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mercredi 15 février 2012

Homophobie: Vanneste se grille à l'UMP



Christian Vanneste fait la quasi unanimité... contre lui. Le député du Nord qui voit dans l'homosexualité une menace pour l'humanité devrait être exclu de l'UMP et perd l'investiture du parti aux législatives pour avoir poussé trop loin le bouchon homophobe, même quand Sarkozy barre à droite pour conserver l'Elysée.

Sarkozy a le soir même (15/02/2012) pris toutes ses distances avec Vanneste, après avoir officialisé sa candidature à un second mandat présidentiel de cinq ans. "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a-t-il lancé. "On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas."





C'est un entretien vidéo au site traditionnaliste chrétien "Liberté Politique" qui a mis en émoi jusqu'au propre camp de Vanneste, y compris son club très conservateur de la Droite populaire, et même le Front national.

Vanneste y dénonce "la fameuse légende de la déportation des homosexuels", faisant valoir qu'"en-dehors des trois départements annexés (par l'Allemagne: Alsace et Moselle), il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France" à l'époque nazie. Et de fustiger la toute-puissance d'un prétendu "lobby gay" qui aurait infiltré les médias et la politique.

Certes, Nicolas Sarkozy s'oppose au mariage homosexuel et à l'adoption pour les couples lesbiens et gays; certes, l'UMP vient d'investir Vanneste alors qu'elle lui avait refusé son label aux législatives de 2007, sans pour autant lui opposer de candidat. Certes, la tentation est grande de chasser sur les terres du FN pour faire barrage au candidat socialiste, François Hollande, favori des sondages.

Mais là, Vanneste a osé "une provocation de trop", a réagi sur Twitter Frank Riester, député-maire UMP de Coulommiers et l'une des étoiles montantes du parti sarkozyste, qui a rendu son homosexualité publique en décembre. "Il faut le virer de l'UMP!", bouillonnait Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement. Chantal Jouanno, sénatrice UMP de Paris, jugeait aussi que "l'UMP ne peut pas rester sans réaction".






Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a tranché: Vanneste devrait être exclu de l'UMP le 22 février et remplacé par un autre candidat à Tourcoing. "Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables", a affirmé Copé.

Emmanuel Blanc, président de GayLib, le cercle de réflexion LGBT à l'UMP, a salué la réaction de Copé. Vanneste est un "multirécidiviste" qui "parle des homosexuels comme on parlait des juifs dans les années 30 (...) Cela n'a pas de place à l'UMP, ce ne sont pas nos valeurs", a-t-il dit sur Europe-1, même si GayLib n'a pas appelé à voter Sarkozy à la présidentielle.

Vanneste ne peut même plus compter sur ses amis: Thierry Mariani, ministre des Transports et co-fondateur de la Droite populaire, juge que "s'en prendre, de manière régulière et outrancière, aux homosexuels est injustifiable et incompatible avec les valeurs de notre famille politique".

"Nous nous désolidarisons totalement" de ces propos, écrivent Mariani et 24 autres membres du club, dont Jacques Myard, qui dénonce pourtant un "lynchage médiatique", et Lionnel Luca, opposé à l'exclusion de Vanneste de l'UMP, selon "Le Monde".

Quant au vice-président du Front national, Louis Aliot, il conseille à Vanneste sur France-2 de relire "un peu ses livres d'histoire".

A gauche, où le mariage homosexuel et l'adoption font officiellement consensus, la porte-parole de François Hollande, Najat Vallaud Belkacem, estime que "Vanneste est un négationniste" qui "déshonore l'Assemblée Nationale, la République, la France". Réagissant avant l'annonce de Copé, elle dénonçait "l'impunité et le silence complice de son camp, de son parti".

