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vendredi 24 octobre 2008

Discrimination?

Cineffable, festival discriminatoire? Qui l'eut cru? Nombre d'hommes hétéros de droite sont très, très malheureux de ne pouvoir, eux aussi, venir voir les derniers films lesbiens.
Tellement malheureux qu'ils hurlent à la discrimination.

Organisé par des lesbiennes et pour des lesbiennes, le Festival international du film lesbien et féministe de Paris est interdit aux hommes, "non mixte" préfèrent pudiquement dire les organisatrices.


C'est l'octroi d'une subvention de 15.000 euros par la mairie de Paris, à partir de 2003, qui a mis le feu aux poudres. Le pamphlétaire François Devoucoux du Buysson, contradicteur régulier des revendications du mouvement gay et lesbien et de la politique de Bertrand Delanoë à Paris, protestait aussitôt contre l'utilisation de l'argent du contribuable au bénéfice d'une manifestation "discriminatoire" et "ouvertement sexiste". Après avoir écrit en vain au maire de Paris, il a saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) en 2006. Sans plus de succès pour l'instant.

"Lorsque la France sera un pays où l’égalité règne, où les femmes et les lesbiennes ne feront plus l’objet de discriminations et de mépris, alors sans doute n’y aura-t-il plus cette nécessité d’organiser de manifestations réservées aux femmes", répondent quant à elle les organisatrices du festival.

- Lire aussi sur LToutes: "Cineffable: les lesbiennes font leur cinéma", "La success-story de Cineffable", "Demandez le programme!"

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Cineffable: demandez le programme!

Voici le programme des longs métrages et documentaires de Cineffable. Pour les courts métrages, rétrospective et expositions, rendez-vous sur le site de Cineffable.
LES LONGS METRAGES

  • "Vivere", Allemagne, par Angelina Maccarone
    Par une froide nuit de réveillon, Francesca part à la recherche de sa soeur Antonietta. Sur son chemin, elle croise l'énigmatique Gerlinde au coeur brisée dont elle tombe immédiatement amoureuse...
    Vainqueur du prix Outstanding Artistic Achievement cette année à l'Outfest de Los Angeles.
    Séances: en ouverture jeudi 30 octobre - 19h00 - Trianon, et samedi 1er novembre - 17h30 - Halle Saint-Pierre

  • "Drifting Flowers", Taïwan, Zero Chou
    Le film suit les vies de trois femmes: Diego, une ravissante musicienne butch, Ging, une belle chanteuse aveugle et Lily, qui souffre de la maladie d’Alzheimer.
    Séance: vendredi 31 octobre - 20h00 - Trianon

  • "In Search of The Wild Kingdom", Etats-Unis, Shine Louise Houston
    Suivez la réalisatrice Georgia Mann et son équipe à travers les rue de San Francisco alors qu’elles capturent certaines des scènes les plus chaudes du milieu de la nuit. Un vrai faux documentaire avec du vrai sexe dedans… Prix 2007 du Feminist Porn Awards.
    Film interdit aux moins de 16 ans
    Séances: samedi 1er novembre - 22h00 - Trianon, et dimanche 2 novembre - 22h00 - Trianon

  • "Pusinky", République tchèque, par Karin Babinská
    Iška, Karolina et Vendula viennent d'avoir le bac. Elles décident de faire du stop pour les Pays-Bas où elles ont prévu de travailler dans une ferme pendant trois mois. Mais Votja, frère d'Iška et espion à la charge de leur père, joue les invités-surprise.
    Séance: dimanche 2 novembre - 20h00 - Trianon

  • "Rome and Juliet", Philippines, par Connie S. A. Macatuno
    Juliet, une enseignante de maternelle, vient de se fiancer à un jeune politicien ambitieux et demande à Rome, une jeune femme d’affaires libérée, d’organiser le mariage. Au fil des préparatifs, naissent entre les deux femmes des sentiments qui leur sont inconnus... Romantique et glamour, "Rome and Juliet" est le premier film lesbien philippin.
    Séance: samedi 1er novembre - 20h00 - Trianon

