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vendredi 24 avril 2009

Déportation: les homosexuel(le)s aussi


Un hommage national doit être rendu dimanche, comme chaque année, à tous les déportés, y compris les homosexuel(le)s puisque l'Etat français reconnaît désormais cette tragédie-là aussi. Mais il reste encore des villes dans lesquelles les associations homosexuelles sont exclues de ces cérémonies du souvenir.

En 2001, le Premier Ministre Lionel Jospin jugeait "important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l’occupation contre certaines minorités: les réfugiés espagnols, les tziganes ou les homosexuels". En 2005, le président Jacques Chirac mentionnait pour la première fois "celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, (et qui) étaient poursuivis, arrêtés et déportés".

Les "Oublié(e)s de la Mémoire", association homosexuelle du devoir de mémoire, participera dimanche à la cérémonie nationale du souvenir à l'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Alsace). "La déportation de Français pour motif d’homosexualité est aujourd’hui une réalité historique reconnue par les plus hautes autorités de l'Etat", se félicite-t-elle dans un communiqué. Mais "il arrive que dans certaines villes de France, elle soit encore contestée et écartée", regrette-t-elle.

Cette association insiste pour que ce soit une gerbe unitaire, représentant toutes les catégories de déportés, qui soit déposée lors de ces cérémonies. "Le dépôt de gerbe en marge des cérémonies officielles avait un sens et un caractère militant indéniable à l'époque où les autorités françaises ne reconnaissaient pas la validité de cette déportation. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, même si notre acceptation pleine et entière parmi les autres associations mémorielles doit encore faire l'objet de beaucoup de travail de persuasion".

Le Mémorial de la Déportation Homosexuelle (MDH) regrette quant à lui que les associations homosexuelles ne soient pas toujours invitées aux cérémonies du souvenir. "Même lorsqu’elles sont invitées, ces associations et leurs sympathisants ne sont pas toujours bien acceptés par l’ensemble des autres participants".

La Fondation pour la Mémoire de la Déportation a déjà dénombré 210 déportés pour homosexualité en France. Ce nombre reste en deçà de la réalité, les historiens n'ayant consulté qu’une part minime des archives. Si les témoignages concernant les homosexuels dans les camps sont rares, c'est encore pire pour les lesbiennes. Pourtant, elles n'ont pas été épargnées.

Si elles n'ont pas été visées par une politique systématique d'extermination par les nazis comme ce fut le cas pour les gays, les lesbiennes connues furent aussi victimes de la gestapo et elles ont été nombreuses à être déportées, en tant qu'"asociales" ou délinquantes sexuelles. Elles étaient marquées d'un triangle noir, signe de leur appartenance au groupe des personnes "socialement inadaptées".