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mardi 30 décembre 2008

Le coming-out mal vécu nuit gravement à la santé

Un coming out mal accueilli peut vous pourrir la santé. C'est la conclusion d'une étude américaine selon laquelle les jeunes homosexuels, bi ou trans dont la famille a réagi négativement à l'annonce de leur orientation sexuelle risquent beaucoup plus de se suicider, de plonger dans de graves dépressions ou de prendre de la drogue.

Caitlin Ryan, la chercheuse de l'Université d'Etat de San Francisco qui a dirigé l'enquête publiée dans la revue "Pediatrics" de janvier, conseille donc aux parents ou tuteurs d'essayer de modérer leur réaction plutôt que de rejeter brutalement les jeunes gays et lesbiennes, dont la santé mentale pourrait en être fortement fragilisée.

Il apparaît par exemple qu'empêcher un jeune homo d'en fréquenter d'autres peut s'avérer aussi traumatisant pour l'intéressé que de l'insulter ou le frapper.

L'étude montre comme la plupart des travaux sur la question que les jeunes gays et lesbiennes ont en moyenne moins de 11 ans la première fois qu'ils se sentent attirés par le même sexe, un peu plus de 14 quand ils comprennent qu'ils sont homosexuels, et moins de 16 ans quand ils l'annoncent à la famille.

dimanche 28 décembre 2008

Bonne année 2009!

LToutes vous souhaite une merveilleuse année 2009 toute en bonheur et en légèreté avec la Moulinette à voeux.
Vous aimez? Envoyez-nous vos meilleurs/pires moulinettages à
l.toutes@yahoo.fr


mardi 23 décembre 2008

Le pape fête Noël en condamnant l'homosexualité

Le pape Benoît XVI défend le maintien d'une nette distinction entre hommes et femmes, sous peine sinon d'une "autodestruction de l'Homme".

Le 22 décembre 2008, il a ainsi implicitement condamné -à nouveau- l'homosexualité et la transsexualité et critiqué explicitement les théories du "genre" en vogue dans les pays anglo-saxons et qui visent à redéfinir les identités sexuelles.

Lors de la traditionnelle cérémonie de voeux à la Curie romaine, le pape a mis sur le même plan la protection de la planète et ce qu'il a défini comme une "écologie de l'Homme", estimant que l'Eglise devait "protéger l'homme contre la destruction de lui-même".

Dans ce cadre, parler "de la nature de l'être humain comme homme et femme" et "demander que cet ordre de la création soit respecté" n'est "pas d'une métaphysique dépassée", a-t-il assuré. Pire: le "mépris" de cet ordre "serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'oeuvre de Dieu lui-même".

"Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme "gender" (genre), se traduit en définitive par l'auto-émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur", a-t-il accusé.

Le Vatican s'est opposé il y a quelques jours au projet de déclaration sur la dépénalisation universelle de l'homosexualité, défendue par la France à l'ONU.

dimanche 21 décembre 2008

La Norvège en manque de sperme

La Norvège va manquer de sperme. C'est en tout cas ce que redoutent les lesbiennes norvégiennes, qui auront accès à partir du 1er janvier 2009 à l'insémination artificielle. Seul "hic": l'Hôpital national, qui détient la plus importante banque de sperme du pays, craint de ne pas en avoir suffisamment pour répondre à cette nouvelle demande.

L'Association nationale de défense des gays et des lesbiennes (LLH) s'inquiète donc, et accuse les banques de sperme de ne pas avoir su anticiper le problème. "Cet été, le ministère de la Santé les avait prévenues qu'il fallait commencer immédiatement à collecter les permissions des donneurs, qui doivent autoriser le don de leur sperme à des lesbiennes. Nous nous demandons pourquoi l'Hôpital national n'a rien fait du tout", s'étonne Elin Vestrum, de LLH, dans le journal norvégien Vårt Land.

Du coup, les banques de sperme vont probablement devoir demander de l'aide à l'étranger, et importer du sperme. Les donneurs pourraient aussi désormais engendrer huit enfants au maximum, contre six actuellement.

vendredi 19 décembre 2008

L'Espagne autorise le don d'ovule entre lesbiennes

Photo Orianomada

La Commission de reproduction humaine assistée autorise le don d'ovules entre femmes lesbiennes mariées en Espagne. La FELGBT, l'organisation espagnole de défense des droits des homosexuels, exprime sa "satisfaction" devant cette "avancée des droits des familles LGBT".

Aucune clinique de procréation assistée ne pourra plus, théoriquement, refuser de procéder à ce don a sein d'un couple lesbien marié qui permettra à l'une d'être la génétrice quand sa compagne sera la mère génétique.

La FELGBT dénonce toutefois les discriminations que subissent encore trop souvent les lesbiennes en Espagne. En particulier, l'insémination artificielle leur est refusée quand elles se présentent en tant que couple marié.

L'association dénonce aussi "l'arbitraire" qui règne au moment de l'inscription d'un enfant sur les registres d'état-civil en tant que fruit d'un mariage homosexuel. L'espagne a légalisé le mariage entre personnes du même sexe en 2005.

mercredi 17 décembre 2008

L'homosexualité divise l'ONU

(actualisé le 18 décembre)
Rama Yade a présenté jeudi 18 décembre à New York le projet français d'appel à une dépénalisation universelle de l'homosexualité. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme a défendu cette déclaration non contraignante, signée par 66 des 192 Etats-membres de l'ONU.

Le Vatican, en revanche, est vent debout contre un texte qui, estime-t-il, menacerait l'institution du mariage. Au total, une cinquantaine d'Etats se sont opposés à la déclaration, en particulier les pays membres de l'Organisation de la conférence islamique. Le texte n'a pas été signé non plus par les Etats-Unis. Rama Yade a qualifié l'attitude américaine de "décevante".

A l'heure actuelle, 90 pays punissent l'homosexualité, dont sept avec la peine de mort.

Le projet appelle tous les Etats à dépénaliser l'homosexualité, et condamne les assassinats, exécutions, tortures, arrestations arbitraires ou privations de droits économiques, sociaux ou culturels que les homosexuels et transsexuels subissent encore dans de trop nombreux pays.

Parmi les signataires de la déclaration figurent l'Arménie, l'Australie, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la République centrafricaine, le Chili, l'Equateur, la Georgie, l'Islande, Israël, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Serbie, la Suisse, l'Uruguay, le Venezuela, ainsi que la totalité des Etats-membres de l'Union européenne.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ont apporté leur soutien dans un communiqué à l'initiative française. "Les Nations unies doivent parler avec force contre la violence et les préjugés. Il n'y a pas de place pour la demi-mesure quand il s'agit de droits de l'Homme", a ainsi souligné le néerlandais Boris Dittrich, de Human Rights Watch.

Pour Louis-Georges Tin, le promoteur français de la Journée internationale contre l'homophobie, présenter cette déclaration au niveau de l'Assemblée générale des Nations unies est déjà "un grand succès".

En France, Rama Yade a reçu le soutien de GayLib, l'association de l'UMP de promotion des droits des homosexuels, qui a salué dans un communiqué "une déclaration pionnière" et "un signal fort" lancé au monde: "l’homosexualité n’est pas un crime. C’est l’homophobie qui est un délit".