  • "World Unseen", Royaume-Uni/Afrique du Sud, par Shamin Sarif
    Durant l'Apartheid en Afrique du Sud, deux femmes se rencontrent et leur monde bascule. Dans un système qui divise Blancs, Noirs et Asiatiques, quelle chance un tel amour a-t-il de survivre?
    Romantique et épique, le film a reçu le prix du public au Miami Gay and Lesbian Film Festival ainsi que le prix de la mise en scène au Phoenix Film Festival.
    Séance: dimanche 2 novembre - 17h30 - Halle Saint-Pierre

LES DOCUMENTAIRES:

  • "A Walk to Beautiful", Etats-Unis/Ethiopie, de Mary Olive Smith
    Ce documentaire relate l’histoire de cinq Ethiopiennes souffrant de lésions survenues lors d’accouchements. Rejetées par leurs maris et marginalisées par leurs communautés, elles sont condamnées à passer le restant de leur vie dans la solitude et la honte. Nous suivons ces femmes jusqu'a l'hôpital spécialisé où, pour la premiere fois, elles trouvent du réconfort et où leurs vies commencent à changer.
    Séances: 31 octobre - 15h00 - Halle Saint-Pierre, et dimanche 2 novembre - 17h30 - Trianon

  • "It's Elementary: Talking about Gay Issues in School", Etats-Unis, par Debra Chasnoff
    Premier documentaire à traiter de l’homosexualité expliquée aux enfants dans les écoles publiques américaines, "It's Elementary" suit les interventions de professeurs dans des classes allant du primaire au lycée. Tourné en 1996, il a fait le tour des écoles américaines et gagné de nombreux prix. Un film que les profs devraient montrer à tous les élèves.
    Séances: dimanche 2 novembre - 12h30 - Trianon, et vendredi 31 octobre - 17h30 - Trianon
      • "It's STILL Elementary: The Movie and The Movement", Etats-Unis, par Debra Chasnoff
        "C’est TOUJOURS élémentaire... " revient sur l’incroyable impact que le film "C'est élémentaire, parler de l’homosexualité à l'école" a connu ces dix dernières années, les raisons pour lesquelles il avait été réalisé à l’époque et pourquoi il est toujours d’actualité aujourd’hui. Professeurs et élèves du premir film racontent comment ces discussions ont modifié leurs vies. Le documentaire revient également sur la diffusion controversée du film par la chaîne PBS et les attaques de la droite conservatrice.
        Séance: dimanche 2 novembre - 20h00 - Halle Saint-Pierre

    • "L'ordre des mots", France, de Mélissa Arra
      Loin du traitement habituel des questions trans et intersexes, L’ordre des mots aborde de front les questions d'identité de genre de cette communauté.
      Séance: vendredi 31 octobre - 12h30 - Trianon

    • "Mom's Apple Pie", Etats-Unis, par Jody Laine, Shan Ottey et Shad Reinstein
      Cinq mères lesbiennes et quatre enfants (maintenant à l’âge adulte) témoignent de leur combat pour le droit de garde dans les années 1970. En 1974, The Lesbian Mother’s National Defense Fund est crée a Seattle. Au même moment, le Lesbian Right Project voit le jour à San Francisco. Avec d’autres groupes de tous les États-Unis, ces premières lesbiennes féministes s’unissent pour faire modifier les lois et défricher le terrain pour les futures familles LGBT.
      Séance: lundi 3 novembre - 12h30 - Trianon

    • "Moudjahidate", France, par Alexandra Dols
      A travers les récits d'anciennes combattantes et l'évocation de leur mémoire, ce documentaire retrace l’engagement des femmes dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie.
      Séance: vendredi 31 octobre - 22h00 - Trianon

    • "Risk Stretch or Die", Allemagne, par Saskia Heyden
      D'origine française, Océan LeRoy est l'un des plus célèbres Drag Kings de la scène transgenre berlinoise. Connue et reconnue pour ses performances, Océan partage sa vie entre son personnage de Drag Star la nuit et celui de business woman le jour.
      Séance: samedi 1er novembre - 15h00 - Trianon

    • "She's a Boy I Knew", Canada, par Gwen Haworth
      A travers les entretiens et les témoignages de son ex-femme, son meilleur ami et sa famille, Gwen Haworth nous raconte avec pudeur les pas qui le conduisirent à s'assumer en tant que femme.
      Séance: samedi 1er novembre - 15h00 - Trianon



    - Lire aussi sur LToutes: "Cineffable: les lesbiennes font leur cinéma", "La success-story de Cineffable", "Discrimination?"