En ce qui concerne les faits, seuls sept des 62 Français envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité, réelle ou supposée, ont été arrêtés en zone occupée, selon l'ouvrage collectif "La déportation pour motif d'homosexualité en France" (Editions Mémoire active), dirigé par Mickaël Bertrand. Mais "les homosexuels français pendant l'Occupation ont été persécutés, obligés de se cacher, parfois envoyés en prison ou dans des hôpitaux psychiatriques", a expliqué l'historien sur France-Info.

L'Allemagne nazie considérait les homosexuels comme des "ennemis de l'Etat". Sur les quelque 50.000 personnes condamnées pour ce motif, entre 10.000 et 15.000 ont été envoyées en camp de concentration et très peu ont survécu. Leur histoire est longtemps restée dans l'ombre de celle des résistants et des quelque six millions de juifs tués par les nazis. Le dernier de ces "Triangles roses" connus, Rudolf Brazda, né en Allemagne, est mort en août 2011 en Alsace, à l'âge de 98 ans.

mardi 14 février 2012

Le mariage gay légal dans l'Etat de Washington


Et de sept. L'Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis, est devenu le septième des Etats-Unis à légaliser le mariage pour tous. Les couples lesbiens ou gays pourront s'y épouser dès juin 2012.

"C'est l'un de mes plus grands moments de fierté en sept ans et quelque de mandat de gouverneur (...) Un jour que les historiens considéreront comme un jalon pour l'égalité des droits", a déclaré Chris Gregoire en promulguant la loi entourée par de nombreux militants pour les droits des LGBT. Mais les opposants au mariage gay s'organisent déjà pour tenter d'obtenir l'interdiction de ces unions par référendum, comme cela a été le cas en Californie et dans le Maine.

Le mariage homosexuel est désormais légal dans les Etats de Washington, du Massachusetts, du Connecticut, de l'Iowa, du New Hampshire, du Vermont et de New York ainsi qu'à Washington D.C., la capitale fédérale des Etats-Unis.

jeudi 9 février 2012

Sarkozy dit non au mariage gay



Nicolas Sarkozy n'est "pas favorable" au mariage des couples homosexuels. Cela "ouvrirait la porte à l'adoption" et pourrait "brouiller l'image de cette institution essentielle qu'est le mariage", se justifie le président sortant et candidat présumé à sa propre succession dans un entretien au "Figaro Magazine" daté du 11/02/2012.

L'ouverture du mariage à tous risquerait surtout de fracturer la majorité au pouvoir à quelques encâblures de la présidentielle (22 avril/6 mai 2012). Car à en croire un sondage BVA de janvier pour "Le Parisien"/"Aujourd'hui en France", 51% des sympathisants de droite sont pour le mariage homo, et 44% pour l'adoption, deux mesures inscrites dans le programme présidentiel socialiste.

Toutes tendances politiques confondues, 63% des Français sont d'accord pour que les couples lesbiens et gays se marient (contre 48% en 2000), et 56% également pour qu'ils puissent adopter (28% en 1998).

"Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille", explique Nicolas Sarkozy.





Sarkozy rappelle qu'il avait proposé en 2007 "un contrat d'union civile" (CUC!) mais affirme qu'il était "inconstitutionnel" de le réserver "aux seuls homosexuels" et "aurait porté atteinte à l'institution du mariage". "Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du PACS", insiste-t-il. Son projet de statut du beau-parent a aussi été enterré pour ménager les plus à droite du parti présidentiel.

Comme pour préparer le "non" de Sarkozy au mariage homosexuel, son Premier ministre, François Fillon, réitérait son opposition il y a quelques jours sur France 2, au nom de "la sécurisation des enfants" (*).

A l'heure où François Hollande apparaît comme le favori de la présidentielle dans les sondages, et même si le candidat socialiste a tout sauf déjà gagné la partie, Sarkozy peut être tenté de donner des gages à l'aile la plus réactionnaire de la droite pour chasser sur les terres frontistes. Quitte à investir un Christian Vanneste, pour qui l'homosexualité représente une menace pour l'humanité, aux législatives de juin prochain dans le Nord, alors qu'il avait été jugé trop sulfureux pour porter l'étiquette UMP en 2007.

