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dimanche 19 décembre 2010

La fin du tabou gay dans l'armée américaine


Actualisé avec la promulgation de l'abrogation le 22/12/2010

Les gays et lesbiennes vont pouvoir assumer ouvertement leur homosexualité dans l'armée américaine.

Barack Obama a promulgué mercredi 22 décembre 2010 la loi mettant fin à 17 ans de "Don't ask, don't tell" (ne rien demander, ne rien dire), comme il s'y était engagé pendant la campagne électorale.

"C'est tout simplement, moralement et militairement, ce qu'il faut faire", a déclaré le président américain, "je dis à tous les Américains, homosexuels ou hétérosexuels, qui veulent tout simplement défendre ce pays sous l'uniforme: votre pays a besoin de vous, votre pays veut de vous".

Après la Chambre des représentants, le Sénat des Etats-Unis avait voté samedi 18 décembre, par 65 voix contre 31, la fin du DADT qui a valu à de nombreux militaires d'être exclus de l'armée américaine pour homosexualité.

Dans un communiqué, le président américain Barack Obama, qui a passé des coups de téléphone jusqu'au dernier moment pour convaincre les derniers hésitants, a salué un "vote historique". "En mettant fin au "Don’t Ask, Don’t Tell", notre nation ne se privera plus de milliers de patriotes contraints de quitter l'armée malgré des années de service exemplaire, simplement parce qu'ils sont homosexuels. Et plusieurs milliers d'autres n'auront plus à vivre dans le mensonge pour servir le pays qu'ils aiment".


Instaurée en 1993 par l’administration Clinton, DADT était un compromis destiné à éviter l’interdiction absolue faite aux gays et aux lesbiennes de s’engager dans l’armée. Mais elle a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

samedi 18 décembre 2010

La pub lesbienne qui choque Berlusconi


Deux femmes qui se lancent des oeillades suggestives pendant une soirée avant de finir au lit... La scène ne finira pas comme prévu: il s'agit en fait de la nouvelle publicité pour la Renault Twingo diffusée en Italie. Le slogan: "la nouvelle Twingo Miss Sixty... C'est un truc de filles". Réalisée par Publicis, elle a apparemment réussi l'exploit de choquer le chef du gouverment italien Silvio Berlusconi: les chaînes de son groupe Médiaset ont annoncé qu'elles ne la diffuseraient pas, tout comme la chaîne publique Rai, raconte le Daily Mail.

"Les limites sont-elles franchies? Une chose est sûre: il n'y a aucun détail technique concernant la voiture elle-même dans cette pub", sourit le Corriere Della Sera.

Des associations de défense des droits des homosexuels ont également dénoncé cette pub, jugée offensante pour les lesbiennes. Masi le débat fait rage sur les forums, d'autres homos y voyant un changement plutôt agréable. "Nous avons voulu créer une publicité originale, drôle mais pas vulgaire, et je pense que nous y sommes parvenus", se défend Daniele Tranchini de Publicis-Milan. Pour l'instant, la pub n'est diffusée qu'en Italie, sur la chaîne Sky, mais elle pourrait bientôt l'être dans toute l'Europe.

Dur d'être homo au boulot



L'homosexualité nuit à l'embauche et à la progression dans l'entreprise. C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) sur la perception des discriminations au travail dans le public et le privé.

Environ 5% des personnes interrogées disent avoir été victimes ou témoins de discriminations liées à l'homosexualité.

D'après cette enquête, 10% des salariés du public et 16% de ceux du privé estiment qu'être lesbienne ou gay constitue un facteur de discrimination à l'embauche dans leur entreprise -toutefois loin derrière le fait d'être séropositif ou atteint du SIDA (30% dans le public et 26% dans le privé).

Ce "handicap" persiste une fois dans la place car la progression professionnelle en est freinée, surtout dans le privé (14% le pensent, contre 8% dans le public), bien que seuls 1% des salariés du privé estiment que leur homosexualité leur vaut d'être moins bien payés que des collègues aux compétences et statut équivalents.

- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne sur trois victime d'agression au travail" (14/05/2009)

Rappelons que l'orientation sexuelle est l'un des 18 critères de discrimination punis par la loi (article 225-1 du Code pénal). Début 2010, par exemple, dans le nord de la France, un employeur a été condamné à verser 14.400 euros d'indemnités à un salarié victime de harcèlement moral puis licencié parce qu'il était homosexuel.

Le sondage a été réalisé par téléphone les 24 et 25 novembre et les 1er et 2 décembre 2010 auprès d'un échantillon de 1.080 personnes comprenant un échantillon national représentatif de 578 salariés du privé et un échantillon national représentatif de 502 agents de la fonction publique, tous deux constitués selon la méthode des quotas.

jeudi 2 décembre 2010

Mariage gay: et si les Sages disaient oui...


Coup de tonnerre dans le monde politique français. Le Conseil constitutionnel a jeté un pavé dans la mare en censurant les articles 75 et 144 du code civil, les seuls à évoquer les époux comme "mari et femme" ou "homme et femme". En décidant de les supprimer purement et simplement car ils les jugent discriminatoires, les Sages rendent du même coup légaux les mariages entre personnes de meme sexe. Les homosexuels se ruent dans les mairies, Christine Boutin s'étrangle...

Il ne s'agit encore que de fiction. Le Conseil, saisi le 16 novembre dernier par la Cour de cassation, a trois mois pour se prononcer. Il doit examiner la demande de Corinne et Sophie, qui contestaient le 24 août 2010 devant le tribunal de grande instance de Reims la constitutionnalité des articles 75 et 144 du Code civil "en ce qu’ils limitent la liberté individuelle d’un citoyen français de contracter mariage avec une personne du même sexe". "Les questions posées font aujourd’hui l’objet d’un large débat dans la société, en raison, notamment, de l’évolution des moeurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans les législations de plusieurs pays étrangers", a estimé la Cour de cassation pour justifier sa décision de saisir le Conseil constitutionnel.

Il est peu probable, toutefois, que les Sages légalisent le mariage homo. Lors d'une précédente décision, le 6 octobre 2010, portant sur l'adoption de l’enfant du partenaire, ils s'étaient contentés de botter en touche, renvoyant le problème au législateur. On voit mal pourquoi ils agiraient différemment sur ce cas. Mais au moins, pour la deuxième fois en quelques mois, le débat est ouvert. "Les lignes bougent, les mentalités changent", s'est réjouie la maire (PS) de Montpellier Hélène Mandroux, qui milite pour la légalisation du mariage gay.

De plus, soulignait l'avocate Caroline Mécary dans un communiqué, la Cour de cassation semble avoir évolué, puisque sa décision "rompt avec l’arrêt qu'elle avait rendu le 13 mars 2007 dans l’affaire Chapin & Charpentier", les mariés de Bègles. Elle avait alors refusé de reconnaître la validité de leur mariage, célébré par le député Vert Noël Mamère. Dans cette affaire, la Cour européenne des droits de l’Homme, qui a été saisie en septembre 2007, doit fixer prochainement une date d’audience.

Le mariage est déjà ouvert aux couples de personnes de même sexe dans huit pays européens: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal, Islande, Royaume-Uni. A quand la France?

lundi 22 novembre 2010

Homoparentalité et clichés chez des lycéens

Capture d'écran par SOS Homophobie

On se croirait dans les années 1970, quand Ménie Grégoire évoquait "l'homosexualité, ce douloureux problème". Sauf qu'il s'agit d'homoparentalité, et qu'en 2010 ce sont des lycéens qui alignent les clichés: "l'enfant ne saura pas qui appeler papa ou maman", les parents homos "ne sauront pas éduquer leurs enfants", et même, horreur suprême, l'enfant "peut devenir homosexuel".

Le sang de SOS Homophobie n'a fait qu'un tour, et l'association a interpellé les responsables du lycée Robert-Schuman du Havre sur leur responsabilité de contrôle des publications du journal Web de l'établissement, en proposant d'intervenir "auprès du corps éducatif et des élèves" pour remédier à leur méconnaissance de l'homoparentalité.

