Nicolas Sarkozy n'est "pas favorable" au mariage des couples homosexuels. Cela "ouvrirait la porte à l'adoption" et pourrait "brouiller l'image de cette institution essentielle qu'est le mariage", se justifie le président sortant et candidat présumé à sa propre succession dans un entretien au "Figaro Magazine" daté du 11/02/2012.
L'ouverture du mariage à tous risquerait surtout de fracturer la majorité au pouvoir à quelques encâblures de la présidentielle (22 avril/6 mai 2012). Car à en croire un sondage BVA de janvier pour "Le Parisien"/"Aujourd'hui en France", 51% des sympathisants de droite sont pour le mariage homo, et 44% pour l'adoption, deux mesures inscrites dans le programme présidentiel socialiste.
Toutes tendances politiques confondues, 63% des Français sont d'accord pour que les couples lesbiens et gays se marient (contre 48% en 2000), et 56% également pour qu'ils puissent adopter (28% en 1998).
"Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille", explique Nicolas Sarkozy.

Sarkozy rappelle qu'il avait proposé en 2007 "un contrat d'union civile" (CUC!) mais affirme qu'il était "inconstitutionnel" de le réserver "aux seuls homosexuels" et "aurait porté atteinte à l'institution du mariage". "Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du PACS", insiste-t-il. Son projet de statut du beau-parent a aussi été enterré pour ménager les plus à droite du parti présidentiel.
Comme pour préparer le "non" de Sarkozy au mariage homosexuel, son Premier ministre, François Fillon, réitérait son opposition il y a quelques jours sur France 2, au nom de "la sécurisation des enfants" (*).
A l'heure où François Hollande apparaît comme le favori de la présidentielle dans les sondages, et même si le candidat socialiste a tout sauf déjà gagné la partie, Sarkozy peut être tenté de donner des gages à l'aile la plus réactionnaire de la droite pour chasser sur les terres frontistes. Quitte à investir un Christian Vanneste, pour qui l'homosexualité représente une menace pour l'humanité, aux législatives de juin prochain dans le Nord, alors qu'il avait été jugé trop sulfureux pour porter l'étiquette UMP en 2007.
* Les estimations varient sur le nombre d'enfants de familles homoparentales: de plus de 30.000 selon l'INED (Institut national d'études démographiques), qui reconnaît ne pas disposer des outils adaptés à cette question, à 300.000 selon l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qui tente de prendre en compte des configurations très diverses.
Les homosexuels et bisexuels sont plus ancrés à gauche que la moyenne des Français mais aussi attirés qu'eux par l'extrême droite à l'approche de la présidentielle 2012, selon une note de l'institut IFOP pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Ils sont par ailleurs moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix politiques que leurs concitoyens en général.
Les candidats de gauche attirent la moitié (49,5%) des suffrages des lesbiennes, gays et bi, contre 40,5% chez le reste des Français, et même 53% pour les homosexuels revendiqués, dont un tiers pour François Hollande.
Le président sortant Nicolas Sarkozy et les candidats déclarés de la droite parlementaire comme Dominique de Villepin rassemblent à peine 20% des intentions de vote des homosexuels et 25% de celles des bisexuels, contre 32,5% chez l'ensemble des Français. Au centre, François Bayrou plaît à 9% homos (10%) et bi (8%), contre 6,5% pour l'ensemble des électeurs.
En revanche, 20% des bi et 17% des homos sont attirés par l'extrême droite, pourtant peu réputée pour son homophilie, et Marine Le Pen réalise le même score chez les hétéros (19,5%) que chez les LGBT (19% environ; 20% chez les bi, 17% chez les homos).
L'IFOP estime qu'on compte 3,2 millions de "personnes affirmant une part d'homosexualité" en France, dont 1,5 million d'homos et 1,7 million de bi. D'après l'enquête de l'institut, les lesbiennes, gays et bi représentent 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homos et 3,5% bi): un électorat non négligeable, mesdames et messieurs les politiques...
Le contre-espionnage britannique a réussi son coming out: il vient d'entrer au palmarès des 100 employeurs les plus gay-friendly de Grande-Bretagne établi par Stonewall. Le MI5 avait consulté cette association LGBT il y a quelques années pour recruter des Jane et James Bond homosexuels, dans un effort pour mieux refléter la diversité de la société.