GayLib salue le bilan "largement positif" de Rama Yade, alors même que celle-ci est sur la sellette. La secrétaire d'Etat a en effet "déçu" le président Nicolas Sarkozy lorsqu'elle a dit ne pas souhaiter être candidate aux européennes de 2009. Dans la foulée, son ministre de tutelle Bernard Kouchner estimait d'ailleurs que la création de son secrétariat d'Etat était une "erreur".


Connecticut: les électeurs OK avec le mariage homo


Les habitants du Connecticut soutiennent le mariage homosexuel, légalisé par la justice, selon un sondage publié ce 17 décembre 2008 par la Quinnipiac University. "Quatre électeurs sur cinq sont favorables à une reconnaissance légale des unions entre personnes du même sexe, et près des deux tiers sont opposés à l'interdiction du mariage gay et lesbien dans la Constitution de l'Etat", résume le directeur de l'institut, Douglas Schwartz.

Plus de la moitié des électeurs (52%, contre 39% et 9% d'indécis) sont d'accord avec la décision de la Cour suprême de cet Etat qui a légalisé le mariage homo le 10 octobre dernier.

Lorsqu'on leur demande quelle forme de reconnaissance leur paraît préférable pour les couples homosexuels, 43% des personnes interrogées répondent le mariage, 39% le partenariat civil (Pacs) et 12% estiment qu'on ne devrait pas du tout reconnaître officiellement ces couples. Et six électeurs sur dix (61%, contre 33%) refuseraient d'interdire le mariage gay dans la Constitution du Connecticut, contrairement à ce qui s'est fait par référendum en Floride et en Californie ("Proposition 8") le 4 novembre 2008.

Les couples homosexuels peuvent se marier dans le Massachusetts (depuis 2004) et le Connecticut (depuis novembre 2008). Environ 18.000 lesbiennes ou gays se sont mariés en Californie entre juin et novembre 2008, entre la légalisation et l'interdiction de ces unions. D'autres Etats, comme le New Jersey, le Vermont et le New Hampshire, proposent des unions civiles (sorte de Pacs). Dans l'Iowa, la Cour suprême examine la plainte de six couples homosexuels qui considèrent l'interdiction de se marier comme une atteinte à l'égalité des droits.

Le sondage Quinnipiac University a été réalisé entre le 11 et le 15 décembre 2008 auprès de 1.445 électeurs inscrits dans le Connecticut. La marge d'erreur est de plus ou moins 2,6 points de pourcentage.

- Lire aussi sur LToutes: "USA: oui à Obama, non au mariage gay" (05/11/2008) ; Carte du statut des unions homosexuelles aux USA, par l'association gay et lesbienne TaskForce

mardi 16 décembre 2008

Une lesbienne à un poste clé de l'équipe Obama

LToutes vous en parlait déjà le 10 décembre dernier. C'est désormais officiel: Barack Obama a annoncé mardi 16 décembre la nomination d'une lesbienne, Nancy Sutley, à un poste clé de son équipe.

Elle présidera le Conseil sur la qualité de l'environnement, qui est chargé de conseiller le président et le vice-président américains sur les questions environnementales nationales et internationales. Elle va donc jouer un rôle essentiel alors qu'un accord mondial sur la lutte contre le réchauffement climatique doit être conclu d'ici décembre 2009, et que les Européens placent beaucoup d'espoir dans la nouvelle équipe américaine.

"Ces dernières années, nous avons vu des Etats et des villes prendre des initiatives pour formuler des solutions innovantes sur l'énergie", a souligné Barack Obama lors d'une conférence de presse. En tant qu'adjointe au maire de Los Angeles chargée de l'environnement notamment, "Nancy Sutley a été à l'avant-garde de ces efforts", a-t-il expliqué. "Maintenant, elle va apporter son expérience unique à Washington, et jouera un rôle clé pour rendre notre gouvernement plus efficace et coordonner nos efforts à l'intérieur de nos frontières et dans le monde".

Ironie de l'histoire, Nancy Sutley avait soutenu Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle américaine, au sein de la commission californienne sur les questions lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenre (LGBT). Après la victoire de Barack Obama le 4 novembre 2008, cette spécialiste reconnue de l'environnement avait intégré l'équipe de transition pour préparer les dossiers de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

Barack Obama prendra ses fonctions le 20 janvier 2009.

lundi 15 décembre 2008

Le Pacs hongrois recalé

Les couples lesbiens et gays hongrois pensaient pouvoir se pacser dès le 1er janvier 2009, mais la Cour constitutionnelle en a décidé autrement.
Elle a estimé que la loi de décembre 2007 sur le partenariat civil dévalorisait le mariage en ouvrant quasiment les mêmes droits aux concubins.
Bref, le Pacs, d'accord, mais seulement pour les homos. Et en attendant qu'il soit redéfini, personne ne peut en profiter.

L'association Háttér de soutien aux gays, lesbiennes, bisexuels et transgenre (LGBT) en Hongrie a organisé une veillée aux bougies dans la soirée à Budapest pour protester contre cette décision.

Lors de la dernière Gay Pride à Budapest en juillet 2008, plusieurs centaines de manifestants d'extrême droite avaient jeté des oeufs pourris et des bombes fumigènes sur le cortège. La police les avait dispersés et en avaient avait interpellé plusieurs. La classe politique avait largement dénoncé ces violences. L'homophobie reste forte dans beaucoup de pays d'Europe centrale et de l'Est.

dimanche 14 décembre 2008

"Pour faire de l’argent, on ne se tourne pas vers les lesbiennes"


Après la fermeture des éditions La Cerisaie, Céline Lion, des éditions "Dans l'Engrenage", répond aux questions de LToutes sur les difficultés -et les opportunités- du marché lesbien.

- Lire aussi sur LToutes: "Fin des éditions lesbiennes La Cerisaie" (06/12/2008)

LToutes: Est-il toujours aussi difficile de vendre des livres aux lesbiennes (et surtout d'en vivre)?

Céline Lion: Nous avons la particularité d’en vivre rarement: les éditions "Dans L’Engrenage" ne salarient personne. Tous les intervenants, y compris moi-même, avons des activités annexes pour gagner notre vie. Les bénéfices de la vente d’un livre servent à publier le suivant, la plupart du temps. Nous faisons appel à des professionnels (couvertures, corrections, traductions), nous publions de la littérature étrangère, ce qui coûte évidemment bien plus cher, et nous soignons la fabrication, tout en resserrant les prix. Un titre comme "Cara et moi", le dernier que nous avons publié, est vendu au prix de 18 euros, alors que chez un gros éditeur, il serait proposé au public autour de 22 euros.

Depuis dix ans, le nombre de maisons d'édition lesbiennes a sensiblement augmenté, ce qui n'est pas une chose si surprenante: nous étions, en France, passablement en retard. On en compte à l'heure actuelle moins d'une dizaine. C’est une bonne chose, parce que l’édition est une activité liée à la personnalité de l’éditeur. C’est très subjectif à partir du moment où il s’agit de choix personnels. Donc, plus il y a d’éditrices, plus il y a de choix.