L'article publié le 19 novembre (voir copie d'écran) était accompagné d'une mention selon laquelle il s'agissait d'un "exercice argumentatif qui n'engage pas l'opinion des élèves". Il a été rapidement retiré du site, remplacé par un message d'excuses invoquant un "incident technique" qui "n'a pas permis de mettre en ligne l'intégralité d'un article contradictoire sur la lutte contre l'homophobie". Ce n'est que "l'édition partielle d'un travail d'élèves sur les discriminations", insiste l'équipe de direction, qui n'a pas pu être jointe par téléphone lundi.

On veut bien croire à un incident technique de publication -que celle qui n'a jamais "balancé" un bout d'article par erreur jette la première pierre- et que les arguments positifs allaient suivre, mais SOS Homophobie estime que la vigilance aurait probablement été plus grande si l'"exercice argumentatif" avait porté sur un autre motif de discrimination que l'homosexualité, comme l'égalité homme-femme ou le racisme.

Pour l'association, qui a été alertée par une enseignante sur sa ligne d'écoute, "cette affaire montre, une fois de plus, la nécessité que l'Education nationale se saisisse pleinement du sujet et mette les moyens nécessaires à la lutte contre l'homophobie dans les établissements, et plus globalement à quel point il est urgent que l'Etat et la société française reconnaissent l'homoparentalité comme une réalité familiale semblable aux autres".

Le président de SOS Homophobie, Bartholomé Girard, a déclaré à LToutes qu'à la suite de l'incident Robert-Schuman, des enseignants avaient contacté l'association pour témoigner "du problème qu'ils rencontrent du fait du manque de moyens pour informer sur les sujets LGBT" au collège et au lycée.

- Ligne d'écoute Azur de SOS Homophobie: 0810.108.135
- Ligne Azur pour les ados qui s'interrogent sur leur orientation sexuelle: 0810.20.30.40
- Page Web du ministère de l'Education nationale sur la lutte contre l'homophobie en milieu scolaire:
- Brochure "L'homophobie, savoir et réagir".

jeudi 11 novembre 2010

Pas de cadeau pour les pacsés

Bonne nouvelle pour les jeunes mariés: les députés ont décidé en commission des Finances de rétablir le cadeau fiscal auquel ils avaient jusque-là droit l'année de leur union. En revanche, pas de cadeau pour les pacsés. "Le mariage est une institution qui apporte de la solidité à la société. Il est donc légitime qu'il présente des avantages, notamment par rapport au pacs", peut-on ainsi lire dans l'exposé des motifs de l'amendement défendu par Hervé Mariton (photo).

C'est "une nouvelle avancée dans le conservatisme et les inégalités", s'est indigné SOS Homophobie dans un communiqué, dénonçant un "retour en arrière catastrophique en matière de droits des personnes LGBT" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Un couple hétérosexuel, lui, "aura toujours la possibilité de se marier, et donc de bénéficier d'avantages fiscaux. Les couples homosexuels sont, une fois de plus, lésés, discriminés, considérés comme inférieurs", souligne l'association. Les Verts ont aussi fustigé une "vision passéiste et rétrograde tendant à privilégier fiscalement le mariage au détriment du PACS".

En 2009, selon l'INSEE, 175.000 ont été signés et 256.000 mariages célébrés. Le gouvernement devrait néanmoins mettre tout le monde d'accord, en confirmant au nom de la nécessité de faire des économies la suppression de cet avantage fiscal, pour les pacsés comme pour les mariés.

lundi 8 novembre 2010

Mandroux relance Sarkozy sur le mariage homosexuel


Un après avoir lancé "L'appel de Montpellier" pour la légalisation du mariage homosexuel en France, la maire socialiste Hélène Mandroux revient à la charge auprès de Nicolas Sarkozy, en l'exhortant à "faire preuve de courage politique".

"La France est aujourd'hui à la traîne sur cette question alors même que c'est elle qui avait ouvert la voie il y a une décennie avec le PACS", souligne-t-elle, ajoutant que plus de 10.000 élus et citoyens ont signé la pétition en faveur de l'ouverture du mariage aux couples de lesbiennes ou de gays. L'élue de Montpellier rappelle aussi que le PS s'est engagé à légaliser ces unions et ouvrir l'adoption aux couples homos s'il revenait aux affaires en 2012.

