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mercredi 6 juillet 2011

Un élu UMP porte plainte pour outing


David-Xavier Weiss

David-Xavier Weiss, un élu UMP de la région parisienne, a décidé de porter plainte pour "outing" contre "Le Canard enchaîné", qui cite Roger Karoutchi le présentant comme son "compagnon depuis sept ans" au détour de l'instruction d'une sombre affaire de diffamation sur Internet.

Or, si Roger Karoutchi, aujourd'hui ambassadeur de France auprès de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), a révélé son homosexualité en 2009 lorsqu'il était secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement (cf LToutes 25/01/2009), son ex-chef de cabinet ne s'était jamais exprimé publiquement sur le sujet.

"Mes parents ne sont pas au courant de ma vie privée. L'apprendre dans le 'Canard enchaîné' le mercredi, c'est pas top, c'est assez gênant", a répondu David-Xavier Weiss, qui va sur ses 32 ans, aux questions du site Rue89.


Roger Karoutchi
Weiss, conseiller municipal de Levallois-Perret et secrétaire national de l'UMP en charge des transports et de la mobilité, annonce dans un communiqué qu'il va porter plainte contre le "Canard" pour "atteinte à la vie privée (outing) et diffamation".

L'"outing", ou la révélation forcée de l'homosexualité d'une personne, que ce soit vrai ou non, a été très pratiqué aux Etats-Unis il y a quelques années mais est très rare en France.

Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Ile-de-France et auteur récemment d'"Homo Politicus", en avait fait les frais en 2000, tandis qu'Act Up-Paris avait menacé d'"outer" le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, vu dans une manifestation anti-PACS violemment homophobe. Sans faire de "coming out", il a depuis laissé plusieurs publications le présenter comme gay.

Plusieurs hommes et femmes politiques français ont fait leur coming out, dont Bertrand Delanoë, maire de Paris depuis 2001, l'adjoint au maire et conseiller régional Christophe Girard, l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, Philippe Meynard, maire de Barsac depuis 2004 et conseiller régional d'Aquitaine, et Françoise Gaspard, ancienne maire de Dreux.

David-Xavier Weiss a également chargé son avocat "de porter plainte contre X pour complicité et recel de violation de secret de l'instruction et du secret professionnel", dans la mesure où les propos rapportés par "Le Canard" ont été tenus dans le cadre d'une enquête de police. Il laisse entendre que la fuite viendrait de chez Valérie Pécresse, dont l'avocat serait le seul à avoir eu accès à ces commentaires.

Toute l'affaire a commencé avec la plainte pour diffamation de Valérie Pécresse, aujourd'hui ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Fillon. Un site Web l'avait laminée à longueur d'articles en 2009 pendant sa guerre fratricide avec Karoutchi pour l'investiture UMP en Ile-de-France aux régionales de 2010. Pécresse a finalement gagné la primaire mais a perdu l'élection contre le socialiste Jean-Paul Huchon. Selon "Le Canard enchaîné", la piste remonterait jusqu'à Roger Karoutchi et David-Xavier Weiss, qui nient toute implication.

lundi 27 juin 2011

Mobilisation politique à la Gay Pride de Paris


Photos LToutes


La Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et transsexuelles (LGBT) a rassemblé entre 36.000 et plus de 500.000 personnes ce 25 juin 2011 à Paris, selon la préfecture de police ou l'Inter-LGBT.

Quel que soit le chiffre, la foule était plus nombreuse que l'année précédente, signe de la mobilisation à l'approche de l'élection présidentielle de 2012. D'ailleurs, le slogan de cette Gay Pride 2011 était: "En 2011, je marche, en 2012, je vote".

samedi 25 juin 2011

Les Français pour le mariage gay à 63%


Plus de six Français sur dix (63% contre 37%) sont favorables au mariage des couples de même sexe et 58% à l'adoption pour les couples homosexuels (42% contre), selon un sondage IFOP pour le journal "Ouest-France Dimanche".

L'enquête montre une nouvelle fois que les Français sont plus attachés à l'égalité des droits entre hétérosexuels et homosexuels qu'une partie de leurs représentants politiques, puisque la proposition de loi socialiste en faveur de l'ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens a été rejetée à l'Assemblée nationale le 14 juin dernier.


