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jeudi 4 août 2011

Mort de Rudolf Brazda, le dernier Triangle rose

Photo DR
Rudolf Brazda avait 98 ans et était le dernier survivant connu des "Triangles roses", ces homosexuels déportés pendant la Deuxième guerre mondiale. Il est mort ce 3 août 2011, quelques mois seulement après avoir été fait chevalier de la légion d'honneur, en laissant derrière lui le témoignage de la barbarie nazie et de l'intolérance.

Ses obsèques auront lieu la semaine prochaine à Mulhouse et ses cendres seront déposées "à côté de celles de son compagnon de vie de plus de 50 années, Edouard Mayer, décédé à Mulhouse en 2003", précise l'association des "Oublié-e-s" de la mémoire, qui cite Jean-Luc Schwab, auteur du livre-témoignage "Rudolf Brazda, itinéraire d'un Triangle rose" (Editions Florent Massot).

L'Allemagne nazie considérait l'homosexualité comme un crime et les gays comme des "dégénérés", des "ennemis de l'Etat". Sur les quelque 50.000 personnes condamnées pour ce motif, entre 10.000 et 15.000 ont été envoyées en camp de concentration et très peu ont survécu. Leur histoire est longtemps restée dans l'ombre de celle des résistants et des quelque six millions de juifs tués par les nazis.


Photo d'art prise à Mulhouse, fin des années 1940 - Collection privée - DR

Rudolf Brazda, né en Allemagne en 1913 de parents originaires de Bohême, avait passé plus de deux ans et demi au camp de concentration de Buchenwald, où il avait porté le triangle rose désignant les homosexuels -vrais ou présumés. De nationalité tchèque puis apatride, il s'était installé en France et avait été naturalisé français en 1960, rappelle "Oublié-e-s" de la mémoire. Il vivait en Alsace.

Brazda s'est décidé à témoigner en 2008, à l'occasion de l'inauguration d'un mémorial aux victimes homosexuelles du nazisme à Berlin. Il y avait rencontré le maire Klaus Wowereit, qui vit son homosexualité au grand jour.

Rudolf Brazda "était un exemple de l'importance du travail de mémoire pour notre avenir", a déclaré Wowereit, soulignant qu'il reste "de moins en moins de gens pour apporter un témoignage direct et authentique de l'oppression de la dictature nazie".

Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Marc Laffineur, a rendu hommage à Brazda et salué "la mémoire des milliers d'hommes et de femmes qui furent persécutés pour leur orientation sexuelle". "Leurs épreuves et leur martyre nous obligent à demeurer intransigeants face à l'intolérance et à l'exclusion."

Les "Oublié-e-s" de la mémoire, qui dit garder de Rudolf Brazda "le souvenir ému d'un individu à la grande joie de vivre", a ouvert un registre de condoléances sur son site.

mardi 2 août 2011

Lip Service 2: Heather Peace joue le suspens



Heather Peace, lesbienne out et interprète de la policière tendance butch Sam Murray dans "Lip Service", fait une grosse frayeur à ses fans lors d'un chat pour la télévision écossaise (c'est ici, entre 3'57 et 4'21).

Alors qu'elle vient de terminer le tournage de la deuxième saison de la série britannique, Heather Peace affirme qu'elle a "plutôt préféré la première et (que) vous comprendrez pourquoi quand vous verrez la seconde"! "Je ne peux pas en dire plus", souffle-t-elle, indifférente à ses admiratrices à l'agonie, qui n'en gardent pas moins un oeil sur son plongeant décolleté.

Et Peace d'en remettre une couche en ajoutant qu'elle "ne (s'est) peut-être pas autant amusée lors de la seconde saison": pourquoi, mais pourquoi?! La seule bonne nouvelle tient dans cette phrase: "je suis tout à fait prête pour une troisième" saison. Mais bon, c'est BBC3 qui décidera (retrouvez la première saison de "Lip Service" sous-titrée en français sur la chaîne de LToutes)


Heather Peace, qui a su tirer parti de sa popularité dans "Lip Service" pour faire connaître son autre talent, la chanson, est la seule femme du casting à se déclarer publiquement homosexuelle.