Mandroux avait déjà écrit au président en janvier pour lui demander, "au-delà des clivages politiques, de prendre les dispositions qui s'imposent" afin que tous les Français, quelle que soit leur orientation suexuelle, possèdent "la même liberté de choix". Elle dit n'avoir pas reçu de réponse de l'Elysée.

Les couples homosexuels peuvent actuellement se marier dans sept pays d'Europe: Portugal, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Suède, Norvège et Islande. Le mariage entre personnes du même sexe est également légal en Argentine, en Afrique du Sud, au Canada, à Mexico et dans certains Etats des Etats-Unis: Connecticut, Iowa, Massachusetts, New Hampshire, Vermont, Washington DC.

vendredi 5 novembre 2010

"Les homos sont moins bien traités que les chiens"


"Au Cameroun, les personnes lesbiennes, gays ou bisexuelles sont moins bien traitées que les chiens", affirme Sébastien Mandeng, de l'Association pour la défense des droits des homosexuels. C'est ce que montre un rapport publié le 4 novembre par quatre organisations de défense des droits humains (Alternatives-Cameroun, l'Association pour la défense des droits des homosexuels, Human Rights Watch et la Commission internationale pour les droits des gays et lesbiennes).

Basé sur 45 entretiens de victimes, dont 16 femmes, il dénonce les arrestations sur la base de l'article 347 bis du Code pénal qui réprime l'homosexualité, les passages à tabac par la police, les exactions commises dans les prisons, ainsi qu'un climat homophobe général, en particulier au sein des familles.

Les lesbiennes, elles, sont moins souvent arrêtées que les gays. Leur calvaire se déroule essentiellement au sein des familles, où les femmes camerounaises sont étroitement surveillées, au point de voir leur liberté de circulation restreinte. Il suffit au Cameroun de ne pas s'habiller d'une manière "typiquement féminine" pour être montré du doigt. Les insultes sont alors courantes.

Sonia, 31 ans, en a fait l'expérience. "Le fait que je porte un short ou un pantalon me fait souvent passer pour une lesbienne aux yeux des gens. En plus, je joue au football, et au Cameroun, si tu joues au football, pour les gens, c’est que tu es lesbienne. Quand nous jouons, les hommes se rassemblent autour et nous insultent", raconte-t-elle. Etre lesbienne, cela veut dire "la mort dans mon quartier", ajoute-t-elle: "s’ils découvrent que tu es gay, ils te tuent. Ils se doutent que je le suis, mais ils ne peuvent pas le prouver parce que j’ai un fils".

Les femmes soupçonnées d'avoir des rapports sexuels avec des femmes peuvent être accusées de viol ou d'agression sexuelle au sein de leur communauté et risquent de perdre la garde de leurs enfants. C'est ce qui est arrivé à Laure, 34 ans. Sa famille lui a retiré ses trois enfants âgés de 9, 11 et 13 ans. "Je n’avais rien à dire parce que je suis lesbienne. Alors les enfants vivent maintenant avec leurs pères respectifs. Ce jour-là, mon amie et moi avons été jetées à la rue".


Quant à s'adresser à la police... "La police n’écouterait pas une lesbienne", résume Clarisse, 24 ans, victime d'une agression sexuelle. Pire: elle risquerait d'être arrêtée sur le fondement de l’article 347 bis. Dès lors, beaucoup se cachent, voire ont un petit ami comme "couverture".

C'est le cas d'Agnès, 32 ans, qui vit avec sa famille à Yaoundé. "Ce n’est pas que j’en aie envie, mais je suis obligée de coucher avec lui. Je dois montrer à ma famille que je suis avec un homme. C’est aussi pour ça que j’ai fait un enfant. Mon copain m’a déjà demandé à trois reprises si j’étais lesbienne. J’ai toujours nié". Marthe, 30 ans, a aussi un petit ami et une petite amie. "J’aimerais qu’il en soit autrement, j’aimerais pouvoir m’exprimer plus librement mais c’est impossible (...) Je suis avec mon copain depuis quatre ans et avec ma copine depuis deux ans et demi. Mon copain est une couverture (...) Je suis très croyante et dans mon église, ils pensent que c’est de la sorcellerie".

jeudi 21 octobre 2010

La Russie condamnée à la Gay Pride


La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la Russie à verser 29.510 euros à un militant des droits des homosexuels, pour l'avoir empêché d'organiser le défilé de la Gay Pride à Moscou en 2006, 2007 et 2008, sous des prétextes d'ordre public et moral.

