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jeudi 28 avril 2011

Sarah Shahi vs Paris Hilton: 1-0


"La pire conductrice de tous les temps", "irresponsable", "petite conne blonde"... Sarah Shahi, qui incarnait la bomba latina Carmen dans "The L Word", n'y va pas avec le dos de la cuillère quand elle invective Paris Hilton-la-chauffarde sur Twitter.

La blonde héritière "m'est presque rentrée dedans et a brûlé un stop. Et s'il y avait eu un enfant au coin de la rue, pauvre imbécile", s'indigne Shahi. "Quelle irresponsable", "quelle existence minable", "je ne serais pas aussi énervée si je n'étais pas maman", poursuit-elle, toujours pas calmée, pour terminer sur un: "tu devrais t'excuser... auprès de l'humanité. Voilà, j'en ai fini".



Oui mais voilà, Paris Hilton répond pour sa défense qu'elle "ne conduisait même pas ce jour-là" et se dit "hyper choquée" par les attaques de Shahi. Interrogée par le site people Extra, elle clame son innocence. "Il y a beaucoup de sosies de Paris Hilton qui vivent de la ressemblance, elles font toujours des trucs et c'est moi qu'on accuse. Ca pourrait être un autre de ces incidents", suggère-t-elle.

Faut-il croire la riche blonde ou la brune incendiaire? Si on a regardé la série "Life" et récemment "Fairly Legal"("Facing Kate") pour le pur plaisir de retrouver Carmen-Sarah Shahi quelques heures de plus, le choix est vite fait.

lundi 25 avril 2011

La Légion d'honneur pour le dernier Triangle rose

Rudolf Brazda (Photo DR)

Il a vécu 32 mois d'enfer à Buchenwald, simplement parce qu'il était homosexuel.

A 97 ans, Rudolf Brazda, probablement le dernier "Triangle rose" vivant, a été élevé à la dignité de chevalier de la Légion d'honneur, dans la promotion de Pâques. C'est la première fois qu'un déporté homosexuel est ainsi honoré par l'Etat français.

Le témoignage de Rudolf Brazda a été recueilli dans un livre de Jean-Luc Schwab, intitulé "Rudolf Brazda, itinéraire d'un Triangle rose".

Quelque 10.000 homosexuels ont été déportées par les nazis dans les camps de concentration pendant la Deuxième Guerre mondiale, et 6.000 y sont morts.

La déportation du fait de l'orientation sexuelle a longtemps été occultée par l'histoire officielle.

Une trentaine de villes françaises -petites, moyennes et grandes- ont rendu hommage aux "Triangles roses" dimanche à l'occasion de Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, selon l'association du Mémorial de la déportation homosexuelle.

dimanche 17 avril 2011

La Gay Pride 2011 l'affiche mal


Actualisé avec le retrait de l'affiche

C'est un coq tout blanc à la crête toute rouge fièrement dressée, le poitrail ceint d'un boa de plumes rouge également, qui proclame: "Pour l'égalité. En 2011, je marche, en 2012, je vote". Nationalisme franchouillard, cliché de la grande folle, mâle dominant: l'affiche de la Marche des Fiertés 2011 lesbiennes, gaies, bi et trans parisienne se fait voler dans les plumes.

Au point que l'Inter LGBT y a finalement renoncé pour se concentrer sur l'organisation de la manifestation et le message politique, a expliqué son président, Nicolas Gougain, à LToutes.

L'association Le Refuge, qui héberge et aide des jeunes victimes d'homophobie, avait déploré dans un communiqué cité par "Libération" que "les personnes homosexuelles soient stigmatisées et réduites à des volatiles affublés de boas" et dénonce le recours à des "stéréotypes". "Nos psychologues passent un temps infini à déconstruire ces clichés intériorisés par les jeunes qui refusent leur homosexualité et sont dans un déni d'eux-mêmes", rappelait-elle.

L'affaire hérissait aussi Facebook. Le groupe "L'affiche officielle de la Marche des Fiertés parisienne 2011 est infecte" fustigeait l'emploi du coq, "un mâle, un vrai", "symbole de la France, la bête qui chante encore les deux pieds dans la merde". Elle estimait que l'affiche "fait peur" et "n'inspire qu'exclusion, nationalisme, souverainisme, racisme".