Le MI5, dont LToutes avait évoqué la campagne d'embauche gay, se classe 62e du Top 100 (il était 134e l'an dernier). Le cabinet d'audit et de conseil Ernst & Young (152.000 salariés dans le monde) arrive premier, devant le groupe de fournitures de bureaux Home Office et la banque Barclays.
Le directeur du MI5, Jonathan Evans, a souligné que "le Service de sécurité avait travaillé dur ces dernières années pour promouvoir l'égalité et la diversité dans tous les aspects de son travail". "Nous sommes heureux d'être reconnus par Stonewall mais nous pouvons faire encore plus. Nous continuerons à soutenir le personnel lesbien, gay et bisexuel pour faire du MI5 un lieu de travail vraiment ouvert", a-t-il promis.
Le Stonewall Workplace Equality Index 2012 constitue "un puissant outil qui aide les 1,7 million d'employés et 150.000 étudiants gays de Grande-Bretagne à choisir où porter leur talent et leurs compétences", a affirmé Ben Summerskill, l'un des dirigeants de Stonewall. La liste est dressée sur la base d'un questionnaire confidentiel rempli par plus de 7.500 salariés LGBT.

Soutenir François Bayrou si elle n'obtient pas les 500 parrainages nécessaires pour être dans la course présidentielle: Christine Boutin, très remontée contre Nicolas Sarkozy, y songe sérieusement. Seul "hic", mais il est de taille: le mariage gay et l'ouverture de l'adoption aux homosexuels. La candidate du Parti chrétien-démocrate (PCD) en fait un casus belli: pas question de soutenir un candidat qui y serait favorable. L'alliance avec Bayrou s'annonce donc compliquée. Car au même moment, le candidat du Modem publiait sur son site une tribune favorable à l'homoparentalité.
Longtemps hésitant et ambigu sur la question, François Bayrou, catholique et pratiquant, part désormais du constat que les familles homoparentales "existent". Alors, dire "'l'homoparentalité, c'est affreux'...Excusez-moi, mais c'est la vie de tous les jours !", écrit-il. Quant à autoriser l'adoption par les homosexuels, en tant que président de Conseil général, "je suis moi-même intervenu pour qu'il n'y ait pas de distinction sur le sujet".
Pour François Bayrou, "on ne peut pas dire : 'n'est acceptable que la famille où il y a un papa et une maman'". D'ailleurs, "il y a en France des millions de mamans, toutes seules, qui élèvent leurs enfants. Ne sont-elles pas des mères qui méritent d'être respectées?" Dès lors, il juge "logique et de bon sens" que soient reconnues toutes les deux comme parents "deux personnes élevant des enfants ensemble, les ayant adoptés" ensemble.
De même, il souhaite que le lien du parent non biologique avec un enfant élevé dans le cadre d'une famille homoparentale soit reconnu: "parce que si la personne, la mère généralement, par qui il a été conçu, ou par qui il a été adopté meurt, l'enfant se retrouve orphelin alors qu'il a été élevé par ces deux personnes. Ce n'est pas juste".
Le candidat centriste se prononce même pour l'accès à l'insémination artificielle pour les couples de lesbiennes: aujourd'hui, "il suffit d’aller en Belgique. Alors l’idée qu’une chose serait autorisée et légale là et interdite en France n’est plus de ce temps". En revanche, il se montre plus prudent sur la gestation pour autrui: "c’est très compliqué. J'ai des amis, des couples d’hommes, militants au Modem, qui y ont eu recours", mais "des gens, que je respecte, sont très révulsés par la gestation pour autrui". Toutefois, "il y a des enfants qui naissent de cette manière. Respectons leur vie, et donnons-leur des droits", conclut-il.
Si Bayrou n'est en revanche pas favorable au "mariage" gay -il préfère une "union" qui accorderait aux homosexuels les mêmes droits que les hétérosexuels-, le rapprochement avec Christine Boutin paraît donc pour le moins compromis. En attendant, elle espère toujours pouvoir concourir à la présidentielle sous ses propres couleurs et s'apprête pour cela à partir sur les chemins de Compostelle à la recherche de parrainages d'élus...