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    mercredi 22 octobre 2008

    Des bébés-éprouvette pour les lesbiennes

    En Grande-Bretagne désormais, non seulement un couple de lesbiennes aura librement accès à la fécondation in vitro, mais elles seront toutes deux automatiquement reconnues comme parents de l'enfant conçu, et plus seulement la mère biologique. C'est ce que prévoit la "loi sur l'embryologie et la fécondation humaine" qui a été adoptée mercredi à Londres par la Chambre des communes.

    Les parlementaires britanniques avaient repoussé au cours des débats un amendement déposé par les conservateurs qui imposait aux médecins de prendre en compte "la nécessité d'un père" avant d'entamer un traitement d'aide à la conception. En pratique, les cliniques auraient donc pu purement et simplement refuser leurs services aux lesbiennes.


    Jusque-là, la loi imposait que le nom du père biologique soit inscrit sur les registres d'état civil, ce qui limitait de fait l'accès des lesbiennes et des femmes célibataires à la FIV. Ce système "encourageait les femmes à recourir à des arrangements artisanaux, hors de la protection du système de santé", selon l'organisation de défense des droits des homosexuels Stonewall.

    La nouvelle loi prévoit aussi que lorsqu'un couple de femmes ou d'hommes s'engage dans la conception d'un enfant par le biais d'un don de sperme, d'ovule ou d'embryon, ils sont automatiquement tou(te)s deux reconnu(e)s comme parents. Cette disposition est valable même si le couple n'est pas lié par un partenariat civil, le PACS local. Jusque-là, le parent non biologique devait adopter l'enfant pour établir un lien juridique avec lui.

    Stonewall a salué ce texte, jugeant "essentiel pour tout enfant d'être élevé dans un environnement stable et aimant (...) Beaucoup de couples de même sexe élèvent déjà leur enfant dans un tel environnement (...) Il est temps que la loi le reconnaisse".


    USA: Sarah Palin veut interdire le mariage homo dans la Constitution

    Sarah Palin, colistière de John McCain, voudrait que la Constitution fédérale américaine soit amendée pour interdire le mariage homosexuel.

    "Je ne suis pas pour le mariage gay", a déclaré la gouverneuse républicaine de l'Alaska lundi 20 octobre à une télévision chrétienne. Et de rappeler qu'elle avait voté en 1998 pour que la Constitution de son Etat précise que seuls un homme et une femme peuvent se marier.

    Une prise de position d'autant plus importante que si John McCain est élu à la Maison Blanche le 4 novembre, il sera âgé de 72 ans, et on ne peut exclure que sa vice-présidente Sarah Palin soit amenée à le remplacer avant la fin de son mandat.

    La gouverneuse de l'Alaska se dit "tolérante" envers les homosexuels et souhaite que les couples de même sexe bénéficient par exemple du droit de visite à l'hôpital ou de l'assurance-vie du conjoint. Elle a d'ailleurs mis son veto à une loi locale qui aurait privé des partenaires homosexuels de certains avantages accordés aux couples hétéros.

    John McCain, sénateur de l'Arizona, soutient le référendum pour l'interdiction du mariage gay dans la Constitution de l'Arizona, mais il estime que ce n'est pas à l'Etat fédéral de décider.

    Du côté démocrate, le colistier de Barack Obama, Joe Biden, a affirmé lors du "Ellen DeGeneres Show" que, s'il votait en Californie, il voterait contre la proposition 8 interdisant le mariage gay.

    Tous les candidats à la Maison Blanche (Barack Obama et John McCain) ou à la vice-présidence (Joe Biden et Sarah Palin) sont opposés à la légalisation du mariage homosexuel.