Pour nous, l’enjeu est de vaincre l’espèce de mépris/méfiance spontanés chez beaucoup de gens lorsqu’on se revendique comme "maison d'édition lesbienne". Il n’y a pas de culture communautaire en France, contrairement à l’Espagne, aux pays anglo-saxons, ou nordiques.

D’autre part, sur le plan culturel, l’émergence d’une meilleure offre de DVD lesbiens (films, séries, etc.) a certainement une incidence sur les habitudes des lesbiennes qui, selon de nombreuses études, sont en général des femmes qui n’ont pas un pouvoir d’achat élevé: il leur faut choisir entre livres et DVD.

LT:Est-ce que les maisons d'édition "hétéros" s'intéressent au marché ?

CL: On se doute bien que si le marché lesbien était rentable, les multinationales de l'édition le sauraient. Nous aurions de la concurrence du côté des grosses maisons généralistes, et nos amies et consœurs de La Cerisaie verraient leur avenir plus sereinement.

La population lesbienne n’est pas, d’un point de vue économique, une cible intéressante pour les gens qui veulent faire du business, contrairement à certaines craintes exprimées parfois par les homos. Si l’on veut faire de l’argent, on ne se tourne pas vers ce public, c’est une évidence. S'il arrive de voir ce genre de publications chez les généralistes, c'est plus un choix ponctuel qui relève de critères autres que politiques.

Nous avons par exemple à notre catalogue un roman merveilleux, "Cara et moi", écrit par celle qui est aujourd'hui considérée par les spécialistes comme l'une des dix plus grandes romancières contemporaines d'Irlande, Emma Donoghue. Eh bien pas un de ces éditeurs généralistes n'a voulu la publier, manquant ainsi de grands livres. Sans doute parce qu'elle écrit trop "lesbien", et qu'elle n'a pas peur de continuer à publier chez des maisons d'édition lesbiennes anglo-saxonnes, parallèlement à ses gros éditeurs conventionnels.

Sarah Waters est l'exception, mais je pense que c'est le succès commercial qu'elle a rencontré en Angleterre qui a motivé ses éditeurs français, et leur a permis de voir qu'il y avait là une grande écrivaine.

Je suis donc persuadée que nous avons un rôle particulier, et que nous acceptons de prendre des risques qui n'intéressent pas les éditeurs généralistes, les débouchés en terme de public étant vraiment trop limités.

LT: Qu'est-ce qui marche le plus auprès des lesbiennes?

CL: Les lesbiennes sont des lectrices normales, donc leurs préférences en terme de genre ressemblent de près à celles de toutes les autres lectrices, à cette nuance près qu'elles sont encore plus consommatrices de littératures populaires: roman sentimental et polar.

LT: Quelles sont vos principales difficultés? La distribution?

CL: Il ne faut pas négliger l'Internet, qui devient un moyen simple et direct de se rendre disponible à toutes les lectrices. Le distributeur devient un peu obsolète. Ensuite, il y a peu de libraires qui prennent le risque de nous réserver une place dans leurs rayons ou sur leurs tables.

Notre choix est de ne travailler qu'avec les libraires prêts à recevoir nos livres, c'est-à-dire à les proposer à leurs clientes. Nous sommes disponibles sur commande partout, mais présentes en stock uniquement dans des points de vente triés sur le volet. Le contraire d'un bon plan marketing!

Nous avons surtout le respect des libraires spécialisés, qui sont nos meilleurs interlocuteurs et se battent au quotidien pour défendre cette spécificité, un gros risque financier pour eux. Nous préférons placer nos livres chez eux que chez des libraires dubitatifs.

LT: Que pensez-vous de la réputation, qui colle souvent à la peau de la littérature lesbienne, de romans "à l'eau de rose"?

CL: Nous publions des romans et des nouvelles qui intéressent les amatrices de littérature pure (couvertures blanches) et, parallèlement, nous lançons une collection de romans policiers d'ici peu (couvertures noires). Nous avons des bandes dessinées, bref nous reflétons le fait que les artistes lesbiennes s’expriment dans tous les domaines.

Nous avons choisi depuis trois ans de dédier une collection clairement identifiable (couvertures roses) aux romans d'amour qui se revendiquent comme tels et répondent aux canons.

Je suis toujours amusée par le fait que la littérature "à l'eau de rose" ait mauvaise réputation. C'est un peu court. Historiquement, la littérature lesbienne est née avec la littérature rose, c'est ainsi qu'elle s'est développée, et qu'elle continue à le faire. Car les lesbiennes ont enfin eu, grâce à ces livres, du rêve. Elles ont pu enfin rêver leur vie, au sens où les autres femmes (et hommes) rêvent la leur. Un rêve de bonheur que je trouve dommage de regarder avec condescendance.

Et puis, aujourd'hui, il y a bien sûr des lesbiennes privilégiées qui vivent dans des lieux ou fréquentent des milieux qui leur permettent de s'épanouir en tant qu'homosexuelles, d'avoir des moments où elles appartiennent à une norme. Mais pour beaucoup d'autres, la littérature sentimentale comble encore un besoin d'identification et les aide. Je reçois beaucoup de courrier en ce sens.

Personnellement, je lis toutes sortes de livres, plus ou moins "faciles", et je peux passer de Jeanette Winterson ou Djuna Barnes à Katherine V. Forrest ou Gerri Hill sans problème. Je n’y trouve pas la même chose, voilà tout. Bizarre de mettre en concurrence des genres… Nous sommes nombreuses dans ce cas. Il ne faut pas négliger le fait qu'il existe une bonne littérature rose, comme il y a une bonne littérature noire, ou une bonne littérature de science fiction.

samedi 13 décembre 2008

Homophobie: les plaintes en hausse



Les homosexuels victimes de discriminations au travail hésitent de moins en moins à s'en plaindre auprès de la HALDE. Dans un guide des pratiques des entreprises publié en décembre 2008, la HALDE constate une hausse des saisines pour des cas de discriminations liées à l'orientation sexuelle: 38 en 2005, 61 en 2006 et 113 en 2007.

Toutefois, les plaintes pour discrimination des gays et lesbiennes ne représentent encore que 1,8% des réclamations. Deux tiers de ces saisines portent sur l'emploi, avec "des situations de harcèlement discriminatoire souvent caractérisées par une absence de réaction de l'employeur ou des réactions curieuses comme des demandes d'examens médicaux injustifiées, pouvant aboutir à des licenciements pour inaptitude voire à des démissions forcées", constate la HALDE.

Elle a interrogé 251 entreprises. "Rares sont celles qui traitent de la question des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle", déplore-t-elle. "Peu saisis par les salariés, certains directeurs des ressources humaines (DRH) considèrent en définitive que toute question relative à l'orientation sexuelle relève du domaine privé".

Pour les lesbiennes, c'est pire: "si l'homophobie au travail est un phénomène banalisé et largement sous-estimé, les difficultés spécifiques vécues par les lesbiennes -qui sont exposées à un double risque de discrimination en tant que femmes et en tant qu'homosexuelles- sont quant à elles, complètement invisibles".

