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jeudi 14 mai 2009

Une lesbienne sur trois victime d'agression au travail


Un tiers des lesbiennes disent avoir subi des agressions d'une manière ou d'une autre sur leur lieu de travail, selon une étude de l'Autre cercle-Ile de France qui pointe la double discrimination -le "double plafond de verre"- qu'elles vivent trop souvent, en tant que femmes et en tant qu'homosexuelles.

L'association a interrogé 630 femmes de 26 à 45 ans et de tous les milieux (cadres, ouvrières, employées, professions libérales, ingénieures..), via un questionnaire diffusé sur le web entre octobre 2007 et octobre 2008. Résultat: 52% disent subir au moins une des deux discriminations, homophobe ou sexiste, sur leur lieu de travail, et 22% vivent les deux.

Un tiers ont déjà subi une agression: 21% des blagues ou remarques déplacées, 9% une mise à l'écart, 2% des insultes et 1% des violences physiques. Avec pour conséquences, une déprime ou une dépression pour 31%, voire la démission pour 7%.

Plus de la moitié des victimes -57%- ont pourtant préféré se taire et n'ont pas signalé l’incident ni sollicité aucune aide. Et quand elles ont voulu donner suite, il ne s'est finalement rien passé pour l'agresseur dans la grande majorité des cas (68%).

"Pour éviter toute polémique et suite aux nouvelles règles relatives au harcèlement au travail, certaines entreprises n'hésitent pas à négocier une transaction en déplaçant l'agressée, une façon d’éviter de devoir traiter le fond du problème", accuse l'Autre cercle. "D'autres entreprises minimisent la plainte, voire la nient".

Du coup, l'immense majorité des lesbiennes préfèrent rester invisibles au travail: seules un tiers des répondantes ne se cachent pas. "Il faut bien admettre qu’une simple affirmation de soi semble difficile sur son lieu de travail lorsqu’on est femme et homosexuelle", regrette l'association.