Seuls quelques députés de droite comme Jean-Louis Borloo, Yves Jego, Axel Poniatowski, Franck Riester et Henriette Martinez avaient osé rompre le front UMP-Nouveau Centre en votant pour le texte, néanmoins refoulé par 293 voix contre 222, et 16 abstentions (dont Nicole Ameline, Edwige Antier, Christian Estrosi, Alain Bocquet, François Bayrou et Jean Lassalle).

Le sondage témoigne d'une tendance profonde dans la société française ces dernières années: 51% de "oui" au mariage pour tous en mai 1995 (39% pour l'adoption), 56% en juin 2000 (37% pour l'adoption) et 64% en mai 2004 (49% pour l'adoption). L'adoption pour les couples homosexuels a fini par atteindre les 51% en juin 2008.

On constate toutefois un triple clivage, sexuel, générationnel et politique: 68% des femmes sont pour le mariage homosexuel contre 58% des hommes (adoption: 64% des femmes, 50% des hommes), les plus de 65 ans y restent majoritairement opposés (54% contre le mariage, 57% contre l'adoption), et si le mariage homo recueille 82% de "oui" à gauche (adoption: 70%), la droite le rejette à 59% (adoption: 63% contre).

Le cas des centristes du MoDem devrait attirer l'attention de leur patron aux prétentions présidentielles, François Bayrou: alors qu'il s'oppose à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, préférant une union civile, ses sympathisants sont favorables à 59% au mariage et à 55% à l'adoption.

(Sondage IFOP pour "Ouest-France Dimanche" réalisé du 21 au 23 juin 2011 par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon de 1.006 personnes âgées d'au moins 18 ans et représentatif de la population française, sélectionné selon la méthode des quotas).

mercredi 22 juin 2011

Sophia Aram: Liberté, égalité, mariage gay



"Sans déconner, c'est quoi le problème avec le mariage homosexuel?"

L'humoriste Sophia Aram pose d'excellentes questions dans sa chronique matinale sur France Inter, intitulée ce jour-là "Liberté, égalité, mariage gay".

dimanche 19 juin 2011

Le Liechtenstein dit oui au PACS


Les électeurs du Liechtenstein ont approuvé à une écrasante majorité la loi créant un partenariat enregistré pour les couples lesbiens ou gays.

Le "oui" l'a emporté au référendum avec 68,8% des voix contre 31,2% pour le "non", porté surtout par des organisations catholiques. Les trois quarts des électeurs inscrits (74,2%) ont voté.

Ce PACS ouvre les mêmes droits aux couples homosexuels qu'aux hétérosexuels en matière d'héritage, de protection sociale ou de fiscalité mais ne leur permet pas d'adopter ou de recourir à la procréation médicalement assistée (PMA).

mercredi 15 juin 2011

Blogueuses lesbiennes: Amina était un homme, Paula aussi!




Tom MacMaster et sa femme (Photo Picasa)

Oui, les vraies lesbiennes existent. Mais le coming out mâle, blanc, hétérosexuel et marié d'"Amina", supposée blogueuse syrienne de "Gay Girl in Damascus", et de Paula Brooks, fondatrice du site Lez Get Real, jette cruellement le doute sur les vrai(e)s militant(e)s LGBT qui risquent parfois leur vie pour témoigner.

"Merci Tom MacMaster! (...) Si un jour je suis enlevé par mon gouvernement, nombre de lecteurs s'en ficheront parce que je pourrais etre une autre Amina", enrage Mustapha, un blogueur libanais. "Tu m'as volé ma voix", fulmine aussi Danier Nassar, vraiment gay et vraiment à Damas, sur le site Gay Middle East, soulignant que des activistes syriens ont pris des risques pour s'enquérir du sort d'"Amina".


Amina, lesbienne soutenant le soulèvement contre le régime autoritaire du président Assad à Damas, avait ému la blogosphère, surtout après son prétendu enlèvement (cf LToutes).
Mais la mobilisation en faveur de la jeune femme et l'enquête brillante du site pro-palestinien Electronic Intifada a abouti à ... Tom MacMaster.

Outé, cet Américain de 40 ans étudiant en Ecosse rebaptise son blog "Hoax" et explique avoir inventé Amina pour faire passer ses idées et échapper à sa frustration d'écrivain raté, avant d'être piégé par son propre succès. Le blog est aujourd'hui désactivé.

