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samedi 16 mai 2009

"Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie"


(article actualisé après annonce française sur la transsexualité)

"Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie", écrit le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, dans un communiqué diffusé à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, plus particulièrement consacrée cette année à la transphobie.

Le ministère français de la Santé dirigé par Roselyne Bachelot a de son côté annoncé qu'il avait demandé à la Haute autorité de Santé (HAS) de retirer la transsexualité de la liste des maladies mentales. Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO (International day against homophobia and transphobia), a salué "cette décision historique" en soulignant que la France était le premier pays du monde à franchir ce pas.

"Je condamne les actes violents homophobes des skinheads, mais je m'inquiète plus encore des convictions des dirigeants de certains partis politiques", explique pour sa part Terry Davis, pour qui "on ne peut accepter que des personnes investies d'une autorité officielle ou morale en Europe se conduisent encore comme si la Convention européenne des droits de l'Homme ne s'appliquait pas aux homosexuels".

"Les auteurs de discrimination invoquent souvent les valeurs morales pour justifier leur comportement", poursuit le chef du Conseil de l'Europe, concluant que "c'est très bien de défendre les valeurs morales, mais ils se trompent complètement. Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie".

Terry Davis rappelle qu'"il a fallu attendre 1990 pour que l'Organisation mondiale de la santé retire l'homosexualité de sa liste des maladies mentales" et que, "il y a quelques années encore, l'homosexualité était toujours considérée dans plusieurs pays d'Europe comme une infraction criminelle".

Après la Deuxième guerre mondiale, souligne aussi M. Davis, des homosexuels revenus des camps de concentration nazis ont dû purger leur peine de détention après leur libération. "Cette réaction s'inscrivait dans la logique de la discrimination profonde dont étaient victimes les homosexuels à cette époque en Europe, discrimination qui a continué de s'exercer à leur égard pendant les décennies qui ont suivi". En France, l'homosexualité a été dépénalisée en 1982.