Réservez vos places! "Blocus Pocus", l'histoire de deux comédiennes amenées à s'interroger sur leur identité pour incarner un couple de lesbiennes, se jouera du 28 janvier au 5 février 2012 à Paris, au Théo-Théâtre.
Une pièce de Lévy Blancard, avec Lévy Blancard, Caroline Beisbardt et Hope Newhouse, dont LToutes vous parlait tout récemment (Blocus Pocus: troublante identité, 09/12/2011).
Tous les renseignements et des vidéos pour vous mettre l'eau à la bouche se trouvent sur les sites du Théo-Théâtre et de la compagnie des Echantillons.
Corinne Bouchoux, 47 ans, sénatrice de Maine-et-Loire depuis septembre 2011, est la première lesbienne revendiquée membre de la haute assemblée. Et forcément, elle s'y sent un peu seule.... "C'est hétéroland, ici", rigole-t-elle dans un portrait publié dans "Le Parisien".
Selon le quotidien, la sénatrice écolo n'a jamais caché vivre avec Christine, historienne. Pacsée, mère d'une fille née d'une précédente union, elle milite depuis 2001 dans une association gay et lesbienne d'Angers.
Le mariage homo, c'est pour bientôt, et c'est Christine Boutin, sans doute sa plus farouche opposante, qui le dit. Dans Le Parisien, la candidate à la présidentielle -du moins si elle parvient à réunir le nombre de parrainages nécessaire, ce qui semble mal parti- s'insurge: si Sarkozy est réélu, "on va à grandes enjambées vers le mariage homosexuel". La preuve, "M. Juppé, Mme Jouanno, M. Le Maire… Tous les leaders de l'UMP y sont favorables", souligne Christine Boutin, qui "craint que l'UMP ne résiste pas aux lobbies".
Le mariage gay pourrait, de fait, faire partie des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, alors qu'il figure déjà dans le programme du candidat socialiste à la présidentielle François Hollande. Sarkozy "va parler de toutes les familles: la famille traditionnelle, la famille monoparentale, la famille homosexuelle", confiait il y a quelques jours le député (UMP) Eric Raoult à France-Soir. Mieux: selon une autre source citée par le quotidien: "le mariage gay n'est plus tabou. Sur cette question, la société comme l'UMP ont évolué. Ce devrait être l'une des mesures fortes du programme de Sarkozy".
Reste encore à savoir si ces éventuelles promesses seraient, cette fois, tenues. En 2007, Sarkozy s'était déjà engagé en faveur d'une "union civile" -sorte de PACS amélioré- pour les couples de même sexe. On l'attend toujours...
Il présente bien, s'exprime clairement et parle d'amour... lesbien. Le plaidoyer pour le mariage homosexuel présenté par Zach Wahls, un étudiant de l'Iowa élevé par un couple de femmes, est la vidéo politique la plus vue de l'année 2011 sur YouTube, avec 18,3 millions de visionnages, selon le site.
Une déclaration d'Obama et un spot du candidat républicain à la Maison Blanche Rick Perry contre la présence des gays dans l'armée prennent les deuxième et troisième places du classement.
Beau gosse et propre sur lui, Zach Wahls, 19 ans, a raconté son enfance de petit Américain comme les autres, dans une famille pourtant un peu particulière de l'Iowa. "L'orientation sexuelle de mes parents a eu zéro effet sur ma personnalité", assure-t-il.
Il explique avoir été conçu par insémination artificielle grâce au même donneur anonyme que sa petite soeur née en 1994. Leurs mères, Terry et Jackie, se sont mariées en 2009. "Le sentiment de former une famille (...) vient de l'amour qui nous lie. C'est ça qui fait une famille", lance-t-il devant une commission parlementaire.
Bien que les couples homosexuels puissent se marier dans l'Iowa depuis 2009, ce droit menaçait d'être remis en question par un amendement finalement bloqué pour l'heure au Sénat de cet Etat. Et l'intervention émouvante de Zach Wahls n'y est probablement pas pour rien.
Lévy Blancard et Caroline Beisbardt, "Blocus Pocus"
"Etes-vous homosexuelle?" Eve répond "oui" d'un seul élan mais Sarah bloque. A l'heure où elle tire un premier bilan désenchanté de sa vie, la comédienne trentenaire voit ses plans bouleversés par une pièce et une partenaire sans tabou. Deux ans après "Echantillon", Lévy Blancard revient avec "Blocus Pocus", une "comédie identitaire" qu'elle interprète avec Caroline Beisbardt (Eve) et Hope Newhouse (le metteur en scène).