Tom MacMaster présente ses excuses aux amis d'"Amina", dont Paula Brooks, qui lui a ouvert les pages de Lez Get Real avant qu'il ne crée son propre blog. Mais les fins limiers du Net ont tiré un scoop à deux coups: personne n'a jamais vu Brooks, soi-disant sourde, qui communique toujours par mail ou par l'intermédiaire de son père au téléphone... Le "père" finit par craquer sous la pression du "Washington Post": Paula, c'est lui, Bill Graber, 58 ans.




Bill Graber (Photo DR/Washington Post)


Retraité de la construction, Graber avoue avoir pris le nom de sa femme pour créer, en 2008, Lez Get Real. Il dit avoir été ému par un couple de lesbiennes de ses amis et avoir pensé qu'un hétéro ne serait pas pris au sérieux.

Pour les collaboratrices de Lez Get Real, qui se sont investies et ont écrit des dizaines d'articles, le ciel s'effondre. L'une d'elles, Melanie Nathan, de Glasgow, rend son tablier. Le site devrait continuer sous la houlette de deux autres de ses piliers, Bridgette LaVictoire et sa mère Linda, bien réelles, elles, mais s'en remettra-t-il?

Toute l'histoire est en tout cas du pain bénit pour les autorités syriennes et autres régimes autoritaires qui cherchent à décrédibiliser les mouvements pour la démocratie et n'auront qu'à citer Amina pour dénoncer une imposture et la crédulité des médias occidentaux.




Lina Ben Mhenni (Photo DR)


Or, selon Reporters sans frontières (RSF), 125 internautes sont emprisonnés dans le monde actuellement. Internet est souvent l'une des rares sources d'information quand les médias sont censurés, comme on a pu le voir avec le blog "A Tunisian Girl" de Lina Ben Mhenni pendant la révolution du Jasmin en Tunisie au début 2011.

vendredi 10 juin 2011

Amina, héroïne ou mystificatrice?

Y'a-t-il réellement "une lesbienne à Damas" ("a gay girl in Damascus", titre du blog d'Amina Arraf)? Comme nous l'écrivions le 8 juin sur LToutes, cette blogueuse a été enlevée par les autorités syriennes, selon une personne se présentant sur son blog comme sa cousine.

Seulement voilà, depuis cette "disparition", le doute grandit sur l'identité réelle d'Amina. Il s'avère en effet que personne -journaliste, blogueur, militant, ou ami d'Amina- ne semble l'avoir jamais rencontrée directement. Même les médias qui ont fait un portrait d'elle, comme le journal britannique The Guardian n'ont pu échanger que par mail.

La photo publiée dans plusieurs médias et sur Internet est en fait celle d'une Britannique qui a dénoncé le vol de cette image sur son compte Facebook. Par ailleurs, les autorités américaines ne parviennent pas à retrouver la trace de sa naissance aux Etats-Unis.


Ce blog, qui décrivait la vie d'une lesbienne à Damas et réclamait la démocratie en Syrie en dénonçant la violence de la répression des autorités, est-il une fiction? Ou Amina se protège-t-elle derrière une fausse identité dans un pays qui réprime impitoyablement les militants démocrates? "Beaucoup de gens en Syrie sont forcés de recourir à de fausses identités pour se protéger", soulignent les responsables de la page Facebook de soutien à Amina. "Nous ne pouvons pas confirmer son identité, mais nous pensons qu'il est possible que l'auteure de ce blog soit effectivement en prison. Il est donc important de continuer à la soutenir". Depuis "l'enlèvement" et le début de la polémique, le blog, lui, est resté silencieux.

mercredi 8 juin 2011

Une blogueuse lesbienne enlevée en Syrie

Ouvertement lesbienne dans un pays qui emprisonne les homosexuels, Amina Arraf s'était rendue célèbre ces dernières semaines en dénonçant haut et fort la répression sanglante en Syrie, témoignant des manifestations auxquelles elle participait et des violences des autorités syriennes.

Sur son blog, "a gay girl in Damascus" (une lesbienne à Damas), cette professeur d'anglais de 35 ans qui a longtemps vécu aux Etats-Unis réclamait ouvertement la démocratie et le départ du président Bachar el-Assad. Lundi 6 juin, trois hommes armés l'ont kidnappée alors qu’elle se rendait à un rendez-vous à Damas avec une amie, a annoncé sa cousine sur le blog. Elle a été poussée à bord d'une Logan Dacia de couleur rouge arborant, sur une des vitres, un autocollant de Basel al-Assad, le frère du président Bachar al-Assad, mort en 1994. "Amina a frappé l'un des hommes et a crié à son amie de prévenir son père", raconte cete proche. Depuis, ses proches sont sans nouvelles, et la Toile est en émoi. Une page Facebook a été créée pour réclamer sa libération.