* Les estimations varient sur le nombre d'enfants de familles homoparentales: de plus de 30.000 selon l'INED (Institut national d'études démographiques), qui reconnaît ne pas disposer des outils adaptés à cette question, à 300.000 selon l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qui tente de prendre en compte des configurations très diverses.

jeudi 19 janvier 2012

Présidentielle 2012: les homos penchent à gauche



Les homosexuels et bisexuels sont plus ancrés à gauche que la moyenne des Français mais aussi attirés qu'eux par l'extrême droite à l'approche de la présidentielle 2012, selon une note de l'institut IFOP pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Ils sont par ailleurs moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix politiques que leurs concitoyens en général.

Les candidats de gauche attirent la moitié (49,5%) des suffrages des lesbiennes, gays et bi, contre 40,5% chez le reste des Français, et même 53% pour les homosexuels revendiqués, dont un tiers pour François Hollande.

Le président sortant Nicolas Sarkozy et les candidats déclarés de la droite parlementaire comme Dominique de Villepin rassemblent à peine 20% des intentions de vote des homosexuels et 25% de celles des bisexuels, contre 32,5% chez l'ensemble des Français. Au centre, François Bayrou plaît à 9% homos (10%) et bi (8%), contre 6,5% pour l'ensemble des électeurs.

En revanche, 20% des bi et 17% des homos sont attirés par l'extrême droite, pourtant peu réputée pour son homophilie, et Marine Le Pen réalise le même score chez les hétéros (19,5%) que chez les LGBT (19% environ; 20% chez les bi, 17% chez les homos).

L'IFOP estime qu'on compte 3,2 millions de "personnes affirmant une part d'homosexualité" en France, dont 1,5 million d'homos et 1,7 million de bi. D'après l'enquête de l'institut, les lesbiennes, gays et bi représentent 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homos et 3,5% bi): un électorat non négligeable, mesdames et messieurs les politiques...

mercredi 11 janvier 2012

L'espionnage c'est gay



Le contre-espionnage britannique a réussi son coming out: il vient d'entrer au palmarès des 100 employeurs les plus gay-friendly de Grande-Bretagne établi par Stonewall. Le MI5 avait consulté cette association LGBT il y a quelques années pour recruter des Jane et James Bond homosexuels, dans un effort pour mieux refléter la diversité de la société.

Le MI5, dont LToutes avait évoqué la campagne d'embauche gay, se classe 62e du Top 100 (il était 134e l'an dernier). Le cabinet d'audit et de conseil Ernst & Young (152.000 salariés dans le monde) arrive premier, devant le groupe de fournitures de bureaux Home Office et la banque Barclays.

Le directeur du MI5, Jonathan Evans, a souligné que "le Service de sécurité avait travaillé dur ces dernières années pour promouvoir l'égalité et la diversité dans tous les aspects de son travail". "Nous sommes heureux d'être reconnus par Stonewall mais nous pouvons faire encore plus. Nous continuerons à soutenir le personnel lesbien, gay et bisexuel pour faire du MI5 un lieu de travail vraiment ouvert", a-t-il promis.

Le Stonewall Workplace Equality Index 2012 constitue "un puissant outil qui aide les 1,7 million d'employés et 150.000 étudiants gays de Grande-Bretagne à choisir où porter leur talent et leurs compétences", a affirmé Ben Summerskill, l'un des dirigeants de Stonewall. La liste est dressée sur la base d'un questionnaire confidentiel rempli par plus de 7.500 salariés LGBT.

samedi 7 janvier 2012

Le mariage Boutin-Bayrou compromis

Soutenir François Bayrou si elle n'obtient pas les 500 parrainages nécessaires pour être dans la course présidentielle: Christine Boutin, très remontée contre Nicolas Sarkozy, y songe sérieusement. Seul "hic", mais il est de taille: le mariage gay et l'ouverture de l'adoption aux homosexuels. La candidate du Parti chrétien-démocrate (PCD) en fait un casus belli: pas question de soutenir un candidat qui y serait favorable. L'alliance avec Bayrou s'annonce donc compliquée. Car au même moment, le candidat du Modem publiait sur son site une tribune favorable à l'homoparentalité.