"Sarah n'est pas capable de répondre par oui ou non à la question du metteur en scène. Elle a décidé qu'elle était hétéro, aurait des enfants, mais rien ne se passe comme elle l'avait prévu. Elle est bousculée", explique Lévy Blancard à LToutes. "Eve est impulsive, elle aime bien être remarquée mais s'intéresse vraiment aux personnes. Elle suit son corps", complète Caroline Beisbardt.
En bonne tentatrice, Eve insiste pour répéter la scène du baiser et trouble encore davantage les fragiles certitudes de Sarah, au grand dam "du" metteur en scène, dont le genre n'est jamais remis en question alors que c'est une femme et qui, "lui", tombe systématiquement amoureux de ses comédiennes.

"Je suis plus intéressée par l'ambiguïté que par l'homosexualité. Je ne sais pas si tous mes spectacles ne parlent pas un peu de l'identité sexuelle!", reconnaît Lévy Blancard. "Pour moi, c'est important d'en parler. Ca gêne quand je me balade main dans la main avec ma copine", remarque-t-elle, soulignant que les lesbiennes et gays sont encore confrontés à "des insultes, des violences homophobes".
Avec la comédie Blocus Pocus, l'auteure et interprète espère s'adresser "à tout le monde" et notamment "aux familles d'homosexuels pour savoir quelles questions identitaires on peut se poser" quand on découvre sa propre homosexualité. "Il y a quelque chose à faire pour amener tout le monde à trouver ça normal", insiste-t-elle dans un grand sourire.
Les répétitions se terminent et Blocus Pocus devrait bientôt faire ses débuts dans un théâtre parisien. Une affaire à suivre avec LToutes.
Les élus qui ont leur coming out ne se comptent guère que sur les doigts d'une main, surtout à droite. Après le maire PS de Paris Bertrand Delanoë et l'ex-ministre UMP Roger karoutchi, Franck Riester, maire de Coulommiers (Seine-et-Marne), est le premier député UMP à avoir sauté le pas. Dans l'interview accordée au Pays Briard, il évoque le "dérapage" qu'aurait commis l'élu d'opposition (PS) Pascal Thierry lors d'un conseil municipal récent: il avait lancé à l'évocation de la "couverture mixte" d'un nouveau terrain de sport: "si la couverture est mixte, il ne faudrait pas être gay...".
"Il semblerait que ces allusions m'étaient destinées et cherchaient à m'atteindre", a réagi Franck Riester, 37 ans. "Si c'est le cas, c'est raté car mon homosexualité n'est pas un secret. Je partage ma vie avec mon ami depuis longtemps. Pour autant, je n'ai jamais fait étalage de ma vie privée et continuerai à agir de la même manière".
Dans un droit de réponse, Pascal Thierry s'est ensuite défendu de tout dérapage homophobe, évoquant "un jeu de mots lancé dans le feu des débats". Si "Franck Riester et moi-même ne partageons pas les mêmes valeurs politiques", il souligne l'avoir "félicité" lorsqu'il a voté en juin dernier, avec quelques autres députés UMP, en faveur d'une proposition de loi PS autorisant le mariage homosexuel. Franck Riester fait aujourd'hui partie de la "jeune garde" UMP que Nicolas Sarkozy cherche à promouvoir pour sa campagne présidentielle de 2012. Il est à ce titre reçu régulièrement à l'Elysée avec d'autres jeunes élus.
Jean-Luc Romero, auteur de "homo politicus" et ancien élu de droite, lui a adressé "un grand et chaleureux bravo". "Cela lui vaudra le respect de ses électeurs. Mais arrivera t-il à faire taire dans son parti un Vanneste qui estime que les homos sont inférieurs aux hétéros ou un Myard qui assimile homosexualité à pédophilie ?", s'interroge-t-il sur sa page facebook. Selon lui, sur 530.000 élus en France, à peine 30 se disent homosexuels...