Sur son blog, Amina, qui avait décidé de revenir en Syrie il y a un an, revendiquait son homosexualité dans un pays où elle est illégale. "Ils n'exécutent plus les gays ici, même si les hommes surpris dans des parcs sont toujours enmprisonnés, témoignait-elle. Nous n'en sommes pas encore à Stonewall, mais nous somme à mi-chemin de sortir de l'obscurité".

Avec le début des troubles en Syrie, qui ont suivi les révolutions tunisiennes et égyptiennes, elle milite en faveur de la démocratie. "Ce sera leur épitaphe: ils ont perdu parce qu'ils ne pouvaient pas changer", écrit-elle. Des écrits qui lui valent, déjà, la visite le 26 avril dernier d'hommes armés, venus l'arrêter pour "conspiration contre l'Etat". Son père parvient à les en dissuader, même si les deux hommes ne cachent pas leur haine des homosexuels. "Peut-être qu'on devrait te montrer maintenant ce que c'est que des vrais hommes et laisser ton père regarder", lui lancent-ils. Début mai, une nouvelle visite des forces de sécurité l'oblige à se cacher.

Sur son blog, Amina expliquait que chaque vendredi, avant d'aller à la mosquée -où nombre d'opposants ont été arrêtés- elle "coupait (s)es ongles plus courts que d'habitude au cas où je serais capturée et qu'ils voudraient me les arracher".

Elle écrivait aussi "(s)on nom et (s)es numéros de télépone sur (s)on bras (...) Ainsi, si je suis morte, avant de me laver et de me mettre dans un linceul, j'aimerais que quelqu'un sache qui je suis et le dise au monde (...) J'espère que je perds mon temps avec tout ça (..) et que c'est quelque chose dont je rirai bientôt. Mais je ne peux pas en être sûre. Aujourd'hui ou demain pourraient être les derniers jours pour moi... ou le premier jour d'une nouvelle Syrie".

mercredi 11 mai 2011

Homophobie: la violence augmente


Toujours plus d'agressions physiques signalées, notamment dans les lieux publics, et un Internet à la pointe de la violence verbale: le 15e rapport de SOS Homophobie dresse un état des lieux pas franchement rose pour les gays, lesbiennes, bi et trans (LGBT) en France.

L'association a constaté une augmentation de 42% des témoignages d'agressions physiques en 2010 (125 cas contre 88% en 2009), ces attaques allant de la bousculade, du passage à tabac, jusqu'au viol et même au meurtre. La visibilité accrue des homosexuels "semble exacerber les réactions des agresseurs et agresseuses".

Rappelons que l'homophobie est considérée comme une circonstance aggravante en justice depuis 2003. D'ailleurs, 2011 s'est ouverte sur la condamnation des quatre tortionnaires de Bruno Wiel, ce jeune homme roué de coups, violé et laissé pour mort à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) en 2006. Ils ont écopé de peines de prison allant de 16 à 20 ans.

Un récent sondage Ifop pour le magazine "Têtu" révélait que près de la moitié des homosexuels (48%) avaient déjà été insultés et un sur quatre (24%) agressé physiquement pour leur orientation sexuelle.

Les agressions physiques représentent 11% des atteintes recensées par SOS Homophobie, derrière la discrimination, le harcèlement, la menace ou le chantage (19%), le rejet ou l'ignorance (24%) et surtout les insultes (55%). Les trois quarts des témoignages sont donnés par des hommes mais l'association note que les cas concernant les lesbiennes augmentent de 32%, alors que le nombre total de cas progresse de 18%.

SOS Homophobie souligne qu'elle a reçu près de 1.500 témoignages de manifestations homophobes et transphobes en 2010, alors que ce nombre stagnait depuis 2005 entre 1.200 et 1.300 par an. Cela ne traduit pas forcément une envolée de la haine contre les LGBT, mais en tout cas un désir de briser le silence sur des actes dont beaucoup de victimes n'osent pas parler.

