"Au Cameroun, les personnes lesbiennes, gays ou bisexuelles sont moins bien traitées que les chiens", affirme Sébastien Mandeng, de l'Association pour la défense des droits des homosexuels. C'est ce que montre un rapport publié le 4 novembre par quatre organisations de défense des droits humains (Alternatives-Cameroun, l'Association pour la défense des droits des homosexuels, Human Rights Watch et la Commission internationale pour les droits des gays et lesbiennes).
Basé sur 45 entretiens de victimes, dont 16 femmes, il dénonce les arrestations sur la base de l'article 347 bis du Code pénal qui réprime l'homosexualité, les passages à tabac par la police, les exactions commises dans les prisons, ainsi qu'un climat homophobe général, en particulier au sein des familles.
Les lesbiennes, elles, sont moins souvent arrêtées que les gays. Leur calvaire se déroule essentiellement au sein des familles, où les femmes camerounaises sont étroitement surveillées, au point de voir leur liberté de circulation restreinte. Il suffit au Cameroun de ne pas s'habiller d'une manière "typiquement féminine" pour être montré du doigt. Les insultes sont alors courantes.
Sonia, 31 ans, en a fait l'expérience. "Le fait que je porte un short ou un pantalon me fait souvent passer pour une lesbienne aux yeux des gens. En plus, je joue au football, et au Cameroun, si tu joues au football, pour les gens, c’est que tu es lesbienne. Quand nous jouons, les hommes se rassemblent autour et nous insultent", raconte-t-elle. Etre lesbienne, cela veut dire "la mort dans mon quartier", ajoute-t-elle: "s’ils découvrent que tu es gay, ils te tuent. Ils se doutent que je le suis, mais ils ne peuvent pas le prouver parce que j’ai un fils".
Les femmes soupçonnées d'avoir des rapports sexuels avec des femmes peuvent être accusées de viol ou d'agression sexuelle au sein de leur communauté et risquent de perdre la garde de leurs enfants. C'est ce qui est arrivé à Laure, 34 ans. Sa famille lui a retiré ses trois enfants âgés de 9, 11 et 13 ans. "Je n’avais rien à dire parce que je suis lesbienne. Alors les enfants vivent maintenant avec leurs pères respectifs. Ce jour-là, mon amie et moi avons été jetées à la rue".

Quant à s'adresser à la police... "La police n’écouterait pas une lesbienne", résume Clarisse, 24 ans, victime d'une agression sexuelle. Pire: elle risquerait d'être arrêtée sur le fondement de l’article 347 bis. Dès lors, beaucoup se cachent, voire ont un petit ami comme "couverture".
C'est le cas d'Agnès, 32 ans, qui vit avec sa famille à Yaoundé. "Ce n’est pas que j’en aie envie, mais je suis obligée de coucher avec lui. Je dois montrer à ma famille que je suis avec un homme. C’est aussi pour ça que j’ai fait un enfant. Mon copain m’a déjà demandé à trois reprises si j’étais lesbienne. J’ai toujours nié". Marthe, 30 ans, a aussi un petit ami et une petite amie. "J’aimerais qu’il en soit autrement, j’aimerais pouvoir m’exprimer plus librement mais c’est impossible (...) Je suis avec mon copain depuis quatre ans et avec ma copine depuis deux ans et demi. Mon copain est une couverture (...) Je suis très croyante et dans mon église, ils pensent que c’est de la sorcellerie".
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la Russie à verser 29.510 euros à un militant des droits des homosexuels, pour l'avoir empêché d'organiser le défilé de la Gay Pride à Moscou en 2006, 2007 et 2008, sous des prétextes d'ordre public et moral.
La CEDH a estimé que les refus de la mairie de Moscou, du gouvernement et des tribunaux étaient injustifiés, qu'ils "n'étaient pas nécessaires dans une société démocratique" et que Nikolaï Alexeïev, gay, avait été victime d'une discrimination fondée sur son orientation sexuelle.
"C'est une défaite écrasante de l'homophobie de Russie", s'exclame Alexeyev sur son blog. "Nous proclamons le 21 octobre 2010 Jour de la Libération de la communauté LGBT en Russie", poursuit-il, "désormais, nous célébrerons cette fête chaque année par des actions publiques!"
Alexeïev rappelle que le maire de Moscou, Iouri Loujkov, récemment limogé après 18 ans à la tête de la capitale, avait qualifié la Gay Pride de "satanique" et les homosexuels d'"armes de destruction massive", entre autres gracieusetés. Mais après cette condamnation, le successeur de Loujkov, Sergueï Sobianine, "ne peut pas interdire la sixième Gay Pride à Moscou, prévue pour le mois de mai prochain".