La CEDH a estimé que les refus de la mairie de Moscou, du gouvernement et des tribunaux étaient injustifiés, qu'ils "n'étaient pas nécessaires dans une société démocratique" et que Nikolaï Alexeïev, gay, avait été victime d'une discrimination fondée sur son orientation sexuelle.

"C'est une défaite écrasante de l'homophobie de Russie", s'exclame Alexeyev sur son blog. "Nous proclamons le 21 octobre 2010 Jour de la Libération de la communauté LGBT en Russie", poursuit-il, "désormais, nous célébrerons cette fête chaque année par des actions publiques!"

Alexeïev rappelle que le maire de Moscou, Iouri Loujkov, récemment limogé après 18 ans à la tête de la capitale, avait qualifié la Gay Pride de "satanique" et les homosexuels d'"armes de destruction massive", entre autres gracieusetés. Mais après cette condamnation, le successeur de Loujkov, Sergueï Sobianine, "ne peut pas interdire la sixième Gay Pride à Moscou, prévue pour le mois de mai prochain".

La Cour européenne a souligné que les Gay Prides étaient destinées à "appeler l'attention du public sur la discrimination envers la communauté gay et lesbienne de Russie et à promouvoir la tolérance et le respect des droits de l'Homme" et que le maire de Moscou avait même mobilisé particuliers et organisations religieuses contre la Gay Pride.

La Convention européenne des droits de l'Homme "protège les manifestations non violentes, même celles qui peuvent heurter ou choquer ceux qui ne partagent pas les idées défendues par les manifestants", rappelle la CEDH dans son arrêt, soulignant "qu'il doit être possible de manifester sans crainte d'être agressé physiquement par ses adversaires".

En interdisant les marches au lieu de les protéger, les autorités moscovites "ont en pratique approuvé et soutenu les groupes qui appelaient à perturber les marches pacifiques en violation de la loi et de l'ordre public". Car en réalité, les autorités "étaient principalement guidées par les valeurs morales de la majorité".

La CEDH note que le gouvernement russe a déclaré "que les manifestations de ce type devaient être interdites par principe car la propagande homosexuelle était incompatible avec les doctrines religieuses et la morale publique et risquait de nuire aux enfants et aux adultes qui y étaient exposés".

Pour la Cour européenne, "la société ne peut se positionner sur des questions aussi complexes que celle des droits des homosexuels que par un débat équitable et public", dans lequel s'inscrivent les marches de la Gay Pride.

La Russie dispose de trois mois pour faire appel de la décision de la CEDH.

Retour au placard pour les militaires americains


Leurs organisations les avaient prévenus: les militaires américains gays ou lesbiennes retournent au placard, après avoir eu brièvement le droit d'évoquer ouvertement leur homosexualité dans l'armée.

Le gouvernement américain a obtenu la suspension provisoire de l'injonction du 12 octobre qui bloquait immédiatement l'application de la loi "don't ask, don't tell" (ne le demandez pas, ne le dites pas, DADT) de 1993 imposant le silence sur l'orientation sexuelle dans l'armée.

La loi DADT a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

Un sondage CBS News réalisé début octobre montre que 56% des Américains (marge d'erreur: plus ou moins 4 points de pourcentage) souhaitent que les gays et lesbiennes puissent servir ouvertement dans l'armée. Quant au gouvernement, il est paradoxalement favorable à l'abrogation de la loi DADT, que le président Barack Obama a promise, mais par la voie parlementaire.

Il y a de quoi s'y perdre, entre suspensions et suspensions de suspension de la DADT, y compris pour le Pentagone, qui venait d'ordonner aux recruteurs de l'armée d'accepter les candidats se déclarant homosexuels.