Pour la deuxième année consécutive dans le rapport de SOS Homophobie, Internet apparaît comme le lieu privilégié pour les insultes, diffamations et appels à la haine homophobe, souvent sous le couvert de l'anonymat, que ce soit sur les forums, les réseaux sociaux ou les sites des grands médias. Les lieux publics (13% des cas), le travail (12%, au premier rang jusqu'en 2008), le voisinage (11%), et la famille et l'entourage proche (11%) sont les principaux lieux d'expression de l'homophobie.

A un an de l'élection présidentielle française, SOS Homophobie en appelle à "la conscience des femmes et hommes engagé-e-s en politique" et souligne que "la lutte contre l'homophobie n'a de sens que si elle est accompagnée d'un combat pour l'égalité des droits".

vendredi 6 mai 2011

Le Brésil passe au PACS

Photo Gay Pride Sao Paulo 2010


Nouvelle avancée pour les homosexuels de la très catholique Amérique latine: la Cour suprême fédérale du Brésil a reconnu les unions civiles entre couples lesbiens et gays, à défaut de légaliser le mariage, comme l'Argentine et la ville de Mexico.

Ce PACS à la brésilienne étend aux couples de même sexe les mêmes droits et obligations qu'aux hétérosexuels, notamment pour l'adoption, la couverture sociale, l'héritage... ou la pension alimentaire en cas de séparation. Dix des onze juges ont voté pour, un s'est abstenu.

Il y a urgence à protéger les lesbiennes, gays, bi et transgenres au Brésil: le Grupo Gay da Bahia (GGB) a comptabilisé 260 meurtres homophobes ou transphobes en 2010, soit une augmentation de 31% en un an et de 113% sur cinq ans. Et il y aurait déjà eu 65 nouveaux meurtres au premier trimestre 2011.


"Avec cette décision (de la Cour suprême), le Brésil rejoint les pays civilisés, en commençant à respecter les droits humains et civiques des homosexuels", s'est réjoui Marcelo Cerqueira, vice-président du GGB.

Plus de 60.000 couples de homosexuels ont été recensés en 2010 par l'Institut brésilien de la statistique (IBGE), selon le BBG.

jeudi 28 avril 2011

Sarah Shahi vs Paris Hilton: 1-0


"La pire conductrice de tous les temps", "irresponsable", "petite conne blonde"... Sarah Shahi, qui incarnait la bomba latina Carmen dans "The L Word", n'y va pas avec le dos de la cuillère quand elle invective Paris Hilton-la-chauffarde sur Twitter.

La blonde héritière "m'est presque rentrée dedans et a brûlé un stop. Et s'il y avait eu un enfant au coin de la rue, pauvre imbécile", s'indigne Shahi. "Quelle irresponsable", "quelle existence minable", "je ne serais pas aussi énervée si je n'étais pas maman", poursuit-elle, toujours pas calmée, pour terminer sur un: "tu devrais t'excuser... auprès de l'humanité. Voilà, j'en ai fini".



Oui mais voilà, Paris Hilton répond pour sa défense qu'elle "ne conduisait même pas ce jour-là" et se dit "hyper choquée" par les attaques de Shahi. Interrogée par le site people Extra, elle clame son innocence. "Il y a beaucoup de sosies de Paris Hilton qui vivent de la ressemblance, elles font toujours des trucs et c'est moi qu'on accuse. Ca pourrait être un autre de ces incidents", suggère-t-elle.

Faut-il croire la riche blonde ou la brune incendiaire? Si on a regardé la série "Life" et récemment "Fairly Legal"("Facing Kate") pour le pur plaisir de retrouver Carmen-Sarah Shahi quelques heures de plus, le choix est vite fait.

lundi 25 avril 2011

La Légion d'honneur pour le dernier Triangle rose

Rudolf Brazda (Photo DR)

Il a vécu 32 mois d'enfer à Buchenwald, simplement parce qu'il était homosexuel.

A 97 ans, Rudolf Brazda, probablement le dernier "Triangle rose" vivant, a été élevé à la dignité de chevalier de la Légion d'honneur, dans la promotion de Pâques. C'est la première fois qu'un déporté homosexuel est ainsi honoré par l'Etat français.

Le témoignage de Rudolf Brazda a été recueilli dans un livre de Jean-Luc Schwab, intitulé "Rudolf Brazda, itinéraire d'un Triangle rose".