La Cour européenne a souligné que les Gay Prides étaient destinées à "appeler l'attention du public sur la discrimination envers la communauté gay et lesbienne de Russie et à promouvoir la tolérance et le respect des droits de l'Homme" et que le maire de Moscou avait même mobilisé particuliers et organisations religieuses contre la Gay Pride.
La Convention européenne des droits de l'Homme "protège les manifestations non violentes, même celles qui peuvent heurter ou choquer ceux qui ne partagent pas les idées défendues par les manifestants", rappelle la CEDH dans son arrêt, soulignant "qu'il doit être possible de manifester sans crainte d'être agressé physiquement par ses adversaires".
En interdisant les marches au lieu de les protéger, les autorités moscovites "ont en pratique approuvé et soutenu les groupes qui appelaient à perturber les marches pacifiques en violation de la loi et de l'ordre public". Car en réalité, les autorités "étaient principalement guidées par les valeurs morales de la majorité".
La CEDH note que le gouvernement russe a déclaré "que les manifestations de ce type devaient être interdites par principe car la propagande homosexuelle était incompatible avec les doctrines religieuses et la morale publique et risquait de nuire aux enfants et aux adultes qui y étaient exposés".
Pour la Cour européenne, "la société ne peut se positionner sur des questions aussi complexes que celle des droits des homosexuels que par un débat équitable et public", dans lequel s'inscrivent les marches de la Gay Pride.
La Russie dispose de trois mois pour faire appel de la décision de la CEDH.
Leurs organisations les avaient prévenus: les militaires américains gays ou lesbiennes retournent au placard, après avoir eu brièvement le droit d'évoquer ouvertement leur homosexualité dans l'armée.
Le gouvernement américain a obtenu la suspension provisoire de l'injonction du 12 octobre qui bloquait immédiatement l'application de la loi "don't ask, don't tell" (ne le demandez pas, ne le dites pas, DADT) de 1993 imposant le silence sur l'orientation sexuelle dans l'armée.
La loi DADT a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".
Un sondage CBS News réalisé début octobre montre que 56% des Américains (marge d'erreur: plus ou moins 4 points de pourcentage) souhaitent que les gays et lesbiennes puissent servir ouvertement dans l'armée. Quant au gouvernement, il est paradoxalement favorable à l'abrogation de la loi DADT, que le président Barack Obama a promise, mais par la voie parlementaire.
Il y a de quoi s'y perdre, entre suspensions et suspensions de suspension de la DADT, y compris pour le Pentagone, qui venait d'ordonner aux recruteurs de l'armée d'accepter les candidats se déclarant homosexuels.
L'association conservatrice Log Cabin Republicans à l'origine de la plainte contre la loi DADT et de la victoire du 12 octobre, a jusqu'au 25 octobre pour transmettre à la cour d'appel de San Francisco ses arguments contre la suspension de l'injonction. Les magistrats diront alors s'ils rétablissent la loi DADT jusqu'à leur décision concernant l'appel du gouvernement contre la décision de la juge Philips déclarant la DADT inconstitutionnelle.
Actualisé le 20/10/2010 après l'appel du ministère de la Justice
Les gays et lesbiennes vont-ils enfin pouvoir servir dans l'armée américaine sans se cacher?
C'est ce qu'a ordonné une juge fédérale, en interdisant l'application de la loi "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "ne le demandez pas, ne le dites pas") qui a abouti au renvoi de plus de 14.000 homosexuels depuis 1993, selon l'association de défense des militaires SLDN.
Le président Barack Obama avait promis d'abroger cette loi et a réaffirmé qu'il le ferait, mais le gouvernement américain n'apprécie pas que ce soit la justice, et non le Congrès (Parlement), qui prenne l'initiative. La Chambre des représentants a voté l'abrogation de la DADT mais les républicains l'ont bloquée au Sénat, et rien ne dit que le texte aura plus de chances de passer après les élections de novembre.
L'association SLDN n'a pas été surprise que le ministère de la Justice fasse appel de la décision judiciaire, fondée sur le caractère non constitutionnel de la loi, et elle appelle à la plus grande prudence, soulignant que la neutralisation de la DADT n'est pas encore effective.