L'association conservatrice Log Cabin Republicans à l'origine de la plainte contre la loi DADT et de la victoire du 12 octobre, a jusqu'au 25 octobre pour transmettre à la cour d'appel de San Francisco ses arguments contre la suspension de l'injonction. Les magistrats diront alors s'ils rétablissent la loi DADT jusqu'à leur décision concernant l'appel du gouvernement contre la décision de la juge Philips déclarant la DADT inconstitutionnelle.

mercredi 13 octobre 2010

Les homos remportent une bataille dans l'armée américaine


Actualisé le 20/10/2010 après l'appel du ministère de la Justice

Les gays et lesbiennes vont-ils enfin pouvoir servir dans l'armée américaine sans se cacher?

C'est ce qu'a ordonné une juge fédérale, en interdisant l'application de la loi "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "ne le demandez pas, ne le dites pas") qui a abouti au renvoi de plus de 14.000 homosexuels depuis 1993, selon l'association de défense des militaires SLDN.

Le président Barack Obama avait promis d'abroger cette loi et a réaffirmé qu'il le ferait, mais le gouvernement américain n'apprécie pas que ce soit la justice, et non le Congrès (Parlement), qui prenne l'initiative. La Chambre des représentants a voté l'abrogation de la DADT mais les républicains l'ont bloquée au Sénat, et rien ne dit que le texte aura plus de chances de passer après les élections de novembre.

L'association SLDN n'a pas été surprise que le ministère de la Justice fasse appel de la décision judiciaire, fondée sur le caractère non constitutionnel de la loi, et elle appelle à la plus grande prudence, soulignant que la neutralisation de la DADT n'est pas encore effective.

Les rebondissements se succèdent: le Pentagone, obéissant à l'injonction de la juge, a ordonné aux recruteurs d'accepter les recrues se déclarant gay ou lesbiennes, mais le gouvernement demande la suspension de l'application de l'injonction pendant la procédure d'appel. Débouté une première fois par la juge, il a fait appel de ce rejet le 20 octobre (oui, c'est compliqué...).

"La loi DADT est encore en vigueur. Les militaires lesbiennes, gays et bisexuels sont toujours renvoyés en vertu du 'Don't Ask, Don't Tell" et ils continueront de l'être jusqu'au terme du processus. Ne faites PAS votre coming-out", conseille la SLDN.

dimanche 10 octobre 2010

Homoparentalité: les "Sages" renvoient la balle au législateur

Est-il discriminatoire de limiter aux seuls couples mariés la possibilité d'exercer conjointement l'autorité parentale en cas d'adoption? Non, a estimé le Conseil constitutionnel, saisi par un couple de femmes qui souhaitait adopter.

L'article 365 du code civil réserve aux seuls couples mariés la possibilité d'exercer conjointement l'autorité parentale quand ils adoptent un enfant. En cas de concubinage ou de PACS en revanche, seul l'adoptant détient l'autorité parentale, son conjoint n'ayant aucun droit. Les homosexuels n'ayant pas le droit de se marier en France, Isabelle D et Isabelle B avaient saisi le Conseil constitutionnel, en espérant qu'il juge cet article discriminatoire et l'invalide. Mais les Sages ont préféré ne pas s'avancer sur la question, renvoyant la balle au législateur.

L'impossibilité d'exercer ensemble l'autorité parentale n’empêche pas de "mener une vie familiale normale", ont-il estimé dans leur décision. Mais surtout, le Conseil constitutionnel a jugé que le législateur a voulu la distinction entre couples mariés et non mariés "dans l'intérêt de l'enfant", et qu’il ne lui appartenait pas de le contredire. Il ne veut pas "substituer son appréciation à celle du législateur sur une telle question et, en particulier, sur les conséquences à tirer, en matière de filiation et d’autorité parentale, de la situation particulière de l’enfant élevé par deux personnes du même sexe".

"Encore faudrait-il que le législateur s'empare du sujet!", a rétorqué SOS homophobie, qui a dénoncé dans un communiqué "cet immobilisme total" du Conseil "et le décalage entre l'idée que se fait une partie de la classe gouvernante de la famille et la réalité de la société française".