    - Voir aussi sur LToutes: "Presidentielle USA 2008: Obama, McCain et les droits des homos" (29/08/2008)

    mardi 21 octobre 2008

    Belgique: un congé "paternité" pour les lesbiennes?

    Une lesbienne dont la compagne vient d'avoir un enfant devrait avoir droit à un congé "paternité", estime la ministre flamande de l'Egalité des Chances Kathleen Van Brempt dans le quotidien belge néerlandophone "De Standaard" (20/10/2008).

    Si le couple est marié au moment de la naissance (le mariage homosexuel est légal en Belgique), les deux femmes doivent aussi pouvoir être automatiquement et immédiatement reconnues toutes les deux comme parents, ajoute-t-elle.
    Actuellement, la compagne de la mère biologique doit adopter l'enfant si elle veut établir un lien juridique avec lui.

    Kathleen Van Brempt apporte aussi son soutien à la publication par les éditions Lannoo d'un livre sur la grossesse adressé spécifiquement aux lesbiennes. "Ce livre sort la parentalité des lesbiennes du tabou", se réjouit-elle.

    En France, Elodie, 31 ans, qui réclamait un congé de paternité et se jugeait victime de discrimination, a été déboutée en janvier 2008 de sa demande par la cour d'appel de Rennes. Le tribunal confirmait ainsi une décision de la Sécurité sociale, puis du tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes. Avec son association, "les enfants d'Arc en Ciel", la jeune femme continue le combat.

    Elodie a écrit à Nicolas Sarkozy. Le 17 juin, le directeur de cabinet lui répondait: ces questions "méritent un débat" et "le président de la République a demandé au gouvernement d'entamer des consultations avec les représentants associatifs concernés". Toutefois, rappelait-il,
    Nicolas Sarkozy "ne souhaite pas ouvrir le mariage ni l'adoption aux couples de même sexe".

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    vendredi 17 octobre 2008

    Belgique: 34 adoptions par des couples homo

    Au 25 juin 2008, 34 enfants avaient été adoptés par des couples homosexuels, selon le ministère de la Justice belge.
    Dans tous les cas, il s'agit de l'adoption de l'enfant biologique du partenaire.

    La loi belge autorise l'adoption par les couples homosexuels depuis le 18 mai 2006. Cinq autres pays européens l'autorisent: le Danemark (1999), les Pays-Bas (2001), la Suède (2003), l'Espagne (2005) et le Royaume-Uni (2005). La France ne le permet pas.

    jeudi 16 octobre 2008

    Kirghizistan: le viol pour "guérir" les lesbiennes

    Au Kirghizistan, on frappe et on viole les lesbiennes pour les "guérir". C'est ce qui ressort d'un rapport de l'organisation Human Rights Watch publié cette semaine.

    Les lesbiennes et les hommes transgenres y subissent violences et humiliations au quotidien, au sein de leur famille, de la part d'étrangers dans la rue -simplement parce qu'elles n'ont pas l'air suffisamment "féminines"- voire de policiers.

    "Ma mère m'a battue toute ma vie", raconte ainsi Elmira. Et cela a empiré quand elle a refusé de se marier et est tombée amoureuse d'une femme. Elle a finalement décidé de fuir la maison familiale, et sa mère lui a lancé: "On te retrouvera et on t'enfermera". "Les lesbiennes ne sont pas des êtres humains. Maman a raison: tu devrais être enfermée. Tu es folle", ont renchéri ses soeurs.

    Car pour beaucoup au Kirghizistan, l'homosexualité est bien une maladie, que certains cherchent à "guérir" en enfermant les lesbiennes, en les frappant ou en les violant. Damira, 20 ans, a été violée par les frères de sa copine alors qu'elle avait 15 ans: "Ils m'ont dit: c'est ta punition pour être comme ça et pour tourner autour de notre soeur".