Ce qui n'empêchait pas certains commentaires de s'interroger sur une certaine honte de la "communauté LGBT" à assumer ses "folles".

L'universitaire Marie-Hélène Bourcier, inscrite comme co-administratrice du groupe "L'affiche officielle de la Marche des Fiertés parisienne 2011 DOIT DEGAGER", dénonçait quant à elle "l'homonationalisme" et interpellait l'Inter-LGBT qui a fait réaliser l'affiche: "Ayez donc les couilles de faire une marche strictement politique comme à Londres et qui se termine dans un endroit festif et politique comme Londres a su le faire"!

L'association Lesbiennes of Color (LOCs) considérait elle aussi que l'affiche de la Marche des fiertés 2011 présentait un "caractère raciste et pétainiste" et rappelait un slogan féministe des années 1970: "Ni coq gaulois! Ni poules pondeuses!". Les LOCs reprochaient à la soixantaine d'associations de l'Inter-LGBT d'avoir opté pour une représentation "raciste, androcentrée, blanche, partisane" et parlaient de "lepénisation" des esprits. Elles demandaient le retrait de l'affiche.

Mais Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, juge la polémique "ridicule et infondée". "Le coq n'est pas la propriété de l'extrême droite", explique-t-il dans "Libération", soutenu en ce sens par Gilles Bon-Maury, président d'HES (Homosexualités et Socialisme). "Le but c'est d'alerter sur notre mot d'ordre: 'Pour l'égalité, 2011, je marche, 2012, je vote'", insiste Gougain.

Car, qu'on aime ou pas l'affiche 2011 de la Marche des fiertés de Paris, il ne faudra pas oublier le 25 juin en battant le pavé ce que disait Desproges: "L'adulte ne croit pas au père Noël. Il vote."

vendredi 8 avril 2011

Le Sénat ouvre l'AMP aux lesbiennes



Les "bébés Thalys", conçus par des lesbiennes françaises en Belgique faute d'avoir accès à l'assistance médicale à la procréation (AMP) en France, appartiendront-ils bientôt au passé? Pas sûr, mais le Sénat a quand même fait rêver bien des couples de femmes jeudi soir en adoptant, de justesse, un amendement ouvrant l'AMP à tous les couples, et plus seulement aux seuls hétéros.

Pourtant, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a tenté de s'y opposer, en estimant que "le constat d'infertilité" devait rester "la condition d'accès à l'AMP". "Le gouvernement n'est pas prêt à suivre cette logique", a-t-il prévenu. Les sénateurs sont passés outre.


"Les Belges ont dû mettre en place, dans leurs cliniques de fertilité, des procédures particulières pour les Français qui veulent un "bébé Thalys" et appellent à ce que nous modifiions notre législation en la matière", a souligné la sénatrice (Verts) Alima Boumediene-Thiery.

Même le rapporteur UMP du projet de loi de bioéthique, Alain Milon, a voté l'amendement déposé par le groupe socialiste, "car il me paraît conforme à la réalité de la société française", a-t-il expliqué.

HES (homosexualités et socialisme) a salué ce vote, en souhaitant "que la suite de la discussion parlementaire ne permette pas aux conservateurs de revenir sur cette avancée".

Le gouvernement y étant hostile, il est de fait peu probable que le texte soit conservé lors de son passage à l'Assemblée nationale, à majorité UMP, avant son retour au Sénat. Dès l'adoption de l'amendement, la sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange ne s'est-elle pas (finement) exclamée: "Bravo! On fera des couples avec trois pères!"

L’AMP n’est ouverte en France qu’aux couples hétérosexuels stériles. De nombreux couples de femmes se rendent donc en Belgique, aux Pays-Bas ou en Espagne, où s'est développé un véritable marché de l'insémination artificielle. Peut-être plus pour longtemps.