La HALDE cite en exemple quelques entreprises, comme Thomson, qui accorde les mêmes avantages sociaux aux couples mariés et pacsés, ou Eau de Paris, qui applique les mêmes conditions pour le congé paternité qu'il s'agisse d'hétéro ou d'homoparentalité.

vendredi 12 décembre 2008

Autorité parentale croisée: un couple lesbien débouté

(actualisé le 13/12/2008 avec la réaction de Me Mécary)

La cour d'appel de Douai a refusé ce 11 décembre 2008 la délégation et le partage de l'autorité parentale à un couple de lesbiennes de Tourcoing, mères de deux enfants, et qui avaient obtenu satisfaction en première instance fin 2007.

Les juges ont estimé que l'autorité parentale croisée n'était pas nécessaire dans la mesure où la vie de cette famille homoparentale se déroulait normalement et qu'aucun problème ne se posait pour les enfants dans l'immédiat, selon la presse locale du Nord. On ignore si le couple lesbien contestera la décision devant la Cour de cassation.

Les deux femmes vivent ensemble depuis une quinzaine d'années et sont pacsées depuis 2002. Elles ont chacune mis au monde un enfant en recourant à la procréation assistée en Belgique à quelques années d'intervalle. C'est le parquet qui avait fait appel du jugement de la décision de la juge aux affaires familiales.

En 2006, la cour de Cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a estimé que la délégation d'autorité parentale créée en 2002 s'appliquait aussi aux couples homosexuels à condition qu'ils vivent "en union stable et continue", que "les circonstances l'exigent" et que la mesure soit "conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant".

Pour l'avocate Caroline Mécary, spécialiste de la question, cette décision "insupportable" de la cour d'appel de Douai "traduit l'homophobie inconsciente" de magistrats qui "ne veulent pas permettre qu'on leur dise 'Vous êtes en train de créer la famille homoparentale'".

Et de souligner dans un entretien à LToutes que "dans une configuration homoparentale, l'enfant n'a légalement qu'un seul parent. Si celui-ci meurt, l'enfant se retrouve orphelin". "En cas d'accident par exemple, si l'enfant a besoin d'une intervention chirurgicale et que la mère est en vacances ou en déplacement et ne peut pas manifester sa volonté, la compagne ne peut pas décider, il faut saisir en urgence le juge aux affaires familiales", explique-t-elle. Pour l'avocate, qui espère que le couple ira en Cassation et saisira la Cour européenne des droits de l'Homme, "les magistrats ont fait fi de l'intérêt concret de l'enfant".

- Pour une plongée édifiante dans le raisonnement des juges de Douai: l'avocate Carolyne Mécary a publié une partie des attendus du jugement sur son blog.

- Lire aussi sur LToutes: "Un couple de lesbiennes obtient la délégation et le partage de l'autorité parentale sur son enfant" (18/11/2008)


mercredi 10 décembre 2008

Une journée pas gay


Les homosexuels d'Amérique et tous ceux qui soutiennent les LGBT étaient appelés mercredi à prendre un jour de congé du travail, garder leurs sous et aider des associations pour participer à la première "Journée sans homo".

Ce "Day Without a Gay" était organisé pour protester contre la récente interdiction par référendum du mariage gay en Californie, quelques mois seulement après sa légalisation. L'événement fait écho au 60e anniversaire, ce 10 décembre 2008, de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, adoptée par les Nations unies en 1948.

Le Day Without a Gay a été imaginé par un couple californien, Sean Hetherington et Aaron Hartzler, lors des manifestations qui ont suivi l'adoption de la Proposition 8.

Le jour où les Etats-Unis élisaient Barack Obama à la présidence, portant pour la première fois un Noir à la Maison Blanche, 52% des Californiens se prononçaient pour l'interdiction du mariage homosexuel, alors que 18.000 couples avaient été unis depuis juin dans cet Etat. Ce même 4 novembre 2008, l'Arizona et la Floride interdisaient le mariage homosexuel dans leur Constitution. Seuls le Massachusetts et le Connecticut permettent aux lesbiennes et gays de se marier.

- Lire aussi sur LToutes: "USA: "oui" à Obama, "non" au mariage gay" (05/11/2008)


Une lesbienne militante dans l'administration Obama

Une militante lesbienne pour les droits LGBT devrait obtenir un poste de premier plan dans l'équipe présidentielle de Barack Obama, rapporte le magazine homosexuel "Advocate", citant une source proche du président-élu au Parti démocrate. D'autres médias américains confirment les grandes chances de Nancy Sutley.

Actuellement adjointe au maire de Los Angeles chargée de l'Energie et de l'Environnement, Nancy Sutley devrait être prochainement nommée présidente du Conseil sur la qualité de l'environnement, qui coordonne et définit la politique environnementale de la Maison Blanche. Contactée par le "L.A. Times", elle s'est refusée à tout commentaire.

Pendant la campagne présidentielle américaine, Nancy Sutley a soutenu Hillary Clinton au sein de la commission californienne sur les questions lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenre (LGBT). Après la victoire de Barack Obama le 4 novembre 2008, cette spécialiste reconnue de l'environnement a intégré l'équipe de transition pour préparer les dossiers de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

Experte respectée de l'environnement et de l'énergie, femme, militante lesbienne et soutien d'une Hillary Clinton réconciliée avec Barack Obama: Nancy Sutley possède bien des atouts pour incarner le changement dans la future administration américaine, qui prendra ses fonctions le 20 janvier 2009. Reste à savoir si l'on peut donner des gages aux militants LGBT sans se mettre à dos l'aile conservatrice du Parti démocrate.

samedi 6 décembre 2008

Fin des éditions lesbiennes "La Cerisaie"

Spécialisée dans la littérature lesbienne, la maison d'édition La Cerisaie vient d'annoncer qu'elle fermait ses portes. "La Cerisaie fut une belle aventure qui n'aurait pas pu exister sans vous. Merci de votre fidélité", écrit sa fondatrice Catherine Allex dans un message diffusé par la Coordination lesbienne en France (CLF).

Fondée en 2002, La Cerisaie a notamment publié récemment "Une Saison andalouse" de Laurence Aurouet ou "Les Enfants d'Héloïse" d'Hélène de Montferrand (prix Goncourt du premier roman en 1990 pour "Les Amies d'Héloïse"). Mais cela n'a pas suffi. La disparition de cette maison d'édition montre que se lancer sur le marché lesbien en France reste un pari à haut risque.

Pourtant, le secteur n'a jamais été aussi dynamique: les maisons d'édition lesbiennes se sont multipliées depuis les années 1990. Alors que Geneviève Pastre avait montré la voie dès 1989, les éditions KTM naissaient en 1998: elles ont fêté leur dixième anniversaire en mai dernier. Les Editions gaies et lesbiennes sont nées en 1997, Dans L'engrenage en 2003, les éditions Julie Oriol en 2004, puis les éditions Labrys en 2005.

"Les lesbiennes savent que nos livres existent et où les trouver"
Dans une série de textes publiée en 2005 dans "Lesbia Magazine" et intitulée "France, années 1990: la décennie lesbienne", Brigitte Boucheron, cofondatrice de Bagdam Cafee à Toulouse, estimait qu'il se publiait 18 livres lesbiens par an dans les années 1990, contre 10 dans les années 1980 et 5 dans les années 1970. A tel point que les éditeurs hétérosexuels ont commencé eux aussi à s'intéresser à ce "marché", en publiant notamment des polars aux héroïnes lesbiennes.