Les rebondissements se succèdent: le Pentagone, obéissant à l'injonction de la juge, a ordonné aux recruteurs d'accepter les recrues se déclarant gay ou lesbiennes, mais le gouvernement demande la suspension de l'application de l'injonction pendant la procédure d'appel. Débouté une première fois par la juge, il a fait appel de ce rejet le 20 octobre (oui, c'est compliqué...).
"La loi DADT est encore en vigueur. Les militaires lesbiennes, gays et bisexuels sont toujours renvoyés en vertu du 'Don't Ask, Don't Tell" et ils continueront de l'être jusqu'au terme du processus. Ne faites PAS votre coming-out", conseille la SLDN.
Est-il discriminatoire de limiter aux seuls couples mariés la possibilité d'exercer conjointement l'autorité parentale en cas d'adoption? Non, a estimé le Conseil constitutionnel, saisi par un couple de femmes qui souhaitait adopter.
L'article 365 du code civil réserve aux seuls couples mariés la possibilité d'exercer conjointement l'autorité parentale quand ils adoptent un enfant. En cas de concubinage ou de PACS en revanche, seul l'adoptant détient l'autorité parentale, son conjoint n'ayant aucun droit. Les homosexuels n'ayant pas le droit de se marier en France, Isabelle D et Isabelle B avaient saisi le Conseil constitutionnel, en espérant qu'il juge cet article discriminatoire et l'invalide. Mais les Sages ont préféré ne pas s'avancer sur la question, renvoyant la balle au législateur.
L'impossibilité d'exercer ensemble l'autorité parentale n’empêche pas de "mener une vie familiale normale", ont-il estimé dans leur décision. Mais surtout, le Conseil constitutionnel a jugé que le législateur a voulu la distinction entre couples mariés et non mariés "dans l'intérêt de l'enfant", et qu’il ne lui appartenait pas de le contredire. Il ne veut pas "substituer son appréciation à celle du législateur sur une telle question et, en particulier, sur les conséquences à tirer, en matière de filiation et d’autorité parentale, de la situation particulière de l’enfant élevé par deux personnes du même sexe".
"Encore faudrait-il que le législateur s'empare du sujet!", a rétorqué SOS homophobie, qui a dénoncé dans un communiqué "cet immobilisme total" du Conseil "et le décalage entre l'idée que se fait une partie de la classe gouvernante de la famille et la réalité de la société française".
"Plus d’une dizaine de propositions de loi de parlementaires socialistes" ont été déposées pour "garantir l’égalité pour tous et toutes sans discriminations en raison du genre ou de l’orientation sexuelle. Toutes ces propositions ont été rejetées par la droite", a rappelé la socialiste Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale aux questions de société. "La majorité parlementaire porte, avec le président de la République, une lourde responsabilité dans son incapacité à moderniser la société française, et à accorder aux Français des droits égaux".

"Il y a 30.00 enfants environ qui sont élevés par deux parents de même sexe" en France, a souligné sur Europe1 Nadine Morano. La secrétaire d’État chargée de la Famille a estimé que traiter différemment les enfants issus de familles hétéro- ou homoparentales constituait une discrimination. Pour autant, "sur ce sujet, je l’avoue très humblement, je suis minoritaire, et le président de la République au cours de la campagne électorale n’a jamais pris l’engagement de modifier l’adoption des couples homosexuels". Comment le faire bouger? "Vous savez, ça relève de la réflexion personnelle sur ces sujets".
Actualisé avec les nominations aux Oscar et Golden Globe pour Annette Bening
Vingt ans et quelque de vie commune, ça use. Pour Nic et Jules, la vie de famille idéale vire au cauchemar quand les enfants décident de rencontrer leur père... biologique, car leurs mères sont lesbiennes et les ont conçus grâce à un don de sperme.
Avec "Tout va bien! The Kids are All Right" (sortie en France le 6 octobre), Lisa Cholodenko s'empare des sujets de société que sont l'homoparentalité et l'anonymat du don de sperme pour explorer le thème plus classique de la crise d'un couple, dans une comédie dramatique enlevée, tour à tour drôle et émouvante.
L'image d'Epinal de la famille homosexuelle heureuse élevant des enfants parfaits dans une Californie gay-friendly vole en éclats avec l'irruption du donneur de sperme qui expose au grand jour les zones d'ombre du tableau déjà suggérées au détour de quelques répliques.
S'inspirant de sa propre expérience, Lisa Cholodenko adopte un ton souvent ironique mais tendre aussi pour décrire ces vies et sexualités bouleversées auxquelles Annette Bening, dans le rôle de Nic-la-tête-sur-les-épaules, et Julianne Moore, dans celui de Jules-la-tête-dans-les-étoiles, prêtent corps et émotion.
