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vendredi 7 août 2009

L'homosexualité, "une perversion" pour 46% des Israéliens

Photo Yogi Bear 91

Pour 46% des Israéliens,l'homosexualité est une "perversion", selon un sondage publié vendredi dans le quotidien "Haaretz", après l'attaque d'un centre gay à Tel Aviv qui a fait deux morts et 15 blessés le 1er août (cf LToutes: "Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv", 01/08/2009). En revanche, pour 42% des personnes interrogées, être gay n'est pas une perversion.

L'étude montre aussi que 71% de la population ultra-orthodoxe jugent que les homosexuels sont des déviants, tout comme 64% des arabes israéliens, et 57% des russophones. En revanche, seuls 24% des laïcs estiment que l'homosexualité est une perversion.

Le sondage suggère toutefois une baisse de l'homophobie depuis les précédentes enquêtes. Mais le moment où elle a été réalisée -juste après l'attaque de Tel Aviv- a pu jouer: "les gens haineux peuvent avoir pensé que ce n'était pas le moment de l'admettre", selon Camil Fuchs, qui a réalisé l'enquête.

"Ce n'est pas une surprise pour moi que la moitié des gens pense que je suis malade mentalement et que je devrais être en prison ou tué", a réagi Yaniv Weizman, qui préside l'organisation d'aide aux jeunes gay de Tel Aviv. "Mais j'ai l'impression que nous avons progressé: si 26% des religieux et 27% des arabes pensent que nous ne sommes pas pervers, nous pouvons dire que nous avons réussi quelque chose".

mardi 4 août 2009

Meurtre de gays à Tel Aviv: des hommages partout dans le monde

(Photo Dima V)

Le Centre gay et lesbien de Paris Ile-de-France et ses associations membres organisent un rassemblement à Paris samedi 8 août 2009 pour s'associer à la manifestation du Centre LGBT de Tel Aviv à la mémoire des deux jeunes tués par balles dans un club de cette ville israélienne le 1er août.

De nombreux autres Centres LGBT dans le monde participeront à cet hommage au jeune Nir Katz, mort à 26 ans, et à Liz Tarbishi, morte à 17 ans, ainsi qu'à la quinzaine de blessés "victimes d’une haine homophobe implacable", écrit le Centre parisien, qui souligne que "leur assassin court toujours". Il était d'après des témoins armé d'un fusil automatique, masqué et vêtu de noir.

La solidarité avec les homosexuels, bi et trans de Tel Aviv devrait notamment s'exprimer à Berlin, à Varsovie, à Madrid, à Berne, à Belfast et à Budapest.

- Lire aussi sur LToutes: "Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv" (02/08/2009)

dimanche 2 août 2009

Attentat meurtrier contre un centre gay et lesbien à Tel Aviv




Un mois et demi après le succès de la Gay Pride à Tel Aviv, l'homophobie frappe en plein coeur la ville israélienne réputée pour son ouverture d'esprit: Nir Katz, 24 ans, et Liz Troubishi, 17 ans, ont été abattus samedi soir (01/08/2009) par un tireur masqué dans un centre de soutien aux jeunes LGBT.

Du coup, la police a ordonné la fermeture de tous les clubs homos du secteur, selon les médias locaux. Le seul député israélien ouvertement gay, Nitzan Horowitz, a dénoncé un crime manifestement homophobe, et toute la classe politique a exprimé son indignation.

Comme avec la tentative de meurtre contre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en octobre 2002, cet attentat pose pourtant la question des responsabilités dans les violences homophobes: ceux qui incitent à la haine contre les lesbiennes et gays ne sont pas forcément ceux qui tiennent le couteau ou le fusil, mais peuvent-ils prétendre que ce ne sont pas leurs paroles qui guident la main des assassins?

Le meurtrier de Tel Aviv était masqué et vêtu de noir. Il a mitraillé dans toutes les directions avec un fusil d'assaut, d'après les témoins et la police cités par le journal "Haaretz". Au moins 15 personnes ont aussi été blessées, dont certaines grièvement. L'homme s'est enfui à pied en se mêlant à la foule du samedi soir.