Coup de tonnerre à l'UMP. Six secrétaires nationaux du parti présidentiel se prononcent pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels dans une tribune publiée cette semaine dans L'Express. Ils appellent la majorité à "légiférer" en ce sens et le président Nicolas Sarkozy à faire figurer le mariage gay dans son programme pour 2012. Une petite révolution portée par six jeunes responsables, issus de "cette génération de trentenaires engagés autour de Nicolas Sarkozy".
"Nous sommes favorables à l'ouverture du mariage à tous les couples, quels que soient leurs sexes", écrivent Sébastien Chenu (photo), Samia Badat, Frédéric Bouscarle, Nathalie Fanfant, Stéphane Jacquot, et David-Xavier Weiss dans leur tribune en citant en exemple le Premier ministre britannique (conservateur) David Cameron. "Attachés à la famille et à l'institution du mariage, comme Cameron, nous croyons profondément qu'une société est mieux construite lorsqu'elle soutient les preuves d'engagement et les solidarités interfamiliales, plaident-ils. D'ailleurs, le droit au mariage "correspond à des devoirs déjà existants (impôts, communauté de vie...), déjà assumés de facto par les couples homosexuels, désireux désormais d'une égalité totale et d'une reconnaissance pleine et entière de leur engagement par notre République".
Aujourd'hui, "notre pays est prêt à cette reconnaissance, estiment-ils. Il a évolué et une large majorité de Français y est favorable", ce qui n'est pas le cas, nuancent-ils toutefois sur le sujet "de l'adoption" qui "fait encore débat".
"Brokeback Everest": c'est le surnom dont a déjà été affublé dans les medias locaux ce qui sera le premier film lesbien de l'histoire du Népal, "Snow Flowers".
Le film doit sortir sur les écrans au printemps prochain, et l'histoire est classique: la romance tragique de deux femmes, les stars népalaises Dia Maskey et Nisha Adhikari, amoureuses mais incapables de vivre ouvertement leur amour.
Le réalisateur, Subarna Thapa, est basé en France et a co-écrit l'histoire avec la Française Anne Bourrel. La directrice de la photographie, Sara Cornu, est également française. Reste à savoir comment réagira le public au Népal, un pays très religieux...
(Merci à la lectrice attentive qui a corrigé notre erreur dans le texte initial)
Désormais retraités, les baby boomers LGBT sont plus fréquemment confrontés au handicap physique, à la dépression et à la solitude que les hétérosexuels de leur âge, selon une étude américaine rendue publique cette semaine.
Ils sont en effet moins souvent mariés ou en couple que les hétérosexuels et n'ont souvent pas d'enfants pour les aider. Une fois âgés, ils ont parfois des difficultés à accéder aux mêmes soins et services que les seniors hétérosexuels, avec des conséquences sur leur santé et leur moral, souligne dans un communiqué l'auteure de l'étude, Karen Fredriksen-Goldsen, de l'école des sciences sociales de l'Université de Washington. L'étude a suivi 2.560 LGBT américains de 50 à 95 ans. Près de quatre sur dix expliquent avoir envisagé le suicide, 47% ont un handicap, 31% ont connu la dépression et 53% se sentent seuls.
Il y a, aussi, la peur des discriminations. Pas moins de 21% cachent leur orientation sexuelle à leur médecin de peur d'avoir de moins bons soins ou de se voir opposer un refus de soin, ce qui a été le cas pour 13% d'entre eux. Ce manque d'ouverture "empêche des discussions sur la santé sexuelle, les risques de cancer du sein ou de la prostate, l'hépatite, le HIV, les thérapies hormonales...", souligne Mme Fredriksen-Goldsen.
(Actualisé le 14/11/2011 avec réactions)
Ils s'aiment, ils se marient. Guillaume, 37 ans, et Patrick, 48 ans, se sont unis symboliquement samedi 12 novembre à Cabestany, dans le sud de la France, par le maire de cette bourgade qui dénonce "l'hypocrisie" de l'interdiction du mariage des couples homosexuels.
"C'est un acte militant. Ce sera un mariage dans les règles", a assuré à LToutes le maire communiste de Cabestany, Jean Vila. Le procureur et le préfet "s'inquiètent puisqu'on est hors la loi, mais il faut arrêter l'hypocrisie" qui consiste à "ignorer la réalité de milliers de couples homosexuels", ajoute-t-il. Il s'agit toutefois d'un mariage symbolique puisqu'il n'a pas été inscrit dans les registres d'état-civil.