Les deux actrices sont bien entourées, entre Mark Ruffalo, touchant en célibataire endurci très cool qui se découvre une vocation de père et de mari, et Mia Wasikowska ("Alice au pays des merveilles") et Josh Hutcherson ("Voyage au centre de la Terre"), ados responsables qui ne saisissent cependant pas tous les enjeux de leur démarche pour leurs "Mums".
On pourra regretter que la réalisatrice de "High Art" (1998) ait esquivé les aspects potentiellement polémiques ou subversifs de son sujet pour mettre en avant l'histoire universelle d'un couple en crise, où l'homosexualité et l'homoparentalité n'apparaissent que comme un ressort dramatique, mais c'est peut-être ce choix un peu trop lisse qui permet à "Tout va bien" de toucher un large public.
Car ces Kids-là, récompensés par le Teddy du meilleur film LGBT à Berlin, ont fait un carton au box-office américain. Annette Bening a obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice de comédie et est nommée aux Oscar pour le meilleur premier rôle féminin, où sa principale concurrente est Natalie Portman, Golden Globe de la meilleure actrice de film dramatique pour "Black Swan".
"The Kids Are All Right" a aussi décroché des nominations aux Oscar pour le meilleur film de l'année, le meilleur scénario original et le meilleur second rôle masculin pour Mark Ruffalo.
- "Tout va bien! The Kids are All Right", de Lisa Cholodenko, avec Annette Bening, Julianne Moore, Mia Wasikowska, Josh Hutcherson, Mark Ruffalo. Durée: 1h46. Sortie en France le 6 octobre 2010. Photos DR
Toutes les bonnes choses ayant un début, les vacances sont arrivées pour LToutes.
Rendez-vous en octobre pour de nouvelles aventures lesbiennes!
Dans le secteur privé, les lesbiennes gagneraient en moyenne 2,16% de plus que les femmes hétéros, selon une étude dévoilée samedi dans Libération. En revanche, les gays subissent de plein fouet les discriminations: leurs salaires sont en moyenne 6,5% moins élevés que leurs collègues hétérosexuels.
"Il existe bien une discrimination salariale marquée à l'encontre des gays", écrivent les auteurs du rapport. Et le chiffre de 6,5% n'est qu'une moyenne: l'échantillon étudié comprenant des homos qui ne sont pas identifiés comme tels par leur employeur, cela signifie que les gays "visibles" sont victimes d'une discrimination encore plus importante.
Les lesbiennes, elles, ne subiraient aucune différence de traitement par rapport aux hétérotes, et bénéficieraient même d'une "prime", qui tient surtout au fait qu'elles "sont en moyenne plus diplômées, occupent des emplois plus qualifiées, sont plus rarement à temps partiel, résident souvent en milieu urbain et élèvent moins fréquemment des enfants".
Rappelons toutefois, et ce n'est pas un détail, que la base de départ n'est pas la même, puisque les femmes gagnent en moyenne 18% de moins que les hommes dans le privé et le semi-public (INSEE)...
Les auteurs, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, économistes au centre d'Etudes des politiques économiques (Epee) de l'université d'Evry, ont étudié la situation de 904 homos en couple représentatifs, dont 788 salariés. Ils se sont aussi basés sur douze années d'enquête emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee.
Loin de reculer, les discriminations et préjugés de toutes sortes, et notamment l'homophobie, se banalisent à l'école. C'est la conclusion inquiétante d'un rapport qui doit être remis en septembre au ministre de l'Education Luc Chatel, et que Le Monde a dévoilé cette semaine.
"Les manifestations homophobes ont tendance à se banaliser", soulignent les auteurs, qui jugent les réactions et les sanctions de l'école face à ce phénomène "insuffisantes". A tel point que cela conduit à "légitimer des attitudes, des propos et des violences".
Pourtant, les conséquences sont graves pour les victimes: "décrochage scolaire et marginalisation peuvent, très rapidement, être des conséquences directes de l'homophobie ou de la manière problématique de vivre son homosexualité". Par ailleurs, "la première cause de mortalité chez les collégiens est le suicide, Et la première raison en est l'orientation sexuelle", a-t-on souligné au Monde dans l'entourage de Chatel.