La police le recherchait toujours dimanche, alors que les lesbiennes et gays vivaient dans la peur qu'il ne recommence. Certains s'inquiètent aussi de ce que l'établissement a été montré à la télévision, que leurs parents vont savoir qu'ils s'y rendaient...



Des centaines de personnes ont manifesté leur colère après la fusillade samedi, accusant les intégristes juifs et certains partis politiques -notamment l'ultra-orthodoxe Shas, qui a cependant dénoncé ces crimes- d'alimenter la haine envers les homosexuels.

Une manifestation était prévue aussi dimanche devant le club, ainsi qu'un rassemblement de solidarité à Jérusalem, où une autre manifestation devrait avoir lieu mardi.

"Le meurtre choquant de Tel Aviv est le genre de meurtre que des gens éclairés et cultivés ne peuvent pas accepter", a réagi le président israélien centriste Shimon Pérès. "Le meurtre et la haine sont les pires crimes de la société", a-t-il ajouté, cité par les médias, "le pays tout entier doit s'unir dans la condamnation de cet acte de haine".

Le Premier ministre de droite Benjamin Nétanyahou a également condamné l'attentat, déclarant à l'intention de ses concitoyens: "nous sommes un pays démocratique et tolérant et nous devons respecter chaque personne comme elle est".

Dans l'opposition de centre-gauche, la dirigeante Tzipi Livni a souhaité que les meurtres de Tel Aviv "réveillent la société pour qu'elle se débarrasse des préjugés et reconnaisse le droit de chaque personne à vivre dans la sécurité et la dignité".

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a assuré que la ville "continuerait accueillir la communauté gay et lesbienne". Mike Hamel, qui dirige Aguda, l'organisation israélienne LGBT, a quant à lui accusé le parti Shas d'alimenter la haine homophobe.

samedi 1 août 2009

Fest-ty-Gay: le feu sous la Breizh

Petite ville de 4.000 âmes au coeur de la Bretagne, Gourin devait voir sa population doubler ce samedi soir, pour la deuxième édition de son "Fest-ty-Gay".

Cette gay pride bretonne avait attiré l'an dernier pas moins de 5.000 personnes, à la grande surprise de ses organisateurs. Cela en en fait l'une des principales marches homos en France, même si l'événement se veut avant tout festif, et non revendicatif.


Le "Fest-ty-Gay" a été lancé à l'initiative de Bernard Raynal, patron de la boite gay le Starman, avec le soutien du maire et des commerçants locaux. Il a rencontré depuis un succès inespéré.

Une icône lesbienne décorée par Obama


La tenniswoman lesbienne Billie Jean King s'est vue décerner jeudi la Médaille présidentielle 2009 de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine, par Barack Obama. Elle fait partie des 16 personnalités honorées cette année par le président américain, avec Harvey Milk, le premier homme politique ouvertement gay, décoré à titre posthume.

Cinq fois numéro un mondiale dans les années 60 et 70, Billie Jean King avait été la première sportive de haut niveau à faire son coming out, en 1981. Mais elle était surtout connue pour son combat pour l'égalité hommes-femmes.

Elle avait participé à une "bataille des sexes" au cours de laquelle elle avait affronté sur un cours le joueur Bobby Riggs. Reconverti dans les matchs exhibition, celui-ci avait à l'époque l'habitude de critiquer publiquement le tennis féminin, "inférieur à celui pratiqué par les hommes": "Aucune joueuse en activité ne pourrait jamais venir à bout d'un retraité", affirmait-il, en mettant Billie Jean King, meilleure joueuse du moment, au défi de le battre.

Devant plus de 50 millions de telespectateurs dans plus de 37 pays, elle a accepté le défi et... remporté le match. Billie Jean King a posé la raquette en 1983, mais est restée une activiste de la cause féministe et homosexuelle.

Barack Obama a rendu hommage dans son communiqué à des personnalités qui ont "fait tomber des barrières". "Chacun d'eux a été un agent du changement. Chacun d'eux a vu un monde imparfait et s'est efforcé de le rendre meilleur". Parmi les autres personnalités nommées en 2009: l'archevêque sudafricain Desmond Tutu, l'acteur Sidney Poitier, le "banquier des pauvres" Muhammad Yunus, ou Mary Robinson, première femme présidente d'Irlande.