    Tursunai, 24 ans, a été piégée par une amie et violée par plusieurs hommes: "Mon amie s'était plainte auprès d'eux que j'étais lesbienne. Ils lui ont promis de l'aider à me guérir. Elle est partie et a fermé la porte". Sur les 40% de lesbiennes et d'hommes transgenres interrogés qui ont osé faire leur coming out auprès de leur famille, 18% ont subi des violences physiques. Dans plus d'un cas sur deux (56%), leurs proches ont essayé de les contraindre à changer d'orientation sexuelle. Au total, 23% des personnes interrogées ont subi des violences sexuelles dans leur vie.

    Alors que l'association LGBT "labrys" subit des descentes de police, un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur déclarait en 2005, lors d’une table ronde sur les droits de l’Homme, à propos des lesbiennes et des hommes gays: "Je les battrais, moi aussi. Imaginons que je me promène dans un parc avec mon fils. Et voilà deux hommes qui marchent en se tenant par la main. Moi aussi, je les tabasserais."

    mardi 14 octobre 2008

    McDo cède au boycott anti-gay

    Boycotté depuis mai par la puissante -et très conservatrice- Association des familles américaines (AFA), McDonald's a cédé.

    L'association, qui jugeait la chaîne de fast food trop gay friendly, a annoncé la fin de sa campagne de boycott. "McDonald’s a assuré à l'AFA qu'il resterait neutre dans la guerre culturelle autour du mariage homosexuel", claironne l'organisation.


    A l'origine du conflit: l'entrée du vice-président de la communication de McDonald’s, Richard Ellis, au sein du bureau de la Chambre de commerce gay et lesbienne américaine. Sous la pression, Ellis a finalement démissionné. Les militants de l'AFA vont donc pouvoir désormais retourner déguster leur hamburger préféré le coeur léger...

    L'organisation est une habituée du genre: elle a aussi boycotté le constructeur automobile Ford, coupable de traiter les couples de salariés homosexuels comme les couples mariés. Cette organisation chrétienne radicale dénonce régulièrement l'insidieux prosélytisme gay dans le monde de la télévision et du spectacle, des publicités d'Ikea au pervers "1, rue Sésame" ("Sesame Street").

    - Lire aussi sur LToutes: "Mange, c'est du gay!" (08/07/2008).

    samedi 11 octobre 2008

    Le Connecticut légalise le mariage gay


    La Cour suprême du Connecticut (nord-est des Etats-Unis) a jugé vendredi 10 octobre 2008 que les couples homosexuels avaient le droit de se marier et que l'union civile n'était pas une alternative satisfaisante.

    Le Connecticut devient ainsi le troisième Etat américain, après le Massachusetts et la Californie, à légaliser le mariage homosexuel. Les magistrats de la Cour suprême se sont montrés toutefois très divisés, puisque la
    décision n'a été adoptée que par quatre voix contre trois, au nom de l'égalité entre tous les citoyens.

    La Maison Blanche a réaffirmé sa conviction en ce que "le mariage est une institution sacrée entre un homme et une femme". Pour l'entourage de George W. Bush, la décision de la Cour suprême du Connecticut montre "qu'il faudrait peut-être amender la Constitution fédérale si les gens doivent décider de ce que signifie le mariage".



    La gouverneuse du Connecticut, la républicaine Jodi Rell, opposée au mariage entre gays et lesbiennes, a déclaré qu'elle respecterait la décision de la Cour suprême, tout en soulignant que le Connecticut avait été le premier Etat, en 2005, à légaliser volontairement une union civile garantissant les mêmes droits qu'aux couples mariés.

    En Californie, les électeurs se prononceront sur un éventuel retour de l'interdiction du mariage homosexuel, la "proposition 8", en même temps qu'ils éliront le nouveau président des Etats-Unis.

    vendredi 10 octobre 2008

    Le Portugal dit non au mariage gay


    Le Parlement portugais a largement rejeté ce vendredi 10 octobre 2008 le projet de légalisation du mariage homosexuel. Le Parti socialiste au pouvoir et le Parti social-démocrate, dans l'opposition, se sont alliés pour repousser ce texte, défendu notamment par les Verts.