"Les lesbiennes 'out' ou 'in' (cachées) manquent sérieusement de femmes homo visibles auxquelles s'identifier alors, si cela signifie qu'une jeune femme homo peut dire à sa mère 'regarde, elle est homo et elle est bien', alors cela vaut le coup que je sois visible", explique-t-elle à la revue "ScotsGay", ajoutant qu'elle se voit comme un modèle "seulement par défaut".

Pour ce qui est de la diffusion de la deuxième saison de "Lip Service", BBC3 précise que ce ne sera "pas avant le début 2012" mais que d'ici là elle proposera "des tas de bandes-annonces et de secrets de coulisses". En attendant, Heather Peace reprend sa grosse guitare blanche et continue ses concerts.

- Lire aussi sur LToutes: "Lip service: le L-Word britannique?" (21/10/2009); "Lip Service revient en 2e saison" (25/12/2010)

lundi 25 juillet 2011

New York célèbre 659 mariages lesbiens et gays

Photo asterix611

(Premier para clarifié)
Quelque 659 couples gays ou lesbiens ont été mariés dimanche 24 juillet à New York, au premier jour de la légalisation du mariage homosexuel dans cet Etat, le sixième et le plus grand des Etats-Unis à suivre cette voie.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a salué "un jour historique (...) où tout le monde à New York peut voir son amour affirmé au regard de la loi". Il a précisé dans un communiqué que 77% des couples habitaient "la Grosse Pomme" et que 23 Etats étaient représentés. Les certificats de mariage ont été établis mais une partie des cérémonies devait se tenir dans la semaine.

La présidente du conseil municipal, Christine Quinn, ouvertement lesbienne, s'est réjouie de cette "expérience bouleversante" d'un "déferlement d'amour sur New York au premier jour de l'Egalité devant le mariage". L'affluence "montre ce que nous tous qui avons lutté pour cela toute notre vie avons toujours su: que le progrès des droits de l'Homme fait de nous une société meilleure", a ajouté Quinn. "Aujourd'hui est un grand jour pour ma famille et d'innombrables autres familles."



Las, dès le 25 juillet, les opposants au mariage pour tous, voté le 24 juin, ont contre-attaqué. L'organisation New Yorkers for Constitutional Freedoms ("New-yorkers pour la liberté constitutionnelle", NYCF) a porté plainte avec plusieurs pasteurs et un rabin, au motif que la procédure d'adoption de la loi au Parlement n'aurait pas été régulière.

Le mariage est désormais ouvert aux homosexuels dans six Etats: Connecticut, Iowa, Massachusetts, New Hampshire, New York, Vermont, plus la capitale fédérale, Washington DC. Il a été légalisé pendant quelques mois en Californie en 2008, ce qui a permis à quelque 18.000 couples de se marier, parmi lesquels l'animatrice Ellen DeGeneres et l'actrice Portia de Rossi.

mercredi 13 juillet 2011

L'UMP veut une "famille durable" hétéro


Hervé Mariton

(Actualisé avec les réactions d'associations LGBT)

La "famille durable" que veut "promouvoir" l'UMP est résolument... hétéro.

Dans le rapport du groupe de travail sur la famille présenté par les députés Hervé Mariton et Anne Grommerch, le parti présidentiel défend plus que jamais "le mariage comme lien de deux personnes de sexe différent" et entend réserver l'adoption aux hétéros, en couple si possible.

Le rapport a évidemment fait bondir les associations LGBT, comme Act Up, qui estime que "l'UMP reste bien ce concentré de haine envers les pédés, les gouines, les trans", l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) ou SOS Homophobie, qui se dit "révoltée par tant de mépris et de méconnaissance" des homosexuels et "des dizaines de milliers de familles homoparentales", et s'inquiète "de ce qui semble être un mouvement de fond au sein du parti majoritaire".

L'UMP préconise en effet de réserver en priorité l'adoption aux couples hétérosexuels ou aux seuls célibataires appartenant au cercle familial de l'enfant (oncle, tante...), quand ses parents sont décédés.

Car "avoir deux parents de sexe différent (est) un bien élémentaire de l'enfant", écrivent-ils. Quant à la monoparentalité, elle "peut être une circonstance de la vie, elle ne doit pas fonder le projet". L'adoption d'un enfant par un célibataire est pourtant possible en France depuis 1966.

