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dimanche 25 janvier 2009

Sarkozy à Karoutchi: "tu viens avec ton compagnon"

"Je suis d'une sérénité totale. Pas de choses à cacher", a déclaré dimanche 25 janvier 2009 sur TF1 Roger Karoutchi, premier ministre en exercice à faire son "coming out" en France. Lors de l'émission "sept à huit", le ministre UMP des Relations avec le Parlement a expliqué avoir eu le soutien du président de la République dans sa démarche.

D'ailleurs, Nicolas Sarkozy était au courant de son homosexualité depuis longtemps. Roger Karoutchi a ainsi raconté comment celui qui était alors ministre de l'Intérieur l'avait invité à passer un week-end chez lui au Pyla un été: "tu cesses de faire l'andouille. Tu viens naturellement avec ton compagnon", lui avait alors lancé Nicolas Sarkozy. "Ce jour-là, j'étais un peu scotché", a confessé le ministre.

Depuis lors, "à chaque déjeuner, à chaque dîner auquel il m'invite", il "me fait des drames si j'envisage de venir seul". Et "le 14 juillet 2008, j'étais un peu scotché de voir le président de la République présenter mon compagnon à tous les chefs d'Etat et de gouvernement étrangers" invités à Paris pour l'occasion et "dire très tranquillement: 'c'est le compagnon de Roger'".

Roger Karoutchi avait d'ailleurs informé en septembre dernier le chef de l'Etat de son intention de faire son "coming out". Nicolas Sarkozy lui avait répondu selon lui: "tu fais l'interview, tu es mon ami. Tu ne fais pas l'interview, tu es mon ami".

Désormais, "je souhaite que les gens me jugent et continuent de me juger sur mon job", a déclaré le candidat à la candidature UMP aux élections régionales en Ile-de-France. "Ma vie n'a rien d'extravagant (...) Je vis avec un compagnon. Point (...) Je ne juge pas de la vie des autres. Je ne veux pas qu'on juge la mienne", a-t-il poursuivi. "Je n'en tire aucune gloire. Je n'en tire aucune honte".

Accusé par ses détracteurs d'instrumentaliser son homosexualité pour marquer des points dans la campagne interne face à l'autre candidate UMP, Valérie Pécresse, Roger Karoutchi a répliqué que ceux qui le critiquent "avaient une tendance naturelle à en parler à (s)a place (...) On va admettre que ce soit naturel que ce soit moi qui en parle".

Est-il favorable au droit à l'adoption pour les homosexuels? Là, la prudence de l'homme politique fait son retour: "je n'ai pas d'avis en la matière", a-t-il assuré. Il n'a personnellement pas envie d'adopter un enfant: "je ne suis pas dans cette situation-là".