    Selon un sondage publié vendredi dans le "Jornal de Noticias", 53% des Portugais sont hostiles au mariage gay, mais 42% y sont favorables.

    Les lesbiennes et gays peuvent actuellement se marier dans trois pays européens: la Belgique, l'Espagne et les Pays-Bas.

    Le Parti socialiste a justifié son rejet du projet sur le mariage homosexuel en expliquant dans un communiqué qu'"une réforme de cette importance et de cette complexité ne pourrait être approuvée qu'après avoir mené un vrai débat et construit un large soutien au sein de la société portugaise."

    Deux lesbiennes portugaises avaient tenté de se marier en 2006. En vain: les responsables des registres d'état-civil de Lisbonne avaient rejeté leur demande. Leur plainte avait ensuite été rejetée par un tribunal. Leur cas est actuellement examiné par la Cour suprême portugaise.

    vendredi 29 août 2008

    Lambert Wilson, homo en mal d'enfant

    Comment avoir un enfant en France quand on est homo? C'est la question à laquelle s'attaque "Comme les autres", film de Vincent Garenq, dans les salles à partir du 3 septembre 2008.

    Le héros Emmanuel, incarné par Lambert Wilson, veut un enfant, et il est prêt à tout pour cela, y compris à laisser sur le bord de la route son compagnon Philippe (Pascal Elbé).

    De la tentative d'adoption à la mère porteuse (Pilar López de Ayala), c'est bien un parcours du combattant que va devoir affronter Emmanuel, même si le ton reste résolument léger.

    Le film "est militant par le choix du sujet, mais pas par son traitement. C'est avant tout une comédie, mais si les gens se disent en sortant de la salle: l'homoparentalité pourquoi pas?, je serai content", expliquait Vincent Garenq le 24 août dans "Le Journal du dimanche".

    Presidentielle USA 2008: Obama, McCain et les droits des homos

    Barack Obama, 47 ans, a été officiellement désigné candidat du Parti démocrate pour l'élection présidentielle 2008 de novembre aux Etats-Unis. Il affrontera John McCain, 72 ans, que les républicains investiront la semaine prochaine.

    Huit ans ont amplement suffi pour connaître la politique de George W. Bush en qui concerne les droits des homosexuel(le)s, bi et trans, mais qu'en est-il de ses successeurs potentiels à la Maison Blanche?

    LToutes fait le point.

    MARIAGE
    Seuls le Massachusetts en 2004 et la Californie en 2008 ont légalisé le
    mariage homosexuel. En Californie, le mariage gay et lesbien est menacé par un référendum qui sera organisé en novembre 2008.

    - Obama: contre le mariage homosexuel mais contre un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au niveau fédéral.
    Favorable aux unions civiles pour les gays et lesbiennes.
    Estime que la décision sur le mariage gay appartient à chaque Etat
    régional.

    "Le mariage est l'union entre un homme et une femme."


    - McCain: contre le mariage homosexuel mais contre un amendement
    constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au
    niveau fédéral, sauf si une cour fédérale ordonnait à un Etat de
    reconnaître les mariages gays contractés dans des Etats où c'est légal
    (Massachusetts et Californie).
    Estime que chacun des Etats confédérés doit pouvoir choisir. Souhaite que les couples homosexuels aient des droits en ce qui concerne
    notamment les assurances et la couverture sociale.

    "Le mariage est uniquement entre un homme et une femme."


    ADOPTION PAR DES HOMOSEXUELS
    Seule la Floride interdit explicitement l'adoption par des
    célibataires gays et lesbiennes. Neuf Etats autorisent l'adoption par des
    couples ouvertement homosexuels, dans les autres, seul l'un des partenaires
    peut adopter l'enfant.

    - Obama: favorable au droit à l'adoption pour les couples gays et lesbiens.
    "Nous devons en finir avec la discrimination à l'encontre des familles LGBT."