Dans son projet pour la présidentielle de 2012, rendu public cette semaine, le PS s'engage à ouvrir le mariage aux homosexuels, à les autoriser à adopter et à leur permettre d'accéder à l'assistance médicale à la procréation. Des propositions soutenues par les Français, selon un sondage BVA pour 20 minutes rendu public jeudi: 59% des Français sont favorables au mariage homo, et 53% à l'ouverture de l'adoption.

lundi 4 avril 2011

Nora Berra provoque la colère des homos



"L'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH": prononcée par la secrétaire d'Etat à la Santé Nora Berra le 30 avril devant les sénateurs, la petite phrase a provoqué un tollé. Aujourd'hui, l'intéressée plaide "l'incompréhension"... et dénonce les "professionnels de la polémique".

C'est lors d'un débat sur le projet de loi sur la bioéthique en commission des Affaires sociales que Mme Berra s'est opposée à un amendement du rapporteur (UMP) Alain Milon précisant que "nul ne peut être exclu du don en raison de son orientation sexuelle". "Il ne s'agit pas d'exclusion mais de contre-indication, qui s'explique par un risque sanitaire avéré", argumente-t-elle. Certes, mais "c'est au médecin d'apprécier une contre-indication et l'orientation sexuelle ne saurait motiver une exclusion du don", rétorque Milon.

Nora Berra répond alors: "la loi ne discrimine personne mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don".


Des propos "insupportables" pour Pierre Bergé. "Il n’y a pas de population à risque, il n’y a que des pratiques à risque", a rappelé le président du Sidaction sur France-3. "Scandalisé", Homosexualités et socialisme (HES) dénonce un "dérapage sans excuse", commis qui plus est à la veille du Sidaction.



Très attristée", Nora Berra a assuré sur RTL que ses propos avaient été "mal interprétés". "A aucun moment je n'ai voulu stigmatiser ni cibler des populations en particulier", a-t-elle insisté. "Je ciblais bien évidemment les comportements qui peuvent être plus exposants".

"Que ceux qui laissent planer une accusation d’homophobie infondée, offensante et particulièrement grave à mon encontre se renseignent avant de porter l’anathème à des fins partisanes", s'indigne-t-elle sur son blog, en dénonçant les "professionnels de la polémique". Et de "rappeler (s)on engagement personnel de près de 20 ans, en tant que médecin puis femme politique, aux côtés des patients atteints par le VIH/SIDA et dans la prévention de la maladie".

"Le vrai sujet, c'est: est-ce qu'en 2011 il est toujours normal d'interdire aux gays de donner leur sang?", a souligné sur RTL Jean-Luc Romero, président de l'association Elus locaux contre le Sida. Les hommes homosexuels sont exclus en France du don de sang et d’organes, ce que les autorités sanitaires justifient par une prévalence de l’infection par le VIH beaucoup plus élevée que dans la population hétérosexuelle.

mardi 22 mars 2011

La moitié des homos insultés, un quart agressés


Près de la moitié des homosexuels (48%) ont déjà été insultés et un sur quatre (24%) agressé physiquement pour leur orientation sexuelle, selon un sondage Ifop pour le magazine "Têtu".

L'enquête montre aussi que les bisexuels sont moins victimes de l'homophobie: 12% ont été insultés et 5% agressés. L'institut impute cette différence au fait que les bisexuels affirmeraient moins leur identité sexuelle.

C'est en région parisienne que les gays et lesbiennes prennent le plus de coups: 22% contre 12% en province, les moins de 25 ans étant les plus visés (44% disent avoir été agressés verbalement et 21% physiquement).

L'étude nous enseigne aussi que les hommes homo ou bisexuels sont davantage agressés que les femmes, que ce soit en paroles (34% contre 27%) ou en actes (15% contre 12%).

Le niveau de vie compte aussi: la proportion de victimes d'agressions verbales est deux fois plus élevée chez les personnes vivant avec moins de 1.500€/mois (38%) que chez celles vivant avec plus de 3.000€ (20%). De même, les agressions physiques y sont trois fois plus fréquentes (22%) que chez les personnes aux revenus les plus élevés (7%).

L'Ifop note au passage que dans son échantillon, les personnes se déclarant homosexuelles ou bisexuelles représentent 6,5% de la population française majeure, dont 3,5% d'homosexuels et 3% de bisexuels.