Interrogée par LToutes, Céline Rosset, des éditions Labrys, préfère donc voir dans cette fermeture un "cas relativement isolé". "Il y a des disparitions, comme partout. Cela fait partie de la vie de toute entreprise", explique-t-elle.

Certes, les maisons d'édition lesbiennes "manquent de vecteurs pour se faire connaître", vu le nombre restreint de médias s'adressant aux homosexuelles, et les grands distributeurs restent encore inaccessibles, mais "Internet change la donne", souligne Céline Rosset. "Les lesbiennes savent que nos livres existent et elles savent où elles peuvent les trouver".

Ce dynamisme reste toutefois à relativiser: il se publie toujours trois à quatre fois plus d'ouvrages pour la communauté gay que pour les lesbiennes, et la littérature pour femmes souffre encore d'une tenace image de "romans à l'eau de rose". Une image que conteste Céline Rosset, qui dénonce une "idée préconçue": "il y a plus de maisons d'édition spécialisées, donc il y a plus d'ouvrages qui sortent" et "il y a de tout", assure-t-elle.

La fermeture récemment de la librairie homo "Blue Book" à Paris montre plus largement qu'il reste difficile de vendre des livres aux homosexuels, même si "Les Mots à la bouche" et la librairie "Violette and Co", tenue par des lesbiennes, restent fidèles au poste.

"En France, comme en Belgique, les services et commerces en direction d'une clientèle lesbienne sont héroïques: trop de lesbiennes ne pensent pas lesbien, donc ne dépensent pas lesbien", déplorait Brigitte Boucheron en 2005. Cela "entraîne la mort des entreprises, et de toute façon freine leur expansion et l'ambition de leurs créatrices. Il faut une exceptionnelle pugnacité pour maintenir son rêve".

dimanche 30 novembre 2008

Une lesbienne pour remplacer Hillary Clinton?

(Photo Thomas Good/NLN)

Christine Quinn est la première femme devenue N°2 de la mairie de New York, elle est démocrate, volontaire et... lesbienne. Cette élue de 42 ans pourrait aussi devenir la première sénatrice ouvertement homosexuelle des Etats-Unis si Barack Obama choisit Hillary Clinton pour cheffe de la diplomatie américaine.

Il y a encore quelques jours, Christine Quinn manifestait à New York contre l'interdiction du mariage homosexuel en Californie, où ces unions avaient été légalisées en mai dernier. En 2006, elle avait refusé de participer à la parade de la Saint-Patrick tant que les organisations gay et lesbiennes en seraient bannies. En 2006 aussi, elle avait remercié sa compagne Kim Catullo dans son discours de prise de fonctions à la tête du conseil municipal. Sa biographie officielle mentionne son orientation sexuelle.

On disait Christine Quinn tentée par la mairie de New York en 2009, mais l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche pourrait changer la donne.
Barack Obama, qui succédera à George Bush le 20 janvier 2009, n'a pas encore officiellement désigné sa future secrétaire d'Etat mais Hillary Clinton est considérée comme la favorite. L'ex-First Lady appréciée des associations LGBT devrait alors renoncer à son mandat de sénatrice de l'Etat de New York. Elle l'occupe depuis novembre 2000 et l'a conservé haut la main en 2006.

Or si le maire de New York Michael Bloomberg est très bien placé pour récupérer le siège d'Hillary Clinton à Washington, le gouverneur de l'Etat de New York est favorable au mariage homosexuel et pourrait vouloir donner un signal fort en nommant une femme, ouvertement lesbienne qui plus est. Il y a quelques mois, ce gouverneur a ordonné aux services publics d'appliquer immédiatement une décision de justice accordant les mêmes droits à tous les couples mariés, y compris homosexuels.

Seuls le Massachusetts (depuis 2004) et le Connecticut (depuis octobre 2008) ont légalisé le mariage entre gays ou lesbiennes, mais d'autres Etats, comme le New Jersey, le Vermont et le New Hampshire, proposent des unions civiles (sorte de PACS).

La Californie a autorisé le mariage homosexuel en mai 2008, mais il a de nouveau été interdit par un référendum en novembre dernier. Le sort des mariages contractés entre-temps, comme celui de l'animatrice de télévision Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi, n'est pas fixé.

vendredi 28 novembre 2008

Belgique: 5% d'homos et bi chez les 15-25 ans


En Belgique, 3% des jeunes de 15 à 25 ans se déclarent homosexuels, 2% bisexuels, et 2% disent ne pas savoir quelle est leur orientation sexuelle, selon une enquête publiée par la Mutualité socialiste. Reste 93% de jeunes qui se considèrent hétérosexuels.

L'étude réalisée par l'institut Dedicated Research auprès de plus de 1.000 jeunes âgés de 15 à 25 ans montre que l'âge moyen du premier rapport sexuel est de 16 ans et deux mois quel que soit le sexe, soit à peu près comme en 2002 (16 ans et 4 mois).

Il semble par ailleurs que la majorité des jeunes estime connaître son orientation sexuelle avant même le début de sa vie affective et sexuelle, et qu'il y ait peu de changements d’orientation sexuelle entre 15 et 25 ans. La recherche de sa sexualité se ferait donc avant 15 ans et/ou après 25 ans, estime la mutuelle belge.

A l'approche de la Journée mondiale contre le Sida ce 1er décembre 2008, l'"Etat des lieux de la sexualité des 15-25 ans" montre aussi que 58% des jeunes sexuellement actifs ont eu des rapports sexuels à risque au cours des trois derniers mois. La prise de risque ne dépend apparemment ni de facteurs sociaux ni de l'orientation sexuelle, mais elle augmente avec l'âge.

Harvey Milk, pionnier des droits gays et lesbiens









Alors que les Californiens viennent de voter l'interdiction du mariage homosexuel, quelques mois après sa légalisation dans cet Etat, Gus Van Sant ("My Own Private Idaho", "Paranoid Park") se penche sur l'histoire d'Harvey Milk, premier homme politique ouvertement gay élu en 1977 à la mairie de San Francisco.

Sean Penn incarne ce militant des droits civiques et de la cause homosexuelle, tué par balles le 27 novembre 1978. Son meurtrier est un autre responsable municipal, Dan White, qui abat aussi le maire George Moscone. Le double meurtre crée un choc, qui se transforme en colère et en émeutes sévèrement réprimées dans le quartier gay lorsque White est condamné pour meurtre involontaire sans préméditation.

Rob Epstein avait déjà consacré un excellent documentaire au jeune politicien hors du commun, "The Times of Harvey Milk" (1984), et Harvey Milk possède sa statue dans la mairie de San Francisco depuis mai 2008. "Milk" de Gus Van Sant sortira en France en mars.

- Voir aussi le dossier de Gayclic sur Harvey Milk

jeudi 27 novembre 2008

New York: un mariage lesbien définitivement reconnu


Un mariage lesbien célébré au Canada en 2004 vient d'être légalement reconnu à New York, où le mariage homoexuel est pourtant interdit. La décision de justice est désormais définitive.

Après trois ans de bataille judiciaire, Lisa Ann Golden va pouvoir bénéficier de la couverture santé de sa femme Patricia Martinez, comme toutes les épouses des employés du Monroe Community College à Rochester.