Longtemps hésitant et ambigu sur la question, François Bayrou, catholique et pratiquant, part désormais du constat que les familles homoparentales "existent". Alors, dire "'l'homoparentalité, c'est affreux'...Excusez-moi, mais c'est la vie de tous les jours !", écrit-il. Quant à autoriser l'adoption par les homosexuels, en tant que président de Conseil général, "je suis moi-même intervenu pour qu'il n'y ait pas de distinction sur le sujet".
 

Pour François Bayrou, "on ne peut pas dire : 'n'est acceptable que la famille où il y a un papa et une maman'". D'ailleurs, "il y a en France des millions de mamans, toutes seules, qui élèvent leurs enfants. Ne sont-elles pas des mères qui méritent d'être respectées?" Dès lors, il juge "logique et de bon sens" que soient reconnues toutes les deux comme parents "deux personnes élevant des enfants ensemble, les ayant adoptés" ensemble.

De même, il souhaite que le lien du parent non biologique avec un enfant élevé dans le cadre d'une famille homoparentale soit reconnu: "parce que si la  personne, la mère généralement, par qui il a été conçu, ou par qui il a été adopté meurt, l'enfant se retrouve orphelin alors qu'il a été élevé par ces deux personnes. Ce n'est pas juste".

Le candidat centriste se prononce même pour l'accès à l'insémination artificielle pour les couples de lesbiennes: aujourd'hui, "il suffit d’aller en Belgique. Alors l’idée qu’une chose serait autorisée et légale là et interdite en France n’est plus de ce temps". En revanche, il se montre plus prudent sur la gestation pour autrui: "c’est très compliqué. J'ai des amis, des couples d’hommes, militants au Modem, qui y ont eu recours", mais "des gens, que je respecte, sont très révulsés par la gestation pour autrui". Toutefois, "il y a des enfants qui naissent de cette manière. Respectons leur vie, et donnons-leur des droits", conclut-il.

Si Bayrou n'est en revanche pas favorable au "mariage" gay -il préfère une "union" qui accorderait aux homosexuels les mêmes droits que les hétérosexuels-, le rapprochement avec Christine Boutin paraît donc pour le moins compromis. En attendant, elle espère toujours pouvoir concourir à la présidentielle sous ses propres couleurs et s'apprête pour cela à partir sur les chemins de Compostelle à la recherche de parrainages d'élus...

mercredi 28 décembre 2011

Blocus Pocus au Théâtre début 2012



Réservez vos places! "Blocus Pocus", l'histoire de deux comédiennes amenées à s'interroger sur leur identité pour incarner un couple de lesbiennes, se jouera du 28 janvier au 5 février 2012 à Paris, au Théo-Théâtre.

Une pièce de Lévy Blancard, avec Lévy Blancard, Caroline Beisbardt et Hope Newhouse, dont LToutes vous parlait tout récemment (Blocus Pocus: troublante identité, 09/12/2011).

Tous les renseignements et des vidéos pour vous mettre l'eau à la bouche se trouvent sur les sites du Théo-Théâtre et de la compagnie des Echantillons.

Corinne Bouchoux: le Sénat "c'est hétéroland"



Corinne Bouchoux, 47 ans, sénatrice de Maine-et-Loire depuis septembre 2011, est la première lesbienne revendiquée membre de la haute assemblée. Et forcément, elle s'y sent un peu seule.... "C'est hétéroland, ici", rigole-t-elle dans un portrait publié dans "Le Parisien".