(Le sondage a été réalisé sur Internet du 1er au 24 février 2011 auprès d'un échantillon de 439 gays, lesbiennes ou bisexuels extrait d'un échantillon national représentatif de 6.867 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.)

samedi 19 mars 2011

Une candidate UMP suspendue pour propos racistes et homophobes

"Quand un mec de droite est homo, il vit sa vie tranquillement! Quand un mec de gauche est homo, il veut faire ch… tout le monde pour qu’on le respecte!", "pourquoi le nombre de cas de sida chez les fonctionnaires est très faible? Parce que chez les fonctionnaires, il y a 80% de branleurs et 20% de lèche-culs", ou "comment appelle-t-on un arabe tombé dans une bassine d’eau bouillante? Un gris bouilli!": des "blagues" aux relents racistes et homophobes postées par Josaine Plataret, la suppléante UMP d'un candidat aux cantonales à Privas (Ardèche) sur sa page Facebook.

Dénoncées par SOS Racisme Rhône-Alpes, elles lui ont valu d'être suspendue cette semaine de l'UMP.

"Face à ces propos inacceptables, la direction de l’UMP a décidé de suspendre Mme Plataret de l'UMP". Cette décision est "à effet immédiat", a annoncé dans un communiqué le patron du parti majoritaire Jean-François Copé.

Dans un communiqué cité par le Dauphiné Libéré, Josaine Plataret "présente (s)es plus sincères excuses" et fait part de ses "plus vifs regrets concernant cet écrit ou blague sur Facebook qui n’avait pas pour objectif de blesser ou stigmatiser une communauté".

jeudi 10 mars 2011

Brenda, lesbienne persécutée en Ouganda


Lesbienne en Ouganda, Brenda a dû fuir son pays, où la chasse aux homos est ouverte depuis plusieurs années. Réfugiée en France depuis le 18 février, cette activiste de l’association SMUG (Sexual Minority Uganda) demande le droit d'asile.

Car son portrait, estampillé "lesbienne", a fait la une du tabloïd Red Pepper en octobre dernier, selon Act Up, qui organise une soirée de soutien vendredi 11 mars. En Ouganda, cela équivaut à une sentence de mort: le 26 janvier dernier, un autre membre de Smug, David Kato, a été battu à mort chez lui, après la publication de son visage en Une de Rolling Stones Magazine. Brenda a assisté à son enterrement avec sa compagne.

"Depuis, toutes deux ont fait l’objet d’intimidations policières, de menaces, d’exactions et d’agressions. Elles ont été expulsées de leur logement", raconte Act Up. Si Brenda a pu s’enfuir en France, sa compagne, elle, a été arrêtée et incarcérée.

Act Up "exige" donc que "la France accorde le droit d’asile à Brenda" et dénonce le sort réservé aux homos en Ouganda. La violence homophobe ne cesse de s'y accroître: passages à tabac "viols correctifs" de lesbiennes, disparitions, publication dans la presse de "listes noires" d'homos, prêches religieux incitant au meurtre...

Une situation dans laquelle l'organisation évangéliste américaine Family porte une lourde responsabilité, comme le dénonce le magazine américain Harper's. Elle a en effet choisi l’Ouganda comme "pays cobaye" pour une croisade homophobe, à grand renfort de sermons et de dollars, avec la bénédiction du président ougandais Yoweri Museveni.

En 1999, celui-ci avait déjà ordonné l’emprisonnement de tous les homos. Puis en juin 2008 à Kampala, des activistes de l’association de défense des minorités sexuelles SMUG ont été arrêtées lors de la conférence sur le sida. Enfin, le 3 octobre 2009, le parlement Ougandais proposait un projet de loi visant à condamner les homosexuels à la prison à vie, et en incitant la population à les dénoncer. Le texte a provoqué un tollé international, obligeant le gouvernement à reculer. Temporairement.

Afin de soutenir Brenda, notamment pour les frais d’avocat générés par la demande d’asile, une soirée de collecte de fonds est organisée par Act Up-Paris et le Unity Bar vendredi 11 mars à partir de 19h au Unity Bar (176, rue St Martin 75003 Paris).