Le couple contestait depuis 2005 le refus de cette université d'étendre aux couples mariés homosexuels les droits jusque-là réservés aux couples mariés hétérosexuels, alors que l'Etat reconnaît depuis longtemps les mariages célébrés hors de ses frontières.

La Cour suprême de Rochester a donné raison aux deux femmes en appel en février, et le comté de Monroe dont dépend l'université a renoncé le 21 novembre 2008 à faire appel, selon l'organisation civique New York Civil Liberties Union (NYCLU) qui représentait Patricia Martinez.

Dès le mois de mai 2008, le gouverneur de l'Etat de New York a ordonné à la fonction publique de faire bénéficier tous les couples mariés, hétérosexuels ou homosexuels, des mêmes droits sociaux.

mardi 25 novembre 2008

Floride: un gay autorisé à adopter

L'interdiction totale de l'adoption pour les homosexuels en vigueur en Floride depuis 31 ans a subi mardi 25 novembre 2008 un sérieux coup de canif.

Une juge de Miami a décidé d'autoriser un homme de 47 ans à adopter deux frères de 4 et 8 ans qu'il élevait avec son partenaire depuis 2004.

La juge Cindy Lederman a estimé qu'il n'existait aucune "base rationnelle" à l'interdiction de l'adoption pour les lesbiennes et les gays. "Ces enfants s'épanouissent. C'est incontestable", écrit-elle dans son jugement. La magistrate a donc accordé à cet homme l'adoption des deux enfants dont la justice lui avait confié la garde il y a quatre ans. Le procureur veut faire appel.

La Floride est le seul Etat américain à interdire l'adoption aux homosexuels, célibataires comme en couple. Ce n'est pas la première fois que cette disposition est contestée par la justice. En septembre déjà, un juge de Key West avait estimé que cette interdiction était "inconstitutionnelle".

lundi 24 novembre 2008

L Word: la sixième saison est celle du crime


Un crime a été commis dans le petit monde de Bette, Tina et Shane. C'est ce que laisse entendre le dernier clip de promotion de la chaîne américaine Showtime. Celui-ci montre la brève image d'un corps dissimulé sous un drap de satin. Laquelle de nos héroïnes préférées est morte? Et laquelle a tué? Mystère.

Mais Showtime nous conseille de ne pas rater les deux premières minutes de la sixième saison de "L Word". L'ultime saison, qui débute le 18 janvier aux Etats-Unis, commencera donc sur les chapeaux de roues.




samedi 22 novembre 2008

Burundi: les homosexuels risquent deux ans de prison

Les lesbiennes et gays du Burundi risquent désormais deux ans de prison. L'Assemblée nationale a adopté ce samedi 22 novembre 2008 une réforme du code pénal dont l'une des dispositions rend l'homosexualité, jusque-là tolérée, passible d'une peine maximale de deux ans de prison, selon RFI.

L'Association pour le respect des droits des homosexuels (ARDHO) du Burundi a fait savoir son indignation devant cette régression du droit.

C'est d'autant plus dommage pour ce pays d'Afrique de l'Est à majorité chrétienne que le nouveau Code pénal marque de grandes avancées en matière des droits de l'Homme, avec l'abolition de la peine de mort, décision courageuse après 13 ans de guerre civile, et l'introduction d'articles concernant les crimes de génocide, de viol ou de torture. Le Sénat burundais examinera le texte la semaine prochaine.

La pénalisation de l'homosexualité porte un coup à l'action de l'ARDHO, créée en 2003, qui ne manque pas de souligner l'incohérence politique: "comment voulez-vous lutter contre le sida si vous ne parlez pas de tout ce qui a trait à la sexualité, notamment de l'homosexualité?"

Le président de l'ARDHO, Georges Kanuma, soulignait au début novembre dans un entretien au site francophone Behind The Mask, qui lutte pour les droits LGBT en Afrique, qu'il avait attendu avril 2007 pour être invité par le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) à une conférence onusienne sur les enjeux de l’homosexualité dans la lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles (IST).

L'ONUSIDA estime qu'environ 150.000 des 7,5 millions de Burundais sont séropositifs, et que 13.000 personnes sont mortes du sida en 2005. Le pays compte environ 120.000 orphelins du sida de moins de 17 ans, et l'espérance de vie moyenne à la naissance dans ce pays est de 47 ans pour les femmes et 42 ans pour les hommes.

vendredi 21 novembre 2008

La procréation médicalement assistée pour les lesbiennes?


Un rapport parlementaire se prononce en faveur de l'accès des femmes célibataires à l'assistance médicale à la procréation (AMP, ou PMA) et pour l'ouverture d'un "débat" en ce qui concerne les couples homosexuels.

Rédigé par les députés Alain Claeys (PS) et Jean-Sébastien Vialatte (UMP), le rapport a été approuvé cette semaine par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, chargé de préparer le texte de révision de la loi bioéthique de 2004. Il faut "ouvrir aux femmes célibataires médicalement infertiles l’accès à l’AMP", estiment en particulier les rapporteurs.

Ils suggèrent aussi de "mener un débat sur l’accès des couples homosexuels à l’AMP lors de la révision de la loi", et de "lever l’anonymat sur les dons de gamètes si l’enfant le demande".

En revanche, les parlementaires restent hostiles à l'autorisation de la maternité pour autrui ("mères porteuses") en France. La loi de bioéthique est révisable tous les cinq ans. Un projet de loi de révision doit donc être débattu par les parlementaires en 2009, pour en mise en oeuvre en 2010.

- Lire aussi sur LToutes: "Des bébés-éprouvette pour les lesbiennes"; "Un couple de lesbiennes accouche de quadruplés"
- L'AMP expliquée par le Planning familial

EDVIGE est morte, la vigilance demeure

EDVIGE est morte, mais SOS Homophobie "restera vigilante". Le retrait du fichier policier, annoncé en septembre par le gouvernement, a été entériné par un décret paru au Journal officiel ce 20 novembre 2008.

Le successeur d'EVDVIGE, EDVIRSP (pour "exploitation documentation et valorisation de l'information relative à la sécurité publique"), exclut désormais des données aussi controversées que l'orientation sexuelle et la santé, mais le fichage commence toujours à 13 ans.

Le décret créant ce nouveau fichier au nom volontairement imprononçable (dites trois fois "EDVIRSP"...) est actuellement soumis à l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), puis devra être soumis au Conseil d'Etat.

SOS Homophobie, qui participe depuis le 13 octobre 2008 au groupe hebdomadaire de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie réuni par le ministère de l'Intérieur, est signataire, comme l'Inter-LGBT notamment, de la pétition du collectif "Non à EDVIGE", qui a recueilli 218.000 signatures depuis le 10 juillet, dont 1.169 d'organisations, collectifs, partis et syndicats. Le collectif continue de faire signer son appel, prévenant qu'il n'acceptera "ni EDVIGE 1.0, ni EDVIGE 2.0".