"Plus d’une dizaine de propositions de loi de parlementaires socialistes" ont été déposées pour "garantir l’égalité pour tous et toutes sans discriminations en raison du genre ou de l’orientation sexuelle. Toutes ces propositions ont été rejetées par la droite", a rappelé la socialiste Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale aux questions de société. "La majorité parlementaire porte, avec le président de la République, une lourde responsabilité dans son incapacité à moderniser la société française, et à accorder aux Français des droits égaux".



"Il y a 30.00 enfants environ qui sont élevés par deux parents de même sexe" en France, a souligné sur Europe1 Nadine Morano. La secrétaire d’État chargée de la Famille a estimé que traiter différemment les enfants issus de familles hétéro- ou homoparentales constituait une discrimination. Pour autant, "sur ce sujet, je l’avoue très humblement, je suis minoritaire, et le président de la République au cours de la campagne électorale n’a jamais pris l’engagement de modifier l’adoption des couples homosexuels". Comment le faire bouger? "Vous savez, ça relève de la réflexion personnelle sur ces sujets".

mardi 5 octobre 2010

"The Kids are All Right": "Tout va bien"... ou presque




Actualisé avec les nominations aux Oscar et Golden Globe pour Annette Bening

Vingt ans et quelque de vie commune, ça use. Pour Nic et Jules, la vie de famille idéale vire au cauchemar quand les enfants décident de rencontrer leur père... biologique, car leurs mères sont lesbiennes et les ont conçus grâce à un don de sperme.

Avec "Tout va bien! The Kids are All Right" (sortie en France le 6 octobre), Lisa Cholodenko s'empare des sujets de société que sont l'homoparentalité et l'anonymat du don de sperme pour explorer le thème plus classique de la crise d'un couple, dans une comédie dramatique enlevée, tour à tour drôle et émouvante.

L'image d'Epinal de la famille homosexuelle heureuse élevant des enfants parfaits dans une Californie gay-friendly vole en éclats avec l'irruption du donneur de sperme qui expose au grand jour les zones d'ombre du tableau déjà suggérées au détour de quelques répliques.

S'inspirant de sa propre expérience, Lisa Cholodenko adopte un ton souvent ironique mais tendre aussi pour décrire ces vies et sexualités bouleversées auxquelles Annette Bening, dans le rôle de Nic-la-tête-sur-les-épaules, et Julianne Moore, dans celui de Jules-la-tête-dans-les-étoiles, prêtent corps et émotion.

Les deux actrices sont bien entourées, entre Mark Ruffalo, touchant en célibataire endurci très cool qui se découvre une vocation de père et de mari, et Mia Wasikowska ("Alice au pays des merveilles") et Josh Hutcherson ("Voyage au centre de la Terre"), ados responsables qui ne saisissent cependant pas tous les enjeux de leur démarche pour leurs "Mums".

On pourra regretter que la réalisatrice de "High Art" (1998) ait esquivé les aspects potentiellement polémiques ou subversifs de son sujet pour mettre en avant l'histoire universelle d'un couple en crise, où l'homosexualité et l'homoparentalité n'apparaissent que comme un ressort dramatique, mais c'est peut-être ce choix un peu trop lisse qui permet à "Tout va bien" de toucher un large public.

Car ces Kids-là, récompensés par le Teddy du meilleur film LGBT à Berlin, ont fait un carton au box-office américain. Annette Bening a obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice de comédie et est nommée aux Oscar pour le meilleur premier rôle féminin, où sa principale concurrente est Natalie Portman, Golden Globe de la meilleure actrice de film dramatique pour "Black Swan".

"The Kids Are All Right" a aussi décroché des nominations aux Oscar pour le meilleur film de l'année, le meilleur scénario original et le meilleur second rôle masculin pour Mark Ruffalo.



- "Tout va bien! The Kids are All Right", de Lisa Cholodenko, avec Annette Bening, Julianne Moore, Mia Wasikowska, Josh Hutcherson, Mark Ruffalo. Durée: 1h46. Sortie en France le 6 octobre 2010. Photos DR

mercredi 1 septembre 2010

LToutes en vacances!


Toutes les bonnes choses ayant un début, les vacances sont arrivées pour LToutes.
Rendez-vous en octobre pour de nouvelles aventures lesbiennes!