Quelque 10.000 homosexuels ont été déportées par les nazis dans les camps de concentration pendant la Deuxième Guerre mondiale, et 6.000 y sont morts.

La déportation du fait de l'orientation sexuelle a longtemps été occultée par l'histoire officielle.

Une trentaine de villes françaises -petites, moyennes et grandes- ont rendu hommage aux "Triangles roses" dimanche à l'occasion de Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, selon l'association du Mémorial de la déportation homosexuelle.

dimanche 17 avril 2011

La Gay Pride 2011 l'affiche mal


Actualisé avec le retrait de l'affiche

C'est un coq tout blanc à la crête toute rouge fièrement dressée, le poitrail ceint d'un boa de plumes rouge également, qui proclame: "Pour l'égalité. En 2011, je marche, en 2012, je vote". Nationalisme franchouillard, cliché de la grande folle, mâle dominant: l'affiche de la Marche des Fiertés 2011 lesbiennes, gaies, bi et trans parisienne se fait voler dans les plumes.

Au point que l'Inter LGBT y a finalement renoncé pour se concentrer sur l'organisation de la manifestation et le message politique, a expliqué son président, Nicolas Gougain, à LToutes.

L'association Le Refuge, qui héberge et aide des jeunes victimes d'homophobie, avait déploré dans un communiqué cité par "Libération" que "les personnes homosexuelles soient stigmatisées et réduites à des volatiles affublés de boas" et dénonce le recours à des "stéréotypes". "Nos psychologues passent un temps infini à déconstruire ces clichés intériorisés par les jeunes qui refusent leur homosexualité et sont dans un déni d'eux-mêmes", rappelait-elle.

L'affaire hérissait aussi Facebook. Le groupe "L'affiche officielle de la Marche des Fiertés parisienne 2011 est infecte" fustigeait l'emploi du coq, "un mâle, un vrai", "symbole de la France, la bête qui chante encore les deux pieds dans la merde". Elle estimait que l'affiche "fait peur" et "n'inspire qu'exclusion, nationalisme, souverainisme, racisme".

Ce qui n'empêchait pas certains commentaires de s'interroger sur une certaine honte de la "communauté LGBT" à assumer ses "folles".

L'universitaire Marie-Hélène Bourcier, inscrite comme co-administratrice du groupe "L'affiche officielle de la Marche des Fiertés parisienne 2011 DOIT DEGAGER", dénonçait quant à elle "l'homonationalisme" et interpellait l'Inter-LGBT qui a fait réaliser l'affiche: "Ayez donc les couilles de faire une marche strictement politique comme à Londres et qui se termine dans un endroit festif et politique comme Londres a su le faire"!

L'association Lesbiennes of Color (LOCs) considérait elle aussi que l'affiche de la Marche des fiertés 2011 présentait un "caractère raciste et pétainiste" et rappelait un slogan féministe des années 1970: "Ni coq gaulois! Ni poules pondeuses!". Les LOCs reprochaient à la soixantaine d'associations de l'Inter-LGBT d'avoir opté pour une représentation "raciste, androcentrée, blanche, partisane" et parlaient de "lepénisation" des esprits. Elles demandaient le retrait de l'affiche.

Mais Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, juge la polémique "ridicule et infondée". "Le coq n'est pas la propriété de l'extrême droite", explique-t-il dans "Libération", soutenu en ce sens par Gilles Bon-Maury, président d'HES (Homosexualités et Socialisme). "Le but c'est d'alerter sur notre mot d'ordre: 'Pour l'égalité, 2011, je marche, 2012, je vote'", insiste Gougain.

Car, qu'on aime ou pas l'affiche 2011 de la Marche des fiertés de Paris, il ne faudra pas oublier le 25 juin en battant le pavé ce que disait Desproges: "L'adulte ne croit pas au père Noël. Il vote."

vendredi 8 avril 2011

Le Sénat ouvre l'AMP aux lesbiennes



Les "bébés Thalys", conçus par des lesbiennes françaises en Belgique faute d'avoir accès à l'assistance médicale à la procréation (AMP) en France, appartiendront-ils bientôt au passé? Pas sûr, mais le Sénat a quand même fait rêver bien des couples de femmes jeudi soir en adoptant, de justesse, un amendement ouvrant l'AMP à tous les couples, et plus seulement aux seuls hétéros.

