très révulsés par la gestation pour autrui". Toutefois, "il y a des enfants qui naissent de cette manière. Respectons leur vie, et donnons-leur des droits", conclut-il.
Si Bayrou n'est en revanche pas favorable au "mariage" gay -il préfère une "union" qui accorderait aux homosexuels les mêmes droits que les hétérosexuels-, le rapprochement avec Christine Boutin paraît donc pour le moins compromis. En attendant, elle espère toujours pouvoir concourir à la présidentielle sous ses propres couleurs et s'apprête pour cela à partir sur les chemins de Compostelle à la recherche de parrainages d'élus...
Réservez vos places! "Blocus Pocus", l'histoire de deux comédiennes amenées à s'interroger sur leur identité pour incarner un couple de lesbiennes, se jouera du 28 janvier au 5 février 2012 à Paris, au Théo-Théâtre.
Une pièce de Lévy Blancard, avec Lévy Blancard, Caroline Beisbardt et Hope Newhouse, dont LToutes vous parlait tout récemment (Blocus Pocus: troublante identité, 09/12/2011).
Tous les renseignements et des vidéos pour vous mettre l'eau à la bouche se trouvent sur les sites du Théo-Théâtre et de la compagnie des Echantillons.