Lire aussi dans LToutes: Ouganda: 460.000 fois non à la persécution des gays

mercredi 2 mars 2011

Longuet, un ministre pas gay


Gérard Longuet au Sénat le 3 juillet 2008


Le nouveau ministre de la Défense, Gérard Longuet, n'est pas un inconnu pour les associations gaies et lesbiennes. En 2008, il s'était illustré peu glorieusement en rapprochant homosexualité et pédophilie.

Le sénateur lorrain de 65 ans déclarait à l'époque devant une commission sénatoriale évoquant la lutte contre l'homophobie à l'école qu'il trouvait "extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie". "Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête", ajoutait-il.


Il enfonçait encore le clou en ajoutant quelque temps après: "qu'il y ait un lien entre homosexualité et pédophilie, ça peut arriver". Des associations avaient en vain réclamé son exclusion de l'UMP.

Ce qui n'empêchait pas Nicolas Sarkozy d'affirmer en octobre 2009, au sujet des accusations visant son ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, qu'il "ne laisserai(t) personne assimiler homosexualité et pédophilie". "Je dois défendre certaines valeurs", lançait-il. Visiblement, ce ne sont pas les mêmes que celles de Longuet.

vendredi 11 février 2011

L'entreprise, milieu hostile pour les homos


L'homophobie au travail a la vie dure. Un quart des homos (26%) ont été victimes ou témoins de comportements homophobes sur leur lieu de travail en 2010, selon une étude de l'association l'Autre cercle sur "la vie des LGBT au travail" réalisée auprès de 930 personnes.

34% des sondés en ont été les victimes directes et 51% les témoins direct. Dans 93% des cas, il n'y a eu aucune sanction. Il s'agit le plus souvent de moqueries (82%), de manque de respect (59%), mais aussi de délation et de propagation de rumeurs (29%), de mise à l'écart (24%) et même de harcèlement (17%).

Au total, près de 20% des gays, lesbiennes, bi et trans jugent le climat dans leur entreprise "hostile". Toutefois, 42% le qualifient de "neutre" et 39% "bienveillant".

Dans ces conditions, seuls 53% parlent librement de leur homosexualité (contre 54,2% en 2006). Ceux qui travaillent dans la fonction publique sont plus volontiers visibles (54%), à l'exception des enseignants. Depuis la précédente étude, réalisée en 2006, "peu de choses ont évolué", constate l'association. "Le chemin va être long pour arriver à faire tomber les préjugés et les tabous dans le monde du travail".

mardi 8 février 2011

Gay, gay, sauvons le mariage


Sur le million de personnes pacsées en France au 1er janvier 2010, seuls 6% sont des homosexuels (selon les chiffres de 2009), dont un tout petit tiers (16.000) des lesbiennes, nous apprend l'Institut national des statistiques (INSEE).

Le constat est sans appel: après la ruée des couples lesbiens et gays qui a suivi la mise en place du pacte civil de solidarité fin 1999, le PACS est devenu une affaire d'hétérosexuels. En 2000, 42% des 22.500 PACS avaient été conclus par des couples homos mais "début 2004, seulement 5.000 de ces personnes étaient encore pacsées avec une personne du même sexe".

Certes, le nombre de gays et lesbiennes pacsés s'est multiplié par neuf les cinq années suivantes, mais dans le même temps le nombre de contrats signés par des partenaires de sexes différents a explosé. Résultat: au 1er janvier 2009, l'INSEE recensait 44.000 homos pacsés (16.000 femmes et 28.000 hommes). Et sur 195.000 PACS conclus en 2010, 95% l'ont été par des hétéros.

Si l'on considère qu'on compte aujourd'hui trois PACS pour quatre mariages, la conclusion s'impose: pour inverser la tendance, il faut légaliser le mariage homosexuel.

vendredi 4 février 2011

Une enseignante victime de lesbophobie à Strasbourg


Trois associations ont lancé une pétition de soutien à Cathy, une enseignante victime selon elles de discrimination lesbophobe. Cathy, qui enseigne l'allemand depuis 25 ans, a croisé en 2003 certains de ses élèves à la Marche des fiertés LGBT de Strasbourg.