Anne Grommerch
Réservé aux seuls hétérosexuels, le mariage doit quant à lui être "mis en avant" par rapport au PACS, estiment-ils. Car "un contrat civil comme le PACS, qui s'inscrit dans l'instant, ne peut porter les mêmes droits que l'institution du mariage, qui s'inscrit dans l'avenir".

L'UMP souhaite donc que soit maintenue "une différence subjective et créancière de droits entre le PACS ou le concubinage et le mariage". Et de réclamer le rétablissement du cadeau fiscal réservé aux seuls jeunes mariés. On est bien loin du statut du beau-parent promis par Nicolas Sarkozy. Ah oui, c'était avant qu'il ne soit président.

L'UMP veut une "famille durable" hétéro


Hervé Mariton

La "famille durable" que veut "promouvoir" l'UMP est résolument... hétéro.

Dans le rapport du groupe de travail sur la famille présenté par les députés Hervé Mariton et Anne Grommerch, le parti présidentiel défend plus que jamais "le mariage comme lien de deux personnes de sexe différent" et entend réserver l'adoption aux hétéros, en couple si possible.

L'UMP préconise en effet de réserver en priorité l'adoption aux couples hétérosexuels ou aux seuls célibataires appartenant au cercle familial de l'enfant (oncle, tante...), quand ses parents sont décédés.

Car "avoir deux parents de sexe différent (est) un bien élémentaire de l'enfant", écrivent-ils. Quant à la monoparentalité, elle "peut être une circonstance de la vie, elle ne doit pas fonder le projet". L'adoption d'un enfant par un célibataire est pourtant possible en France depuis 1966.


Anne Grommerch
Réservé aux seuls hétérosexuels, le mariage doit quant à lui être "mis en avant" par rapport au PACS, estiment-ils. Car "un contrat civil comme le PACS, qui s'inscrit dans l'instant, ne peut porter les mêmes droits que l'institution du mariage, qui s'inscrit dans l'avenir".

L'UMP souhaite donc que soit maintenue "une différence subjective et créancière de droits entre le PACS ou le concubinage et le mariage". Et de réclamer le rétablissement du cadeau fiscal réservé aux seuls jeunes mariés. On est bien loin du statut du beau-parent promis par Nicolas Sarkozy. Ah oui, c'était avant qu'il ne soit président.

lundi 11 juillet 2011

Jessie J a eu sa première copine à 17 ans




"Quel âge j'avais quand j'ai eu ma première copine? Chais pas. 17 ans?" Et Jessie J de préciser que "ce n'était pas une petite copine, plutôt ma première expérience avec une fille". "J'avais une copine et des tatouages. J'étais assez... hard".

Jessie J n'a jamais fait mystère de sa bisexualité et affirme dans un entretien au magazine britannique "Glamour" que ses proches n'en ont jamais fait un problème non plus.

"Ma mère et mon père le savaient depuis des années et étaient super-cools, mes soeurs en rigolaient parce qu'elles étaient mariés, avaient des enfants et que j'étais la rebelle", raconte la jeune femme de 23 ans, qui triomphe avec "Price Tag".

"Parce que je n'ai pas essayé de le cacher, les gens ont dit: 'Oh, elle est tellement à l'aise avec ça, alors nous sommes à l'aise aussi", ajoute Jessie J.

mercredi 6 juillet 2011

Un élu UMP porte plainte pour outing


David-Xavier Weiss

David-Xavier Weiss, un élu UMP de la région parisienne, a décidé de porter plainte pour "outing" contre "Le Canard enchaîné", qui cite Roger Karoutchi le présentant comme son "compagnon depuis sept ans" au détour de l'instruction d'une sombre affaire de diffamation sur Internet.

Or, si Roger Karoutchi, aujourd'hui ambassadeur de France auprès de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), a révélé son homosexualité en 2009 lorsqu'il était secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement (cf LToutes 25/01/2009), son ex-chef de cabinet ne s'était jamais exprimé publiquement sur le sujet.

"Mes parents ne sont pas au courant de ma vie privée. L'apprendre dans le 'Canard enchaîné' le mercredi, c'est pas top, c'est assez gênant", a répondu David-Xavier Weiss, qui va sur ses 32 ans, aux questions du site Rue89.