Pourtant, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a tenté de s'y opposer, en estimant que "le constat d'infertilité" devait rester "la condition d'accès à l'AMP". "Le gouvernement n'est pas prêt à suivre cette logique", a-t-il prévenu. Les sénateurs sont passés outre.


"Les Belges ont dû mettre en place, dans leurs cliniques de fertilité, des procédures particulières pour les Français qui veulent un "bébé Thalys" et appellent à ce que nous modifiions notre législation en la matière", a souligné la sénatrice (Verts) Alima Boumediene-Thiery.

Même le rapporteur UMP du projet de loi de bioéthique, Alain Milon, a voté l'amendement déposé par le groupe socialiste, "car il me paraît conforme à la réalité de la société française", a-t-il expliqué.

HES (homosexualités et socialisme) a salué ce vote, en souhaitant "que la suite de la discussion parlementaire ne permette pas aux conservateurs de revenir sur cette avancée".

Le gouvernement y étant hostile, il est de fait peu probable que le texte soit conservé lors de son passage à l'Assemblée nationale, à majorité UMP, avant son retour au Sénat. Dès l'adoption de l'amendement, la sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange ne s'est-elle pas (finement) exclamée: "Bravo! On fera des couples avec trois pères!"

L’AMP n’est ouverte en France qu’aux couples hétérosexuels stériles. De nombreux couples de femmes se rendent donc en Belgique, aux Pays-Bas ou en Espagne, où s'est développé un véritable marché de l'insémination artificielle. Peut-être plus pour longtemps.

Dans son projet pour la présidentielle de 2012, rendu public cette semaine, le PS s'engage à ouvrir le mariage aux homosexuels, à les autoriser à adopter et à leur permettre d'accéder à l'assistance médicale à la procréation. Des propositions soutenues par les Français, selon un sondage BVA pour 20 minutes rendu public jeudi: 59% des Français sont favorables au mariage homo, et 53% à l'ouverture de l'adoption.

lundi 4 avril 2011

Nora Berra provoque la colère des homos



"L'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH": prononcée par la secrétaire d'Etat à la Santé Nora Berra le 30 avril devant les sénateurs, la petite phrase a provoqué un tollé. Aujourd'hui, l'intéressée plaide "l'incompréhension"... et dénonce les "professionnels de la polémique".

C'est lors d'un débat sur le projet de loi sur la bioéthique en commission des Affaires sociales que Mme Berra s'est opposée à un amendement du rapporteur (UMP) Alain Milon précisant que "nul ne peut être exclu du don en raison de son orientation sexuelle". "Il ne s'agit pas d'exclusion mais de contre-indication, qui s'explique par un risque sanitaire avéré", argumente-t-elle. Certes, mais "c'est au médecin d'apprécier une contre-indication et l'orientation sexuelle ne saurait motiver une exclusion du don", rétorque Milon.

Nora Berra répond alors: "la loi ne discrimine personne mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don".


Des propos "insupportables" pour Pierre Bergé. "Il n’y a pas de population à risque, il n’y a que des pratiques à risque", a rappelé le président du Sidaction sur France-3. "Scandalisé", Homosexualités et socialisme (HES) dénonce un "dérapage sans excuse", commis qui plus est à la veille du Sidaction.



Très attristée", Nora Berra a assuré sur RTL que ses propos avaient été "mal interprétés". "A aucun moment je n'ai voulu stigmatiser ni cibler des populations en particulier", a-t-elle insisté. "Je ciblais bien évidemment les comportements qui peuvent être plus exposants".

"Que ceux qui laissent planer une accusation d’homophobie infondée, offensante et particulièrement grave à mon encontre se renseignent avant de porter l’anathème à des fins partisanes", s'indigne-t-elle sur son blog, en dénonçant les "professionnels de la polémique". Et de "rappeler (s)on engagement personnel de près de 20 ans, en tant que médecin puis femme politique, aux côtés des patients atteints par le VIH/SIDA et dans la prévention de la maladie".

"Le vrai sujet, c'est: est-ce qu'en 2011 il est toujours normal d'interdire aux gays de donner leur sang?", a souligné sur RTL Jean-Luc Romero, président de l'association Elus locaux contre le Sida. Les hommes homosexuels sont exclus en France du don de sang et d’organes, ce que les autorités sanitaires justifient par une prévalence de l’infection par le VIH beaucoup plus élevée que dans la population hétérosexuelle.