Selon le quotidien, la sénatrice écolo n'a jamais caché vivre avec Christine, historienne. Pacsée, mère d'une fille née d'une précédente union, elle milite depuis 2001 dans une association gay et lesbienne d'Angers.

vendredi 23 décembre 2011

Sarkozy pour le mariage homo?


Le mariage homo, c'est pour bientôt, et c'est Christine Boutin, sans doute sa plus farouche opposante, qui le dit. Dans Le Parisien, la candidate à la présidentielle -du moins si elle parvient à réunir le nombre de parrainages nécessaire, ce qui semble mal parti- s'insurge: si Sarkozy est réélu, "on va à grandes enjambées vers le mariage homosexuel". La preuve, "M. Juppé, Mme Jouanno, M. Le Maire… Tous les leaders de l'UMP y sont favorables", souligne Christine Boutin, qui "craint que l'UMP ne résiste pas aux lobbies".

Le mariage gay pourrait, de fait, faire partie des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, alors qu'il figure déjà dans le programme du candidat socialiste à la présidentielle François Hollande. Sarkozy "va parler de toutes les familles: la famille traditionnelle, la famille monoparentale, la famille homosexuelle", confiait il y a quelques jours le député (UMP) Eric Raoult à France-Soir. Mieux: selon une autre source citée par le quotidien: "le mariage gay n'est plus tabou. Sur cette question, la société comme l'UMP ont évolué. Ce devrait être l'une des mesures fortes du programme de Sarkozy". 

Reste encore à savoir si ces éventuelles promesses seraient, cette fois, tenues. En 2007, Sarkozy s'était déjà engagé en faveur d'une "union civile" -sorte de PACS amélioré- pour les couples de même sexe. On l'attend toujours...

mardi 20 décembre 2011

Le mariage gay au top des vidéos politiques US


Il présente bien, s'exprime clairement et parle d'amour... lesbien. Le plaidoyer pour le mariage homosexuel présenté par Zach Wahls, un étudiant de l'Iowa élevé par un couple de femmes, est la vidéo politique la plus vue de l'année 2011 sur YouTube, avec 18,3 millions de visionnages, selon le site.

Une déclaration d'Obama et un spot du candidat républicain à la Maison Blanche Rick Perry contre la présence des gays dans l'armée prennent les deuxième et troisième places du classement.

Beau gosse et propre sur lui, Zach Wahls, 19 ans, a raconté son enfance de petit Américain comme les autres, dans une famille pourtant un peu particulière de l'Iowa. "L'orientation sexuelle de mes parents a eu zéro effet sur ma personnalité", assure-t-il.

Il explique avoir été conçu par insémination artificielle grâce au même donneur anonyme que sa petite soeur née en 1994. Leurs mères, Terry et Jackie, se sont mariées en 2009. "Le sentiment de former une famille (...) vient de l'amour qui nous lie. C'est ça qui fait une famille", lance-t-il devant une commission parlementaire.



Bien que les couples homosexuels puissent se marier dans l'Iowa depuis 2009, ce droit menaçait d'être remis en question par un amendement finalement bloqué pour l'heure au Sénat de cet Etat. Et l'intervention émouvante de Zach Wahls n'y est probablement pas pour rien.

vendredi 9 décembre 2011

Blocus Pocus: troublante identité


Lévy Blancard et Caroline Beisbardt, "Blocus Pocus"


"Etes-vous homosexuelle?" Eve répond "oui" d'un seul élan mais Sarah bloque. A l'heure où elle tire un premier bilan désenchanté de sa vie, la comédienne trentenaire voit ses plans bouleversés par une pièce et une partenaire sans tabou. Deux ans après "Echantillon", Lévy Blancard revient avec "Blocus Pocus", une "comédie identitaire" qu'elle interprète avec Caroline Beisbardt (Eve) et Hope Newhouse (le metteur en scène).