Roger Karoutchi
Weiss, conseiller municipal de Levallois-Perret et secrétaire national de l'UMP en charge des transports et de la mobilité, annonce dans un communiqué qu'il va porter plainte contre le "Canard" pour "atteinte à la vie privée (outing) et diffamation".

L'"outing", ou la révélation forcée de l'homosexualité d'une personne, que ce soit vrai ou non, a été très pratiqué aux Etats-Unis il y a quelques années mais est très rare en France.

Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Ile-de-France et auteur récemment d'"Homo Politicus", en avait fait les frais en 2000, tandis qu'Act Up-Paris avait menacé d'"outer" le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, vu dans une manifestation anti-PACS violemment homophobe. Sans faire de "coming out", il a depuis laissé plusieurs publications le présenter comme gay.

Plusieurs hommes et femmes politiques français ont fait leur coming out, dont Bertrand Delanoë, maire de Paris depuis 2001, l'adjoint au maire et conseiller régional Christophe Girard, l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, Philippe Meynard, maire de Barsac depuis 2004 et conseiller régional d'Aquitaine, et Françoise Gaspard, ancienne maire de Dreux.

David-Xavier Weiss a également chargé son avocat "de porter plainte contre X pour complicité et recel de violation de secret de l'instruction et du secret professionnel", dans la mesure où les propos rapportés par "Le Canard" ont été tenus dans le cadre d'une enquête de police. Il laisse entendre que la fuite viendrait de chez Valérie Pécresse, dont l'avocat serait le seul à avoir eu accès à ces commentaires.

Toute l'affaire a commencé avec la plainte pour diffamation de Valérie Pécresse, aujourd'hui ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Fillon. Un site Web l'avait laminée à longueur d'articles en 2009 pendant sa guerre fratricide avec Karoutchi pour l'investiture UMP en Ile-de-France aux régionales de 2010. Pécresse a finalement gagné la primaire mais a perdu l'élection contre le socialiste Jean-Paul Huchon. Selon "Le Canard enchaîné", la piste remonterait jusqu'à Roger Karoutchi et David-Xavier Weiss, qui nient toute implication.

lundi 27 juin 2011

Mobilisation politique à la Gay Pride de Paris


Photos LToutes


La Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et transsexuelles (LGBT) a rassemblé entre 36.000 et plus de 500.000 personnes ce 25 juin 2011 à Paris, selon la préfecture de police ou l'Inter-LGBT.

Quel que soit le chiffre, la foule était plus nombreuse que l'année précédente, signe de la mobilisation à l'approche de l'élection présidentielle de 2012. D'ailleurs, le slogan de cette Gay Pride 2011 était: "En 2011, je marche, en 2012, je vote".

samedi 25 juin 2011

Les Français pour le mariage gay à 63%


Plus de six Français sur dix (63% contre 37%) sont favorables au mariage des couples de même sexe et 58% à l'adoption pour les couples homosexuels (42% contre), selon un sondage IFOP pour le journal "Ouest-France Dimanche".

L'enquête montre une nouvelle fois que les Français sont plus attachés à l'égalité des droits entre hétérosexuels et homosexuels qu'une partie de leurs représentants politiques, puisque la proposition de loi socialiste en faveur de l'ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens a été rejetée à l'Assemblée nationale le 14 juin dernier.


Seuls quelques députés de droite comme Jean-Louis Borloo, Yves Jego, Axel Poniatowski, Franck Riester et Henriette Martinez avaient osé rompre le front UMP-Nouveau Centre en votant pour le texte, néanmoins refoulé par 293 voix contre 222, et 16 abstentions (dont Nicole Ameline, Edwige Antier, Christian Estrosi, Alain Bocquet, François Bayrou et Jean Lassalle).

Le sondage témoigne d'une tendance profonde dans la société française ces dernières années: 51% de "oui" au mariage pour tous en mai 1995 (39% pour l'adoption), 56% en juin 2000 (37% pour l'adoption) et 64% en mai 2004 (49% pour l'adoption). L'adoption pour les couples homosexuels a fini par atteindre les 51% en juin 2008.

On constate toutefois un triple clivage, sexuel, générationnel et politique: 68% des femmes sont pour le mariage homosexuel contre 58% des hommes (adoption: 64% des femmes, 50% des hommes), les plus de 65 ans y restent majoritairement opposés (54% contre le mariage, 57% contre l'adoption), et si le mariage homo recueille 82% de "oui" à gauche (adoption: 70%), la droite le rejette à 59% (adoption: 63% contre).