Le rapport s'alarme également d'une "banalisation des injures et des actes" racistes et antisémites. Les handicapés, quant à eux, font "peur", alors que restent tenaces les préjugés sexistes, parfois intériorisés par les enseignants: trop souvent, les filles sont encore jugées "par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication".
Globalement, cette "détérioration du vivre ensemble (...) amènerait de plus en plus de situations de violences à caractère raciste, sexiste, homophobe", s'inquiète le rapport. L'entourage de Luc Chatel a promis de nouvelles mesures contre les discriminations.
La valse-hésitation du mariage homosexuel continue en Californie. A la veille de la reprise des cérémonies prévues pour le 18 août, la cour d'appel fédérale a ordonné un nouveau gel, le temps d'examiner la constitutionnalité de la Proposition 8 les interdisant.
"Nous appelons les médias (américains) à mettre en avant les difficultés rencontrées par les couples (gays et lesbiens) de Californie faute de jouir de l'égalité de la protection de la loi", a déclaré Jarrett Barrios, président de l'Alliance gay et lesbienne contre la diffamation (GLAAD).
Environ 18.000 couples homosexuels, dont l'animatrice et humoriste Ellen DeGeneres et l'actrice Portia De Rossi, sont mariés depuis la légalisation de ces unions pendant quelques mois en 2008. Les contrats ont été validés malgré l'interdiction des mariages par référendum constitutionnel en novembre de la même année.
Au début du mois, la cour fédérale a déclaré illégale la Proposition 8 définissant le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans la Constitution de Californie, mais les opposants au mariage homo ont contesté et obtenu la suspension pendant l'examen du dossier en appel.
En cas de validation de la Proposition 8, les associations LGBT devraient porter l'affaire devant la Cour suprême fédérale, dont les décisions sont sans appel et s'appliquent sur tout le territoire des Etats-Unis.
Actuellement, le mariage homosexuel est légal dans cinq Etats américains (Massachusetts, Iowa, Connecticut, Vermont, New Hampshire) et dans la capitale fédérale, Washington D.C.
Pendant ce temps, au Mexique, la Cour suprême a validé le droit à l'adoption pour les couples homosexuels à Mexico, après avoir déjà confirmé la légalisation du mariage des couples lesbiens et gays, décidée par la capitale en décembre 2009.
L'Argentine était quant à elle devenue le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel en juillet 2010.
La Proposition 8 interdisant aux couples de lesbiennes et de gays californiens de se marier est inconstitutionnelle.
Ainsi en a décidé la cour fédérale, mais les opposants au mariage homosexuel devraient porter l'affaire devant la Cour suprême des Etats-Unis. L'enjeu deviendra alors national, puisque les décisions de cette instance s'imposent dans tout le pays.
Le mariage homosexuel est une véritable saga en Californie. Les derniers rebondissements avaient vu le mariage légalisé pendant quelques mois avant que l'adoption de la Proposition 8 par référendum en novembre 2008 n'y mette fin. La justice avait cependant validé les quelque 18.000 unions contractées dans l'intervalle, dont celle de la présentatrice et humoriste Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi.
On notera que même le gouverneur de l'Etat, Arnold Schwarzenegger (si, si, c'est bien lui) avait refusé de défendre la Proposition 8. Evoquant "les centaines de milliers de Californiens des foyers gays et lesbiens", il a qualifié l'invalidation de "jalon (...) sur la route de l'Amérique vers l'égalité et la liberté pour tous".
Le juge fédéral Vaughn Walker estime en effet dans sa décision du 5 août 2010 qu'interdire aux lesbiennes ou aux gays de se marier est inconstitutionnel, notamment parce que la Constitution californienne garantit à tous la même protection des lois.
Les associations des lesbiennes et gays ont immédiatement manifesté leur joie, dans les rues de Los Angeles notamment.
Dans sa décision, le magistrat démonte un à un les arguments des opposants au mariage homo -mormons et chrétiens radicaux au premier rang.
"La Proposition 8 échoue à avancer tout fondement rationnel au fait de distinguer les gays et les lesbiennes pour leur refuser le droit à se marier", écrit le juge Walker.
"En réalité, les éléments démontrent que la Proposition 8 ne fait rien d'autre que de graver dans la Constitution de Californie la notion selon laquelle les couples de sexe opposé sont supérieurs aux couples de même sexe", assène-t-il encore, or "la Californie n'a aucun intérêt à exercer une discrimination à l'encontre des gays et des lesbiennes".
Au fil du jugement, le magistrat aura également estimé qu'"autoriser les couples de même sexe à se marier a un effet au moins neutre, sinon positif, sur l'institution du mariage", et que "le genre des parents n'a aucune pertinence quant au développement des enfants".