- EDVIGE sur LToutes: Les malheurs d'EDVIGE; "Gaylib et la CFDT disent non"
"
Les associations saisissent la HALDE"; "Tout(es) contre EDVIGE"; "EDVIGE est trop curieuse"
- Les décrets de création (17/06/2008) et de retrait (1/11/2008) d'EDVIGE au JO

mercredi 19 novembre 2008

Homophobie: GayLib dénonce "l'hypocrisie" de l'UMP


Christian Vanneste blanchi, Gérard Longuet qui assimile pédophilie et homosexualité... Trop, c'est trop, tonne GayLib dans une lettre ouverte adressée mercredi 19 novembre 2008 au secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian.

Le mouvement, qui tente de défendre les droits des homosexuels au sein du parti majoritaire, exige "que cesse l'hypocrisie" à l'UMP et que Patrick Devedjian mette le hola à une poussée homophobe qui risque de "submerger" le parti.

Poursuivi et condamné pour injure homophobe, Christian Vanneste a finalement été blanchi le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation, qui a estimé que les propos incriminés entraient dans le cadre de la liberté d'expression. Cette décision ouvre "les vannes aux interventions les plus délirantes", constate GayLib. Son président Emmanuel Blanc (photo) dénonce en particulier les propos homophobes diffusés sur le blog de la "droite libre", le mouvement de Rachid Kaci associé à l'UMP.

Dans un billet daté du 16 novembre, l'auteur évoque rien moins que la "similitude d'intimidation entre les lobbys homosexuels et islamistes", voire leur "étrange proximité". Et d'asséner, reprenant justement les propos qui étaient reprochés à Christian Vanneste: "l'homosexualité, si elle était généralisée à l'ensemble de l'humanité, représenterait assurément un danger immédiat pour sa survie".

"Nous craignons qu'à défaut d'endiguer les paroles et les postures homophobes tenues sous ses couleurs, l'UMP se laisse submerger par ce genre de discours", s'alarme GayLib dans sa lettre ouverte. Son président rappelle qu'un certain Nicolas Sarkozy avait affirmé dans le mensuel Têtu de mars 2007, que "l'amour homosexuel n'était pas inférieur à l'amour hétérosexuel". Mais c'était pendant la campagne présidentielle. Le chef de l'Etat n'a pas réagi pour l'heure à la décision de la Cour de cassation.

"À qui l'UMP donne-t-elle donc raison sur ce point: à Nicolas Sarkozy ou à Christian Vanneste qui parle d’infériorité de l’homosexualité", écrit Emmanuel Blanc. "Sommes-nous des sous-femmes et des sous-hommes?".

Le président de GayLib dénonce aussi les propos tenus par le sénateur UMP Gérard Longuet, jugeant contradictoires des actions menées contre l'homophobie au sein des établissements scolaires et la nécessaire lutte contre la pédophilie. "Cet amalgame particulièrement douteux est inadmissible de la part d'un élu de la Nation".

Il faut "que cesse l'hypocrisie". GayLib exige donc que Patrick Devedjian "condamne les propos de Gérard Longuet" et "réaffirme que les
déclarations de Christian Vanneste
" entrent "en contradiction avec les valeurs défendues par l'UMP et Nicolas Sarkozy". Il demande aussi au secrétaire général de l'UMP de "veiller à ce que tout dérapage à caractère homophobe émanant d’élus membres de notre parti soient suivis de sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion", et de s'engager, "au nom de l'UMP, à faire voter l'Union ouverte à tous les couples, mesure qui a été inscrite dans la plate-forme législative" du parti majoritaire.

De son côté, Christian Vanneste a réclamé dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute" la "dissolution" de GayLib. "GayLib n'a rien à faire dans l'UMP et je vais entamer une demande de dissolution de ce mouvement auprès de Patrick Devedjian".

mardi 18 novembre 2008

Un couple de lesbiennes obtient la délégation et le partage de l'autorité parentale sur son enfant

La cour d'appel de Versailles a accordé la délégation et le partage de l'autorité parentale à un couple de lesbiennes, soulignant dans un arrêt du 13 novembre 2008 que les deux femmes avaient élevé leur fillette ensemble depuis sa naissance.

La justice avait débouté le couple en première instance le 21 janvier 2008, au motif que l'enfant était née alors que la mère biologique n'était pas encore officiellement divorcée de son mari, bien qu'ils vivent séparés depuis des années et que seule la mère ait déclaré la naissance, explique l'avocate spécialisée Caroline Mécary sur son blog.

Le ministère public se fondait sur l'article 312 du Code civil qui considère le mari comme le père présumé de l'enfant, et demandait donc le consentement de l'ex-époux à la délégation de l'autorité parentale.

Mais la cour d'appel de Versailles a déclaré que la présomption de paternité ne pouvait être retenue dans le cas où l'enfant n'avait été déclarée que par la mère. En outre, selon l'arrêt, la fillette était élevée depuis sa naissance par les deux femmes, "dont l'union est stable et continue depuis huit ans, l'enfant étant parfaitement épanouie dans son cadre de vie".

Rappelant "l'intérêt de l'enfant élevée de concert par les appelantes depuis sa naissance", la cour d'appel a infirmé le jugement de première instance et donné raison au couple lesbien.

Le 10 septembre 2008, le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence a accordé la délégation totale de l'autorité parentale et son exercice partagé à l'ex-compagne de la mère d'un petit garçon. La décision est définitive.

En décembre 2007, deux femmes s'étant séparées ont obtenu la délégation et le partage de l'autorité parentale ainsi que la garde alternée de la fillette qu'elles avaient élevée ensemble. Le parquet a fait appel.

La cour d'appel de Douai devrait se prononcer par ailleurs le 11 décembre 2008 sur l'appel du parquet contre un couple lesbien de Tourcoing. Les deux femmes, qui avaient chacune mis au monde un enfant en recourant à la procréation assistée en Belgique à quelques années d'intervalle, ont obtenu fin 2007 l'autorité parentale croisée sur les deux enfants du couple.

En 2006, la cour de Cassation, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, a estimé que la délégation d'autorité parentale créée en 2002 s'appliquait aussi aux couples homosexuels à condition qu'ils vivent "en union stable et continue", que "les circonstances l'exigent" et que la mesure soit "conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant".

samedi 15 novembre 2008

Anaïs déclare sa flamme: "Elle me plaît"


Anaïs Croze est de retour dans les bacs, avec "The Love Album" et, parmi d'autres, la chanson "Elle me plaît". Une déclaration d'amour à une femme qui se coule dans une ballade tout en douceur, où l'orchestration balance entre seventies hypnotiques et sixties innocentes.

"C'est troublant d'être ainsi troublée/ Je ne sais à quel saint la vouer/ Les deux me semblent si parfaits/ Elle me fascine et m'assassine/ Sa chute de reins signe mes aveux/ J'effleure à peine sa taille toute fine/ Quand son T-shirt remonte un peu"...

Un brin d'ironie, un zeste de jeux de mots, un détail qui tue, c'est bien la marque de fabrique d'Anaïs, dont "Mon Coeur, Mon Amour" avait rencontré un beau succès, mais le second degré n'est (presque) plus de mise et si l'on aimerait que l'artiste se laisse aller avec encore plus de sincérité, on est touchée par la sensualité de l'aveu et de certaines images.


Ecouter "Elle me plaît" d'Anaïs


- Paroles de "Elle me plaît" (l'"Abex" initialement déchiffrée était évidemment la Beck's, la bière; LToutes... honte bue paiera sa tournée à Anaïs si elle se livre gentiment à une explication de texte...)