Le cas des centristes du MoDem devrait attirer l'attention de leur patron aux prétentions présidentielles, François Bayrou: alors qu'il s'oppose à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, préférant une union civile, ses sympathisants sont favorables à 59% au mariage et à 55% à l'adoption.

(Sondage IFOP pour "Ouest-France Dimanche" réalisé du 21 au 23 juin 2011 par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon de 1.006 personnes âgées d'au moins 18 ans et représentatif de la population française, sélectionné selon la méthode des quotas).

mercredi 22 juin 2011

Sophia Aram: Liberté, égalité, mariage gay



"Sans déconner, c'est quoi le problème avec le mariage homosexuel?"

L'humoriste Sophia Aram pose d'excellentes questions dans sa chronique matinale sur France Inter, intitulée ce jour-là "Liberté, égalité, mariage gay".

dimanche 19 juin 2011

Le Liechtenstein dit oui au PACS


Les électeurs du Liechtenstein ont approuvé à une écrasante majorité la loi créant un partenariat enregistré pour les couples lesbiens ou gays.

Le "oui" l'a emporté au référendum avec 68,8% des voix contre 31,2% pour le "non", porté surtout par des organisations catholiques. Les trois quarts des électeurs inscrits (74,2%) ont voté.

Ce PACS ouvre les mêmes droits aux couples homosexuels qu'aux hétérosexuels en matière d'héritage, de protection sociale ou de fiscalité mais ne leur permet pas d'adopter ou de recourir à la procréation médicalement assistée (PMA).

mercredi 15 juin 2011

Blogueuses lesbiennes: Amina était un homme, Paula aussi!




Tom MacMaster et sa femme (Photo Picasa)

Oui, les vraies lesbiennes existent. Mais le coming out mâle, blanc, hétérosexuel et marié d'"Amina", supposée blogueuse syrienne de "Gay Girl in Damascus", et de Paula Brooks, fondatrice du site Lez Get Real, jette cruellement le doute sur les vrai(e)s militant(e)s LGBT qui risquent parfois leur vie pour témoigner.

"Merci Tom MacMaster! (...) Si un jour je suis enlevé par mon gouvernement, nombre de lecteurs s'en ficheront parce que je pourrais etre une autre Amina", enrage Mustapha, un blogueur libanais. "Tu m'as volé ma voix", fulmine aussi Danier Nassar, vraiment gay et vraiment à Damas, sur le site Gay Middle East, soulignant que des activistes syriens ont pris des risques pour s'enquérir du sort d'"Amina".


Amina, lesbienne soutenant le soulèvement contre le régime autoritaire du président Assad à Damas, avait ému la blogosphère, surtout après son prétendu enlèvement (cf LToutes).
Mais la mobilisation en faveur de la jeune femme et l'enquête brillante du site pro-palestinien Electronic Intifada a abouti à ... Tom MacMaster.

Outé, cet Américain de 40 ans étudiant en Ecosse rebaptise son blog "Hoax" et explique avoir inventé Amina pour faire passer ses idées et échapper à sa frustration d'écrivain raté, avant d'être piégé par son propre succès. Le blog est aujourd'hui désactivé.

Tom MacMaster présente ses excuses aux amis d'"Amina", dont Paula Brooks, qui lui a ouvert les pages de Lez Get Real avant qu'il ne crée son propre blog. Mais les fins limiers du Net ont tiré un scoop à deux coups: personne n'a jamais vu Brooks, soi-disant sourde, qui communique toujours par mail ou par l'intermédiaire de son père au téléphone... Le "père" finit par craquer sous la pression du "Washington Post": Paula, c'est lui, Bill Graber, 58 ans.




Bill Graber (Photo DR/Washington Post)


Retraité de la construction, Graber avoue avoir pris le nom de sa femme pour créer, en 2008, Lez Get Real. Il dit avoir été ému par un couple de lesbiennes de ses amis et avoir pensé qu'un hétéro ne serait pas pris au sérieux.