Le juge Walker devrait se prononcer dans les tous prochains jours sur la reprise des mariages homosexuels. De leur côté, les opposants font appel et l'affaire pourrait aller jusqu'à la Cour suprême.
Après 12 années de combat pour obtenir l'agrément du département du Jura, Emmanuelle B. et sa compagne Laurence vont peut-être devoir renoncer à l'adoption. En novembre dernier, elles ont pourtant finalement obtenu satisfaction, après une longue procédure judiciaire.
"On fait les démarches parce qu'il faut qu'on aille au bout", mais "si on obtient un enfant dans quatre ans c'est sûr que ce sera trop tard" et "on renoncera peut-être à ce projet", a expliqué Laurence hier sur France-info. "C'est profondément scandaleux qu'on ait perdu 12 ans (...) Les démarches, on les avait entreprises à 34 ans, maintenant on en a 46 ans..." Le Conseil général du Jura en était bien conscient en jouant la montre.
- Lire aussi sur LToutes: "Emmanuelle B., lesbienne, peut adopter" (10/11/2009).
Débat sur la réforme des retraites oblige, la question de l'extension de la pension de reversion aux couples pacsés est revenue sur la table des députés la semaine dernière. Lors de l'examen du projet de loi par la commission des affaires sociales, Martine Billard (Parti de gauche, photo) et d'autres députés du Front de gauche ont en effet déposé un amendement visant à en étendre le bénéfice aux couples pacsés, et non plus aux seuls couples mariés. Mais l'amendement a été rejeté par la majorité.
"Scandaleux", s'est indigné le député PS Gaetan Gorce, qui commentait le débat en direct sur twitter. La pension de réversion est la retraite qui est reversée au conjoint survivant d'une personne décédée. Les couples mariés y ont droit. Pas les pacsés. C'était pourtant une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a rappelé lors des débats la députée socialiste Danièle Hoffman-Rispal.
Combien pèsent les homosexuels aux Etats-Unis? 743 milliards de dollars (environ 575 milliards d'euros) pour 2010, contre 732 l'an dernier, selon l'étude annuelle d'une agence de communication spécialisée LGBT et une société de recherche en marketing. Entre 15 et 16 millions d'Américains adultes se déclareraient homosexuels, soit 6 à 7% des près de 310 millions d'habitants.
Le rapport annuel de Witeck-Combs Communications et Packaged Facts est destiné aux décideurs et entreprises qui s'adressent à ce segment de la population, comme les chaînes câblées, mais aussi à ceux qui voudraient bien le séduire.
Et les lesbiennes, gays, bi et trans américains sont exigeants: près de neuf sur dix affirment que la façon dont une entreprise traite ses employés influe sur leur choix, et près de quatre sur dix ont toutes les chances de préférer une marque connue pour offrir les mêmes avantages à tous ses salariés, y compris lesbiennes et gays.
En revanche, 70% ont déjà abandonné un produit ou un fournisseur pas assez gay-friendly. Quant au marketing spécial gays et lesbiennes, ça marche: c'est un atout supplémentaire pour le produit ou le service pour près de six consommateurs LGBT sur dix.
Soutenue par le gouvernement américain, une nouvelle association de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT) vient d'obtenir le statut d'organisation non gouvernementale consultative au Conseil économique et social des Nations unies, un organe majeur de l'organisation mondiale.
Le Conseil économique et social de l'ONU consulte des universitaires, des représentants du monde des affaires et plus de 2.100 ONG. Il formule les grandes orientations des Nations unies sur les questions économiques et sociales internationales.
L'International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) a obtenu le statut d'ONG consultative par 23 voix contre 13, avec 13 abstentions, après l'avoir demandé pendant trois ans. Une poignée d'autres associations LGBT possédaient déjà ce statut, dont l'ILGA (International Lesbian and Gay Association)-Europe dpuis 2006.
"Le message très clair est que ces voix (des LGBT) ne doivent pas être réduites au silence et que les droits de l'Homme ne peuvent pas être refusés sur la base de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre", a estimé Cary Alan Johnson, directeur exécutif de l'IGLHRC.
Il a salué la victoire en soulignant que son organisation avait été confrontée à des questions homophobes et des obstacles procéduraux de la part de certains membres du conseil. L'Egypte, l'Arabie saoudite, la Chine, la Russie, le Maroc, le Bangladesh et le Venezuela ont notamment voté contre.