"Les élèves en parlent à leurs parents, le directeur est interpellé. Des échanges entre parents d’élèves et le directeur désignent le professeur comme une enseignante "particulière". Le directeur ira même jusqu’à écrire que Cathy était une "insulte aux valeurs de la communauté scolaire"", racontent les trois associations -le Collectif Festigays, que préside Cathy, La Lune, Le Nouveau Phare- dans un communiqué commun.

Les pressions se multiplient alors sur l'enseignante, ainsi que les inspections. Finalement, elle est "brusquement licenciée sans indemnités et sur des motifs peu crédibles". Cathy, présidente de Festigays, le collectif organisateur de la Marche des Visibilités de Strasbourg, se retrouve aujourd'hui sans emploi.

"Solidaires", les associations LGBTI de Strasbourg se disent prêtes à se constituer partie civile. Le procès devrait se tenir en mai à Nancy.

samedi 29 janvier 2011

Le mariage: les homos restent exclus


On s'y attendait même si un mince espoir subsistait: le Conseil constitutionnel a dit non au mariage homosexuel ce 28 janvier 2011.

Et ce, au moment où, selon un sondage, 58% des Français se déclarent favorables au mariage des couples lesbiens et gays (35% opposés), alors qu'une majorité (51% opposés, 45% favorables) était encore contre en 2006. Les plus enthousiastes: les femmes (63%), les moins de 35 ans (74%) et les sympathisants de gauche (72%).

Comme pour l'adoption et le partage de l'autorité parentale au sein du couple homosexuel, le Conseil constitutionnel a renvoyé le débat au Parlement. Traduction: rendez-vous en 2012, si la gauche remporte la présidentielle en 2012 et tient sa promesse de légalisation du mariage des couples gays et lesbiens.

C'est un couple de femmes pacsées, Corinne Cestino et Sophie Hasslauer, mères de quatre enfants, qui contestait les articles 75 et 144 du Code civil réservant le mariage aux couples composés d'un homme et d'une femme. Elles invoquent la liberté du mariage, le droit de mener une vie familiale normale et le principe d'égalité devant la loi.


Mais les "Sages" ont déclaré que les articles incriminés étaient conformes à la Constitution. Le législateur, écrivent-ils, a tout à fait le droit d'estimer que "la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme (peut) justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille".

"Il n'y a pas de raison qu'on n'ait pas les mêmes droits que les autres et qu'on soit traitées comme des citoyens de deuxième zone", a réagi Sophie Hasslauer sur BFMTV. "La société française est prête, le blocage se fait au niveau des politiques", a estimé Corinne Cestino sur France Info, précisant qu'elles allaient poursuivre leur combat, ne serait-ce que pour la protection légale de leurs enfants.

Pour l'avocate Caroline Mécary qui représentait l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) et SOS Homophobie intervenues pour soutenir le couple lesbien, "le Conseil constitutionnel vient de rater une occasion historique de mettre un terme à une discrimination devenue intolérable" pour les couples lesbiens et gays.

L'approche de l'élection présidentielle de 2012 devrait éviter que le débat ne sombre dans les marais de la politique française. Le président des socialistes à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a d'ailleurs annoncé qu'"avant l'été" son groupe inscrirait une proposition de loi reconnaissant le mariage homosexuel à l'ordre du jour des députés.

Le mariage homosexuel est légal dans sept pays d'Europe: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal et Islande. En Grande-Bretagne, il existe un partenariat civil qui ouvre aux couples lesbiens et gays des droits similaires à ceux des couples hétérosexuels mariés.

(Le sondage TNS-Sofres pour Canal Plus a été réalisé mercredi par téléphone auprès d'un échantillon national de 950 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus et constitué selon la méthode des quotas.)

dimanche 23 janvier 2011

Krys défend la visibilité... lesbienne


Deux femmes s'embrassant passionnément à la télévision française, à une heure de grande écoute. C'est un plaisir encore rare que nous offre l'opticien Krys dans une publicité diffusée à partir du 27 janvier sur les principales chaînes et au cinéma à partir du 2 février.