"Sarah n'est pas capable de répondre par oui ou non à la question du metteur en scène. Elle a décidé qu'elle était hétéro, aurait des enfants, mais rien ne se passe comme elle l'avait prévu. Elle est bousculée", explique Lévy Blancard à LToutes. "Eve est impulsive, elle aime bien être remarquée mais s'intéresse vraiment aux personnes. Elle suit son corps", complète Caroline Beisbardt.

En bonne tentatrice, Eve insiste pour répéter la scène du baiser et trouble encore davantage les fragiles certitudes de Sarah, au grand dam "du" metteur en scène, dont le genre n'est jamais remis en question alors que c'est une femme et qui, "lui", tombe systématiquement amoureux de ses comédiennes.


"Je suis plus intéressée par l'ambiguïté que par l'homosexualité. Je ne sais pas si tous mes spectacles ne parlent pas un peu de l'identité sexuelle!", reconnaît Lévy Blancard. "Pour moi, c'est important d'en parler. Ca gêne quand je me balade main dans la main avec ma copine", remarque-t-elle, soulignant que les lesbiennes et gays sont encore confrontés à "des insultes, des violences homophobes".

Avec la comédie Blocus Pocus, l'auteure et interprète espère s'adresser "à tout le monde" et notamment "aux familles d'homosexuels pour savoir quelles questions identitaires on peut se poser" quand on découvre sa propre homosexualité. "Il y a quelque chose à faire pour amener tout le monde à trouver ça normal", insiste-t-elle dans un grand sourire.

Les répétitions se terminent et Blocus Pocus devrait bientôt faire ses débuts dans un théâtre parisien. Une affaire à suivre avec LToutes.


mercredi 7 décembre 2011

Un député UMP fait son coming out


Les élus qui ont leur coming out ne se comptent guère que sur les doigts d'une main, surtout à droite. Après le maire PS de Paris Bertrand Delanoë et l'ex-ministre UMP Roger karoutchi, Franck Riester, maire de Coulommiers (Seine-et-Marne), est le premier député UMP à avoir sauté le pas. Dans l'interview accordée au Pays Briard, il évoque le "dérapage" qu'aurait commis l'élu d'opposition (PS) Pascal Thierry lors d'un conseil municipal récent: il avait lancé à l'évocation de la "couverture mixte" d'un nouveau terrain de sport: "si la couverture est mixte, il ne faudrait pas être gay...".

"Il semblerait que ces allusions m'étaient destinées et cherchaient à m'atteindre", a réagi Franck Riester, 37 ans. "Si c'est le cas, c'est raté car mon homosexualité n'est pas un secret. Je partage ma vie avec mon ami depuis longtemps. Pour autant, je n'ai jamais fait étalage de ma vie privée et continuerai à agir de la même manière".

Dans un droit de réponse, Pascal Thierry s'est ensuite défendu de tout dérapage homophobe, évoquant "un jeu de mots lancé dans le feu des débats". Si "Franck Riester et moi-même ne partageons pas les mêmes valeurs politiques", il souligne l'avoir "félicité" lorsqu'il a voté en juin dernier, avec quelques autres députés UMP, en faveur d'une proposition de loi PS autorisant le mariage homosexuel. Franck Riester fait aujourd'hui partie de la "jeune garde" UMP que Nicolas Sarkozy cherche à promouvoir pour sa campagne présidentielle de 2012. Il est à ce titre reçu régulièrement à l'Elysée avec d'autres jeunes élus.