    - McCain: lui-même père adoptif d'une petite Bangladaise, il est opposé à
    l'adoption par des couples homosexuels mais ne souhaite pas
    l'interdiction constitutionnelle au niveau fédéral.
    "On a prouvé que les deux parents étaient importants dans le succès
    d'une famille alors non, je ne crois pas à l'adoption gay."
    DISCRIMINATION A L'EMPLOI

    - Obama: souhaite que la loi contre la discrimination à l'emploi
    concerne également les homosexuel(le)s, bis, travesti(e)s et transsexuels. Il a
    soutenu une proposition de loi au Sénat de l'Illinois pour interdire la
    discrimination à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

    - McCain: il a voté contre un projet de loi interdisant la discrimination
    à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

    CRIMES HOMOPHOBES

    - Obama: souhaite que la loi fédérale inclue l'orientation sexuelle
    dans les circonstances agravantes des crimes.

    - McCain: a voté contre l'inclusion de l'orientation sexuelle
    dans la définition des crimes de haine.

    HIV-SIDA

    - Obama: soutient la prorogation de la loi Ryan White CARE permettant le
    financement fédéral des soins nécessaires aux séropositifs et malades du SIDA.

    - McCain: hésite à se prononcer sur l'usage du préservatif et
    l'information.
    "Je ne suis pas assez informé là-dessus. J'ai dû prendre position par le passé, laissez-moi retrouver quelle était ma position"
    ARMEE
    Actuellement, c'est le principe hypocrite du "
    Don't ask,
    don't tell
    ", ou "pas vu, pas pris": ne demandez pas, ne dites
    pas. Les militaires ne peuvent pas se déclarer ouvertement homosexuels.

    - Obama: pour l'abandon du "Don't ask, don't tell",
    estime que seuls comptent les états de service.

    - McCain: satisfait de la politique du "don't ask, don't
    tell".
    "Ce serait une terrible erreur de rouvrir la question."

    jeudi 28 août 2008

    Mort de Del Martin, pionnière des droits des lesbiennes

    Del Martin était une jeune mariée de 87 ans. Cette pionnière des droits des lesbiennes avait épousé sa compagne de ces 55 dernières années, Phyllis Lyon, le 16 juin 2008, quand la Californie avait légalisé le mariage homosexuel. Del Martin est morte ce mercredi 27 août 2008 à San Francisco.

    Sa femme Phyllis Lyon, âgée de 83 ans, se trouvait à ses côtés à l'hôpital de San Francisco. "Je suis anéantie, mais ça me soulage un peu de savoir que nous avons pu nous marier avant qu'elle meure", a déclaré Phyllis.

    Del Martin a succombé à des problèmes de santé de longue date, deux semaines après s'être cassé un bras, selon le Centre national pour les droits des lesbiennes (
    National Center for Lesbian Rights, NCLR).


    Les deux femmes ont été unies le 16 juin 2008 par le maire de San Francisco Gavin Newsom, devenant symboliquement le premier couple homosexuel à bénéficier de la légalisation du mariage gay et lesbien survenue en mai dans cet Etat.

    Del Martin, Phyllis Lyon, et six autres lesbiennes avaient fondé en 1955 la première organisation américaine de défense des droits des Lesbiennes, Daughters of Bilitis ("Les Filles de Bilitis"). L'année d'après, elles lançaient "The Ladder", la première newsletter lesbienne, véritable ligne de vie pour des centaines de femmes isolées et contraintes à vivre cachées.

    "Rien n'a jamais été accompli en se cachant dans un coin sombre", proclamait Del Martin à une époque où l'homosexualité était jugée immorale, qualifiée de maladie mentale et punie par la loi.

    "Aujourd'hui, le mouvement LGBT a perdu une vraie héroïne", a réagi Kate Kendell, directrice du NCLR. "Son dernier acte public de militantisme a été aussi le plus personnel: épouser celle qu'elle aimait depuis 55 ans". Dès lors, "la meilleure façon, la plus émouvante, de rendre hommage à sa mémoire, sera de protéger le droit au mariage pour les couples de même sexe", a-t-elle souligné.