Selon l'agence H, chargée de cette campagne, il s'agit de "célébrer l'amour" en montrant des couples en train de s'embrasser: jeunes, âgés, hétéros mais aussi un couple lesbien, donc, tous "assumant leurs amours quelles qu’elles soient".

L'audace de Krys a toutefois ses limites: il existe deux versions du spot. L'un, où on voit les deux femmes s'embrasser longuement en gros plan, ne sera diffusé qu'en seconde partie de soirée. En journée, il faudra se contenter d'un plan large. Un oeil averti pourrait aussi croire apercevoir un couple gay: deux laveurs de vitres s'embrassant sur une nacelle. Mais officiellement, il s'agit d'un couple hétéro. Une façon pour l'opticien, peut-être, de faire un clin d'oeil aux homos sans réellement l'assumer.

mardi 11 janvier 2011

Le mariage homosexuel au Conseil constitutionnel


Actualisé avec décision attendue pour le 28 janvier, suppression de la mention du PACS sur l'acte de décès

La question du mariage homosexuel a été examinée le 18 janvier par le Conseil constitutionnel, interrogé sur la légalité des deux seuls articles du Code civil qui évoquent les époux comme "mari et femme" ou "homme et femme". La décision est attendue pour le 28 janvier. Si la réponse est non, les couples lesbiens et gays pourront enfin se marier en France, comme c'est déjà le cas dans sept autres pays européens. Mais les Sages, qui ont le dernier mot, pourraient aussi botter en touche.

C'est d'ailleurs ce que leur a demandé le représentant du gouvernement lors de l'examen, les appelant à renvoyer la question au législateur... lequel est majoritairement UMP à l'Assemblée. Un indice de ce que pourrrait donner ce débat au Parlement tel qu'il est constitué actuellement: l'UMP vient de faire suppprimer en commission de l'Assemblée l'inscription, décidée en décembre au Sénat, du partenaire d'un PACS sur l'acte de décès, qui devait faciliter de nombreuses démarches... pour les homos. Bref, rendez-vous après la présidentielle de 2012.

La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est soulevée par Corinne et Sophie, qui contestent les articles 75 et 144 du Code civil "en ce qu’ils limitent la liberté individuelle d’un citoyen français de contracter mariage avec une personne du même sexe".

La Cour de cassation explique sa décision de saisir le Conseil constitutionnel par le fait que "les questions posées font aujourd'hui l'objet d'un large débat dans la société, en raison, notamment, de l'évolution des moeurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans les législations de plusieurs pays étrangers" et que, dans ce contexte, ces questions "présentent un caractère nouveau" qui justifie de demander l'arbitrage des Sages.

- Lire aussi sur LToutes: "Mariage gay: et si les Sages disaient oui" (02/12/2010)

L'affaire a commencé en août 2010 devant le tribunal de grande instance de Rheims, qui s'est tourné vers la Cour de cassation, laquelle s'en est remise au Conseil constitutionnel par un arrêt du 6 novembre 2010.

Les Sages pourraient déclarer que les articles 75 et 144 du Code civil sont contraires à la Constitution et les abroger immédiatement ou à compter d'une date ultérieure qu'ils fixeraient. Mais il est peu probable qu'ils légalisent le mariage homo.

Lors d'une précédente décision portant sur l'adoption de l’enfant du partenaire (6 octobre 2010), le Conseil constitutionnel s'était contenté de renvoyer le problème au Parlement et l'on voit mal pourquoi il agirait différemment cette fois. Mais au moins, pour la deuxième fois en quelques mois, le débat est ouvert, et la Cour de cassation semble avoir évolué, après avoir refusé en 2007 de reconnaître le mariage de deux hommes célébré en 2004. Les mariés de Bègles ont saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Le mariage civil est déjà ouvert aux personnes de même sexe dans sept pays européens: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal, Islande (le Royaume-Uni propose un partenariat qui ouvre des droits similaires). Il est légal aussi en Afrique du Sud, en Argentine, au Canada, à Mexico et dans certains Etats des Etats-Unis.