Pour les collaboratrices de Lez Get Real, qui se sont investies et ont écrit des dizaines d'articles, le ciel s'effondre. L'une d'elles, Melanie Nathan, de Glasgow, rend son tablier. Le site devrait continuer sous la houlette de deux autres de ses piliers, Bridgette LaVictoire et sa mère Linda, bien réelles, elles, mais s'en remettra-t-il?

Toute l'histoire est en tout cas du pain bénit pour les autorités syriennes et autres régimes autoritaires qui cherchent à décrédibiliser les mouvements pour la démocratie et n'auront qu'à citer Amina pour dénoncer une imposture et la crédulité des médias occidentaux.




Lina Ben Mhenni (Photo DR)


Or, selon Reporters sans frontières (RSF), 125 internautes sont emprisonnés dans le monde actuellement. Internet est souvent l'une des rares sources d'information quand les médias sont censurés, comme on a pu le voir avec le blog "A Tunisian Girl" de Lina Ben Mhenni pendant la révolution du Jasmin en Tunisie au début 2011.

vendredi 10 juin 2011

Amina, héroïne ou mystificatrice?

Y'a-t-il réellement "une lesbienne à Damas" ("a gay girl in Damascus", titre du blog d'Amina Arraf)? Comme nous l'écrivions le 8 juin sur LToutes, cette blogueuse a été enlevée par les autorités syriennes, selon une personne se présentant sur son blog comme sa cousine.

Seulement voilà, depuis cette "disparition", le doute grandit sur l'identité réelle d'Amina. Il s'avère en effet que personne -journaliste, blogueur, militant, ou ami d'Amina- ne semble l'avoir jamais rencontrée directement. Même les médias qui ont fait un portrait d'elle, comme le journal britannique The Guardian n'ont pu échanger que par mail.

La photo publiée dans plusieurs médias et sur Internet est en fait celle d'une Britannique qui a dénoncé le vol de cette image sur son compte Facebook. Par ailleurs, les autorités américaines ne parviennent pas à retrouver la trace de sa naissance aux Etats-Unis.


Ce blog, qui décrivait la vie d'une lesbienne à Damas et réclamait la démocratie en Syrie en dénonçant la violence de la répression des autorités, est-il une fiction? Ou Amina se protège-t-elle derrière une fausse identité dans un pays qui réprime impitoyablement les militants démocrates? "Beaucoup de gens en Syrie sont forcés de recourir à de fausses identités pour se protéger", soulignent les responsables de la page Facebook de soutien à Amina. "Nous ne pouvons pas confirmer son identité, mais nous pensons qu'il est possible que l'auteure de ce blog soit effectivement en prison. Il est donc important de continuer à la soutenir". Depuis "l'enlèvement" et le début de la polémique, le blog, lui, est resté silencieux.

mercredi 8 juin 2011

Une blogueuse lesbienne enlevée en Syrie

Ouvertement lesbienne dans un pays qui emprisonne les homosexuels, Amina Arraf s'était rendue célèbre ces dernières semaines en dénonçant haut et fort la répression sanglante en Syrie, témoignant des manifestations auxquelles elle participait et des violences des autorités syriennes.

Sur son blog, "a gay girl in Damascus" (une lesbienne à Damas), cette professeur d'anglais de 35 ans qui a longtemps vécu aux Etats-Unis réclamait ouvertement la démocratie et le départ du président Bachar el-Assad. Lundi 6 juin, trois hommes armés l'ont kidnappée alors qu’elle se rendait à un rendez-vous à Damas avec une amie, a annoncé sa cousine sur le blog. Elle a été poussée à bord d'une Logan Dacia de couleur rouge arborant, sur une des vitres, un autocollant de Basel al-Assad, le frère du président Bachar al-Assad, mort en 1994. "Amina a frappé l'un des hommes et a crié à son amie de prévenir son père", raconte cete proche. Depuis, ses proches sont sans nouvelles, et la Toile est en émoi. Une page Facebook a été créée pour réclamer sa libération.


Sur son blog, Amina, qui avait décidé de revenir en Syrie il y a un an, revendiquait son homosexualité dans un pays où elle est illégale. "Ils n'exécutent plus les gays ici, même si les hommes surpris dans des parcs sont toujours enmprisonnés, témoignait-elle. Nous n'en sommes pas encore à Stonewall, mais nous somme à mi-chemin de sortir de l'obscurité".