"On se marie parce qu'on s'aime, mais c'est aussi un acte militant", ont également déclaré les futurs mariés au site "Têtu".
En 2004, Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles, avait réellement marié deux hommes mais l'union avait été annulée par la Cour de cassation. En 2009, la maire socialiste de Montpellier, Hélène Mandroux, a lancé "l'appel de Montpellier" en faveur du mariage et de l'adoption pour les couples homos, avant de marier symboliquement un couple gay en février 2011. Interrogé sur le mariage homosexuel début 2011, le Conseil constitutionnel a quant à lui renvoyé la balle au Parlement.
Jean Vila, ex-député qui a voté pour le PACS en 1999, appelle les autres maires de France à marier eux aussi les couples lesbiens et gays, surtout les députés qui ont soutenu la proposition socialiste de légalisation du mariage pour tous, rejetée à l'Assemblée nationale en juin dernier. "Il faut mettre en conformité leur vote et leurs actes", lance-t-il, rappelant que 2012 est l'année de la présidentielle mais aussi des législatives.
Pour le maire de Cabestany, "la France ne peut pas être le dernier pays européen à continuer à interdire le mariage homosexuel", "il faut aller plus loin que le PACS". "C'est dans l'air du temps", insiste-t-il, soulignant que 63% des Français sont favorables à la légalisation du mariage pour tous et que de récentes décisions de justice témoignent de l'évolution de la société, comme le partage de l'autorité parentale entre les mères biologique et sociale de deux fillettes à Bayonne.
Le Parti socialiste promet le mariage et l'adoption pour les homosexuels en cas de victoire à la présidentielle 2012.
Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la cohésion sociale, qui avait soutenu le PACS contre son camp, a jugé sur RTL que la cérémonie de Cabestany n'était "pas la meilleure façon de faire avancer la cause" mais a redit "(son) engagement pour que le mariage soit ouvert aux couples de même sexe" car "c'est d'abord maintenant un engagement social et un engagement affectif".
La secrétaire d'Etat à la Famille, Claude Greff, a quant à elle jugé sur i>télé que le mariage de Guillaume et Patrick était une initiative "contre-productive" qui allait "crisper les positions"...
Pour l'instant, le mariage homosexuel est légal dans sept pays européens: Pays-Bas (depuis 2001), Belgique (2003), Espagne (2005), Suède (2009), Norvège (2009), Portugal (2010) et Islande (2010).
Il est légal aussi en Afrique du Sud, en Argentine, au Canada, à Mexico et dans certains Etats des Etats-Unis; dans ce dernier pays, la loi DOMA définissant le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme pourrait être bientôt abrogée, ouvrant la voie à la légalisation du mariage gay à l'échelle fédérale.
Nicolas Sarkozy envisagerait-il l'ouverture du mariage au couples homosexuels? C'est ce que croit savoir le site de droite Atlantico, qui cite "un cadre de l'UMP".
D'après ce cadre non identifié, le président sortant et probable candidat à sa propre succession en 2012 pourrait s'inspirer du Premier ministre conservateur britannique, David Cameron, qui s'est déclaré pour la légalisation du mariage pour tous au nom de l'égalité mais aussi de l'engagement au sein du couple, qui "rend la société plus forte".
"Il n'y a pas beaucoup de sujets de société sur lesquels Nicolas Sarkozy sera en mesure de proposer une avancée significative pendant la campagne. Il ne bougera pas sur la dépénalisation du cannabis, rien sur le vote des étrangers ni sur l'homoparentalité. Le seul truc auquel il réfléchit, c'est le mariage homo", aurait déclaré cette source. On note que selon le cadre anonyme de l'UMP, Nicolas Sarkozy dissocie l'homoparentalité, donc la famille, du mariage.
On se souvient aussi qu'avant d'arriver à l'Elysée en 2007, le futur président Sarkozy avait promis un statut du beau-parent et s'était déclaré en faveur d'"une union civile homosexuelle qui ne passe pas par le greffe du tribunal d'instance, mais par la mairie". Mais c'est la vision de la droite la plus conservatrice, souvent catholique, qui s'est imposée.