Je tombe des nues
Je suis perplexe
Et me voilà dans de beaux draps
Je cède est-ce la faute de la Beck's
Si je suis tombée dans ses bras

Elle me plaît
Elle me plaît

Ses yeux m'achèvent à petit feu
Je me couche devant tant de bleu
Et je me noie avec délice
Au plus profond de leurs abysses
J'entends j'écoute ce qu'elle me dit
J'écoute quand elle se tait aussi
Sa voix est comme un thé chinois
Corsé et doux à la fois

Elle me plaît
Elle me plaît
Elle est divine, juste divine
Elle me plaît
Elle me plaît

Oh c'est elle que j'emporterai sur une île déserte
Avec un oreiller pour pouvoir le glisser sous sa tête
Je l'imagine alanguie buvant le lait du coco
Je sors de mon rêve, je la vois et replonge aussitôt

Elle me plaît
Elle me plaît

C'est indécent de volupté
C'est troublant d'être ainsi troublée
Je ne sais à quel saint la vouer
Les deux me semblent si parfaits
Elle me fascine et m'assassine
Sa chute de reins signe mes aveux
J'effleure à peine sa taille toute fine
Quand son T-shirt remonte un peu

Elle me plaît
Elle est sexy
Oh j'en rougis
Elle me plaît
Elle me plaît

Oh c'est elle ma chanson mon livre mon film préféré
Mon miel pour la gorge mon massage thaïlandais
Ma bouteille dans la nuit quand je me réveille en nage
Tout ce dont j'ai vraiment besoin dans un sac de voyage
Oh c'est elle que je veux chérir et serrer dans mes bras
C'est contre elle que je veux m'endormir en murmurant tout bas

Tu me plais

Elle me plaît
Elle me plaît
Elle me plaît
Elle me plaît

...

(Paroles et musique d'Anaïs Croze)


vendredi 14 novembre 2008

Vanneste et l'homosexualité: les réactions



compilation par GayClic

Act Up-Paris, SOS Homophobie et le SNEG (Syndicat national des entreprises gaies)représentés par l'avocate Caroline Mécary ont décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) après l'annulation de la condamnation de Christian Vanneste pour injures homophobes.

De nombreuses associations dénoncent l'arrêt de la cour de Cassation du 12 novembre 2008 selon lequel dire que "l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité" reste dans "les limites de la liberté d'expression", alors que les partis politiques restent bien silencieux. Tour d'horizon non exhaustif des réactions.

-- ASSOCIATIONS

- Act Up: "Une décision indigne, déconnectée des réalités de l’homophobie (...) C’est précisément parce que la société a commencé à prendre conscience de l’impact de l’homophobie que le législateur a donné les moyens de poursuivre les injures fondées sur l’orientation sexuelle. La décision de la Cour de cassation remet tout cela en cause. Aucune réaction politique. Quand des supporters sifflent un hymne national, on ne compte plus les réactions des politiques. Quand on insulte des pédés ou des gouines, quand la plus haute juridiction estime qu’il s’agit là de la simple manifestation de la liberté d’expression, on n’entend quasiment plus personne (...) La décision de la cour de Cassation ne doit pas inquiéter les seulEs défenseurSEs des droits des LGBT."

- SOS Homophobie: "La Cour de cassation paraît ainsi valider des propos qui portent atteinte à la dignité des homosexuel(les) (...) La décision de la cour de Cassation semble relever d'un autre âge (...) Nous ne pouvons que déplorer l’analyse de la cour de Cassation, qui ne paraît pas conforme à l’esprit de la loi du 30 décembre 2004 permettant la poursuite des injures homophobes. Ce dernier texte demeure la référence incontestable et permettra tôt ou tard aux 3 millions de français homosexuel(les) d’être reconnus pour ce qu’ils doivent être: des citoyens à part entière".

- L'Inter LGBT: "Consternation". "Pour la cour de Cassation, dans un argumentaire étonnant pour une institution de la République, (la déclaration de Christian Vanneste) n’aura d’ailleurs eu pour effet que de 'heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles', comme si la majorité des personnes hétérosexuelles n’avaient pas elles-mêmes été choquées par de tels propos. On peut dès lors s’interroger sur ce que peuvent être les limites à ne pas dépasser pour que la justice applique les condamnations prévues par les articles 20 et 21 de la loi du 30 décembre 2004 censés mettre à égalité, pour l’injure, la diffamation ou la provocation à la haine ou à la violence, les motifs sexe, orientation sexuelle ou handicap avec les motifs origine ethnique ou religion. D’une certaine manière, l’arrêt de la Cour de Cassation interroge sur leur portée réelle".

- Centre lesbien, gay, bi et trans de Paris Ile-de-France: "La cour de Cassation protège la liberté d’expression de M. Vanneste au détriment des personnes homosexuelles injuriées alors même que des textes européens et français condamnent explicitement de tels faits". Le Centre LGBT de Paris IDF est "consterné par cette décision d’un autre âge, inique et dangereuse". "Cet arrêt est un encouragement à l’injure et à la haine qui peut mettre à mal les fragiles acquis en faveur du respect des personnes homosexuelles".

- Tjenbé Rèd: l'association noire et métisse LGBT appelle également à un rassemblement devant la cour de Cassation, mercredi 19 novembre à 19 heures.

-- POLITIQUES

- Noël Mamère (député-maire Vert de Bègles, a marié deux hommes en juin 2004 mais l'union a été annulée par la justice): l'arrêt de la cour suprême française est "scandaleux". "M. Vanneste est moralement inférieur parce qu'il est homophobe", déclare-t-il à l'AFP.

- Homosexualités et Socialisme (HES, organisation homosexuelle du PS): "La cour de Cassation rend un arrêt incompréhensible". Les propos de Christian Vanneste "conduisent à mesurer la valeur des individus en fonction de leur sexualité. Ils légitiment les coups portés sur les homosexuels".

- Gay Lib (organisation homosexuelle de l'UMP): une "profonde consternation". "Cet arrêt de la cour de Cassation va hélas donner à croire aux homophobes qu’ils peuvent exprimer leur haine en toute impunité (...) Nous sommes déterminés à ne pas nous laisser insulter et mépriser par les sectaires, les intégristes de toute sorte et les nostalgiques d’un Ordre moral."

- Jean-Luc Romero (ex-UMP, président d’Elus locaux contre le sida et conseiller régional Aujourd’hui, Autrement): "Avec une telle interprétation, la Cour fait une hiérarchie entre les propos antisémites et racistes, qui sont sanctionnés, et les propos homophobes qui font désormais partie de la liberté d’expression". L'UMP doit dire "si elle estime que le propos tenus et réitérés par M. Vanneste sont acceptables et si les propos homophobes font partie de la liberté d’expression".

- Dominique Paillé (porte-parole de l'UMP): "Je ne commente pas les décisions de justice." (Le Post)

-- REFERENCES

- La loi du 30 décembre 2004 créant le délit d'injure et de diffamation homophobe
- L'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté d'expression
- L'article 10 de la Convention européenne des droits de l'Homme sur la liberté d'expression