Avec le début des troubles en Syrie, qui ont suivi les révolutions tunisiennes et égyptiennes, elle milite en faveur de la démocratie. "Ce sera leur épitaphe: ils ont perdu parce qu'ils ne pouvaient pas changer", écrit-elle. Des écrits qui lui valent, déjà, la visite le 26 avril dernier d'hommes armés, venus l'arrêter pour "conspiration contre l'Etat". Son père parvient à les en dissuader, même si les deux hommes ne cachent pas leur haine des homosexuels. "Peut-être qu'on devrait te montrer maintenant ce que c'est que des vrais hommes et laisser ton père regarder", lui lancent-ils. Début mai, une nouvelle visite des forces de sécurité l'oblige à se cacher.

Sur son blog, Amina expliquait que chaque vendredi, avant d'aller à la mosquée -où nombre d'opposants ont été arrêtés- elle "coupait (s)es ongles plus courts que d'habitude au cas où je serais capturée et qu'ils voudraient me les arracher".

Elle écrivait aussi "(s)on nom et (s)es numéros de télépone sur (s)on bras (...) Ainsi, si je suis morte, avant de me laver et de me mettre dans un linceul, j'aimerais que quelqu'un sache qui je suis et le dise au monde (...) J'espère que je perds mon temps avec tout ça (..) et que c'est quelque chose dont je rirai bientôt. Mais je ne peux pas en être sûre. Aujourd'hui ou demain pourraient être les derniers jours pour moi... ou le premier jour d'une nouvelle Syrie".

mercredi 11 mai 2011

Homophobie: la violence augmente


Toujours plus d'agressions physiques signalées, notamment dans les lieux publics, et un Internet à la pointe de la violence verbale: le 15e rapport de SOS Homophobie dresse un état des lieux pas franchement rose pour les gays, lesbiennes, bi et trans (LGBT) en France.

L'association a constaté une augmentation de 42% des témoignages d'agressions physiques en 2010 (125 cas contre 88% en 2009), ces attaques allant de la bousculade, du passage à tabac, jusqu'au viol et même au meurtre. La visibilité accrue des homosexuels "semble exacerber les réactions des agresseurs et agresseuses".

Rappelons que l'homophobie est considérée comme une circonstance aggravante en justice depuis 2003. D'ailleurs, 2011 s'est ouverte sur la condamnation des quatre tortionnaires de Bruno Wiel, ce jeune homme roué de coups, violé et laissé pour mort à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) en 2006. Ils ont écopé de peines de prison allant de 16 à 20 ans.

Un récent sondage Ifop pour le magazine "Têtu" révélait que près de la moitié des homosexuels (48%) avaient déjà été insultés et un sur quatre (24%) agressé physiquement pour leur orientation sexuelle.

Les agressions physiques représentent 11% des atteintes recensées par SOS Homophobie, derrière la discrimination, le harcèlement, la menace ou le chantage (19%), le rejet ou l'ignorance (24%) et surtout les insultes (55%). Les trois quarts des témoignages sont donnés par des hommes mais l'association note que les cas concernant les lesbiennes augmentent de 32%, alors que le nombre total de cas progresse de 18%.

SOS Homophobie souligne qu'elle a reçu près de 1.500 témoignages de manifestations homophobes et transphobes en 2010, alors que ce nombre stagnait depuis 2005 entre 1.200 et 1.300 par an. Cela ne traduit pas forcément une envolée de la haine contre les LGBT, mais en tout cas un désir de briser le silence sur des actes dont beaucoup de victimes n'osent pas parler.

Pour la deuxième année consécutive dans le rapport de SOS Homophobie, Internet apparaît comme le lieu privilégié pour les insultes, diffamations et appels à la haine homophobe, souvent sous le couvert de l'anonymat, que ce soit sur les forums, les réseaux sociaux ou les sites des grands médias. Les lieux publics (13% des cas), le travail (12%, au premier rang jusqu'en 2008), le voisinage (11%), et la famille et l'entourage proche (11%) sont les principaux lieux d'expression de l'homophobie.

A un an de l'élection présidentielle française, SOS Homophobie en appelle à "la conscience des femmes et hommes engagé-e-s en politique" et souligne que "la lutte contre l'homophobie n'a de sens que si elle est accompagnée d'un combat pour l'égalité des droits".