    Et le combat est loin d'être gagné, même en Californie, puisqu'un référendum sur l'interdiction du mariage homosexuel sera organisé en novembre à l'initiative des opposants à la légalisation.

    samedi 23 août 2008

    Rachel Maddow, 1ère lesbienne à la tête d'un talk-show politique

    Imaginez qu'une lesbienne -et fière de l'être- présente feue "7 sur 7" en France.

    C'est un peu ce qui arrive à Rachel Maddow, une journaliste politique américaine, qui présentera sa propre émission en "prime time" sur la chaîne de télévision MSNBC à partir du 8 septembre 2008.

    Et dire qu'elle croyait que la lesbophobie empêcherait pas sa carrière de décoller...

    En pleine campagne présidentielle aux Etats-Unis, l'émission se focalisera dans un premier temps sur l'affrontement entre le démocrate Barak Obama et le républicain John McCain, pour élargir son champ de vision ensuite.

    A 35 ans, c'est la consécration pour Rachel Maddow: elle devient la première lesbienne déclarée -et une des rares femmes- à présenter sa propre émission politique aux Etats-Unis. La journaliste animait depuis 2004 un talk-show sur la radio Air America, et participait régulièrement depuis quelques mois à des émissions politiques sur MSNBC ou CNN.

    L'an dernier, Rachel Maddow estimait dans un entretien à "PageOne Q" que sa carrière ne décollait pas à la télévision "non seulement parce que je suis lesbienne, mais parce j'en ai l'air. Je ne suis pas une Barbie (et) à la télévision, c'est important, de quoi vous avez l'air".

    Rachel Maddow vit depuis dix ans avec Susan Mikula. Elle possède un doctorat en sciences politiques et a milité dans des associations de lutte contre le SIDA ou pour la réforme des prisons.

    jeudi 21 août 2008

    Vilnius refuse la "propagande gay" de l'UE

    C'est uniquement sur des parkings de supermarchés que les habitants des deux principales villes lituaniennes pourront voir le camion de la Commission européenne chargé de promouvoir en Europe la tolérance et la lutte contre les discriminations, y compris l'homophobie.

    Car les maires de Vilnius et Kaunas n'en veulent pas sur le territoire de leur commune.

    Un compromis peu glorieux qu'ont déploré la branche européenne de l'Association internationale gay et lesbienne (ILGA-Europe) et l'association locale de défense des homosexuels (Lithuanian Gay League, LGL, dans un communiqué conjoint du 20/08/2008.

    Mais c'est toujours mieux que l'année dernière: en 2007, le maire de Vilnius, Juozas Imbrasas, avait carrément refoulé le "Truck Tour", l'accusant de mener "une propagande en faveur de l'homosexualité".

    C'était la première fois que ce véhicule, qui fait le tour de l'Europe pour promouvoir la diversité et la tolérance et faire connaître la législation européenne contre tous les types de discrimination, se voyait refuser l'accès à un pays membre de l'Union européenne. "Ce festival homosexuel pourrait provoquer une émotion négative", s'était de son côté inquiété
    Andrius Kupčinskas, maire de Kaunas.


    Cette année, un compromis a été trouvé entre la Commission européenne et les deux maires récalcitrants: le camion se garera sur des terrains privés appartenant à des supermarchés de Vilnius et Kaunas.

    "Nous sommes heureux que le camion puisse entrer en Lituanie et délivrer son message de tolérance, de diversité et de respect dans ce pays, mais nous regrettons que la Commission européenne ait dû accepter ce compromis", a réagi Deborah Lambillotte, co-présidente du bureau exécutif de l'ILGA-Europe. Car cela "risque d'envoyer un mauvais message et d'être interprété comme un manque de fermeté de la Commission s'agissant de la lutte contre les discriminations".

    "Il faudra du temps pour bâtir une société non homophobe et tolérante" en Lituanie, a constaté pour sa part Vladimir Simonko, président de la LGL.

    Alors que certaines communes lituaniennes "accueillent des Gay Prides" dans leurs rues, "les maires de Vilnius et Kaunas envoient un message clair: les personnes LGBT ne sont toujours pas les bienvenues", a constaté le président de la Lithuanian Gay League, dénonçant "une sorte d'apartheid du XXIe siècle".