Jean-Luc Romero, auteur de "homo politicus" et ancien élu de droite, lui a adressé "un grand et chaleureux bravo". "Cela lui vaudra le respect de ses électeurs. Mais arrivera t-il à faire taire dans son parti un Vanneste qui estime que les homos sont inférieurs aux hétéros ou un Myard qui assimile homosexualité à pédophilie ?", s'interroge-t-il sur sa page facebook. Selon lui, sur 530.000 élus en France, à peine 30 se disent homosexuels...

mercredi 23 novembre 2011

Six responsables UMP pour le mariage gay

Coup de tonnerre à l'UMP. Six secrétaires nationaux du parti présidentiel se prononcent pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels dans une tribune publiée cette semaine dans L'Express. Ils appellent la majorité à "légiférer" en ce sens et le président Nicolas Sarkozy à faire figurer le mariage gay dans son programme pour 2012. Une petite révolution portée par six jeunes responsables, issus de "cette génération de trentenaires engagés autour de Nicolas Sarkozy".

"Nous sommes favorables à l'ouverture du mariage à tous les couples, quels que soient leurs sexes", écrivent Sébastien Chenu (photo), Samia Badat, Frédéric Bouscarle, Nathalie Fanfant, Stéphane Jacquot, et David-Xavier Weiss dans leur tribune en citant en exemple le Premier ministre britannique (conservateur) David Cameron. "Attachés à la famille et à l'institution du mariage, comme Cameron, nous croyons profondément qu'une société est mieux construite lorsqu'elle soutient les preuves d'engagement et les solidarités interfamiliales, plaident-ils. D'ailleurs, le droit au mariage "correspond à des devoirs déjà existants (impôts, communauté de vie...), déjà assumés de facto par les couples homosexuels, désireux désormais d'une égalité totale et d'une reconnaissance pleine et entière de leur engagement par notre République".

Aujourd'hui, "notre pays est prêt à cette reconnaissance, estiment-ils. Il a évolué et une large majorité de Français y est favorable", ce qui n'est pas le cas, nuancent-ils toutefois sur le sujet "de l'adoption" qui "fait encore débat".

dimanche 20 novembre 2011

Le Népal attend son premier film lesbien


"Brokeback Everest": c'est le surnom dont a déjà été affublé dans les medias locaux ce qui sera le premier film lesbien de l'histoire du Népal, "Snow Flowers".

Le film doit sortir sur les écrans au printemps prochain, et l'histoire est classique: la romance tragique de deux femmes, les stars népalaises Dia Maskey et Nisha Adhikari, amoureuses mais incapables de vivre ouvertement leur amour.

Le réalisateur, Subarna Thapa, est basé en France et a co-écrit l'histoire avec la Française Anne Bourrel. La directrice de la photographie, Sara Cornu, est également française. Reste à savoir comment réagira le public au Népal, un pays très religieux...

(Merci à la lectrice attentive qui a corrigé notre erreur dans le texte initial)

Dur de vieillir pour les LGBT


Désormais retraités, les baby boomers LGBT sont plus fréquemment confrontés au handicap physique, à la dépression et à la solitude que les hétérosexuels de leur âge, selon une étude américaine rendue publique cette semaine.

Ils sont en effet moins souvent mariés ou en couple que les hétérosexuels et n'ont souvent pas d'enfants pour les aider. Une fois âgés, ils ont parfois des difficultés à accéder aux mêmes soins et services que les seniors hétérosexuels, avec des conséquences sur leur santé et leur moral, souligne dans un communiqué l'auteure de l'étude, Karen Fredriksen-Goldsen, de l'école des sciences sociales de l'Université de Washington. L'étude a suivi 2.560 LGBT américains de 50 à 95 ans. Près de quatre sur dix expliquent avoir envisagé le suicide, 47% ont un handicap, 31% ont connu la dépression et 53% se sentent seuls. 

Il y a, aussi, la peur des discriminations. Pas moins de 21% cachent leur orientation sexuelle à leur médecin de peur d'avoir de moins bons soins ou de se voir opposer un refus de soin, ce qui a été le cas pour 13% d'entre eux. Ce manque d'ouverture "empêche des discussions sur la santé sexuelle, les risques de cancer du sein ou de la prostate, l'hépatite, le HIV, les thérapies hormonales...", souligne Mme Fredriksen-Goldsen.